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Full text of "Recherches sur les poissons fossiles ..."

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BIBLIOTHÈQUE 

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Alex. Agassiz. 

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luscum 



OF 



COMPARATIVE ZOÔLOGY, 

AT HARVARD COLLEGE, CA31BRIBGE, MASS. 
jFounïeft 6» prffcate suiisctfptfon, fn 1861. 



Deposited by Alex. Agassiz 
from the Library of LOUIS AGASSIZ. 




M. |l.ûl>. 



RECHERCHES 



SUR LES 





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Y/ 



RECHERCHES 




SUR LES 



POISSO]\S FOSSILES, 

COMPRENANT 

Une introduction à l'étude de ces animaux; l'anatoraie comparée des systèmes organiques qui peuveni 
contribuer à faciliter la détermination des espèces fossiles ; une nouvelle classification des poissons , 
exprimant leurs rapports avec la série des formations ; l'exposition des lois de leur succession et de 
leur développement durant toutes les métamorphoses du globe terrestre, accompagnée de considéra- 
tions géologiques générales; enfin , la description d'environ mille espèces qui n'existent plus et dont 
on a rétabli les caractères d'après les débris qui sont contenus dans les couches de la terre ; 

Par louis agassiz, 

Membre des Académies et Sociétés royales des sciences de Londres, de Paris, de Berlin, d'Edimbourg, de Stockholm, de Turin, des Lyncée:. 
de Rome, de l'Académie impériale des curieux de la nature , de la Société philomatique de Paris , des Sociétés géologiques de Londres 
et de France, de l'Association britannique pour l'avancement des sciences, de la Société philosophique américaine, de la Société impé- 
riale des naturalistes de Moscou . des Académies de Philadelphie et du Val-d'Arno , du Lycée de New-Vork , des Instituts de Bristol et 
de Leeds , de la Société helvétique des sciences naturelles , des Sociétés d'histoire naturelle , de physique et de médecine de Berlin , do 
Vienne, d'Irlande, de Francfort, de Pragues , de Florence, de Heidelberg, de Strasbourg, de Silésie, de Halle, du Palatinat , de 
Fribourg, de St. -Louis (États-Unis), de Hambourg, de Northumberland , de Durham , de New-Castlc, de Genève, de Zurich, de 
Bàlc. etc. , etc. ; docteur en droit des universités d'Edimbourg et de Dublin; docteur en philosophie, médecine et chirurgie; chevalier 
lie l'aigle rouge de Prusse; professeur honoraire à l'académie de Lausanne, et professeur d'histoire naturelle à celle de Neuchâtel. 



wivvfao'e' ccivïcniie pat la C^caele C/c'oloiïic|ii(; ^c' i<oiit)ïe.i 






TOME I. ^ 



Contenant l'introduction et toutes les questions générales , anatomiques , zoologiques et géologiques. 



NEUCHATEL (Suisse), 

IMPRIMERIE DE PETITPIERRE. 
^^1855—45. 



A SON EXCELLENCE 



M. ALEXAIVDRE DE HVAIBOLDT, 



iyjKDcuMciit , 

►AetmcUc'x-mci ^ aiciitct a ïciu* Icm U'iiioiiiiiaiîcvt orulniai i)e coiuiit'i'ïaticr) aiii v'ciu <<ci4l 
ïciiDu.» a tant t)e' ùlveti ^ \ei ttifeiib ()t'' iiio/ tecoiituut^dauce'j c^e- moij c)e*,'0uau6iit' et De 1 aHfdioi; la 
ivliut cpioroiiDeJ. Oct» reiultcti v'Oii.» ttoiociit te' loiif : s'eiiiUez en aatcet t boiuiiiaa/ej'. 

L> AGASSIZ. 



PRÉFACE. 



L'importance que peut acquérir l'élude des poissons fossiles est immense ; d'abord par 
toutes les raisons qui recommandent l'étude des fossiles en général , tant en elle-même que 
dans son application à la géologie, puis en particulier par la nature des poissons fossiles ; car 
leur état ordinaire de conservation permet d'examiner , non seulement quelques-unes de leurs 
parties, mais presque toutes celles qui sont indispensables pour la classification, et qu'il est 
nécessaire de connaître si l'on veut se faire une juste idée de leur organisation. Avec un peu 
de soin on peut toujours parvenir à rétablir leur squelette en entier, avec toutes les nageoires, 
et les écailles sont généralement assez bien conservées pour offrir les caractères les plus 
précieux et les plus constans. 

On peut pressentir toute l'importance de l'étude des poissons fossiles , quand on considère 
que ces êtres, qui occupent une si haute place dans la série des organismes, se rencontrent 
cependant sans interruption dans tous les terrains de sédiment , depuis les plus anciens jus- 
qu'aux plus récens , qu'ils s'y trouvent souvent en grande abondance , et dans un état de con- 
servation qui permet presque toujours, moyennant quelques efforts, de les rétablir entièrement. 
Quel avantage, en effet, pour la zoologie, l'anatomie comparée et la géologie, de pouvoir 
poursuivre dans cette classe les changemens d'organisation qui se sont opérés à travers toutes 
les révolutions qu'a subies la terre ! Je dirai plus encore ; les poissons étant de tous les ani- 
maux , ceux qui sont le plus intimement liés aux accidens de l'eau , et leur organisation étant 
en outre déjà très-élevée , ils sont plus propres qu'aucune autre classe à nous donner des idées 
nettes sur les changemens qui se sont opérés dans les vastes mers qui recouvraient jadis la 
terre. On parviendra ainsi à déterminer si un poisson vivait dans les rivières, dans les lacs 
ou dans les étangs, en haute mer ou sur ses bords, s'il était un habitant de la surface de 



— vm — 
l'eau ou de ses grandes profondeurs. Ces indications plus ou moins précises conlribueront à 
déterminer les mêmes circonstances dans la formation des roches. 

Un avantage particulier qu'offrent encore les poissons fossiles, c'est que leur examen nous 
fait toujours reconnaître un organisme entier ' et nous donne une idée complète de ce qu'il 
était. Ces recherches doivent par conséquent conduire à des résultats bien plus satisfaisans que 
l'étude des mollusques, dont on ne possède jamais que les coquilles, et bien plus généraux 
que celle des mammifères, dont on trouve si rarement des squelettes entiers, et seulement 
dans la série des couches les plus récentes. Les reptiles, même lorsqu'ils seront plus gé- 
néralement connus, pourront à peine rivaliser d'importance avec les poissons, parce qu'ils 
sont beaucoup plus rares et qu'ils apparaissent plus tard dans la série des créations. 

•ïe n'ai pas la prétention d'offrir dès à présent la solution complète de toutes ces questions ; 
cependant j'ose espérer que mon travail pourra les éclaircir, en faisant ressortir les lacunes 
qu'il reste à remplir. En ne commençant cette publication qu'après avoir préparé les maté- 
riaux pour tout l'ouvrage, j'ai pu du moins mettre plus d'ordre dans la méthode, et je pourrai 
traiter à leur place , dans leur liaison naturelle, et selon leur importance, toutes les questions 
que j'aurai à examiner. 

Je résume les résultats de mes recherches. La simple étude des espèces et celle de leur or- 
ganisation particulière a été presque généralement le but unique auquel ont visé les natura- 
listes. Lorsqu'ils ont poussé leurs recherches plus loin, elles ont eu pour terme les principes 
philosophiques de la classification et de l'organisation. J'ai aussi eu constamment présent à 
l'esprit ces deux points de vue dans mes recherches sur les poissons fossiles. En rétablissant 
successivement cinq cents espèces qui n'existent plus et dont les débris sont épars dans toutes 
les collections de l'Europe, j'ai fait beaucoup d'observations nouvelles sur leur organisation . 
comparée à celle des poissons vivans et des autres animaux vertébrés. Mais cette étude m'a 
conduit plus loin. Je suis parvenu à exprimer les lois de la succession et du développement 
organique des poissons durant toutes les époques géologiques ; et la science pourra désormais , 
en voyant cette classe se métamorphoser de formation en formation , poursuivre , pour toute . 
une grande division du règne animal , les progrès de l'organisation sur une série complète 
des âges de la terre. 

Les poissons fossiles diffèrent suivant les grandes formations géologiques dans lesquelles 
ils se trouvent, et ils ont dans chacune d'elles un caractère d'organisation particulier qui 
suffit pour les délerminer. Ils diffèrent d'autant plus des poissons du monde actuel, qu'ils se 



trouvent dans des terrains plus anciens. Tous les poissons osseux antérieurs à la craie doivent 
être rapportés îi des genres qui n'ont plus de représentans dans le monde actuel ; ils sont tous 
caractérisés par des écailles rlioniboïdales , recouvertes d'émail. Les autres, c'est-à-dire ceux 
des mêmes terrains, que l'on réunirait aux Chondroplérygiens, dans la classification actuelle, 
ont des dents aplaties, pointillées ou diversement plissées, comme les Cestracions. 

Après des comparaisons aussi nudtipliées , on ne sera pas surpris d'entendre annoncer , 
pour la classification des poissons, des changemens qui souvent indiqueront en même temps 
des affinités encore inconnues ; mais ce qui aura droit d'intéresser , c'est que la nouvelle clas- 
sification que j'expose dans cet ouvrage, exprime tout à la fois les rapports naturels des 
poissons entre eux et leur succession dans la série des terrains. 

. Des considérations géologiques générales, tirées de l'étude de ces fossiles , feront connaître 
la liaison qu'il y a entre le développement organique de la terre et celui des différentes classes 
d'animaux. Ces idées seront complétées par un tableau général des êtres organisés de cha- 
cune des grandes époques géologiques. 

En préparant d'autres travaux icthyologiques pour mon histoire naturelle des poissons d'eau 
douce d'Europe, et en examinant les poissons rapportés du Brésil par Spix, et que j'étais 
chargé de décrire , j'ai toujours eu particulièrement égard aux organes que l'on retrouve à 
l'état fossile , cherchant à y découvrir des caractères propres à déterminer les familles , les 
genres et les espèces. Je me suis aussi appliqué à étudier d'une manière toute particulière 
le squelette des poissons dans le petit nombre de genres qui étaient à ma disposition au 
Musée de Munich. J'ai examiné au microscope et en partie fait dessiner plusieurs milliers 
d'écaillés appartenant à plus de deux cents espèces de dilïérens genres et de différentes 
familles. Pour augmenter mes moyens de comparaison , mon ami, M. Guillaume Schimper , 
a bien voulu me préparer un assez grand nombre de squelettes, remarquables par leur netteté 
et par le soin qu'il a mis à conserver toutes les arêtes intermusculaires. Je lui dois aussi une 
cinquantaine de tables , sur lesquelles il a collé , dans leur position naturelle, toutes les 
écailles de différens poissons ; elles m'ont été fort utiles pour apprécier la valeur des carac- 
tères tirés de ces parties. Ces préparations sont maintenant déposées au cabinet d'histoire 
naturelle de Neuchâtel , qui a fait l'acquisition de toutes mes collections. 

Cependant, après avoir examiné, à l'aide de ces matériaux, un très-grand nombre de pois- 
sons fossiles (environ dix mille échantillons); après avoir surtout déterminé la plupart de ceux 
des terrains secondaires et avoir reconnu en eux une division nouvelle , qui , dans la création 

2 



actuelle, contient à peine quelques genres; après avoir déterminé également ceux des terrains 
d'eau douce les plus récens , lorsque j'en suis venu à examiner ceux des terrains tertiaires en 
général, et ceux de Monte-Bolca en particulier, j'ai bientôt senti que ce ne serait qu'avec le 
secours de tous les squelettes que M. Cuvier a réunis à Paris dans les galeries d'anatomie com- 
parée , que je pourrais parvenir à donner à mes observations toute la précision et le degré de 
certitude qu'exigent de telles recherches, pour qu'elles puissent vraiment profiter à la science. 
Je pris pour guide , dans mon travail , les Recherches sur les ossemens fossiles , m'efforçant 
d'ajouter quelques pierres durables à un monument auquel se rattachent tous les travaux 
paléontologiques modernes. 

Je ne saurais trop répéter , et c'est un devoir sacré pour moi de' le faire , combien je 
suis redevable à M. le baron Cuvier, qui s'occupait plus ou moins directement du même 
sujet , d'avoir bien aouIu mettre à ma disposition tous les squelettes que j'ai désiré examiner, 
de m'avoir permis d'en faire faire des dessins et de les décrire, ainsi que les espèces fossiles que 
je ne connaissais pas encore et qui se trouvent dans les galeries du Muséum ; enfin de m'avoir 
facilité tous les moyens de comparer les espèces fossiles avec l'innombrable quantité d'espèces 
vivantes qui ont servi de base à la grande histoire naturelle des poissons de MM. Cuvier et 
Valenciennes ; et même, plus que cela, de m'avoir confié les dessins qu'il avait fait faire à 
Londres , des poissons fossiles du Musée britannique , entr'autres de ceux qui proviennent de 
la collection d'Amman , composée surtout d'ichthyoliles d'OEningen , parmi lesquels j'ai re- 
trouvé la plupart des espèces que j'avais observées dans le Cabinet de M. Lavater, à Zurich, 
et au Musée de Carlsruhe. 

Quant à la publication de cet ouvrage , je ferai remarquer encore , que le premier volume 
sera consacré à l'examen de toutes les questions générales. Il contiendra une introduction à 
l'étude des fossiles , l'indication des sources auxquelles j'ai puisé dans le cours de mes re- 
cherches , puis l'anatomie générale du squelette des poissons et de toutes les parties qui 
peuvent contribuer à déterminer plus exactement les espèces fossiles. En proposant une 
nouvelle classification de ces animaux , j'examinerai comparativement , sous leurs rapports 
zoologiques , toutes les espèces fossiles qui auront été décrites , les genres auxquels elles ap- 
partiennent , la place que ceux-ci doivent occuper dans le système de l'Ichthyologie ; en un 
mot , je chercherai à rétablir les rapports d'organisation qui existent entre les poissons fossiles 
de toutes les formations géologiques et ceux du monde actuel , et je ferai voir les modifications 
que celte étude nous oblige d'introduire dans la disposition méthodique des poissons. Des con- 



XI 

sidéralions géologiques générales nous conduiront enfin à examiner les différences qui existent 
dans la faune des poissons, conqiarée à celle des autres classes, et à présenter les résultats de 
ces recherches pour la théorie des changemens successifs qu'ont subis le globe terrestre et les 
êtres organisés qui l'ont habité. Il reste, à cet égard, un travail bien important à faire, c'est 
celui de l'examen de la distribution géographique des fossiles, suivant les différens bassins de 
chaque terrain ; mais il exige des études que l'état actuel de nos connaissances géologiques , 
et surtout celui de nos collections, ne permet pas encore de faire. 

Chacun des quatre volumes suivans contiendra la description des espèces fossiles d'un des 
ordres de la classe. Le second volume comprendra l'ordre des Ganoïdes; le troisième, celui 
des Placoïdes ; le quatrième , celui des Cténoïdes , et le cinquième , celui des Cycloïdes , de ma 
classification. Toutes les espèces seront représentées avec beaucoup de soins et de détails, com- 
parées exactement avec les espèces vivantes qui leur ressemblemt le plus , avec leurs squelettes 
et leurs écailles, en un mot avec toutes les parties qui peuvent contribuer à en donner une 
idée plus juste et à rétablir complètement leurs caractères génériques et spécifiques , et même 
les parties qui pourraient avoir entièrement disparu. Cependant, pour mettre plus de variété 
dans chaque livraison , j'ai cru pouvoir commencer la publication de plusieurs volumes à la 
fois. Tous mes matériaux étant rangés systématiquement , il ne saurait résulter aucun incon- 
vénient de cette marche, en apparence irrégulière. 

Les planches de cet ouvrage ont été exécutées par deux artistes , élèves de l'Académie de 
Munich , MM. Jos. Dinkel et Ch. Weber, qui se sont dévoués à ce travail avec une persévé- 
rance à laquelle seule je dois d'avoir pu réunir un aussi grand nombre de figures. M. Dinkel, 
qui m'a constamment accompagné dans mes voyages , a dessiné le plus grand nombre des 
originaux. Personne n'aurait pu être mieux préparé à ce travail que lui; car il venait de ter- 
miner les dessins de mes poissons d'eau douce. M. Weber, qui en a fait un grand nombre 
aussi , et qui avait dessiné tous les poissons de Spix , s'est plus particulièrement chargé de 
l'exécution lithographique. Il ne m'appartient pas de juger leur travail , puisqu'il fait partie 
de mon ouvrage ; mais ce que je dois dire , c'est que ces Messieurs m'ont toujours secouru 
comme des amis pleins de zèle pour la réussite de mes recherches. 

Neuchâtel, le Ii2 juillet 1833. 

L' AGASSIZ. 



XII 



ADDITIONS A LA PREFACE. 



Quoiqu'il se soit écoulé dix ans depuis l'impression des pages qui précèdent, je n'ai 
que peu de mots à ajouter sur l'ensemble de cet ouvrage. Les nouvelles découvertes que 
j'ai faites, bien que nombreuses, ont peu modifié mon plan primitif et les résultats aux- 
quels j'étais déjà arrivé lorsque je fis paraître ma première livraison en 1833, ont été con- 
firmés dans leur ensemble aussi bien que dans les détails. Sur le point de terminer aujour- 
d'hui la publication de mes Recherches, je ferai seulement remarquer que je n'ai négligé 
aucune occasion d'étendre mes observations , de revoir celles que j'avais faites antérieurement 
et de multiplier par tous les moyens possibles les termes de comparaison des espèces fossiles 
avec les vivantes. Dans ce but, j'ai considérablement augmenté mes préparations ostéologiques ; 
des séries d'os détachés des principaux types de la classe des poissons m'ont surtout mis à 
même de déterminer rigoureusement des fragmens d'espèces fossiles , qui sans cela seraient 
restées à jamais indéterminables. Une collection immense d'écaillés m'a fait connaître les par- 
ticularités qu'offrent ces tégumens si caractéristiques des poissons , dans toutes les familles 
de cette nombreuse classe. L'étude microscopique des dents , poursuivie, d'après les procédés 
ingénieux de M. Owen , sur un très-grand nombre de poissons vivans et fossiles , m'a de plus 
fait connaître des différences inattendues dans la structure de plusieurs genres mal caracté- 
risés jusqu'alors. Appliquées aux autres parties solides des poissons , tels que les écailles et les 
os , ces recherches microscopiques m'ont permis d'étendre aussi à cet égard le champ de 
l'observation. De cette manière, j'ai successivement doublé et même triplé le nombre des ' 
espèces fossiles qui ont pu être déterminées rigoureusement. Il paraîtra peut-être incroyable 
que je possède aujourd'hui des renseignemens plus ou moins précis sur environ f 700 espèces 
de poissons fossiles. Quoique ce nombre soit dix fois plus considérable que celui de l'ensemble 
des autres animaux vertébrés fossiles observés jusqu'à ce jour, j'ai cependant maintenant la 
conviction qu'il paraîtra bien petit dans peu d'années , lorsqu'on sera parvenu à découvrir 
des exemplaires déterminables de toutes les espèces dont on n'a pu jusqu'à présent que 
pressentir l'existence d'après des fragmens insignifians , ou seulement la supposer d'après ce 



Mil 



(|ue l'on connaît des lois d'association d'après lesquelles les espèces sont en général réparties 
dans des localités déterminées. 

Ne possédant point moi-même de poissons fossiles , et renonçant à acquérir jamais d'aussi 
précieuses collections , j'ai dû chercher les matériaux pour mon ouvrage dans toutes' les 
collections de l'Europe qui en renferment des débris ; aussi ai-jc fait de fréquens voyages en 
Allemagne , en France et en Angleterre pour examiner, décrire et faire figurer les objets qui 
entraient dans le cadre de mes recherches. Mais malgré l'empressement avec lequel on a mis 
partout à ma disposition les pièces les plus précieuses que je désirais voir de près , il est résulté 
pour moi un grave inconvénient de cette manière de travailler ; c'est que j'ai rarement pu 
comparer directement les divers exemplaires de la même espèce que j'ai examinés dans diffé- 
rentes collections, et que j'ai été le plus souvent obligé de faire mes déterminations de souvenir 
ou d'après de simples notes, et dans les cas les plus heureux seulement d'après mes dessins. Il 
est impossible de se faire une juste idée de ce qu'une pareille méthode a de fatigant, et jusqu'à 
quel point elle épuise toutes les facultés. La précipitation ordinaire des voyages, jointe à l'im- 
possibilité de s'entourer des moyens d'observation les plus ordinaires , n'a pas contribué à 
rendre ma tâche plus facile. Je me crois dès-lors en droit de réclamer l'indulgence pour celles 
de mes déterminations qu'un examen ultérieur, prolongé et fait à loisir, pourrait modifier, et 
pour celles de mes descriptions qui portent encore le cachet de la précipitation avec laquelle 
elles ont été rédigées. Le nombre des poissons fossiles que j'ai examinés est très-considérable ; 
il s'élève à plus de vingt mille exemplaires, qui se trouvent épars dans une foule de collections 
que je ferai connaître en détail dans le premier chapitre de ce volume, en indiquant ce 
qu'elles renferment chacune de plus remarquable. Je me borne ici à une remarque que j'ai 
faite dès que j'ai commencé à étudier les poissons fossiles ; c'est que les recherches qui ont 
précédé les miennes sur ce sujet , n'ont point eu de caractère scientifique , et n'ont conduit 
à aucune vue générale sur les rapports qui existent entre les poissons vivans et les fossiles , si 
bien que l'on a souvent placé les espèces perdues les plus singulières dans les genres exis- 
tant maintenant ou confondu les espèces entre elles. On n'avait même tiré aucune conséquence 
générale des observations faites jusqu'alors ; de telle sorte que l'histoire naturelle des poissons 
fossiles était plus retardée qu'aucune autre branche de la paléontologie, lorsque j'ai entrepris 
mes recherches. L'état des collections qui contenaient de ces précieux débris , rendait à 
cette époque leur étude encore plus difficile , car dans aucune on ne trouvait des étiquettes 
ou seulement une apparence d'arrangement systématique. C'est moi qui ai dû ranger ou du 



XIV 

moins étiqueter le petit nombre de celles qui sont en ordre maintenant. Aujourd'hui encore 
j'éprouve un chagrin réel de ne pas voir le nombre des auteurs qui, comme sir Philippe Egerton 
et M. le comte de Miinster, s'occupent avec succès de cette intéressante branche de la paléon- 
tologie', s'augmenter davantage ; car j'ai la conviction qu'il est peu de branches de la science 
où l'on puisse faire de plus amples moissons. 

Je dirai encore, en terminant, que c'est aux encouragemens que j'ai reçus de l'Association 
britannique pour l'avancement des sciences , et à la générosité que lord Francis Egerton a 
mise dans l'acquisition qu'il a faite des dessins originaux de mes planches, dont il a fait plus 
tard présent à la Société géologique de Londres , que j'ai dû de pouvoir étendre mes re- 
cherches sur les poissons fossiles bien au-delà de ce que j'avais espéré en commençant. C'est 
ainsi que j'ai pu engager M. Dinkel à faire un séjour de sept ans à Londres, pendant lequel 
il a dessiné pour moi les exemplaires les plus intéressans de toutes les collections que j'ai exa- 
minées dans les trois royaumes unis de la Grande-Bretagne ; sans compter que lord Enniskil- 
len et sir Philipp Egerton ont fait dessiner à leurs frais, pour me les communiquer, tous ceux 
qui m'avaient paru nouveaux dans leur immense collection. 

Le désordre dans lequel mes livraisons ont paru , rend indispensables quelques explications 
(jui en faciliteront l'arrangement. Outre les numéros d'ordre, toutes les planches portent un 
chiffre qui indique le volume auquel elles appartiennent. Il ne peut donc y avoir aucune diffi- 
culté à les mettre en ordre. Seulement, pour rendre plus facile la publication des planches 
additionnelles que les nouvelles communications que j'ai reçues ont fréquemment exigées , j'ai 
distribué les planches de chaque volume en deux séries différentes. La première, dont les 
planches sont numérotées de lettres romaines, comprend les figures anatomiques qui repré- 
sentent des squelettes et des écailles de poissons vivans. La comparaison de ces dessins avec 
les espèces fossiles en rendra la détermination plus facile. C'est également dans cette première 
série que j'ai rangé les figures représentant des détails microscopiques sur la structure des 
os , des dents et des écailles des poissons tant vivans que fossiles. Les squelettes sont pour la 
plupart représentés de grandeur naturelle ; ceux qui proviennent de très-grands poissons sont 
seuls réduits. Dans la seconde série, les planches sont numérotées de chiffres; quelques 
planches additionnelles seulement portent des numéros qui se répètent, mais que j'ai distingués 
par des lettres. L'explication détaillée des planches qui accompagnent chaque volume en fa- 
cilitera d'ailleurs le collectionnement. Les planches de cette seconde série représentent les 
poissons fossiles tels que je les ai observés et tels qu'ils existent dans les collections; ils sont 



XV — 

tous reproduits de grandeur naturelle , à l'exception de deux ou trois espèces dont les dimen- 
sions gigantesques ont exigé une réduction considérable. Outre ces planches , j'en ai donné 
quelques-unes qui font parlic du premier volume, et qui sont dessinées au trait. Ces figures 
ne représentent pas des exemplaires de poissons fossiles, tels que j'ai pu les examiner , mais 
bien les traits distinctifs des genres éteints, tels que j'ai pu les rétablir en combinant leurs 
caractères épars sur différens fragmens, et en les réduisant aux mêmes proportions. Ces figures 
sont donc pour les poissons fossiles ce que sont pour les manmiifères de Montmartre les ligures 
restaurées au trait que Cuvier a données dans ses ossemens fossiles , des Paléothérium et 
des Anoplothérium , ou celles des Plésiosaures et des Ichthyosaures, de M. Buckland. J'ai 
voulu montrer par là (jue les lois de la coordination des caractères, bien appréciées, pouvaient 
conduire , pour la classe des poissons , aux mêmes résultats que l'on a déjà obtenus pour les 
animaux vertébrés supérieurs, et qu'il sera possible d'enrichir un jour nos ouvrages d'histoire 
naturelle de bonnes figures de la plupart des animaux qui n'existent plus et dont les débris 
solides se trouvent seuls conservés épars dans les couches de l'écorce de notre globe. 

Mais les matériaux que je suis parvenu à réunir sont trop considérables pour qu'il fût 
possible de les comprendre tous dans mon cadre primitif , bien que leur place y soit naturel- 
lement marquée. La crainte de fatiguer mes souscripteurs, en augmentant indéfiniment le 
nombre de mes livraisons , m'a dès lors engagé à ne les y faire entrer que partiellement et à 
réserver pour une nouvelle publication tout ce que je pourrai convenablement élaguer , sans 
changer le plan que je m'étais proposé primitivement, d'exposer dans cet ouvrage l'ensemble 
de ce que j'ai appris sur les poissons fossiles. D'un autre côté, pour rendre plus tard la publica- 
tion de ces nouveaux matériaux également instructive , et pour faciliter leur réunion au corps 
de l'ouvrage, je me suis décidé à ne comprendre dans les Recherches que les types dont la con- 
naissance peut contribuer à compléter l'intelligence des rapports zoologiques qui existent 
entre les poissons, tant fossiles que vivans. Cette restriction est d'ailleurs conforme à la mar- 
che que j'ai suivie jusqu'ici, en décrivant par familles les espèces dont j'ai pu déterminer 
rigoureusement les affinités naturelles. Dans les Supplémens, qui embrasseront toutes les espèces 
inédites, j'adopterai un plan complètement différent. Chaque livraison comprendra la mono- 
graphie des espèces d'une formation , et donnera ainsi une idée du mode d'association de tous 
les poissons fossiles connus aux différentes époques géologiques. Je me bornerai à citer no- 
minalement les espèces déjà décrites dans les Recherches , en y renvoyant , sans les décrire 
de nouveau ; tandis que je m'étendrai plus longuement sur les espèces nouvelles , dont je ferai 



XVI 

connaître en détail les caractères , et que je représenterai de la même manière que les pre- 
mières. L'ensemble de mes études sur les poissons fossiles se trouvera par là compris dans 
deux ouvrages distincts, qui ne formeront cependant qu'un grand tout. Dans le premier, où 
j'ai suivi un ordre zoologique, on pourra surtout étudier leurs rapports naturels , leurs formes 
diverses , les analogies qui existent entre eux et leur organisation comparée à celle des pois- 
sons vivans ; tandis que , dans le second , où je suivrai un ordre géologique , on trouvera de 
plus amples renseignemens sur leur distribution dans les terrains , sur les particularités qui 
caractérisent les différentes époques de leur apparition successive , et sur les modifications 
qu'ils ont subies dès les temps les plus anciens jusqu'à nos jours. Ces deux ouvrages, en 
se complétant mutuellement , mettront toujours plus en évidence cette vérité encore trop peu 
appréciée , qu'il existe des rapports très-intimes entre l'ordre de succession des êtres organisés 
et les affinités naturelles qui les unissent. 

Neuchâlel, en mai 1843. 

L' AGASSIZ. 



IIXTRODLTCTIOIV. 



J'avais formé le projet de placer en tête de cet ouvrage un résumé de nos connaissances 
actuelles sur la formation du globe terrestre et sur les changemens qu'il a subis dès son ori- 
gine. Mais je me suis bientôt aperçu que les questions que j'aurais à traiter pour atteindre 
ce but , s'éloignaient trop du sujet spécial de mes recherches et auraient exigé un dévelop- 
pement disproportionné, dans une introduction à l'histoire des poissons fossiles. Aussi , sans 
renoncer à mon plan , ai-je cru convenable de ne traiter, pour le moment , que les questions 
qui se rattachent d'une manière directe au développement de la vie organique. 

En considérant l'ensemble des êtres organisés que l'on trouve dans la série des formations 
géologiques , on reconnaît dans leur succession une marche bien différente de celle que fai- 
saient entrevoir les premiers aperçus publiés par les auteurs du commencement de ce siècle. 
On est surtout surpris de remarquer que l'idée d'un développement progressif du règne ani- 
mal tout entier, tel qu'il avait été d'abord posé en fait, et d'après lequel les classes se seraient 
succédé dans un ordre conforme au rang que leur assigne leur organisation, ne s'accorde 
nullement avec les résultats des recherches paléontologiques les plus récentes. En effet, l'ob- 
servation n'a point confirmé que les animaux rayonnes aient précédé les mollusques et les 
articulés dans les formations les plus anciennes , ni que les animaux vertébrés soient apparus 
plus tard. On trouve, au contraire, que dès la première apparition des animaux à la surface 
du globe, il y a eu simultanément des Rayonnes, des Mollusques, des Articulés et même des 
Vertébrés. Il y a plus, nous savons que les trois embranchemens des Invertébrés se trouvent 
représentés dés les temps les plus anciens par des types de toutes les classes, autant que la 
nature de leur organisation leur a permis de laisser des traces de leur présence. Parmi les 
Rayonnes, nous avons, dès l'origine, des Po/(/y:»?'e)s et des Echinodermes en très-grand nombre; 
les Crinoides surtout sont très-variés ; quant aux Jcalèphes, il n'est pas surprenant qu'on n'en 
ToM. I. 3 



XVIII 

trouve pas de débris , puisque leur corps est trop mou pour avoir pu laisser l'empreinte de 
leurs formes dans des roches aussi altérées que le sont ordinairement les terrains de transi- 
tion. Mais le fait qu'on en a observé dans les schistes lithographiques de Solenhofen prouve 
du moins que leur existence remonte à une époque bien antérieure à la création actuelle. Les 
trois classes des Mollusques sont représentées dans tous les terrains paléozoïques ; les Acéphales 
en particulier nous offrent un type prépondérant dans le groupe des Brachyopodes ; les Gas- 
téropodes, quoique moins connus, sont aussi assez nombreux ; les Céphalopodes enfin comp- 
tent de prime abord des genres très-divers , tels que les Goniatites et les Orlhocères. On peut 
presque en dire autant des Articulés ; car la classe des Fers est représentée par les Serpules ; 
et les Trilobites, qui appartiennent incontestablement à la classe des Crustacés, sont très- 
nombreux dans les terrains de transition. Il n'y a que les Insectes dont la présence n'a pas 
été constatée dans des formations plus anciennes que la houille. 

Cet aperçu suffit pour nous convaincre de l'existence simultanée de toutes les classes d'ani- 
maux sans vertèbres jusqu'aux époques les plus anciennes du développement de la vie sur la 
terre. Il n'est dès-lors pas conforme aux résultats de l'observation de représenter l'ensemble 
du règne animal comme offrant une série progressive dans l'ordre des temps géologiques. 
Loin de là, toutes les classes d'animaux sans vertèbres (dont l'apparition simultanée dans les 
terrains de transition est un fait maintenant acquis à la science), continuent d'exisler sous des 
formes diverses à travers toutes les époques géologiques postérieures , el nous les retrouvons 
également toutes jusque dans la création actuelle. 

Parmi les animaux vertébrés , la classe des poisso?is seule rem^mte avec les diverses classes 
d'invertébrés jusqu'à l'époque de la première manifestation de la vie à la surface du globe , 
tandis que les Reptiles , les Oiseaux et les Mammifères se succèdent dans la série des formations 
géologiques dans l'ordre de leur gradation organique, et nous présentent, au terme de leur 
développement, le genre humain, dont l'existence ne remonte pas au-delà de la création des 
êtres organisés qui peuplent maintenant avec lui la surface de la terre. 

Nous devons dès-lors nous représenter le règne animal comme formé de deux séries dis- 
tinctes , dont l'une , composée d'animaux construits d'après le même plan d'organisation que 
l'homme, nous offre un développement graduel et progressif dès les temps les plus anciens ; 
tandis que l'autre comprend une grande diversité de types contemporains qui se perpétuent 
dans les mêmes relations sous des formes toujours nouvelles , à travers toutes les formations 
géologiques. 



Xl\ 

L'enchaînement pi-ogi-essif des quatre classes d'animaux vertébrés est un fait (jui contraste 
à tous égards et d'une manière bien frappante avec le développement uniforme et parallèle 
de toutes les classes d'invertébrés. La gradation des vertébrés est même d'autant plus remar- 
quable, qu'elle se rattache directement à la venue de l'homme, que nous pouvons non seule- 
ment considérer comme le terme, mais aussi connue le but de tout ce développement. Voyons 
d'abord les poissons qui apparaissent les premiers. Plongés dans un milieu plus dense et 
moins mobile que l'atmosphère, ils se trouvent et se sont toujours trouvés dans des condi- 
tions d'existence moins variées que les animaux terrestres. Aussi leur corps est-il tout d'une 
venue ; leur tête ne se détache point du tronc, dont elle n'est qu'un simple prolongement ; 
leurs organes des sens sont obtus , et leurs facultés très-bornées ; leurs membres pairs ne sont 
point encore les principaux organes du mouvement , et il n'existe que des rapports très-passa- 
gers entre les individus d'une même espèce. Les reptiles qui succèdent aux poissons dans l'ordre 
des temps nous offrent déjà une organisation plus parfaite : leur tète se détache plus ou moins 
du reste du corps , elle peut même se lever au dessus de la ligne horizontale que forme encore 
le tronc ; les membres pairs , lorsqu'ils existent , sont de véritables organes locomoteurs ; ce- 
pendant ils ne peuvent pas encore soulever toute la masse du corps , qui est traînée , plutôt 
qu'elle n'est portée par les pattes. Ces animaux sont évidemment supérieurs aux poissons par 
le développement des organes des sens et des facultés intellectuelles ; aussi existe-t-il chez eux 
des relations plus diverses entr.; les individus de la même espèce. Chez les oiseaux, qui vien- 
nent ensuite, nous observons un développement très-remarquable. Sans m'attacher à démon- 
trer la supériorité incontestable de leur organisation sur celle des deux classes précédentes . 
j'insisterai sur ce seul fait , que leur corps peut s'enlever complètement du sol au moyen de 
membres locomoteurs qui offrent , par leur dégagement , un contraste des plus frappans avec 
les allures des poissons et des reptiles. Avec cela, nous trouvons constamment chez les oi- 
seaux deux sortes de membres locomoteurs , des ailes pour le vol et des pieds pour la marche 
ou la natation, et, chose curieuse, lorsqu'ils se posent, ces animaux ne s'appuient que sur 
les membres postérieurs, le corps et la tête inclinés en avant et en haut. Chez les mammifères 
nous trouvons pour la première fois une organisation où les membres s'harmonisent , tout en 
maintenant le corps dans une position élevée. Nous ne devons cependant pas être surpris de 
rencontrer, dans cette classe, des types aussi variés que les Cétacés, les Quadrupèdes propre- 
ment dits , les Chiroptères et les Quadrumanes ; car après un développement aussi excentrique 
que celui des oiseaux . quoi de plus naturel que de voir les mammifères reproduire, dans leur 



XX 

sphère, des formes qui rappellent les types inférieurs, comme pour vaincre définitivement les 
rapports qui lient les animaux au sol, avant d'atteindre à la noble démarche et aux allures 
libres qui caractérisent l'homme et qui lui permettent d'élever la face vers son Créateur, de 
contempler l'ensemble de l'univers , de reconnaître les lois qui le régissent , et de se pro- 
sterner avec reconnaissance et amour devant celui à qui il doit de si merveilleuses prérogatiA'es! 

Tels sont en abrégé les rapports généraux des classes du règne animal entre elles et avec 
l'homme dans l'ordre de leur succession génétique. Il n'est pas moins indispensable d'exami- 
ner le mode d'association des espèces dans toutes les époques géologiques , pour se faire une 
idée nette de la nature des changemens survenus dans le développement de l'ensemble. Tout 
le monde sait qu'à cet égard les travaux de Cuvier ont été le point de départ d'une ère nou- 
velle dans la paléontologie. 

Après avoir reconnu qu'il existe dans certaines couches superficielles de l'écorce de notre 
globe des débris de grands mammifères appartenant à des espèces qui diffèrent de celles que 
l'on trouve vivantes à sa surface, Cuvier fut le premier à proclamer le fait d'une création 
antérieure à celle de l'homme ; et toutes les recherches ultérieures n'ont fait que confirmer ce 
grand résultat , en nous faisant connaître un nombre toujours plus considérable d'espèces 
dont le type s'est perdu. Mais là ne devaient pas se borner les conséquences des nouvelles re- 
cherches. On apprit en même temps que ces espèces éteintes étaient limitées à certains dépôts 
dont la géognosie traçait les limites avec plus ou moins de précision ; et en poursuivant ces 
études on arriva bientôt à la conviction que les fossiles diffèrent d'autant plus des êtres orga- 
nisés de notre époque, qu'ils appartiennent à des terrains plus anciens. Ces résultats, dont 
on pouvait d'entrée pressentir la haute portée, conduisirent à distinguer plus rigoureusement 
qu'on ne l'avait fait jusqu'alors certains étages géologiques que l'on appela quelquefois du 
nom même des fossiles caractéristiques qu'ils renferment. En même temps , la géologie trou- 
vait dans les dislocations des terrains stratifiés un moyen de déterminer les limites de ces for- 
mations , en démontrant que ces dislocations coïncident avec le soulèvement de divers sy- 
stèmes de montagnes, dont on parvint de cette manière à fixer l'âge relatif. Ces aperçus ingé- 
nieux, en donnant à l'étude des formations géologiques un degré de précision qu'elle n'avait 
point eu auparavant, réagirent d'une manière très-heureuse sur l'étude des fossiles. Les com- 
paraisons entre les débris des diverses formations furent multipliées à l'infini, et elles eurent en 
général pour résultat de démontrer que les espèces ne passent pas d'une formation à l'autre , 
mais qu'elles sont circonscrites dans des limites qui correspondent en grand aux divisions des 



XXI 

lei'rains, telles que l'étude des dislocations les avait fait distinguer. La paléontologie est ainsi 
arrivée par l'observation directe à reconnaître autant d'époques indépendantes , que l'étude 
des terrains permet de distinguer de formations géologiques. 

Je n'ignore pas qu'en exprimant ces faits d'une manière aussi absolue, j'anticipe à cer- 
tains égards sur les résultats proclamés jusqu'à ce jour ; car il est une foule de points de dé- 
tails sur lesquels les paléontologistes et les géologues ne sont pas d'accord. Mais d'un autre 
côté, les résultats de la paléontologie et de la géologie s'accordent d'une manière trop frap- 
pante pour que l'on puisse assigner aux divergences qui existent encore entre ces deux branches 
de la science une autre cause que l'imperfection de nos observations; et j'aime à me persuader 
que tous ceux qui se sont occupés d'une manière sérieuse de ces recherches entrevoient avec 
confiance le moment où toutes ces divergences seront conciliées. Il est cependant un point 
dont la solution exigera encore bien des recherches ; c'est la question des limites dans les- 
quelles les espèces sont complètement différentes les unes des autres. Le fait de la différence 
des espèces, dans des limites plus ou moins étendues, n'est contesté par personne. Les di- 
vergences entre les paléontologistes ne portent que sur un nombre restreint d'espèces très- 
voisines , auxquelles on assigne une existence plus ou moins prolongée dans certains 
terrains. Mais le fait que le nombre de ces espèces réputées identiques dans des limites 
géologiques très-étendues , diminue de jour en jour, à mesure qu'on les compare plus atten- 
tivement entre elles et avec les espèces vivantes , me semble autoriser cette conclusion , que 
ces identifications résultent d'une étude incomplète, ou de l'exagération de certains principes, 
d'après lesquels on procède dans la détermination des espèces. Pour ma part, du moins, je 
ne connais jusqu'ici , dans les classes que j'ai spécialement étudiées, aucune espèce qui se 
rencontre dans deux formations géologiques à la fois, ou qui reparaisse identique dans la créa- 
tion actuelle. Aussi ai-je la ferme conviction qu'il en sera un jour de toutes ces espèces contro- 
versées, comme il en a été de l'ensemble des fossiles, que l'on envisageait, à une époque qui 
n'est pas bien éloignée de nous, comme des débris d'espèces vivantes, enfouies dans les cou- 
ches de la terre par de violentes révolutions. A mesure qu'on les étudiera avec plus de soin , 
on finira par connaître toujours plus exactement leurs caractères propres. A cet égard , je me 
bornerai à une seule observation. 

Il n'est pas un zoologiste , au courant de la science , qui ignore combien il est difficile d'ar- 
river à une détermination rigoureuse des animaux vivans, et qui ne connaisse les nom- 
breuses incertitudes qui planent encore sur la distinction des espèces de différentes familles , 



XXII 

alors même qu'on en possède des exemplaires très-bien conservés. Dans l'état actuel de nos 
connaissances , il n'est personne , je crois , qui voulût prendre sur lui de distinguer toutes les 
espèces de Chauve-souris, de Rongeurs, de Passereaux, de Lézards, de Serpens, de Gre- 
nouilles, de Perches, de Spares, de Scombres, de Labres, de Clupes, de Cyprins et d'Anguilles, 
d'après la seule inspection de leur squelette, et cependant c'est uniquement sur l'étude de ces 
parties solides que reposent les déterminations des paléontologistes. Aussi l'histoire de la zoo- 
logie nous apprend-elle que les familles dont les espèces sont le mieux connues sont juste- 
ment celles qui comptent le plus grand nombre d'espèces fossiles , parce que pour déterminer 
ces dernières , il a fallu étudier les espèces vivantes d'une manière beaucoup plus complète 
que les zoologistes n'ont l'habitude de le faire , et tenir compte d'une foule de caractères dont 
l'histoire naturelle descriptive s'occupe rarement. Il est un autre genre de difficultés que je ne 
dois pas passer sous silence; c'est la variété des formes qu'affectent certaines espèces, et qui 
qui est telle, par exemple, chez certains Crustacés, que les jeunes et les adultes, les mâles 
et les femelles ont été successivement décrits comme des espèces distinctes et même comme 
des types de genres différens. Enfin, et c'est surtout le cas de plusieurs familles d'Insectes, 
de Mollusques et de Polypiers , il y a des types dont les espèces sont tellement semblables que 
l'observation la plus minutieuse peut seule conduire à des déterminations rigoureuses, et je 
doute fort qu'il y ait un entomologiste qui pût reconnaître certain Diptère qui aurait été sim- 
plement comprimé , ou certain Lépidoptère dont les ailes seraient privées des petites écailles 
qui les recouvrent, ou tel Coléoptère auquel on aurait enlevé les élytres. Il en serait de même 
pour un conchyliologiste auquel on soumettrait une collection d'Hélices et de Mulettes (Unio) 
privées de leur épiderme. Or, je tiens à faire remarquer que c'est précisément à des familles 
semblables qu'appartiennent la plupart des espèces fossiles qui passent encore maintenant pour 
identiques avec des espèces vivantes. Je crois dès-lors qu'il serait prématuré de faire entrer en 
ligne de compte de semblables identifications dans les comparaisons que l'on fait des fossiles 
des diverses formations, surtout maintenant que l'on a acquis la certitude que la très-grande 
majorité des espèces diffère de la manière la plus incontestable d'une époque à l'autre. Je sor- 
tirais de mon plan si j'entreprenais d'exposer, à cette fin , l'histoire du développement de 
l'enseiïible des êtres organisés dans toutes les époques biologiques. Je me bornerai pour le 
moment à résumer les résultats les plus généraux de mes recherches sur les poissons. 

De tout temps l'étude de l'ichthyologie a été malheureusement beaucoup plus négligée que 
celle des autres branches de l'Histoire naturelle. La difficulté d'observer les poissons dans 



XXllI 

leurs profondes retraites, et de recueillir des faits certains sur leurs mœurs et toute leur éco- 
conomie animale, a rendu celte science moins attrayante que l'histoire des grands mammi- 
fères et des chantres des bois. Même les reptiles, si hideux et souvent si dangereux, ont trouvé 
plus d'amateurs que les poissons. Qui ne connaît l'attrait de l'entomologie et de la conchylio- 
logie ? Au milieu de tant de richesses , les poissons sont restés perdus pour nous dans les vastes 
océans qu'ils habitent ; car le nombre de ceux qui sont bien connus est très-petit ; et si la 
grande Ichthyologie de MM. Cuvier et Valenciennes nous promet la description de S à 6000 
espèces, nous avons à regretter que les volumes qui ont paru jusqu'ici n'en contiennent pas 
encore la moitié. Et pourtant, malgré tant de difficultés, que cette étude est entraînante, lors- 
qu'après avoir fait les premiers pas dans la carrière, on parvient peu à peu à se mouvoir libre- 
ment au milieu de ce monde encore nouveau qui recèle tant de mystères sur les abîmes de l'O- 
céan et sur les demeures inaccessibles des créatures qui l'habitent ! Mais pour arriver là, il faut 
se frayer soi-même la voie ; car les auteurs anciens ne nous offrent que de bien faibles res- 
sources, et parmi les modernes le plus complet nous abandonne au milieu de la route. Or, 
comme l'examen des espèces fossiles que j'ai cherché à déterminer nécessite une connaissance 
également détaillée de toute la faune ichthyologique actuelle, j'ai dû, pour établir par devers 
moi l'équilibre entre les différentes parties de cette science, poursuivre mes recherches d'une 
manière en quelque sorte indépendante de tout ce qui existe; car on conçoit facilement que 
les mémoires publiés sur les ichthyolithes, il y a seulement vingt ans, ne sont plus en rapport 
avec les connaissances qu'il est possible d'acquérir maintenant sur les poissons vivans, dans les 
grands musées d'Europe. 

De cet état de choses et de la manière dont j'ai été obligé d'étudier les poissons vivans pour 
les comparer avec les fossiles , il est résulté pour moi un grand avantage , c'est celui de 
l'indépendance de vues la plus complète sur les rapports assignés jusqu'ici aux poissons entre 
eux. Le grand nombre de genres nouveaux découverts depuis le commencement de ce siècle, 
et qui ont dû être intercalés dans les cadres des familles naturelles , ont successivement fait 
disparaître tous les rapprochemens qui avaient été proposés par les anciens ichthyologistes. II 
n'est pas étonnant dès-lors qu'en revoyant leurs caractères, je sois arrivé à une classification 
qui ditTère considérablement des divers arrangemens proposés par mes devanciers. Celte clas- 
sification est basée sur des considérations importantes que l'on avait complètement négli- 
gées. Il est en effet incontestable que l'un des caractères distinclifs de la classe des poissons est 
d'avoir une peau garnie d'écaillés de forme et de structure particulières. Cette enveloppe, qui 



XXIV — 

protège l'animal au dehors, est, d'après toutes les observations que j'ai pu faire jusqu'ici, en 
rapport direct avec l'organisation intérieure de ces animaux et avec les circonstances exté- 
rieures au milieu desquelles ils vivent. Sous ce point de vue , les écailles acquièrent une grande 
importance et peuvent être envisagées comme le reflet superficiel de tout ce qui se passe à 
l'intérieur et à l'extérieur du poisson. Aussi en les examinant attentivement, j'ai trouvé que 
lorsqu'on se laisse guider par les particularités de leur structure , on peut disposer les poissons 
dans des ordres beaucoup plus naturels que ceux qui ont été admis jusqu'ici. Ayant consacré 
à la classification un chapitre à part à la fin de ce volume , je puis me dispenser de reproduire 
ici les caractères des grandes coupes que j'ai désignées sous les noms de Placoîdes , de Ganoi- 
des . de Cténoïdes et de Cydoïdes. 

Cependant pour bien comprendre les résultats généraux que je puis présenter sur le déve- 
loppement progressif des poissons fossiles, il est nécessaire, je crois, de jeter encore un coup- 
d'œil sur les poissons vivans. 

En tenant compte de toutes les espèces inédites , on peut estimer le nombre des poissons 
vivans qui sont épars dans toutes nos collections à environ huit, mille. De ce nombre, plus des 
trois quarts appartiennent à deux ordres , dont l'existence ne remonte pas au-delà des terrains 
crétacés , savoir, aux Cydoïdes et aux Cténoïdes ; tandis que l'autre quart se rapporte aux 
ordres des Placoîdes et des Ganoïdes , qui sont très-peu nombreux maintenant , mais qui ont 
existé seuls durant toute la période qui s'est écoulée depuis que la terre a commencé à 
être habitée, jusqu'au moment où les animaux de la craie ont vécu. Cette balance entre les 
ordres de la classe qui nous occupe est un phénomène d'autant plus remarquable , que ce 
n'est pas en grand seulement que nous pouvons remarquer cette dispensation régulière des 
groupes , mais dans chaque ordre, et même dans chaque famille ; ensorte que les différences 
d'organisation deviennent des caractères distinctifs pour les époques biologiques , même dans 
les espèces que l'on voit pour la première fois. J'ose maintenant affirmer ce résultat avec as- 
surance , après avoir vu les conclusions générales que j'avais tirées de l'étude de cinq cents 
espèces de ces fossiles , corroborées par la découverte d'un nombre triple d'espèces , sans que 
j'aie rencontré plus d'une seule exception aux premières lois que j'avais reconnues. Ces dif- 
férences organiques essentielles ont surtout trait à la nature des tégumens et à la manière 
dont la colonne vertébrale se termine dans la nageoire caudale, c'est-à-dire à la manière dont 
l'animal est en rapport avec le monde extérieur qui l'entoure , et à la structure de l'organe 
essentiel de la locomotion. 



XXV 

Pour apprécier à sa juste valeur l'importance de l'étude des poissons en général, et des pois- 
sons fossiles en particulier, il ne faut jamais perdre de vue la position de cette classe dans la 
série zoologique des animaux. Placés par leur organisation au dessus des Rayonnes, des Mol- 
lusques et des Articulés , ils présentent des particularités de structure plus variées et sujettes à 
des différenciations plus nombreuses ; aussi remarque-t-on chez eux , dans des limites géolo- 
giques plus étroites, des différences plus considérables que chez les animaux inférieurs. Nous 
ne voyons pas, dans la classe des poissons , des genres , ni même des familles, parcourir toute 
la série des formations avec des espèces souvent très-peu différentes en apparence, comme cela 
a lieu parmi les Polypiers ; au contraire , d'une formation à l'autre , cette classe est repré- 
sentée successivement par des genres très-différens , qui appartiennent à des familles qui s'é- 
teignent bientôt aussi, comme si l'appareil compliqué d'une organisation supérieure ne pou- 
vait pas se perpétuer long-temps sans modifications profondes, ou plutôt comme si la vie 
animale tendait plus rapidement à se diversifier dans les ordres supérieurs du règne animal , 
que dans ses échelons inférieurs. A cet égard, il en est des poissons à-peu-près comme des 
mammifères et des reptiles. Non seulement toutes les espèces sont différentes d'une formation 
à l'autre ; mais à des distances verticales peu considérables dans la série des terrains , les es- 
pèces appartiennent encore à des genres différens , qui ne passent pas insensiblement d'une 
formation à l'autre, comme on l'observe fréquemment parmi les Mollusques et les Rayonnes. 
C'est là un des faits les plus intéressans que j'aie observés, et qui doit avoir d'autant plus de 
poids pour la zoologie géologique, que la classe des poissons s'étend à travers toutes les forma- 
tions, et offre ainsi, dans une des grandes divisions des vertébrés, un point de comparaison 
pour apprécier les différences que peuvent présenter, dans le plus grand laps de temps , des 
animaux construits sur un même plan , mais dont les affinités avec les espèces vivantes sont 
aussi éloignées que celles qui rattachent les Crinoïdes aux Echinodermes libres , les Nautiles 
et les Seiches aux Bélemnites et aux Ammonites, les Ptérodactyles, les Ichthyosaures et les 
Plésiosaures à nos Sauriens , les Pachydermes vivans à ceux qui habitaient jadis le bord des 
lacs des environs de Paris, ou les vastes plaines de la Sibérie. 

Nous sommes sans doute loin de connaître toutes les espèces de poissons fossiles ; mais 
leur répartition dans les différentes formations n'en est pas moins d'un haut intérêt pour l'his- 
toire du développement des animaux en général , et pour la connaissance de leur mode d'as- 
sociation avec les représentans des autres classes. 

On ne connaît encore que fort peu d'espèces des terrains diluviens ; il n'y en a même 

TOM. I. 4. 



XXVI 

qu'une qui ait été déterminée d'une manière rigoureuse, c'est VEsox Otto, qui a été trouvé 
en Silésie avec des ossemens fossiles d'Eléphans ; mais il est à présumer que la faune ichthyo- 
logique'de cette époque ressemblait beaucoup à celle de nos jours, et que les espèces appar- 
tenaient pour la plupart aux genres les plus répandus dans les eaux actuelles. 

Les poissons des terrains tertiaires sont fort nombreux et se rapprochent en général beau- 
coup des poissons vivans , ce qui fait que leur étude peut être entreprise au moyen des ou- 
vrages que l'on possède déjà sur l'ichlhyologie. Néanmoins il est souvent très-difficile, vu 
leur état de conservation , de les identifier, ou plutôt d'apprécier exactement leurs caractères 
distinctifs. Jusqu'à présent je n'ai pas trouvé une seule espèce qui fût parfaitement identique 
avec celles de nos mers , excepté ce petit poisson que l'on trouve en Groenland dans des 
géodes d'argile, dont j'ai long-temps ignoré l'âge géologique, mais que je sais maintenant 
être de notre époque. 

Les espèces ducrag d'Angleterre, de la formation subapennine et de la molasse, se rap- 
portent pour la plupart à des genres communs dans les mers des régions tropicales et tempé- 
rées, tels que les Platax, les grands Carcharodons , les Lamies, les Myliobates à larges che- 
vrons, etc. Une comparaison détaillée de ces poissons nous montre que tout en appartenant 
aux genres de notre époque , les espèces de ces terrains indiquent, dans nos climats, des en- 
sembles de poissons dont le mode d'association rappelle plutôt ceux des zones plus chaudes 
que les localités dans lesquelles on découvre maintenant leurs débris fossiles. 

Dans les dépôts lacustres de cette époque, on trouve de nombreuses espèces de Cyprins, des 
Cyprinodontes , des Anguilles, des Brochets et des Cottus. On rencontre même déjà des genres 
qui n'ont pas de représentans dans la création actuelle, tels que les Smerdis et lesSphenolepis. 
Les Muges sont caractéristiques des dépôts d'eau sauniàtre. Enfin la présence de Cyprino- 
dontes dans les terrains d'eau douce de nos latitudes est un fait qui confirme les indications 
que nous donnent déjà les plantes et les autres animaux sur le climat de ces localités , à l'é- 
poque de leur déposition. 

Dans les formations tertiaires inférieures , dans l'argile de Londres et dans le calcaire gros- 
sier de Paris , un tiers au moins des espèces appartient déjà à des genres qui n'existent 
plus. Les recherches que j'ai faites sur ces espèces n'étant pour la plupart pas contenues 
dans cet ouvrage , au lieu de les énumérer ici , je renvoie aux tableaux comparatifs de tous 
les poissons fossiles qui se trouvent à la fin des volumes suivans, et dans lesquels j'ai indiqué 
les noms des genres et des espèces de toutes les époques géologiques. Je me bornerai à men- 



XXVIl 

tionner ici les Nolreus et les Sphenolepis de Montmartre, et le genre Ilemirhynchus du calcaire 
grossier; et parmi les poissons de Sheppy, les Esturgeons, les Chimérides, les Myliobates, le 
genre Phyllodus qui est propre à celte localité, lesSciénures et les nombreux représentans de 
la famille des Scombéroïdos, qui dominent dans l'argile de Londres. Le caractère tropical de 
cette faune ichthyologique ressort surtout de la fréquence d'espèces appartenant à des genres 
dont les représentans de notre époque ne remontent pas, pour la plupart, jusque dans nos 
latitudes. Les genres éteints même appartiennent à des familles plus développées dans la zone 
torride que dans les zones tempérées. 

Les poissons de Monte-Bolca paraissent appartenir à une époque intermédiaire entre les 
terrains tertiaires et la formation crétacée. Ils sont très-nombreux. On a trouvé dans cette lo- 
calité un Squale, des Raies, des Sclérodermes , des Gymnodontes, des Pycnodontes, des 
Lophobranches , des Percoïdes, des Sparoïdes, des Sciénoïdes, des Cottoïdes, des Gobioïdes, 
des Teuthyes, des Chétodontes, des Aulostomes, un Pleuronecte, des Scombéroïdes, des Sphy- 
rénoïdes, un Labre, un Lophius, un Blennioïde, des Halécoïdes, des Esocides et des Anguil- 
liformes. 

Les espèces de la craie appartiennent pour plus des deux tiers à des genres qui ont en- 
tièrement disparu ; l'on voit même déjà apparaître quelques-unes de ces formes singulières 
qui prévalent dans la série oolitique. Cependant, dans leur ensemble, les poissons de la craie 
rappellent davantage le caractère général des poissons tertiaires que celui des espèces de l'oo- 
lithe. On trouve en effet dans les terrains crétacés , auxquels j'associe les schistes de Glaris , 
des Squalides, des Cestraciontes, des Raies, des Chimérides , quelques Pycnodontes, deux 
Sauroïdes , un Célacanthe , des Sclérodermes , des Percoïdes . des Scombéroïdes et des Halé- 
coïdes. L'analogie de cet ensemble avec les poissons tertiaires est tellement frappante, que 
n'ayant égard qu'aux poissons, dans un rapprochement général des formations géologiques , 
il me paraîtrait plus naturel d'associer la formation de la craie et du grès-vert aux terrains 
tertiaires, que de les rapprocher du groupe des terrains secondaires. Au dessous de la craie 
il n'y a plus un seul genre qui ait des espèces vivantes , et ceux de la craie même , qui ont 
des représentans récens comptent en général un plus grand nombre de fossiles. Je crois pou- 
voir conclure de ces faits , que les conditions climatologiques qui ont prévalu pendant l'époque 
crétacée ne différaient pas sensiblement de celles des premiers temps de l'époque tertiaire. 
Dans aucun cas . je ne saurais admettre l'opinion de ceux qui attribuent aux formations se- 
condaires un climat hyperlropical : car du moment où les eaux de la mer auraient pu atteindre 



XXVIII 

une température beaucoup plus élevée que celle qu'elles offrent maintenant dans les régions 
les plus chaudes du globe , les conditions nécessaires aux animaux qui respirent par des bran- 
chies , n'auraient pu se maintenir pendant le laps de temps qui a dû être nécessaire au déve- 
loppement de tous les êtres organisés qui caractérisent ces terrains. 

La série oolitique, jusqu'au lias inclusivement, forme un groupe très-naturel et très-bien 
limité qui doit comprendre aussi la formation veldienne , dans laquelle je n'ai pas trouvé une 
seule espèce appartenant aux genres de la craie. A partir de celte époque et en descendant 
toujours , les deux ordres qui prévalent dans la création actuelle, les Cycloïdes et les Cténoïdes, 
ne se retrouvent plus , tandis que ceux qui sont en minorité de nos jours se présentent subi- 
tement en très-grand nombre. Parmi les Ganoïdes, ce sont les genres à caudale symétrique 
que l'on trouve ici , et en particulier les genres Dapedius , ïetragonolopis, Lepidotus, Semio- 
notus, Nothosomus, Pholidophorus, Notagogus et Propterus de la famille des Lépidoïdes ; le 
seul Coccolepis Bticklandi est hétérocerque. Les Sauroïdes sont également nombreux, ils ap- 
partiennent aux genres Eugnathus , Plycholepis , Conodus, Pachycormus, Caturus, Amblyse- 
mius,Thrissonotus, Sauropsis, Thrissops, Leptolepis, Aspidorhynchus, Belonoslomus, Megalu- 
rus et Macrosemius. Les Célacanthes ne sont représentés que par les genres Undina, Ctenole- 
pis et Gyrosteus ; mais les Pycnodontes sont nombreux en espèces appartenant aux genres 
Pycnodus, Gyronchus , Scrobodus, Microdon, Sphaerodus et Gyrodus. Parmi les Placoïdes, ce 
sont surtout ceux à dents sillonnées sur leurs deux faces et à grands rayons épineux, les Hy- 
bodontt's, qui prédominent. On sait en effet maintenant que ces grands rayons que MM. Buck- 
land et de la Bêche ont appelés Ichthyodorulithes , ne proviennent ni de Silures, ni de Ba- 
listes , mais que ce sont des rayons de la dorsale de grands Squales , dont on trouve les dents 
dans les mêmes couches. On y trouve aussi de nombreux représentans de la famille des Ces- 
traciontes, et en particulier des espèces des genres Âcrodus et Strophodus. Les Chimérides 
sont également représentées à cette époque. En somme , la faune des poissons de la série 
oolitique est tellement différente de celle des terrains plus récens, qu'un ichlhyologiste 
qui aurait fait une étude très-complète des poissons de notre époque, en lisant l'énumération 
que je viens de faire des genres du Jura , se douterait à peine que c'est à cette classe qu'ap- 
partiennent les fossiles dont il vient de lire les noms. 

On parviendra sûrement un jour à recueillir un grand nombre de faits relatifs aux mœurs 
de ces animaux et à leur organisation intérieure. La découverte des coprolithes nous permet 
déjà de reconnaître les êtres organisés qui faisaient la pâture des Sauroïdes et des Requins du 



XXIX 

Lias; car dans ces matières fécales, qui sont assez nombreuses dans les dépôts qui contien- 
nent des poissons de la famille des Sauroïdes , on découvre aisément les écailles des poissons 
qu'ils mangeaient, et quelquefois ces écailles sont déterminables. Même les intestins sont con- 
servés dans quelques cas, par exemple, dans un exemplaire de Mégalichthys , où l'on voit 
une portion du canal alimentaire. Les paquets d'appendices pyloriques et les intestins enroulés 
des espèces de Leptolepis et de Thrissops de Solenhofen , connus sous le nom de Lombricaires, 
ne sont pas rares dans les schistes de cette intéressante localité. Parmi les poissons de la craie 
on voit même, dans la collection de M. Mantell, des exemplaires de Macropoma, où l'estomac 
entier est conservé avec ses différentes membranes , qui se séparent en feuillets. Dans un 
grand nombre de poissons de Sheppy, de la craie et de la série oolitique, la capsule du bulbe 
de l'œil est encore intacte ; et dans beaucoup d'espèces de Monte-Boica , de Solenhofen et du 
Lias , on voit très-distinctement toutes les petites lames qui constituaient les branchies ; dans 
d'autres j'ai reconnu des œufs remplissant la cavité abdominale ; dans d'autres, le foie a laissé 
une empreinte foncée; enfin, il «n'y a pas jusqu'aux muscles dont je n'aie reconnu des traces 
très-distinctes dans un poisson de la craie du Brésil. Il paraît cependant que la nature des ro- 
ches contribue à conserver certaines parties plutôt que d'autres. 

En quittant le Lias pour passer aux formations inférieures , l'on observe une grande diffé- 
rence dans la forme de l'extrémité postérieure du corps des Ganoïdes. Tous ont la colonne 
vertébrale prolongée à son extrémité en un lobe impair qui atteint le bout de la nageoire 
caudale. Cette particularité est également propre aux poissons plus anciens. 

Les formations triasiques et le Zechstein forment un groupe des plus remarquables par sa 
faune ichthyologique. Des Chimérides de forme étrange, les Ceratodus et les Némacanthes 
sont nombreux ; des Cestraciontes appartenant aux genres Dictsea , Janassa, Acrodus et Stro- 
phodus, et des Hybodontes sont à cette époque les représentans de l'ordre des Placoïdes. Parmi 
les Ganoïdes on distingue des Lépidoïdes des genres Platysomus , Gyrolepis et Palseoniscus , des 
Sauroïdes des genres Acrolepis , Pygopterus et Saurichthys ; des Célacanthes et des Pycno- 
dontes , parmi lesquels les genres Placodus et Colobodus sont surtout caractéristiques pour 
le Muscheikalk. 

Les terrains houillers nous offrent aussi des types très-variés. Parmi les Placoïdes on dis- 
tingue surtout des Cestraciontes appartenant aux genres Psammodus , Pœcilodus, Pleurodus , 
Cochliodus, Chomatodus, Helodus , Orodus, Ctenoptychius et Petalodus , si tant est que ce 
dernier genre ne constitue pas une famille à part. Les Chimérides remonteraient aussi à cette 



XXX 

époque, si comme je le crois maintenant , c'est à cette famille qu'il faut rapporter le genre Cte- 
nodus. Les défenses de poissons cartilagineux sont très-nombreuses dans cette formation ; j'en 
ai distingué plusieurs genres sous les nomsd'Oracanthus, de Ctenacanthus, de Ptychacanthus, 
de Leiacanthus, d'Onchus, de Spinacanthus, de Tristychius , etc. Les Hybodontes sont re- 
présentés par les genres Cladodus et Diplodus. Il n'y a pas jusqu'aux Squalides qui ne soient 
déjà représentés par le genre Carcharopsis. Les Ganoïdes sont tout aussi nombreux ; il y a des 
Lépidoïdes des genres Acanthodes, Palaeoniscus , Amblypterus et Eurynotus; des Célacanthes, 
des genres Holoptychius, Cœlacanthus , Phyllolepis, Hoplopygus et Uronemus. Enfin c'est dans 
la houille que l'on trouve les plus grands de ces monstrueux poissons sauroïdes , dont l'ostéo- 
logie rappelle à bien des égards les squelettes des Sauriens , soit par les sutures plus intimes 
des os de leur crâne , soit par leurs grandes dents coniques et striées longitudinalement , soit 
encore par la manière dont les apophyses épineuses sont articulées avec les corps des vertè- 
bres, et les côtes à l'extrémité des apophyses inférieures. L'analogie entre les Sauroïdes et les 
Sauriens ne s'étend pas seulement au squelette; dans l'un des deux genres qui existent main, 
tenant , j'ai trouvé une organisation intérieure des parties molles très-particulière , qui rap- 
proche encore plus ce groupe des reptiles qu'il ne paraissait d'abord. Il y a en effet dans le 
Lepidosteus osseus une glotte , comme celle des Sirènes et des reptiles salamandroïdes, et une 
vessie natatoire celluleuse, avec une trachée-artère. Enfin, leurs tégumens ont souvent une 
apparence si semblable à ceux des Crocodiles, qu'il n'est pas toujours facile de les distinguer. 
Cet ensemble de caractères me fait penser que les poissons antérieurs à la déposition des ter- 
rains jurassiques ont dû vivre dans des océans plus profonds ; l'analogie qui existe entre la 
forme de la queue des Ganoïdes de cette époque et celle des Placoïdes de tous les temps me 
paraît confirmer cette supposition. J'ajouterai même que les Ganoïdes anciens saisissaient pro- 
bablement leur proie en se renversant, comme les Squales de nos jours. La position de leur 
bouche, qui est sous le bout du museau dans la plupart d'entre eux, jointe à l'inégalité des 
lobes de leur queue, semble du moins l'indiquer. 

Les poissons trouvés dans les terrains de transition , se distinguent par des caractères en- 
core plus étranges. Les Placoïdes y sont à la vérité faiblement représentés ; cependant on dis- 
tingue déjà des espèces d'Onchus , de Ctenacanthus , de Ptychacanthus , de Ctenoptychius et 
d'autres genres encore mal déterminés , tandis que les Ganoïdes sont très-nombreux et bien 
caractérisés. J'ai distingué les genres Cephalaspis , Pterichthys, Pamphractus, Polyphractus . 
Coccosteus , Chelonichthys , Dipterus , Osteolepis , Acanthodes, Diplacanthus , Cheiracanthus, 



XXXI 

Clicirolepis , Diplopterus , Plalygnathus , Dendrodiis , Lamnodus , Cricodus, Megalichlhys, 
Holoplychiiis , Glyplosteus , Phyllolepis , Glyptolepis et Psainmolepis appartenant aux familles 
des Lépidoïdes ou plutôt aux nouveaux groupes que j'en ai détachés sous les noms de Cepha- 
laspides, de Diptériens et d'Acanthodiens , et aux familles déjà mieux connues des Sauroïdes 
et des Célacanthes. Si l'énuniération de tous ces noms de genres ne peut point encore rap- 
peler d'images précises , puisque je n'en ai encore décrit que quelques-uns , elle prouve du 
moins que les poissons ont été très-nombreux dès leur apparition , (ju'ils ont appartenu de 
prime abord à des familles très-difïérentes et que les types qui se sont succédés dans cette classe 
ne descendent pas plus les uns des autres, par voie de transformation où de génération directe, 
que les diverses classes du règne animal tout entier. 

Ce qu'il y a cependant de plus remarquable dans l'ensemble des poissons inférieurs à la 
série oolitique , outre leur analogie avec les reptiles, et même avec les Trilobites, c'est , d'un 
côté la plus grande uniformité des types , et de l'autre , la grande uniformité des parties d'un 
même animal entre elles , qui est souvent telle , que les écailles , les os et les dents sont dif- 
ficiles à distinguer les uns des autres. S'il était permis de hasarder quelques conjectures sur 
cet état de choses , tel qu'il se présente à nous maintenant , je dirais que le principe de la 
vie animale qui plus tard s'est développé sous la forme de poissons ordinaires, de reptiles, 
d'oiseaux et de mammifères , existait en quelque sorte à l'état de germe dans ces singuliers 
poissons Sauroïdes qui tiennent à la fois des poissons et des reptiles. Aussi bien ce caractère 
mixte se perd-il de plus en plus avec l'apparition d'un plus grand nombre de reptiles, et nous 
voyons les Ichlhyosaures et les Plésiosaures participer par leur ostéologie aux caractères des 
Cétacés de la classe des mammifères , et les grands Sauriens terrestres à ceux des Pachyder- 
mes qui n'ont été créés que beaucoup plus tard ; tandis que les poissons contemporains de ces 
curieux reptiles deviennent en quelque sorte toujours plus poissons. 

C'est ainsi que l'observation directe, de concert avec la synthèse, nous fait entrevoir un dé- 
veloppement organique régulier dans tous les êtres créés , développement qui est en rap- 
port avec les différentes conditions d'existence qui se sont réalisées à la surface du globe , à la 
suite des changemens qu'il a subis lui-même ; mais ce développement progressif ne se mani- 
feste que dans l'embranchement des vertébrés ; les animaux sans vertèbres ne s'y rattachent 
pas directement. 

En tenant compte de tous ces faits , je vois dans la série des formations géologiques deux 
grandes divisions , qui ont leurs limites aux étages inférieurs de la formation crétacée. La pre- 



XXXII 

mière , la plus ancienne ^ ne comprend que des Ganoïdes et des Placoïdes. La seconde , plus 
intimement liée avec les êtres actuels , comprend des formes et des organisations beaucoup 
plus diversifiées ; ce sont surtout des Cténoïdes et des Cycloïdes et un très-petit nombre d'es- 
pèces des deux autres ordres qui disparaissent insensiblement , et dont les analogues vivans 
sont considérablement modifiés. Ne trouvant pas dans les poissons de la première grande pé- 
riode des différences correspondantes à celles que nous observons maintenant entre les pois- 
sons d'eau douce et les poissons marins , il me paraît que l'on va peut-être au-delà des faits , 
en admettant dans la série oolitique, et plus bas, des terrains d'eau douce et des terrains ma- 
rins distincts. Je pense plutôt que les eaux de ces temps reculés, circonscrites dans des bas- 
sins moins fermés, ne présentaient pas encore les différences tranchées que l'on remarque de 
nos jours. 

Tel est le cadre abrégé de l'histoire du développement de la classe des poissons. Pour en 
exposer les détails je devrais rapporter une masse de faits qu'il serait difficile d'aborder sans 
reproduire une partie des considérations que j'ai rattachées à la description des familles et 
des genres qui me les ont suggérés , et anticiper même sur les résultats que j'ai obtenus par 
l'examen des espèces nouvellement découvertes et qui ne sont point encore décrites dans cet 
ouvrage. Le champ des recherches sur les poissons fossiles s'est tellement accru depuis quel- 
ques années par le soin que l'on a mis partout à recueillir leurs débris , que l'activité d'un 
homme ne saurait plus suffire à les décrire au fur et à mesure qu'on les découvre. Espérons 
que l'intérêt toujours croissant qui s'attache à l'anatomie des poissons, portera les naturalistes 
à s'occuper également d'une manière active d'un domaine dans lequel je n'ai encore planté 
que quelques jalons mais dont la fertilité ne saurait plus être contestée. 



XXXlll 



Tableau général des Poissons fossiles. 



rangés par terrains. 



ICHTHYODORULITHES. 



Onchus Murckisoni. Lildlow. 
(■ tenuistriatus. Ludiow. 



ICHTHYODORULITHES. 

Onchiis arcuatus. Bromyard. 

n semistriattis. Soutlistonp Rock. 
' Parexus recurvus. Bairuddery. 
Ctenacanthus ornatiis. Wales , Sapey. 

* » serriilatus. Kohlluisen. 

' Ptychacanthus dubius. .\bergavenny. 

* Climatitts reticulatus. Balrudden". 

Cestraciontes. 

' Ctenoptychius crenatus. Megra (Russie). 
" .> prisons. Ecosse. 

" Placosteus arcuatus. Riga. 

• ■■ undulatus. Riga. 

• M mmandrinus. Ladoga. 



CÉPHALASPIDES. 

Cephalaspis Lyelli. Hereford , Brecknock . Wiiilbacli . Kid- 
derminster, Glammis. 
" rostratus. Whitbach. 

» Lewisii. Wliitbach. 

» Lloydii. Pays de Galles : Whitbach. the Wyle. 

Sutton-Hill , Downton-Hill , Meiiaibridge . 
Abergavenny. 
' Pterichthys Milleri. Cromarty, Gamrie. 
* » productus. Lelhen-Bar. 

TOM. I. 



Terrains silnricns. 

Espèces dont la famille n'est pas encore oéterihinék. 

* Thelodus parvidens. Llldlow. 

* Sclerodus pustuliferus. Liidlow . 
" Plectrodus mirabilis. Ludlow. 

* » pleiopristis. LudIow. 
^ Sphagodus pristodotiius. Ludlow. 

Old red !i>and«tone. 

' Pterichthys latus. Lethen-Bar. 
' " cornutus. Lethen-Bar. 

* » testudinarius. Cromarty. 

' » oblofigus. Cromarty et Gamrie. 

" » cancriformis. Orkney. 

^ Pamphractus Hydrophilus (Pterichthys). Dura-Den. 

" Polyphractus ptatycephalus. Caithness. 

* Coccosteus decipiens (latus). Caithness et Orknev. 

* » oblongus. Lethen-Bar. 

* » cuspidatus. Cromarty et Gamrie. 

* Chelonichthys Asmusii. Riga, Elgin. 
*• « minor. Riga, Elgin. 

Acanthodiens. 

" Acanthodes pusillus. Gordon-Castle. 
" Diplacanthus striatus. Cromarty. 
" >■ striatulus. Lethen-Bar. 

* » longispinus. Lethen-Bar et Cromarty. 
" " crassipinus. Caithness^ Stromness , Orkney. 
Cheiracanthus Murckisoni. Gamrie. 
' i> microlepidotus. Lethen-Bar et Cromarty. 

« miîior. Pomona , Stromness. 

Cheirolepis Traillii. Pomona, Stromness. 
Uragus. Gamrie. 

* " CummingicE. Lethen-Bar et Cromarty. 



XXXIV 



DiPTÉRIENS. 

Dipterus macrolepidotus (Catopterus Ag.^ Caitlmess, How- 
burn-Head, Pentland-Firth , Banniskirk, Widel, 
Clythe , Pomona , Liebster, Letheron-Wheele , 
Downton-Hill. 
Oiteolepis macrolepidotus (Pleiopterits) . CaitlineSS, Po- 
mona , Orkuey et Cromarty. 
» microlepidotus. Caithness, Pomona, Orkney. 
» are«a<M«. Géodes de Gamrie. 

* » major. Lethen-Bar, Gamrie. 

Sauroides. 

* Diplopterus afflnis. Gamrie. 

* >> borealis. Orkney, Stromness. 

* » macrocephalus. Lethen-Bar, Printsclika. 
' Platygnathus paucidens. Caithness. 

* ') Jam,esoni. Dura-Den. 

* i> minor. Dura-Den. 

* Dendrodus latus Ow. Murrayshire. 

" •! strigatus Ow. Murrayshire , Riga. 

* » sigmoideus Ow. Murrayshire. 



" Lamnodus biporcatus (Dendr. biporcatus Ow. ) Murray- 
shire , Riga. 

* » Panderi (Dendr. compressus s. hastatus Ow.) 

Murrayshire , Riga. 
" Cricodus inciirvus (Dendr. incurvus Ow.) Murrayshire, 

Riga. 
" Megalichthys priscus. Orkney. 

CÉLACANTHES. 

* Holoptychius giganteus. Ecosse: Glammis, Gamrie, Clasii- 
bennie. 

* » Flemingii. Dura-Den. 

* » nohilissimus. Clashbennie, Printschka. 
' " Andersoni. Dura-Den. 

» Murchisoni. Clashbennie. 

* » Omaliusii. Liège , Eifel. 

* Glyptosteut favosus. Elgin, Printschka. . »/li 

» reticulatus. Clashbennie, Elgin, Printschka 

* Phyllolepis concentricus. Clashbennie. 
' Glyptolepis elegans. Gamrie. 

* » leptopterua. Lethen-Bar. 

* Psammolepis paradoxiis. Riga. 



f-f<rU 



l-Oh 



iukc 



Terrains hoaiilers. 



ICHTHYODORULITHES. 

Oracanthus Milleri. Cale, carbonif. Bristol. 
» pustulosus. Cale, carbonif. Bristol. 
» ■ minor. Cale, carbonif. Bristol, Armagli. 

* " confluens. Calc. carbonif. Armagh. 
Onchus sulcatus. Cale, carbonif. Bristol. 

" hamatus. Cale, carbonif. Bristol. 
" >. rectus. Calc. carbonif. Armagh. 

• X plicatus. Calc. carbonif. Armagh. 

• , •• falcatus. Calc. carbonif. Armagh. 
' » suhulatus. Houille. Rhuabon. 
Ctenacanthus major. Calc. carbonif. Bristol. 

» tenuistriatits. Calc. carbonif. Bristol , Gors- 

tley, Rough. 
» brevis. Calc. carbonif. Bristol. Armagh. 

* » heterogyrus. Calc. carbonif. Armagh. 
, » arcuatus. Calc. carbonif. Armagh. 

* n crenulatus. Calc. carbonif. Armagh. 
Gyracanthus formosus. Burdie-House , Dudley, Newcastle , 

Rhuabon, Sunderland , Alnwick , Burnt-Island. 
» tuberculatiis. Sunderland. 

•> alnwicetisis. Alnwick-Castle. 

• " ornatus. Schistes houillers. Nord du Pays de 

Galles. 



Sphenacanthiis serrulatm. Burdie-House. 
Tristychius arcuatus. Greenside près de Glasgow. 
Ptychacanthus suhlœvis. Burdie-House. 
* Physonemus subteres. Calc. carbonif. Armagh. 
* Leptacanthus priscus. Calc. carbonif. Armagh. 

* Cladacanthus paradoxus. Calc. carbonif. Armaph. 

* Cricacanthus Jonesii. Calc. carbonif. Armagh. 

* Asteroptychius ornatus. Calc. carbonif. Armagh. 

* » Porflockii. Schistes houillers. Irlande. 

* Leptacanthus Colei. Houille. Rhuabon. 

* Orthacanthus cylindricus. Houille. Leeds. 
Pleuracanthus lœvissimus. Houille , Dudlev- 

* » planus. Houille. Leeds. 

» cylindricus. Nortll-Wales. 

Cestraciontes. 
Orodus cinctus. Calc. carbonif. Bristol. 
" ramosiis. Calc. carbonif. Bristol. 
Ctenoptychius ajoieaZis. Schistes houill. Staflbrd, Manchester. 

» pectinatus. Burdie-House, Manchester. 

» denticulatus. Burdie-House , Manchester. 

" • cuspidatus. Houille. Glasgow. 

' » dentatus. Calc. carbonif. Armagh. 

"* • serratus. Calc. carbonif. Armagh. 

" ■> macrodus. Calc. carbonif. Armagh. 



XXXV 



* Ctenoptychiu.t crenatus. Houille. Carlukc , Glasgow . 
Hdodus simples (Psammodiis). Scli. lioiiillers. Slafl'ord , 

Coalbrookdalo. 
• lœvissimas. Cale, ciii'bonif. Bristol. 
stibteres. Calc. carbonif. Bristol. 
gibberulus. Cale, carbonif. Bristol. 
turgidus. Calc. carbonif. Bristol, Armagh. 
mitratiis. Houille. Carluke. 
didymus. Calc. carbonif. Armagh. 
mammillaris. Calc. carbonif. Armagh. 
planm. Calc. carbonif. Armagh. 
Chomatodus cinctus. Calc. carbonif. Bristol. 
» linearis. Calc. carbonif. Bristol. 

*" •• truncatus. Calc. carbonif. Armagh. 

Psammodiis rtigosiis. Calc. carbonif. Bristol, Armagh , Esky, 
Geroldstein (Eifel). 
» porosus. Calc. carbonif. Bristol. Armagh. 

* >• cornutus. Calc. carbonif. Armagh. 

* » ohtusus. StafTord. 

Cochliodus contortus. Calc. carbon. Bristol, Armagh , Clifton. 
» magnus. Calc. carbonif. Armagh. 
» ohlongiis. Calc. carbonif. Armagh. 

• acutus. Calc. carbonif. Armagh. 

* » striatus. Calc. carbonif. Armagh. 

* Pœcilodiis Jonesii. Calc. carbonif. Armagh. 

" paralellus. Calc. carbonif. Armagh. 

• transversus. calc carbonif. Armagh. 
ohliquus. Calc. carbonif. Armagh , Carluke. 

« suUœvis. Calc. carbonif. Armagh. 

» angustus. Houille. Carluke. 

'Pleurodusaffinis. Schiste houiller. Rhuabon, Carluke. 

* » Rankinei. Houille. Carluke. 



Ctenodus cristatus. Houille. Tong près de Leeds. 
» Rohertsoni. Burdie-House. 

* » alatiis. Calc. d'Ardwick. 

* » Murchisoni. Le Botwood. 



Petalodus acuminatus ^Chomatodus). Calc. carbonif. Diu'- 
ham , Yorkshire , Glasgow. 

* » Hastingsiœ. Calc. carbonif. Armagh. 

* » psittacinus. Calc. carbonif. Armagh. 

* <• lœvissimiis. Calc. carbonif. Armagh. 

reclus. Calc. carbonif. Armagh. 

* » radicans. Calc. carbonif. Armagh. 

marginalis. Calc. carbonif. Armagh. 
•» sagittatus. Calc. carbonif. Armagh. 



Hydodontes. 
Clndodus mirabilis. Calc. carbonif. Bristol. Armagh. 
striatus. Calc. carbonif. Armagh. 
» marginatus. Calc. carbonif. Armagh. 
» Milleri. Calc. carbonif. Bristol. 
» conicus. Calc. carbonif. Bristol. 
<• acutus. Calc. carbonif. Laughgal. 
» Hibberti. Burdie-House. 
" partjus. Burdie-House. 
Diplodus gibbosus. Houille. Edinburgh , Carluke , Derby- 
shire, N. Stafford. 
» minutus. Burdie-House. 

Squalides. 

" Carcharopsis prototypus. Calc. carbonif. Yorksliii'e . 
Armagh. 

ACANTHODIENS. 

Acanthodes Bronnii. Saarbriick. 
» sulcatus. New-Haven. 

LÉPlDOtDES. 

Amblyptcrus macropterus. Saarbrûck. 

» eupterygius. Saarbriick , Lebach. 

.) latus. Saarbriick, Lebach, St.-Ingberg. 

>i lateralis. Saarbriick, Lebach. 

• nemopterus. NewHaven, Inchkeith, Wardie. 

• punctatus. New-Haven. 

• striatus. New-Haven. 

Palœoniscus fultus. Sunderland (Massachussefs) ; WestHeld 
(Connecticut). 

* » Agassizii. Redf. New- Jersey. 

* » macropterus Redf. Sunderland (Etats-Unis). 
" '< Egertoni. Houille. Staffordshire. 

* » monensis Egert. Houille. Anglesea. 

Duvernoy. Mûnster-Appel , près Kreutznacli. 
» minutus. Miinster-Appel. 

.. Blainvillei. Muse , près d'Autun. 

» Voltzii. Muse , près d'Autun. 

» angustus. Muse, près d'Autun. 

» Robisoni. Burdie-House. 

« striolatus. Burdie-House. 

» ornatissimus. Burnt-lsland (Fifeshire) , Burdie- 

House. 
» carinatus. New-Haven. 

» vratislaviensis. Ruppersdorf (Bohême). 

» lepidurus. Scharfeneck, Ruppersdorf. 

"\Catopterus gracilis. Redf Durhani (Etats-Unis). 
« parvulus Redf. New-Jersey. 



X.XXVI 



' Catoptenis anguilliformis Redf. MiddlelONsn (Etats-Unis). 
Eurynotiis cienatus. Blirdie-House. 

" fimbriatus. New-Haven. 

» tenuiceps (Palœoniscus latiis Retlf.^ Slinder- 

land (Massacliussets). 

* Platysomus parvulus. Leeds. 
" (ti/rolepis Rankinei. Leeds. 

* Plectrolepis rugosus. Carluke. 

Sauroides. 

* Pygoptenis Bonardi. Muse, près d'Autim. 

» Bucklandi. Bui'die-House. 

* » Lucius. Saarbrïick. 

* » Jamesoni. Burdie-Hoiise. 

* >• Greenockii. New-Haven. 
Megalickthys Hibberti. GlasgO"', Carluke. 

* n maxillaris. Leeds. 

* Diplopterus carbonarius. Statford. 

» Robertsoni. Burdie-House. 

' Acrolepis acutirostris- Carluke. 



' Orogièathus conidens. Carluke. 

* Graptolepis ornatus. Carluke. 

* Pododus capitatus. Carluke. 

* Cricodi/s Horneri. Edimbourg. 

CÉLACANTHES. 

* Holoptychius Hibberti (Rhizodus Ow). Burdie-House. 

* .. sauroïdes. Edimbourg. 

» falcatus. Greenside près de Glasgow. 

Portlockii. Irlande. 
>j Garneri Murcb. Lanesfield. 

" granulatiis. Mancbester. 

>i striatus. Millstone-great : Edimbourg. 

wîTCor. Nord du comté de Stafford. 
' Phyllolepis tenuissimus. Burdie-House. 
' Ccelacanthus Phillipsii. Halifax. 

* j> lepturus. Leeds, Manchester. 

' I. Mûnsteri. Lebach ( Bavière rhénane ) . 

* Hoplopygus Biuneyi. Manchester. 
' Uronemm lobatus. Burdie-House. 



Xechsteiu. 



ICHTHYODORULITHES. 

=> GyroprisHs obliquus. Cale magnésien: Belfast. 

Cestraciontes. 

' Strophodus arciiatus Mùnst. Richelsdorf. 
« Acrodus Althausii Mûnst. Richelsdorf. 
Dictea striata ( Acrodus larva). Schiste cuivreux , Richels- 
dorf, Thalitter. 
*Ja7iassa angulata. Richelsdorf. 

* M Humholdtii. Richelsdorf. 

* » bituminosa. Richelsdorf. 

Dictea Mi'mst. Richelsdorf. 

LÉPIDOIDES. 

Palœoniscus Freieslebetii. Mansfeld , Hesse. 

" magnus. Mansfeld. 

>• macropomus. Mansfeld, Ihnenan. 

u elegans. Cale, magnésien (Magn. Limestone) : 
East-Thick!ey, Midderidge, Darlingion, etc. 
comtus. Cale, magnésien: East-Thickley, Midde- 
ridge, Darlington, Clarence-Railway, West- 
Bolden, Houghton, Willey, Rushyford. 

>' glaphyrus. Calc. magnésien: Midderidge, East- 

Thickley, Darlington , Clarence-Railway, W. 
Bolden , Houghton , Witley et Rushyford . 
Ferry-Hill. 



Palœoniscus longissimus . Cale, magnésien: East-Thickley, 
Midderidge, Darlington, Clarence-Railway, 
W. Bolden, Houghton, etc. 
» mncrophthalmus. Calc. magnésien : East-Thic- 

kley, Midderidge, Darlington, etc. 

* >i speciosiis Mûnst. Richelsdorf. 
» ornatus? Miinst. Richelsdorf. 

Platysomus gibbosus. Zechstein d'Allemagne. 
" rhombus. Mansfeld , Richelsdorf. 

» striatus. Calc magnésien: Ferry-Hill, Whitley, 

Durham. 
» macrurus. Calc. magnésien : East-Thickley. 

" parvus. Calc. magnésien de Low-Pallion (Noi- 

thumberland ). 

* » intermedius Mûnst. Richelsdorf. 

* " Fuldai Mûnst. Richelsdorf. 

' " Althausii Mûnst. Richelsdorf. 

* Dorypterus Hoffmanni. Gei'ni. Richelsdorf, 

Sauroides. 

Pygopterus Humboldtii. Mansfeld, Nendershausen, Richels- 
dorf. Glûcksbrunn. 
" mandibularis. Calc. magnésien: East-Thickley, 

Ferry-Hill. 

" » «cw/jDiu*. Calc. magnésien : East-Thickley. Ferry- 

Hill. 



XXXVII 

Acrolepis Sedgwickii. Calc. magnésien: East-Thickley , Ferry- 



PVCNODONTES. 



Hill. 

aspcr. Mansfeld. 
angiistus Mûnst. Ricliclsdorf. 
giganteiis MlHlSl. RicluMsdoi'f. 
intermedius MÛllSl. Ricllelsdorf. 
excidptus Gcnn. Richelsdoif. 



* Globulodus elegans. v. Miinst. Zeclistein. 

CÉLACANTUES. 

Cœlacanthiis gianulosus. Calc. inagn. Durham , Ferry-Hill, 

Easl-Tliickley. 
" » gracilis. Gisoinenl inconnu. 

* » Hassiœ Mijnst. Richelsdorf. 



Trias. 



ICHTHYODORULITIIES. 



Chimérides. 



Hyhodiis major. Musclielkalk : Liincville,Bayreuth, Breslau. 
" tennis. Musclielkalk : Liinéville, Bayreutli. 
» dimidiatus. Musclielkalk : Lunéville- 

minor. Bonebed : Bristol , Aust-Cliff, Westbury, 
Pyrton on Severn. 
Ldacanthus falcatus. Musclielkalk : Lunéville, Bayreutli. 
* " spec. nov. Bonebed : Aust-ClilT. 

Hybodontes. 

Hyhodus plicatilis. Musclielkalk : Scliwenningen, Tâbingen, 
Tarnowitz, Lunéville. 
" Mougeoti. Musclielkalk: Lunéville, Schvvenningen. 
angustus. Musclielkalk : Lunéville. 
longiconns. Musclielkalk : Lunéville, Giremont. 
*• " lœmusciilus. Bonebed : Ausl-Cliff. 
obliquus. Musclielkalk : Vosges. 
polycyphus. Musclielkalk : Lunéville. 
minor. Bonebed : Bristol , Aust-Clifl , Westbury, 

Pyrton on Severn. 
cuspidatiis. Keuper : Rietheim, Tâbingen. 
'• suhlœvis. Keuper : Tâbingen. 

apicalis. Keuper : Hildeslieim , Musclielkalk. 

CESTR.4CI0NTES. 

Strophodus angustissimus. Musclielkalk :_ Wilhelnisliall, Lu- 
néville. 
w Elytra. Grès-bigarré : Deux-Ponts , Lunéville. 
Acrodus Gaillardoti. Musclielkalk : Lunéville , Bayreuth , 
Wilhelnisliall. 
» lateralis. Musclielkalk : Lunéville. 
" Braunii. Grès-bigarré : Deux-Ponts. 

minimus. Bonebed : Aust-Cliff, Lyme-Regis , Ax- 
moutli. 
» acutus. Grès de Tâbingen. 



Nemacanthus monilifer. Bonebed : Bristol , Westbury. 

fin fer. Bonebed : Bristol , Aust-Cliff, Westbury . 

* " granulosus. Musclielkalk : Laineck. 
" " senticosits. Musclielkalk: Laineck. 
Ceratodus heteromorphas. Musclielkalk : Wilhemsliall, Lu- 
néville. 

" serratus. Keuper : Argovie. 
>■ latissimus. Bonebed : Aust-Cliff. 
" curvus. Bonebed : Aust-Cliff. 
'< planus. Bonebed : Aust-Cliff. 

parvus. Bonebed : Aust-Cliff. 
» emarginatus. Bonebed : Aust-Cliff. 
» gihhus. Bonebed : Aust-Cliff. 
" dœdaleus. Bonebed : Aust-Cliff. 
» altus. Bonebed : Aust-Cliff. 

obtusus. Bonebed : Aust-Cliff. 
» disauris. Bonebed : Aust-Cliff. 

LÉPIDOIDES. 

* Palœoniscus catopterus. Grès-bigarré : Comté de Tyrone , 

à Roan-Hill. 
' Amhlypterus Agassizii Mïinst. Musclielkalk : Esperstsedt 

(Tliuringe). 
Gyrolepis Albertii. Musclielkalk : Scliwenningen, Lunéville, 
Wick-warr, Axmouth, Friedericlis-Hall , Rott- 
weil , Baireuth, Rietheim, Biberfeld, Rotten- 
mïinster, Breslau. 
« temdstriatus. Muschelkalk: Lunéville, Wifflvvvarr, 
Axmouth, Rottweil, Biberfeld, Rietheim, Tâ- 
bingen, Baheuth, Breslau. 

« maximus. Musclielkalk : Lunéville , Wickwarr. 
Friedrichs-Hail , Rottenmûnster, Biberfeld, Bai- 
reuth, Breslau. 



5» 



XXXVIII 



Sauroides. Pvcnodontes. 

Saiirichthys (i/7tcahs. Bonebed : Âxmouth ; Muschelkalk : *Pyeno(ii/5 pnscîts. Keuper: Taebingen (Wurtemberg). 
Bayreuth , Laineck , Benk , Gôttingen , Hil- Sphœrodus c^;^H^/7ar^s. Keuper: Tœbingen. 



desheim , Jena. 
» Mougeoti. Muschelkalk: Lunéville, Bayreuth. 

» ac!<«»M«i<!/s (conicHs). Bonebed : Aust-Cliff. ■ 

» longidens. Bonebed : Aust-Cliff, Pyrton on Se- 

vern. 
semir-costatus Mûnst. Muschelkalk : Benk, Lai- 

neck, Saxe et Hanovre. 

* » tenuirostris Mùnst. Muschelkalk de Bavière. 

* » cosiaitti Mùnst. Muschelkalk: Benk, Laineck , 

Bayreuth. 
" " angustus Mûnst. Muschelkalk. 

CÉLACANTHES. 

* Cœlacanthus minor. Muschelkalk de Lunéville. 



" » minimus. Brècbes coprolitiques de Tœbingea 

(Wurtemberg). 
Placodus gigas. Muschelkalk : Laineck près de Bamberg , 
Lunéville. 
» Andriani Wiimi. Muschelkalk: Bamberg. 
» Miinsteri. Muschelkalk de Bamberg en Bavière 

et d'Esperstœdt (Thuringe). 
>■ rostratus Miinst. Muschelkalk: Laineck. 
» impressus. Grès-bigarré : Deux-Ponts ( Bavière 
rhénane). 
"Colohodus Hogardi. Muschelkalk de Lunéville. 



Terrains jurassiques. 



ICHTHYODORULITHES. 

Myriacanthus paradoxus. Lias: Lyme-Regis. 
1) retrorsus. Lias : Lyme-Regis. 

>• granulatus. Lias : Lyme-Regis. 

* » franconiens Miinst. Jura supérieur. 

' » vesiculosus Mûnst. Calcaire jurassique. 

" Asteracanthus Stutchhuryi. Lias : Charmouth. 
» acutus. Bedfort, Castle Miles. 

» minor. Angleterre. 

>i semisulcatus. Stonesfield , Purbeck ? Swan- 

wick. 
" ornatissimus. Soleure , Shotover , Had- 

dington. 
Leptacanthus tenuispinus. Lias : Lyme-Regis, 
» longissimus. Cale, de Caen. 

" semistriatus. Oolite de Stonesfield. 

•> serratus. OoUte de Stonesfield. 

Hyhodus curtus. Lias: Lyme-Regis, Keynsham, Wurtemberg. 
» crassispinus. Lias : Lyme-Regis. 
i> ^ rehc«7(i<M5. Lias : Lyme-Regis, Neston,Keinsham, 

Wurtemberg. 
>i formosus. Lias : Lyme-Regis. 
» ensatus. Lias : Lyme-Regis. 
» lœviusculus. Lias : Bristol. 
» apicalis. Stonesfield, Hastings. 



Hybodus crassus. Oolite infér. Towcester , Rodmore Pils . 
Wasseralfingen. 

« dorsalis. Stonesfield , Hastings , Tilgate , Bath. 

» marginalis. Stonesfield, Tilgate. 

» leptodiis. Argile d'Oxford ,Shotover-Hill. 

» pleiodus. France ("). 

» striatulus. Hastings. 

» acutus. Shotover. 

» strictus. Portland, Purbeck. 

>i suhcarinatus. Tilgate. 
Pristacanthiis securis. {'"). Caen, Stonesfield. 
" Nemacanthus hrevispinus. Oolite de Stonesfield. 

Cestraciontes. 
Acrodus nohilis. Lias : Lyme-Regis, 

* » latus. Lias : Lyme-Regis. 

» gibberulus. Lias : Lyme-Regis. 

* " nndulatus. Lias : Lyme-Regis. 
*» Anningiœ. Lias : Lyme-Regis. 

i« leiopleurus. Oolite de Bath , Slonesfield. 

" » leiodus. Stonesfield. 

>• Hirudo. Tilgate. 
Strophodus longidens. Cale, de Caen. 

» magnus. Stonesfield, Dundry, Banville. 

» tennis. Stonesfield, Dundry. 

» irregularis. Oolite infér. Neuenbourg. 



(*) Il existe des doutes sur le gisement de plusieurs de ces rayons d'Hybodus, 
(**) Je serais disposé à croire que ce type de rayons et le suiTant appartiennent aux Chimères jurassiques. 



XXXIX 



Slrophodu» radlatO'punctatus. KoHoway-Rocks. 
« favosits. Stoneslicld. 

H reticulatiis. Argile (le Shotovcr: Oxford. 

subreticulatiis. Torllandien : Soleiire , Dundry. 

Hybodontes. 

Hybodus -reticitlafits. Lias : Lyme-Regis. 
pyramidalis. Lias : Lyinc-Regis. 
médius. Lias : Lyme-Regis. 

• .. carinntiis. Lias : LyiiK^Regis. 

. (7;oi«co;n/4. Stoncstield, Caeii , Dundry. 
.. polyprion. Stonesfield , Cacn , Dundry. 
.1 obtusiis. Oolite de Caen, Malton. 
» inflatiis. Oolite inférieure de Caen. 
» raricostatiis. Oolite ? Stonesfield. 
» duhiiis. Purbeck , Linkstield. 
undulatus. Purbeck, Linksfield. 
Sphenonchus hamatiis. Lias : Lyme-Regis. 
.) elongatus. Tilgate. 

« Martini. Purbeck, Linksfield. 

Squalides. 

Thyellina prisca. Lias : Lyme-Regis. 

Arthropterus Rileyi. Lias : Bristol. 

Lamna (Sphenodus) longidens. Marnes oxfordiennes : Mont- 

Vohayes , Pfallingen. 
" Aellopos elongatus. Keblheim. 
' ). Wagneri. Solenhofen. 
Notidamis Miiiisferi. Streitberg , Randen. 
Oxyrhina (Meristodon) parado.Ta. Tilgate. 

» » ? Hildesbeini, Rabenstein. 

Lamna (Sphenodus) plana. Rabenstein, Streitberg. 

Rayes. 

Squaloraja polyspondyla. Lias : Lyme-Regis. 
Cyclarthrus tnacropterus. Lias : Lyme-Regis. 
Asterodermus platypterus. Solenhofen. 

• Euryarthra Milnsteri. Solenhofen. 

Chimérides. 

Ceratodus Philippsii. Oolite de Stonesfield. 
Ischyodon Johnsonii Lias : Cliarmouth. 
" Tessonii Buckl. Cale, de Caen. 

• » emarginatus Egcrt. Stonesfield . 
Ganodus Colei Buckl. Stonesfield 

M Oîoenii Buckl. Stonesfield. 

• )) rugulosus Egert. Stonesfield. 
» neglecfus Egert. Stonesfield. 

• » curvidens Egert. Stonesfield. 
Psittacodon falcatus Egert. Stonesfield. 



Psittacodon psittacinns Egert. Stonesfield. 

Ischyodon Egertoni Buckl. Argile de Kimmer. : Sliotover. 

)i iJîtcA/ojtJi Egert. Porllandien: Soleure. 

» Townscndii\\\.\cV.\. Portl. : Great-Millon , Oxford. 

* » Dutertrii Egcrt. Arg. Kininiér. : Boulog. -sur-Mer'. 

* » D«/re«oyi Egert. Arg. Kimniér.: Boulog. -sur-Mer. 

* .1 £eau«io«<i Egert. Arg. Kimmér.: Boulog. -sur-Mer. 

LÉPIDOIDES. 

Dapedius politus. Lias : Lyme-Regis. 
M granulatus . Lias : Lyme-Regis. 
» puiictatiis. Lias : Lyme-Regis. 
» Colei. Lias : Lyme-Regis. 
» orbis. Lias : Barrow, Whitby. 

* » arenatus. Lias : Lyme-Regis. 
" » micans. Lias : Whitby. 
Tetragonolepis semicinctus Bronn. Lias : Neidingen. 

» conflucns. Lias : Lyme-Regis. 

" speciosus. Lias : Lyme-Regis. 

» pustulatus. Lias : Lyme-Regis. 

» radiatus. Lias : Lyme-Regis. 

» leiosomus. Lias : Lyme-Regis. 

» Leachii. Lias : Lyme-Regis. 

» heteroderma. Lias de BoU (Wurtemberg) 

et de Lyme-Regis. 

» pholidotus. Lias de Boll et de Lyme-Regis. 

n ovalis. Lias de Boll et de Whitby. 

» Bouéi. Lias de Seefeld. 

» dorsalis. Lias de Byrford (Gloucestershire) . 

" monilifer. Lias de Banwell et de Barrow. 

» angulifer. Lias de Stratford-sur-Avon. 

* » striolatus. Lias : Barrow. 

n , Magncville . Oolite inférieure de Caen. 
» mastodonteus. Wealden, Hastings. 

Amblyurus macrostomus. Lias : Lyme-Regis, Street. 
Setnionotus leptocephalus. Lias de Boll. 

» Bergeri. Lias ? Koburg. 

.) latus. Lias : Seefeld. 

» rhombifor. Lyme-Regis. 
» Nilsonii. Lias de Scanie. 

» striatus. Lias : Seefeld. 

* » Pentlandi Egert. Castellamare. 

* )j minutus Egert. Castellamare. 

» » pustulifer Egert. Castellamare. 

« Centrolepis asper Egert. Lias : Lyme-Regis. 

Lepidotus gigas. Lias de France , d'Allemagne et d'Angle- 
terre: Northampton , Boll , Elve , Mistelbach , 
Schwartzbach , Banz , Altdorf. 
» semiserratus. Lias : Whitby et Scarborough. 



XL 



Lrpidotus undatus. Lias : Lyme-Regis, Jura? Caen. 

>. rugosus. Lias : Whitby ; Lyme-Regis. 

" fimhHatus. Lias : Lyme-Regis, Hâring (Tyrol) , 
Cobourg. 

» ornatus. Lias: Seefekl. 
" » frondosus. Lias de Zell, près de Boli. 

» speciosiis Miinst. Lias : Seefeld. 

>i parvtilus Miinst. Lias : Seefeld. 

« serrulatus. Lias : Barrow. 
' " pectinatus Egert. Lias : Whilby. 

» lœvis. Portlandien de Soleure. 



Pholidophorus Flesheri. Oolite inférieure : Northampton. 
» angustu^. Grès rouge jurassique de Pologne. 

» gracilis. Cale, de Kehiheim. 

» • minor. Oolite de Stonesfield. 

* » radians. Calc. de Solenhofen. 
" )) urcBoides. Calc de .Solenhofen . 

* » radiato-punctatus. Cale, de Solenhofen. 
" >. maximus. Cale, de Solenhofen. 

* >i fusiformis. Castellamare. 
" Nothosomus octostychius. Lias : Street. 

* ,1 lœvissimus. Cale, de Solenhofen. 



unguiculatus. Solenhofen, Stonesfield, Daitingen. Ophiopsis penicillatus. Calc. de Purbeck. 



radiatus. Jura français. 

palliatus. Argile de Kimmeridge : Boulogne-sur- 

Mer. 
tuberculatus. Stonesfield. 
notopterus. Solenhofen. 
oblongus. Solenhofen. 
minor. Calcaire de Purbeck , Stonesfield ; Port- 



» dorsalis. Cale, de Purbeck. 

» procerus. Calc. de Solenhofen. 
* .. Mïinsteri. Calc. de Kehiheim. 
Notagogus Zietenii. Calc. de Solenhofen. 

» Pentlandi. Terre d'Orlando. 

latior. Torre d'Orlando. 

» denticulaUis. Calc. de Kehiheim. 

Propterus microstomus. Calc. de Kehiheim. 



landien de Hildesheim. 

Fittoni (subdenticulatus). Hastings-Sand : Til- Coccolepis Bucklandi. Calc. de Solenhofen 
gâte. 



» Mantellii. Wealden : Tilgate. 

* >. ZafimaîiMs Egert. Oxfordien de Chippenham. 
Pholidophorus Bechei. Lias : Lyme-Regis. 

" onychius. Lias : Lyme-Regis , Chernock. 

» dorsalis. Lias : Seefeld. 

>. limbatus. Lias : Lyme-Regis. 

>■ StricMandi. Lias de Barrow. 

» Hastingsiœ. Lias de Barrow. 

* i> latiusculus. Lias : Seefeld , Lyme-Regis. 

* » pusillus. Lias : Seefeld. 
.. furcatus. Lias : Seefeld. 

* )) ' leptocephalus. Lias : Street. 

* » pachysomiis. Lias : Lyme-Regis. 

* » creniilatiis Egert. Lias : Lyme-Regis. 

* '• Hartmanni Egert. Lias : Ohmden. 

» macrocephalus. Calc. de Solenhofen. 

» microps. Calc. de Solenhofen. 

» tenuiserratiis. Calc. de Kehiheim. 

» longiserratus. Calc. de Kehiheim. 

» striolaris. Calc. de Solenhofen. 

* » Taxis. Calc. de Solenhofen. 
» latus. Calc. d'Eichstycdt. 

>• micronyx. Calc. de Kehiheim. 

» intermedius. Calc. de Kehiheim. ' 

» latimauus. Calc. de Solenhofen. 

)• ornatus. Calc. de Pmbeck. 



SAimOIBES. 

Eugnathus Chiroles. Lias : Lyme-Regis. 
» orthostomus. Lias : Lyme-Regis. 
» Philpotiœ. Lias : Lyme-Regis. 
.. minor. Lias : Lyme-Regis. 

* » opercularis. Lias : Lyme-Regis. 
>. polyodon. Lias: Lyme-Regis. 

» speciosus. Lias : Lyme-Regis. 

* » fasciculatus. Lias : Whitbv. 
» .. leptodus. Lias : Lyme-Regis. 

' )> mandibularis. Lias : Lyme-Regis. 

* » ornatus. Lias : Lyme-Regis. 

' >> scabriusculus. Lias : Lyme-Regis. 

* » tenuidens. Lias : Street. 

* '< giganteus. Lias de BoU. 

* .. microlepidotus. Calc. de Solenhofen. 
Ptycholepis hollensis. Lias : Lyme-Regis, Whitby, BolI. 
' Conodas ferox. Lias : Lyme-Regis. 
Pachycormus macropterus. Lias de Bourgogne. 

* » acutirostris. Lias : Whitby. 
» curtus. Lias : Whitby. 

* » gracilis. Lias : Whitby, Wurtemberg. 
•> heterurus. Lias : Lyme-Regis. 

* '< latipennis. Lias ; Lyme-Regis, 
" 1' latirostris. Lias : Whitby. 

* » latus. Lias : Whitby. 



XM 



Pachycormiis mucnirus. Lias : Lymc-Rcyis. 

• " Icptostcus. Lias : Lyint'-lU'gis. 

• » nK»cro/>o;»M«. Vaclies-Noires (Normandie). 
'Caturus Bticklaitdi. Lias: Lyine-Rt'gis. 

* u Meycri Miiiisi. Scliisles iioiis de M'etherii , (Ra- 

wensberg ) . 
fiircatiis. Cale, de Solonliofen. 
latiis. Cale, de Solenhofeii. 
' » pnchyunis. Cale, de Solenliofen. 

• » macntnis. Calc. de Solenliofen. 
" » manimus. Cale, de Solenliofen. 

' » microchirus. Cale, de Solenliofen. 

• i> hranchiostegus. Cale, de Solenliofen. 
" » elongatiis. Calc. de Solenliofen. 

* " macrodiis. Calc. de Solenliofen. 
' » pleiodus. Oolite de Stonesfield. 

* " angustus. (Pacliycormus anguslus olim). Portland. 

Gai'singlon. 

* Thrissonottis Colei. Lias : Lyme-Regis. 

" Amhlyscmius gracilis. Oolite de Noi'duimpton. 
"Sauropsis latiis. Lias : Lyme-Regis, Wurtemberg, Baden. 

>i longimanus, Calc. de Solenliofen. 

« » 7noidax. Oolite de Stonesfield. 

Thrissops formostis. Cale, de KeliUieiin. 
Cephalus. Calc. de Solenliofen. 

>. micropodiiis. Localité indéterminée. 

" inteimedius Mûnst. Jm'a supérieur de Wethein. 

• " salmoneus. Calc. de Solenliofen et de Kehllieim. 
** " suhovatus Mïinst. Calc. de Kehllieim. 

• .) mesogaster. Calc. de Solenliofen. 
'Leptolepis Bronnii. Lias: Lyme-Regis , Neidingen , Bay- 

reutli , Breslau, Caen, Oberland badois. 
° » Jœgeri. Lias de BoU. 

" » longus. Lias de Boll. 
' >. caudalis. Lias : Lyme-Regis. 
" V tenellus. Lias de Bade. 

* » filipennis. Lias : Street. 

" sprattiformis. Scliistes de Pappenheim et de^So- 

lenliofen. 
1) Voithii. Calc. de Kelilheim. 
« crassui. Calc. de Solenliofen. 
» macrolepidotus. Calc. de Solcnliofcn 
» polyspondylus. Calc. de Solenliofen. 

* " Knorrii. Calc. de Solenliofen. 

* i> duhius. Calc. de Solenliofen. 

" » contractus. Calc. de Solenliofen. 
» .) latus. Calc. d'Eiclistœdt. 

• » paucispondyhis. Calc. de KeliUicini. 



" Leplolepis pusillus. Calc. de Kelilheim. 

' « macrophthalmus Egert. Argile d'Oxford, Chip- 

penham. 
" jhpidorhynckus angliciis. Lias: Wliilby. 
" » Walchneri. Lias : Oberland badois. 

» acutirostris. Calc. de Solonhofen. 

» speciosus. Calc. de Kelilheim. 

» oniatissimiis. Calc. de Kehllieim. 

* » mandibularis. Calc. d'Eichsttedt. 

* » lepturus. Calc. de Kehlheim. 

' » eiiodiis Egert. Argile d'Oxford , Chip- 

penliam. 
Belonostomus acutiis. Lias: Whitby. 
" » ^■/MtiKg'ifp (tenellus). Lias : Lyme-Regis. 

» sphyrcenoides. Calc. de Solenliofen. 

>i Mûnsteri. Calc. lithographique de Bavière. 

' >. tenuirostris. Calc. de Solenliofen. 

" » suhulatus Miinst. Calc. de Solenliofen. 

* •' veiitralis. Calc. de Solenliofen. 

» » Kochii Miinst Calc, de Kehlheim. 

* » leptosteus. Oolite de Stonesfield. 

* o biachysomtis. Calc. de Solenhofen. 
Saurostomus esocimis. Lias : Oberland badois. 

* » spec. ined. Lias : Lincolnshire. 
Megalurus lepidotus. Calc. de Solenhofen. 

» brevicostatus. Calc de Kehlheim. 

.< elongatus Miinst. Calc. de Kehlheim. 

» paiviis Mûnst. Calc. de Kehlheim. 

Macrosemius rostratus. Calc. de Solenhofen. 
" " brevirostris. Oolite de Stonesfield. 

Pycnodontes. 

Sphœrodtis microdon. Lias : Lyme-Regis. 
Pycnodus rhombtis. Etage inconnu. Torre d'Orlando. 
.) gigas. Porllandien de Suisse et d'Allemagne. 
.. Nicoleti. Porllandien de iNeuchàtel. 
» Bucklandi. Calcaire de Stonesfield, Caen. 
1. didymus. Calcaire de Stonesfield. 
)( rugulosus. Oolite sableuse de Sulgrave e( Cul- 

worlli ( Northamptonshire ) . 
>. timbonatiis. Forest-Marble ? Ool. de Stonesfield , 

Yorksliire , Jur. m. Normandie. 
u ovalis. Calcaire de Stonesfield. 
.. Hugii. Porllandien : Soleure, Le Banné, Viliars. 
Mantellii. Forêt de Tilgate (Jura supérieur). Sns- 
sex Ralisbonne. 
» n /a<tros<rts. Oolite de Stonesfield. 
o .. ohtusus. Oolite de Stonesfield. 



TOM L 



C.ÉLACANTHES. 



XLIl 

* Pycnodus paivus. OoUte de Stoiiesfieltl . Gyrodus Cuvieri. Boulogne-sur-Mer et Sandfort près Wey- 

* .1 <;is<yc/iJ!(«. Oolite; probablement de Slonesfield; mouth. 

Forest-Marble. » punctatus. OoUte de Malton. 

* •• iiserjft/is OolitedeLittle Gibraltar près d'0\ford. » frig'o «««. Cale, de Stonesfield. 

'* >• latidens. Porllaiidieii de Soleiire. » radiatus. Cale, de Caen, Pui'beck, Stonesfield. 

* " (ii«coirfpi.Oolite de Little Gibraltar prèsd'Oxford. » il/(iH<c//w. Forêt de Tilgate. 

* " gracilis Miinst. Coral-rag de Holieneggelsen près * » gracilis Mùnst. Calcaire de Kehlheim. 

de Hildesheim et du Liiidenberg { Hanovre ). ' » analis. Cale, de Kehlheim. 

' » «u««</(«. Miinst. Coral-rag des mêmes loealités. * >• ci/ciJa/is. Cale, de Solenhofen. 

Gyronchus (Scaphodus) ohlongus. Calcaire de Stoncslield. * » platuius. Cale, de Solenhofen. 

* Scrobodus suhovatus Miinst. Cale- de Solenhofen. * » pimctatissimus. Cale, de Kehlheim. 
Microdon elegans. Calcaire de Solenhofen. * » rhomhoidalis. Cale, de Solenhofen. 

» hexagonus. Cale, de Solenhofen. * » macropterus. De Kehlheim. 

» analis. Cale, de Solenhofen. * » perlatus. Stonesfield. 

* .) trigonus (^ Pycnodus) i}Le?)\.QXiQ%^\ç\A. * » ^iiJosKs Mimst. Calc. de Kehlheim. 

* » radiatus. Cale, de Pui'beek. , Ool. de Stonesfield. * Periodus marginalis. Oolite de Dundry ? Stonesfield ? 
■^ » abdominalis. Cale, de Solenhofen. 

* » platurits. Cale, de Solenhofen. 
Sphwrodus gigas. Argile de Kimmeridge, Sliotover; Ool. de » Undina striolaris Minist. Cale, lithographique de Bavière. 

Stonesfield ; Jura supérieur, Suisse. » « Kohleri Minist. Cale, lithographique de Bavière. 

' " minor. Cale, de Stonesfield. • Ctenolepis Cychis. Oolite de Stonesfield. 

Gyrodus macrophthalmus. Cale, de Kehlheim. • Gyrosteus mirabilis. Lias: Whilby, Lyme-Regis. 
frontatus. Cale, de Kehlheim. 

... . „, 1 i- 1 11 ■ ACIPENSERIDES. 

■> rugosus Munst. Cale, de Kehlheun. 

?/»î6i7ici*«. Oolite de Durheini, (Baden)j Stonesfield. ° Chondrosteus acipenseroides. Lias : Lyme-Regis. 
" jurassiens. Portlandien de Soleure. 



Terrains crétacés. 

Cestraciontes. Acrodus rugosus. Cale, de Macstricht. 

^r,, , j i /> I. T 11 . " fransve/\s«s. Craie blanche : Sussex , Lewcs. 

' Ptychodus acutus. Gault. Tolkstone. 

» spectabilis. Craie blanche : Lewes. Stropkodus asper. Craie blanche : Lewes. 

.,,,„.,,,, » punctatus. Grès-vert : Kehlheim. 

» gibberulus. Craie blanche : Lewes. ^ 

„.,,., o » sulcatus. Grès-vert : Maidstone. 

■■ arcuatus. Craie blanche : Lewes. 

articulatus. Craie blanche : Lewes. Hybodontes. 

mammillaris. Craie : Kent , Sussex , Belgique, Uyhodus sulcatus. Çx■ô:Kh\M^c\^e■.L&^^■çs. 
Belluno, Paris, Ouedhmbourg, Strehla, Ben- 

natek, Delaware. Squalides. 

» decurrens. Craie : Lewes , Rouen , Bockum , Scylliodus antiquus. Craie de Kent, Burham. 

Belluno, Bennatek.Ouedlimbourg, Ratisbonne, Thyellina angusta Miinst. Baumberge, près Miinster. 

Montagne de Ste-Catherine. Notidanus microdon. Craie blanche : Sussex, Kent , Cam- 
» altior. Craie blanche : Sussex. bridge , Quedlimbourg. 

» polygyrus. Craie: Quedlimbourg, Lew^es, Sus- » pedinatus. Craie blanche : Sussex. 

sex, Kent, Cambridge, Belgique. Corax pristodontus. Cale, de Maëstricht. 
latissimus. Craie : Lewes, Bockum, Belluno, » Kaupii. Cr. marn. Aix-la-Chapelle, Haldem. 
Bennatek , Sussex , Belgique. » falcatus. Craie bl. Kent, Sussex , Brighton ; Planer : 

» Mortoni. Grès-verl : Etats-Unis. Strehla , Quedlimbourg. 



XLIll 



Corar appendiciilatus. Calc. de Maëstriclit, Salzgiuor. 

afjillis Mi'insl. Calc. de Maëstriclil. 
Calcocddo gihhendiis. Craie marneuse : llaldem. 

•• denticiilatus. Calc- de MaëstriclU. 
Sphyrna druticiilata MiillSt. l'Iâlier : Slrellla. 
Jicniipristis scira? Craie: llalisboiiiic et Ilaldeni. 
Carcharias tennis. Grès-verl: Sentis. 

» aciitus. Cr. mai'ii. Boei<iini. 

Otodiis appendiculntus. Cr. bl. : Siissex , Kent , Cambridge, 
Gault : Speelon. Cr. Maëstricht , Aix-la-Chapelle ; 
{jrcs-vei't : Essen. Normandie; Planer : Strelila, 
Kiilkerode, Q uedlimboiirg ; Delaware. 
» latus. Calc. de Maëslriclit. 

crassiis. Grès-vert: Ralisbonne, Kelilheini. 
» aemiplicatiis Miinst. Quedlimbourg , Strelila. 
.. serratus. Cale, de Maëstricht. 
Oxyrhina MantclUi. (Lamna crassissimaolim) Cr. blanche: 
Kent et Susses. 
subinflata. Gr.-verl : Bohême, Perte-dii-Rliône. 
Zippei. Grès-vert: Ralisbonne. 
Lamna acuminata Cr.bl. Kent,Sussex, Yorkshire; Gr.-vert: 
Prewsey; Craie : Maëstricht, Quedlimbourg, Aix-Ia- 
Chap., Aniéri(]iie septentr. ; Planer: Slrehla,Saxe. 
» ( Odontaspis) gracilis. Calc. néoc. Neuchàtel. 
» » suhulata. Cr. marneuse : Quedlim- 

bourg, Ralisbonne, Bognor. 
» » rAo/iAîO(/o». Craie blanche; Lewes, 

Delaware; Grès-verl. ? Ralisbonne. 
» » Bronnii. Calc. de Maëslrichl. 

" (Sphenodus) plana. Grès-verl : Sentis. 

Chiméuides. 
Ischyodon Agassizii Buckl. Grès-vei't : Maidstone. 
" n hrevirostris. Gault: Folkslone. 

" » Gigas. Egerl. Craie : Sussex. 
Psittacodon Mantellii Buckl. Cr. blanche : Kait. 
- Sedguickii, Cambridge. 

LÉPIDOIDES. 

Lepidotus striatus. Craie : Vaches-Noires (Normandie). 

* » punctatus. Craie blanche : Kent , Burham. 
' 1 temnurus. Craie : Brésil. 

* » Cottœ. Holienslein p. Schandau. 

* » Virleti. Grès-vcrt supérieur de Modon (Morée). 

Sauroides. 

Catarus similis. OfMc blanche de Kent et de Leewes. 
' Aspidorliynchus Comptoni. Amérique du Sud. 
Belonostomux cinctus. Craie blanche : Lewcs. 



PVCNODONTES. 

Pycnodus Miinsteii. Grès-verl de Ralisbonne. 
» complanatiis. Grès-vcrt de Ralisbonne. 
» suhclavatus. Craie : Maëstricht, Kent. 
» crctacciis. Craie de Kent. 

* >• angitsliis. Craie de Kent, Maëstricht, Aix-la-Cha- 

pelle. 

* » elongatiis. Craie de Lcwes. 

* " depressiis. Grès-vert : Gand et Ralisbonne. 

* » marginalis. Craie de Kent. 

* » Couloni. Calcaire jaune de Neuchàtel. 

* ., minor. Argile de Speelon. 
Acrotemmts Faba. Craie de Kent, Lewes. 
Sphœrodus crassus. Craie de Maëstricht. 

Il mitrula. Grès-verl de Ralisbonne. 

* » neocomensis. Calcaire jaune de Neuchàtel. 
Gyrodus cretacous. Craie de Lewes. 

» angustus. Craie de Maidstone , Lewes. 

« rugulosus. Grès-verl de Ralisbonne? 

» Miinsteri. Grès-verl de Ralisbonne. 

n minor. Argile de Speelon , Yorkshire. 

* » mnmmillaris. Craie de Kent, Lewes, Clayton. 

CÉLACANTHES. 

Macropoma Mantelli. Craie blanche : Lewes , Sussex , Cam- 
bridge, Chimay. 

* » Egcrtoni. Gault : Speeton. 

SCLÉRODERMES. 

Acanthoderma ovale. Schistes de Glaris. 

» spinosiim. Schistes de Glaris. 

Acanthopleurus serratus. Schistes de Glaris. 

* ') hrevis Egerl. Schistes de Glaris. 
Dercetis elongatus. Lewes , Sussex. 

* » scutatus Miinst. et Agass. Weslphalic. 

Percoides. 
Sphenocephalits fissicaiidiis. Quadersandslein deWeslpIialie. 
Acrogastcr parvus. Quadersandslein de Westphalie. 
IToploplery.v antiqiiiis. Quadersandslein de Westphalie. 
Beryx Zippei. Planer de Bohême. 
» ornatus. Craie blanche: Sussex. 
A) radians. Craie blanche : Sussex. 
X microcephaliis. Craie blanche : Sussex. 
» germamis. Quadersandslein : Westphalie. 
Acanus ovalis. Schistes de Glaris. 
M Regley. Schistes de Glaris. 
» arciiatiis. Schistes de Glaris. 
» ohlongus. Schisles de Glaris. 



XLIV 



Acanm minor. Schistes de Claris. 
Podocys minutus. Schistes de Glaris. 

* Rhacolepis latiis. Craie du Brésil. 

* » buccalis. Craie du Brésil. 

» .. 0//erm. (AmblypterusOlfersii). Craie du Brésil. 

AULOSTOMES. 

Fistularia Kœnigii. Schisles de Glaris. 

MUGILOIDES. 

* Calatnopleurus cylindricus. Craie du Brésil. 

SCOMBÉROIDES. 

* Voiner priscus. Schistes de Glaris. 
Palœorhynchum longirostre. Schistes de Glaris. 

» Egertoni. Schistes de Glaris. 

glarisianum Blainv. Schistes de Glaris. 
latum. Schistes de Glaris. 
médium. Schistes de Glaris. 
Colei. Schistes de Glaris. 
microspondylum. Schistes de Glaris. 
Paliviphyea longiis. Schistes de Glaris. 
» brevis. Schistes de Glaris. 

» latus. Schistes de Glaris. 

Arbhœun glarisianiis. Schistes de Glaris. 

" brevis. Schistes de Glaris. 
Isurus macrurus. Schistes de Glaris. 
' Pleionemits macrospondylus. Schistes de Glaris. 
Anenchelum glarisianum Blainv. Schistes de Glaris. 
» isopleurum. Schistes de Glaris. 

» dorsale. Schistes de Glaris. 

" heteropleurum. Schistes de Glaris. 

latum. Schistes de Glaris. 

* >> longipenne . Schistes de Glaris. 
Nemopteryx crassiis. Schistes de Glaris. 

» elongatus. Schistes de Glaris. 

Enchodus halocyon. Craie de Lewes. 
» Faujasii. Craie de Maestricht. 



XlPHlOIDES. 

Tetrapteriis minor. Craie de Lewes. 

SPHYRjENOIDES. 

Hypsodon lewesiensis. Craie de Lewes. 
" » sauroides. Craie de Lewes. 
Saurocephalus lanciformis Harl. Craie de New-Jersey. 

» striatus. Craie d'Angleterre. 

Saurodon leanus Hays. Craie de Lewes. 

* Cladocyclus lewesiensis. Craie de Lewes. 

* » Gardneri. Craie du Brésil. 

ESOCIDES. 

Istieus grandis. Grès-vert de Westphalie. 

•• macrocephalus. Grès-vert de Westphalie. 
» microcephalus. Grès-vert de Westphalie. 
gracilis Mïnist. Grès-vert de Westphalie. 

Halécoides. 

Osmerus Cordieri. Grès-vert d'ibbenburen en Westphalie. 

» glarisianus. Schistes de Glaris. 
Osmeroides Monasterii. Grès-vert de Ringenrode , près de 
Munster. 

» microcephalus Miinst. Grès-\'ert : Baumberge. 

« lewesiensis. Craie de Lewes. 
" >■ granulatus. Craie de Lewes. 
Acrognathus Boops. Craie de Lewes. 
Aulolepis typus. Craie de Lewes. 
Clupea brevis. Schistes de Glaris. 
" .> megaptera Blainv. Schistes de Glaris. 
" " Scheuchzeri Blainv. Schistes de Glaris. 
Halec Sternbergii. Planer de Bohême. 

Famille douteuse. 

* Uropteryx elongatus. Schistes de Glaris. 

" Microspoiidyhis Escheri. Schistes de Glaris. 
' Elopides Couloni. Schistes de Glaris. 



Monte-Bolca et Liban. 



Squalides. 

* Galeus Curieri. Monte-Bolca. 

Raies. 

* Torpédo gigantea. Monte-Bolca. 

"* Narcopterus bolcanus. Monte-Bolca . 

* Trygon Guzzolœ. Monte-Bolca. 

* >i oblongus. Monte-Bolca. 



Pycnodontes. 

Pycnodiis Platessus. Monle-Bolca. 

* .) orbicularis. Monte-Bolca . 

Sclérodermes. 

Blochius longirostris. Monle-Bolca. 
Rhinellus furcatiis. Liban. 

* " nasalis. Monte-Bolca. 
Ostracioii micrurus. Monte-Bolca. 



XLV 



Gymnodontes. 

Diodon teiuiispinus. Mdiilo-Rolca. 

• » Eiinaceiis. MoiUc-liolca. 

LOPHOBRANCHES. 
Calamostoma hreviciilum. Monte-Bolca. 
" Syngnathiis opisthoptcrus. Monte-Bolca. 

Percoides. 

* Pristigciiys macrophthalmus. Monte-Bolca. 
Myripristis homopterygins. Montc-Bolca. 

» Icptaca util IIS. MontC-Bolca. 

Holocentrum pygmœum. Monte-Bolca. 

■< pygœum. Monte-Bolca. 

Cyclopoma gigas. Monlc-Bolca. 

" spinosiim. Monte-Bolca. 
Lates gracilis. l\Fonte-Bolca. 
" gihhiis. Monte-Bolca. 
» notœns. Monte-Bolca. 
Apogon spinosus. Monte-BoIca. 
Lahrax Icpidotiis. Monte-Bolca. 
» schizurus. Montc-Bolca. 
Stnerdis inicracanthus. Monte-Bolca. 

" pygmœiis. Monte-Bolca. 
£noplosus pygopterus. Montc-Bolca. 
Dules temnopteiiis. Monte-Bolca. 

.. mcdiiis. Monte-Bolca. 
Pelâtes quindecimalis. MontC-Bolca. 
Serranns occipitalis. Monfe-Bolca,. 
>• ventralts. Monte-Bolca. 

* » microstomus. Monte-Bolca. 

Sparoides. 
Sparnodus macrophthalmiis. Monte-Bolca 
•> ovalis. Monie-Bolca. 

» altivelis. Monte-Bolca. 

» micracanthus. Monte-Bolca. 

" elongatus. Monte-Bolca. 

Pagellus microdon. Monte-Bolca. 
' " leptosteus. Liban. 
Dentex leptacanthus Monte-Boica. 
brevicejis. Monte-Bolca. 
» microdon. Monte-Bolca. 

* » crassispimis. Monte-Bolca. 

* » ventralis. Monte-Bolca. 

SCIÉNOIDES. 
Pristipoma furcatum. Monte-Bolca. 
Odonteus sparoides. Monte-Bolca. 



COTTOIDES. 

Ptrrygocephalus paradoxus. Monte-Bolai. 
CallijHeryx spcciosus. Monte-Bolca. 
>> recticaudus. Monto-Bolca. 

GOBIOIDES. 
(Jobius macruriis. Monte-Bolca. 
>> microcephalus. Monte-Bolca. 

Teuthyes. 

Acanthtirus tennis. Monte-Bolca. 
» ovalis. Monte-Bolca. 

Naseus nuchalis. Monte-Bolca. 
» rectifrons. Monte-Bolca. 

Chétodontes. 

Sentiophorus velifer. Monte-Bolca. 
" velicans. Monte-Bolca. 

Ephippus longipennis. Monte-Bolca . 

" ohlongus. Monte-Bolca. 
Scatophagus frontalis. Monte-Bolca. 
Zanclus hrevirostris. Monte-Bolca. 
Pomacantlius suharciiatus. Monte-Bolca. 
Platax altissimus. Monte-Bolca. 

» macropterygius. Monte-Bolca. 

.. Papilio. Monte-Bolca. 
Pygœiis gigas. Monte-Bolca. 

» nohilis. Monte-Bolca. 

» ohlongus. Monte-Bolca. 

» dorsalis. Monte-Bolca. 

» nuchalis. Monte-Bolca. 

» Coleanus. Monte-Bolca. 

* " Egertoni. Monte-Bolca. 

* » gihhus. Monte-Bolca. 
Toxotes antiquus. Monte-Bolca. 

AULOSTOMES. 
Fistularia tenuirostris. Monte-Bolca. 
Aulostoma holcense. Monle-Bolca. 
XJrosphcn fistulaiis. Monte-Bolca. 
*' Amphisyle longirostris. Monte-Bolca. 
Rhamphosus aciileatiis. Monte-Bolca. 

Pleuronectes. 

Rhombiis minimiis. Monte-Bolca. 

Scombéroides. 
Gusteronemus rhomheus. Monte-Bolca. 

» ohlongus. Monte-Bolca. 

Acanthonemus filamentosus. Monte-Bolca . 



Vomer longispinus. Monte-Bolca. 

• » parvulus. Liban. 
Lichia prisca. Monte-Bolca. 
Trachinotus tenuiceps. Monte-Bolca . 
Carangopsis latior. Monte-Bolca. 

» dorsiilis. Monte-Bolca. 

'« analis. Monte-Bolca • 

* » maximus. Monte-Bolca. 
Amphistium paradoxum. Monte-Bolca. 
Ductor leptosomus. Monte-Bolca. 
Thynnus propterygius. Monte-Bolca. 

• » bolcensis. Monte-Bolca. 
Orcynus lanceolatiis. Monte-Bolca . 

). latior. Monte-Bolca. 
Cyhium speciosum. Monte-Bolca. 
" Xiphopterus falcatus. Monte-Bolca. 

SPHYRvENOIDES. 

Sphyrœna bolcensis. Monte-Bolca. 
n gracilis. Monte-Bolca. 
» Amici. Scliistes du Liban. 

* » maxima. Monte-Bolca. 
Rhamphognathus paralepoides. Monte-Bolca. 
Mesogaster sphyrœ^iioides. Monte-Bolca. 

Blennioides. 

Spinacanfhus blennioides. Monte-Bolca. 

Labroides. 
Labrua Valenciennesii. Monte-Bolca. 

LOPHIOIDES. 
Lophius brachysomtis. Monte-Bolca. 

.\THÉRIN01DES. 

* Atherina macrocephala. Monte-Bolca. 

♦ » minutissima. Monte-Bolca. 



XLVI 

ESOCIDES. 

Holosteu-B esocinm. Monte-Bolca. 
Halécoides. 

Engraulis evolans. Monte-Bolca. 
Clupea macropotna. Monte-Bolca. 

). dentex Blainv. Murazxo-Strultiano. 

Bciirardi'&\Mm . Liban, St.-Jean-d' Acre. 
brevissima Blainv. Schistes du Liban. 
« lata. Schistes du Liban. 

teniiissima. Radusaet Mondrino, près de Bimini. 
• minima. Schistes du Liban. 
"» » leptostea. Monte-Bolca. 
" t. catopygoptera. Monte-Bolca. 
" » minuta. Monte-Bolca. 
Platinx elongatus. Monte-Bolca. 

• » Gigas. Monte-Bolca. 

• Cœlogaster analis. Montc-Bolca. 

' Cltipeina macrocephala. Monte-Bolca. 

Anguilliformes. 

Anguilla latispina. Monte-Bolca. 

» ventralis. Monte-Bolca. 

Cl brevicula. Monte-Bolca. 

" >i hranchiostegalis. Monte-Bolca. 

' >. interspinalis . Monte-Bolca. 
" « leptoptera. Monte-Bolca. 
£nchelyopus tigrinus. Monte-Bolca. 
" Sphagebranchus fonnosissimus. Monte-Bolca. 
" Ophisiirus acuticaudus. Monte-Bolca. 

• Leptocephaliis Tœnia. Monte-Bolca. 

• " gracilis. Monte-Bolca. 

• » médius. Mcinte-Bolca. 



Terraius» tertiaires. 



LÉPIDOIDES. 

Lepidotus Maximiliani. Cale, grossier, Paris. 

Pycnodontes. 
Pycnodus toliapicus. Argile de Londres, Sheppy. 
Periodus Kœnigii. Argile de Londres, Sheppy. 
Sphœrodus lens. Terrains tertiaires d'Osnabruck. 

irregularis. Terr. tert. d'OElingen (Œlingerberg) 
,. parvus. Terrains tertiaires de Cassel. 

cinctus. Cale, gross. de Styrie. Env. devienne. 
truncatus. Terrains tertiaires d'Osnabruck. 



Gyrodiis lœvior. Argile de Londres , Sheppy. 
Phyllodus toliapicus. Argile de Londres, Sheppy. 

plantis. Argile de Londres , Sheppy. 

polyodus. Argile de Londres , Sheppy. 
.. margiiialis. Argile de Londres, Sheppy- 
» .) irrc^M/aris. Argile de Londres, Sheppy. 
« ,) merfiMs. Argile de Londres, Sheppy. 
"Pisodus Owenii. Argile de Londres , Sheppy. 

SCLÉRODERMES. 

« Glyptocephalus radiatus. Argile de Londres , Sheppy. 



Xl.VII — 



GVMNODONTES. 

• Diodon Scillw. Terrain tertiaire d'Italie. 

ACIPENSERIDES. 

*Acipenser toliapicus. Argile de Londres. 
Rayes. 

Ptychoplcurus Faitjasii. Environs de Paris. 
Myliohatcs Sternhergii. Brenla. 

Oioenii. .argile de Londres , Sheppy. 

aciitiis. .\rgile de Londres , Slieppy. 

canaliculattis. .\rgile de Londres, Sheppy. 
.1 lateralis. Argile de Londres, Sheppy. 

• >• Brongniarti. Gand. 

• » TOfi^-jri/i aZis. Argile de Londres: Sheppy, Barton. 

toliapicus. Argile de Londres , Sheppy. 
goniopleurus. Argile de Londres , Sheppy. 
" .. Dixoni. Argile de Londres , Snssex. 

• » striatus. Argile de Londres , Sheppy. 

). punctatus. Argile de Londres , Sheppy. 

.1 gyratm. Argile de Londres , Sheppy. 

.. jugalis. Argile de Londres , Sheppy. 

• >. nitidus. Argile de Londres: Sheppy, Barton. 

• H Colei. Argile de Londres , Sheppy. 

heteropleurus. Argile de Londres. 
>. Regley. Bruxelles. 

• » angustus. Eckelsheini. 

Aetohatis irregularis. Arg. de Londres : Sheppy, Siissex. 

' >> subarcuatas. Arg. de Londres: Sheppy, Barton. 

" » arcuatus. Molasse suisse. 

" Zygobates Studeri. Molasse suisse. 

" » ^oorfwartZu. Crag, Norfolk. 

Raja antiqua. Crag. Norfolk. 

Raja (Actinobatis) ornata. Plaisance. 

Pristis bisulcatus. Argile de Londres , Sheppy. 

• » Hastingsice. Argile de Londres , Sheppy. 
» » acutidens. Sable de Bagshot. 

Squalides. 

Notidanus serratissimus. Argile de Londres , Sheppy. 

H primigenius. Molasse suisse. 
Coran Egertoni. Maryland. 
Galeocerdo adiinctus. Molasse suisse. 

» minor. Molasse suisse. Neudôrfl. 
Hemipristis serra. Molasse : Suisse et Souabe. Neudôrfl. 
Glyphis hastalis. Argile de Londres, JU-^iy 
Carcharodon megalodon. Dax; molasse Suisse; crag. Ma 
ryland. 
» rcctidens. Noyant. 



Carcharodon productm. Malte, Alzey, Apt. 

> polygynis. Molasse suisse, Maryland. 

sulcidcns. Castell-Anjualo ; Soissons. 
>. auriculatiis. Dax. 

. angiislidens. Kressenberg. 

>• turgidus. Flonheini. 

» lanceoîatus. Kressenberg. 

toliapicus. Argile de Londres, Sheppy. 
« megalotis. Maryland. 

!• disauris Gand. 

» subserratus. Argile de Londres, - isj^u^j, • 

» Escheri. Molasse suisse ; Kressenberg. ' 

Otodus obliquas. Argile de Londres: Sheppy, Sussex. 
» lanceoîatus. Kressenberg. 
« macrotus. Argile de Londres , Sheppy; calcaire gr. 

Véleuil. 
» tricuspis. Wilhelmshôhe. 
» suhplicatus Mïuist. Blinde. 
» trigonatus. Kressenberg. 
• apiculatus. Yétcuil. 
Oxyrhina hastalis. Molasse suisse; Enzersdorf. 
» xiphodon. Environs de Paris , Dax. 
» trigonodon. Vallée du Rhin. 
» plicatilis. Castell-Arquato. 
» quadrans. Molasse suisse, Vallée du Rhin. 
« leptodon. Wurenlos , Flonheim. 
» Desorii. Molasse suisse .Wurtemberg, Osnabruck, 

Bûnde. 
» crassa. Vallée du Rhin. 
» minuta. Osnabruck. 
Lamna elegans. Argile de Londres, Sheppy; cale. gr. Pai'is, 
Grignon , Dax , Bordeaux , Valogne , Monipellier', 
Italie. Crag (remanié). 
. cuspidata. Molasse suisse. Vallée du Rhin. 
» compressa. Argile de Londresp^lc. gr. Chaumont. 
» denticulata. Molasse suisse , Vallée du Rhin. 
crassidens. Fer pisolit. Moeskirch , Enzersdorf. 
(Odontaspis) Hopei. Argile de Londres, Sheppy. 
„ 1. eec^tcaZis. Arg. de Londres, Sheppy. 

n » contortidens. Molasse suisse ; valléf 

du Rhin , Thiengen , Enzersdorf ; 
Crag, Angleterre. 
, » dubia. Molasse suisse. 

Chimérides. 
Ischyodon helveticus Egert. Molasse suisse : Olten. 
"Elasmodits Hunterii Egert. Argile de Londres , Sheppy. 
Psaliodus compressus. Argile de Londres , Sheppy. 
Edaphodon Bucklandii. Sable de Bagshot. 



XLVIII 



Edaphodon leptognathus. Sable de.BagsllOt. 

« ,. eurygnathiis. Argile de Londres : Siissex. 

" Passalodon rostratus. Sable de Bagshot. 

Percoides. 

Lates macrurus. Calcaire grossier : Sèvres. 
Lahrax major. Calcaire grossier : Passy. 
Smerdis ventralis. Gypse de Montmartre. 
» macrurus. Lignite d'Apt. 
» minutus. Gypse d'Aix en Provence. 
Pcrca lepidota. Cale, d'eau douce d'OEningen. 
» angusta. Lignites de Menât. 

Beaumonti. Gypse d'Âix en Provence. 

Sparoides. 

* Bentex Faujasii. Cale, grossier : Nanterre. 
" Sargus Cumeri. Gypse de Montmartre. 

COTTOIDES. 

Cottus hrei-is. Calcaire d'eau douce d'OEningen. 
» >. Aries. Gypse d'Aix en Provence. 

" papyraceus. Lignites de Monte-Viale (Vicentin). 

CnÉTODONTES. 

Macrostoma altam. Cale, grossier : Nanterre. 
Holacanthus microcephalus. Cale, grossier : Châtillon. 
Platax JVoodwardi. Crag de Suflblk. 

SCIÉNOIDES. 

* Sciœnurus Boiccrhankii. Argile de Loudres : Sheppy. 

* >. crassior. Argile de Londres : Sheppy- 

MUGILOIDES. 

Miigil princeps. Gypse d'Aix en Provence. , 

Cyprinoides. 
Acanthopsis angustus. Calcaire d'eau douce d'OEningen. 
Cobitis centrochir. Calcaire d'eau douce d'OEningen. 
» cephalotes. Calcaire d'eau douce d'Œningen. 
Gobio analis. Calcaire d'eau douce d'OEningen. 
Tinca furcata. Calcaire d'eau douce d'Œningen. 
leptosoma. Calcaire d'eau douce d'Œningen. 
micropygoptera. Calcaire d'eau douce de Steinheim 
Leiiciscus œtiingensis. Calcaire d'eau douce d'Œningen. 
latiusculus. Calcaire d'eau douce d'Œningen. 
•> pusillus. Calcaire d'eau douce d'Œningen. 
» /feie;»/»*. Calcaire d'eau douce d'Œningen. 
» leptus. Tripoli du Habiclitswald. 
» macrurus. Lignites de Bonn, de Stôschen (Sic- 

bengebirge ) 
» papyraceus. Lignites des environs de Bilin. 



Leuciscus Cephaîon Zenk. Lignites. 

Hartmanni. Calcaire tertiaire de Steinlieim. 
gracilis. Calcaire tertiaire de Steinheim. 
1) hrevis. ? ? 

Aspius gracilis. Calcaire d'eau douce d'Œningen. 

» Broiigniarti. Lignites de Menât. 
Rhodeus elongatus. Calcaire d'eau douce d'Œningen. 

latior. Calcaire d'eau douce d'Œningen. 
Cyclurus T'alenciennesii. Lignites de Menât. 

minor. Calcaire d'eau douce d'Œningen. 

Cyprinodontes. 
Lehias Cephalotes. Terrains tertiaires d'Aix en Provence. 
., Go/jio Miinst. Lignites de Senssen (Fichtelgebirge) . 
» Meijeri. Environs de Francfort. 
„ crassicaudus. Argile de Pezaros , Marnes de Gesso, 

St.-Angelo. 
.. perpusillus. Calcaire d'eau douce d'Œningen. 

ESOCIDES. 

Esox Otto. Marnes diluviennes de Silésie. 

„ lepidotus. Calcaire d'eau douce d'Œningen. 
Sphenolepis squamosseus. D'Aix en Provence. 

Cuvieri. Plâtrières de Montmartre. 

Halécoides. 

Mallotus villosus Cuv. Côtes d'Islande. 

Alosa elongata. Tripoli d'Oran. 

e Cœlocephalus salmoneus. Argile de Londres , Sheppy. 

" Megalops priscus. Argile de Londres. 

Notœus laticaudus. Gypse de Montmartre. 

» Halecopsis lœvis. Argile de Londres de Sheppy. 

» Clupea Goldfussii. Environs de Bin.gen. 

Anguilliformes. • 
Anguilla multiradiata. Calcaire d'Aix en Provence. 
pnchyura. Calcaire d'eau douce d'Œningen. 

Labroides. 

'Labrus Ibbetsoni. Molasse suisse. 
Scombéroides. 

Acanthonemus Bertrandi. Schio (Vicentin). 
Hemirhynchus DesHayes. Calc. gross., environs de Paris. 
Cybium macropomum. Argile de Londres, Sheppy. 
"Gouiognathus coryphœnoides. Arg. de Londres, Sheppy. 
« „ maa-illaris. Argile de Londres , Sheppy. 

Xiphioides. 

- Tetrapterus priscus. Argile de Londres , Sheppy. 

• Cœlorhynchus rectus. Argile de Londrts, Sheppy. 

• » sintiatus. Argile de Londres , Sheppy. 



XLIX 



SPHVRiENOIDES. 

Sphyrœuodils /)»iscî/«(Dictyodiis Ow. ) Arg. de Lond. Sliepi)y . 
" " c)omrfp«s. Argile de Londres , Sheppy. 

" Hypsodon toliapicus. Argile de Londres, Slieppy. 
" >• ohlongus. Argile de Londres. 

Famille douteuse. 

• Ccelopoma Colei. Argile de Londres , Sheppv- 

* ■) lœve. Argile de Londres, Sheppy. 



" Brachygnathus tenuiceps. Argile de Londres, Sheppy. 
" Rhynchorhinus hranchialis. Arg. de Londres , Sheppv 
" Pachycpphaliis cristatus. Argile de Londres , Sheppy. 
° Podocephalus nitidus. Argile de Londres, Sheppy. 
" Bothrosteus latus. Argile de Londres , Sheppy. 
"" » è»c»j»/>ons. Argile de Londres , Sheppy. 

• Rhinocephalus planiceps. Argile de Londres , Sheppy. 

" Amphcristus toliapicus ¥.ôn\^. Arg.de Londres, Shepjiy. 

* Ptychocephalus radiatiis. Argile de Londres, Sheppy. 



Formations inconnue». 



Chimérides. 

C eiatodus Kaiipii. 

Elasmodus Greenoughii. Egert. Grès-vert? Arg. de Lond. 

Squalides. 
Notidanus recurvus. Tertiaire ? 
Corax planus. Craie? 
Sphyrna prisca. Craie ? 
" diihia. Molasse P 
>i lata. 
Hemipristis paucidens. Molasse ? 
Carcharodon subauriculatus . Maëstricht? 
» semiserratus. Malte? 

» heterodon. Normandie? 

" leptodon. Tertiaire'r' 

Otodus recticonus. Malte ? 
Oxyrhina retroflexa. Tertiaire? 
Lamna (Odontaspis) acutissima. Tertiaire^ 
• " duplex. Tertiaire' 



Rayes. 



Myliobates micropleiirus. 

" Stokesii. 

" suturalis. 

Aetohatis sulcatus. 

Pycnodontes. 
Sphœrodua discus. Algarves en Bortugal. 
» coniciis. Ile de Ceylan. 

oculus-serpentis. Algarves en Portugal. 
Gyrodus runcinatus. 



Smerdis latior. 



Percoides. 



Scombëroides. 



Ze-i, 



ts priscus. 



CHAPITRE r 



RENSEIGN'EMENS SUR LES COLLECTIONS DE POISSONS FOSSILES QUE J'AI EXAMINÉES , ET SUR LES MATÉRIAUX 
QUI ONT ÉTÉ A MA DISPOSITION POUR EN DÉTERMINER LES ESPÈCES. 



L'examen des sources auxquelles on peut puiser pour approfondir son sujet, étant toujours 
la première chose à faire dans un travail scientifique , je ne crois pas m'imposer une lâche 
inutile en commençant cette publication par une énumération de toutes les collections que je 
sais renfermer des poissons fossiles , de tous les ouvrages dans lesquels on trouve des données 
♦sur cette matière, et de toutes les communications directes qui m'ont été adressées. Cela 
me fournira en même temps l'occasion d'acquitter ma dette envers les sa vans qui ont bien 
voulu favoriser mes recherches soit en me faisant part de leurs observations , soit en me con- 
fiant des matériaux. La comparaison réitérée des originaux d'une description étant d'ailleurs 
souvent indispensable pour arriver à des résultats certains , qu'une première observation ne 
fait parfois qu'entrevoir , j'aurais craint de laisser des doutes sur l'authenticité de mes recher- 
ches , ou d'en rendre la vérification longue et difficile , si je n'avais pas publié ce chapitre et 
les suivans. 

C'est en d828 que je commençai à m'occuper des poissons fossiles. M. Rodolphe Wagner, 
maintenant professeur à Goltingue, ayant publié à cette époque, sur les fossiles du Musée de 
Munich , une petite notice , dans laquelle il faisait surtout ressortir le nombre et la beauté des 
poissons indéterminés de cette collection, j'eus l'idée d'exploiter un champ si peu cultivé. Je 
ne pouvais cependant croire , avec M. Wagner, que tout fût encore à créer dans ce domaine. 
Etant alors étudiant en médecine à l'université de Munich , je demandai à M. le professeur 
Fuchs , aux soins duquel les fossiles sont confiés , la permission d'examiner en détail les 
Ichthyolithes ; ce qu'il m'accorda très-libéralement , en me donnant toute espèce de facilités 
pour mon travail. A peine eus-je parcouru les armoires dans lesquelles les fossiles étaient 
renfermés, que j'entrevis tout ce que j'aurais à faire pour les déterminer rigoureusement. 
Cependant , plusieurs des professeurs de l'Université, entre autres MM. DôUinger, Oken eî 
Martius, m'encouragèrent dans mon entreprise, tandis que MM. Schubert et Wagler, direc- 
ToM. F 1 



— 2 — 

leurs des collections zoologiques , mirent à ma disposition tout ce que le Musée possède en 
poissons vivans et en squelettes. Dès-lors , tous les momens que je pus dérober à l'étude de 
la médecine furent consacrés à l'examen des poissons fossiles , et tous les jours de vacances 
employés à faire de petits voyages pour chercher de nouveaux documens dans les nombreuses 
collections du midi de l'Allemagne. Le souvenir de l'accueil et des encouragemens dont j'ai 
été comblé partout, est encore si présent à ma mémoire, que je ne puis m'empêcher d'en 
témoigner ma reconnaissance à ceux qui m'ont si généreusement aidé dans une carrière 
nouvelle et difficile. Plus tard, en 1831 et 1832, je pus étendre plus loin mes courses, et 
j'allai à Paris, espérant recueillir quelques débris sur les traces des naturalistes français. 
Gr.âce à leur bienveillance, je pus aussi moissonner ici h pleines mains. En Suisse, dans 
ma patrie , à laquelle je m'estime heureux de pouvoir, dès à présent , consacrer mon avenir, 
j'ai trouvé des monumens scientifiques qui remontent au temps de Gessner et de Scheuchzer. 
Qu'il me soit permis de récapituler ici, par ordre chronologique, les observations que j'ai 
faites dans toutes ces collections jusqu'à l'époque où je publiai la première livraison de mon livre. 

A Munich, j'ai étudié, pendant plusieurs années, dans le Musée de l'Académie, la riche 
collection de fossiles des schistes de Solenhofen , qui s'y trouve, et qui est en grande partie 
due aux efforts de Sômmering. Les Ichthyolithes de Monte-Bolca , dont le Musée possède un 
assez grand nombre d'espèces , proviennent de la collection de Cobrès. Les poissons du Mans- 
feld, dont il y a beaucoup de plaques, sont généralement très-bien conservés. On y trouve 
aussi quelques espèces du Brésil et une grande quantité de dents de Squales. Les pièces les 
plus rares et les plus remarquables de ce Musée sont les diverses espèces de Solenhofen. 

A Bayreuth , où je fis un voyage en 1829 , M. le comte de Munster mit à ma disposition, 
non-seulement tout ce que renfermait alors sa magnifique collection , mais il me promit 
encore des dessins de tous les poissons qu'il se procurerait plus tard , et qu'il a bien voulu 
m'adresser régulièrement au fur et à mesure que sa collection s'est accrue. Cette collection 
est , sans contredit , la plus complète en fossiles de Solenhofen ; c'est là où il faut aller les étu- 
dier. Elle contient, en outre, des poissons d'Eichstaedt , de Kelheim, de Daiting, de Monte- 
Bolca , de la craie de Munster , du Zechstein ; des dents de Pycnodontes du Muschelkalk , des 
terrains jurassiques et tertiaires; des dents de Cestraciontes de la Craie et des dents de 
Squales de tous les terrains où l'on en trouve. 

A Neuboîirg , sur le Danube, j'ai vu quelques poissons de Solenhofen, chez M. le conseil- 
ler Grasegger , qui possède le seul exemplaire que l'on connaisse maintenant de Pterodac- 
lylus brevirostris. 

A Bamberg , M. Lindner a une collection intéressante de fossiles de Solenhofen. 

A Erlangen , il y a aussi, dans le Musée, des poissons de Solenhofen. 

Le /l/»see de Vienne, que je visitai en 1830, possède des poissons de Monte-Bolca, de Solen- 
hofen et d'autres localités, mais que je n'ai pas tous suffisamment examinés. M. Partsch me 
les a fait voir avec son obligeance accoutumée , quoique la plupart des caisses qui les conte- 



naicnt fiissoiU encore fermées. Les mieux conservés sont ceux de Caslellamare. Maintenant cette 
belle colieclion est rangée , et fournira sûrement de nouvelles richesses à celui qui pourra les 
étudier. Avec MM. Fitzingcr et Ilcckel, j'ai vu plus en détail les poissons vivans, surtout ceux 
des lacs et des rivières de l'empire autrichien , et quelques espèces curieuses de l'Amérique 
du Nord . entre autres une espèce nouvelle d'Acipcnser, qui lie les Esturgeons aux Loricaires, 
et dont M. Heckel a fait son genre Scaphirhynchus. 

A Francfort, j'ai examiné les nombreux poissons rapportés d'Afrique par M. Ruppell , et 
les beaux squelettes qu'il en a préparés. M. H. de Meyer m'a envoyé successivement des 
poissons très-intéressans de l'argile plastique des environs de Francfort et des schistes de 
Solenhofen. 

A Carlsriihe, M. Gmelin m'a laissé emporter chez moi et examiner très à loisir la belle 
collection de poissons fossiles d'Oenigen qui se trouve au Musée du Grand-Duc , et qui pro- 
vient du couvent de Meersbourg; j'y ai vu en outre de beaux échantillons de poissons fossiles 
de Monte-Bolca et de Solenhofen , une assez grande quantité de fort belles plaques de Glaris, 
■quelques plaques de Seefeld et du Mansfeld, enfin une fort belle série de dents de Squales. La 
collection de l'école polytechnique possède , par les soins de M. le professeur Walchner, plu- 
sieurs espèces intéressantes de poissons fossiles , entre autres un Sauropsis , un Aspidorhyn- 
chus, un Saurostomus, un Leplolepis et un Pholidophorus du Lias de TOberland badois; de 
plus , quelques poissons d'OEningen , de Solenhofen , de Neidingen , du Mansfeld •, et des 
dents de Squales du calcaire grossier et de la molasse. M. Alex. Braun m'a communiqué des 
poissons de Seefeld , du Mansfeld , de Munster-Appel , des dents du grès bigarré de Deux- 
Ponts et d'espèces tertiaires. M. de Haber m'a remis quelques plaques du Mansfeld , de So- 
lenhofen et un petit Anenchelum de Glaris, très-complet. M. Klausing a de belles dents de 
Squales des terrains tertiaires du grand-duché de Bade, et des écailles de Lépidoïdes des gypses 
du Keuper. 

A Heidelberg , j'ai vu plusieurs espèces intéressantes chez M. le chevalier de Leonhard, 
surtout de beaux Amblypterus macropterus, un Leuciscus du Habichtswald, un Lebias de Si- 
nigaglia, et un magnifique Palaîorhynchum de Glaris. Au comptoir minéralogique , il y a 
quelques espèces intéressantes de la houille, du Zechstein de Thûringe, de Solenhofen et de 
Glaris. Mais c'est la collection de M. le professeur Bronn qui en réunit le plus grand nombre , 
provenant de Munster-Appel , de Saarbriick , de Solenhofen , du Habichtswald , de Siniga- 
glia , de Monte-Bolca , de Monte-Viale , beaucoup de dents de Squales et quelques Cestra- 
cionles de la craie, etc. 

A Durrheim, près de Villingen, M. le baron d'Althaus conserve un grand nombre d'exem- 
plaires du Leptolepis Bronnii , et surtout une pièce unique , le Tetragonolepis semicinctus de 
M. Bronn, et une belle plaque dentaire de mon Gyrodus umbilicus. 

M. de Buch m'a indiqué un grand nombre de localités qui m'étaient inconnues et où l'on 
trouve des débris de poissons fossiles. 



A Stuttgardt, j'ai pu étudier, très en détail, la collection de M. Zieten. C'est chez lui que se 
trouve le fragment d'après lequel j'ai rétabli le singulier genre Ptycholepis du Lias de Boll ; 
il a aussi quelques poissons de Solenhofen. Avec la permission de M. le conseiller Hartmann, 
j'ai examiné, dans la collection de la Société d'agriculture du Wurtemberg, des poissons de 
Monte-Bolca , de Steinheim près d'Ulm , du Lias wurtembergeois , de Seefeld , du Mansfeld , 
des dents de Squales et des Pycnodontes. M. le professeur Jœger a réuni, dans le Musée 
royal , beaucoup de dents de Squales de la molasse , du calcaire grossier et de la craie , quel- 
ques Pycnodontes d'Angleterre, surtout du grès vert, des Lépidoïdes fort intéressans , entre 
autres ceux du Lias wurtembergeois. Il y a de plus , dans cette collection, des poissons de la 
houille de Saarbriick , du Zechstein de Mansfeld, de Solenhofen , de Steinheim, d'Oenigen et 
d'Islande. 

A Tuhhnjen , M. Schiibler m'a remis tout ce que possède le Musée. Ce sont quelques espèces 
de Monte-Bolca , de Steinheim et d'Oeningen , des dents de Squales de la Molasse et du Jura, 
et surtout un grand nombre d'échantillons d'une brèche osseuse intermédiaire entre le grès 
du Lias et le Keuper, remarquable en ce qu'elle est presque complètement composée d'os de 
poissons et de reptiles. 

A Gœppingen, M. le docteur Hartmann possède la plus belle collection de poissons du Lias 
que j'aie vue jusqu'en 1833; il a, de plus, quelques espèces remarquables de Steinheim et de 
Monte-Bolca, et des dents de Squales des terrains tertiaires de la Souabe. 

J'ai reçu, à différentes reprises, de M. d'Alberti de JFilhehnshall , une immense quantité 
de fragmens de poissons fossiles du grès bigarré , du Muschelkalk , du Keuper et du grès du 
Lias des environs de Rottweil et de Tœbingen ; ils ont été d'autant plus intéressans pour moi , 
que je ne possédais encore que peu de chose de ces formations. Ils sont en partie identiques 
avec ceux des environs de Lunéville. 

Le Musée de Zurich possède la plus belle collection que je connaisse de poissons fossiles 
des schistes de Claris , un assez grand nombre d'espèces d'Oeningen , et quelques exemplaires 
de Monte-Bolca et du Liban. Cette collection est très-importante, parce qu'elle renferme les 
originaux de l'ouvrage de Scheuchzer et une partie de ceux de Knorr et Walch, qu'il eût été 
impossible de déterminer sans ces pièces. C'est à M. le professeur H. R. Schinz que j'en dois 
ja communication. M. le professeur Lavater, qui possède aussi une fort belle collection, a 
poussé l'obligeance jusqu'à me confier, pendant plusieurs mois, ses nombreux poissons fossiles 
d'Oeningen ; il a aussi de beaux exemplaires de poissons de Claris. 

Le Musée de Berne doit à M. Studer une série complète de dents de Squales de la Molasse, 
et en particulier de beaux fragmens d'une espèce nouvelle de Myliobates ( mon Zygobates 
Studeri) ; il y a , de plus , des Pycnodontes du Jura et de fort beaux exemplaires de poissons 
de Claris. 

Le Musée de Bàle possède aussi beaucoup de superbes exemplaires de poissons du schiste 
de Claris ; cette collection peut même rivaUser avec celle de Zurich. Il y a, de plus, quelques 



espèces de Monle-Bolca, de Solenhofen , du Mansfeld et de Biiigen. Le fossile le plus remar- 
quable de cette collection est l'exemplaire original du Limulus fossile de Solenhofen , figuré 
dans le grand ouvrage de Knorr et Walch. 

M. Hugi , à Soleure , a recueilli une grande quantité de débris de poissons fossiles du Jura 
suisse , entre autres beaucoup de Pycnodontes , de Cestraciontes et d'ichthyodorulithes du 
calcaire à Tortues des environs de la ville. 

M. le professeur Scheitlin , à St. Gall , a de beaux exemplaires de poissons de Claris et 
(juelques échantillons de Monte-Boica , d'Oeningen et du Mansfeld. 

Le Musée de Lausanne a quelques poissons de Monte-BoIca et de Muse près d'Autun. 

M. Thurmann m'a envoyé de Porrentruy quelques dents de Squales et de Cestraciontes de 
la Molasse et du Jura. 

Au Musée de ISeuchàtel, il y a quelques espèces de Monte-Bolca, dos Pycnodontes du Jura, 
des dents de Squales de la Molasse , et surtout des préparations ostéologiques de poissons 
provenant de ma collection. 

Le Muséum d'histoire naturelle de Paris a été pour moi l'une des mines les plus riches que 
j'aie exploitée, et, grâce à l'obligeance de MM. Cuvier, de Blainville, Cordier, Valenciennes, 
Régley et Laurillard, j'ai pu examiner, très-en détail, tout ce qui s'y trouve. La collection 
de poissons fossiles la plus importante qui existe maintenant , et en même temps qui offre le 
plus d'intérêt historique , est , sans contredit , celle du comte de Cazzola , qui a fourni les 
originaux pour VJttiolitologia veronese publié par Séraphin Volta , conjointement avec d'autres 
savans italiens. Cette immense collection, acquise, l'an VII , par Bonaparte , est aujourd'hui 
exposée dans les galeries du Muséum. M. de Blainville l'a examinée de son côté, lorsqu'il 
a écrit l'article Ichthyolithes du Nouveau Dictionnaire des sciences naturelles ; enfin , je 
l'ai entièrement revue et complètement décrite vers la fin de 1831 et pendant les huit pre- 
miers mois de l'année 1832, et j'ai inscrit mes déterminations sur le revers de toutes les 
plaques. Une seconde collection, très-importante, qui fait partie du Muséum de Paris, a été 
recueillie dans le Mansfeld par les soins de M. de Humboldt ; c'est la plus complète que je 
connaisse de ces schistes ; elle contient des espèces qui n'ont pas encore été décrites. Il y aussi, 
au Muséum, un très-grand nombre de poissons de Muse près d'Autun, donnés par M. de 
Bonnard , et plusieurs de ceux du calcaire grossier des environs de Paris donnés par M. Des- 
Hayes. Les exemplaires des plâtrières de Montmartre , qui sont figurés et décrits dans les Re- 
cherches sur les ossemens fossiles de Cuvier, s'y trouvent aussi. On remarque en outre au 
Muséum des poissons fossiles de Sheppy, donnés par M. Pentland ; quelques espèces de la craie 
de Kent, données par M. Mantell ; quelques poissons des houilles de Saarbriick , du Lias d'An- 
gleterre, des terrains jurassiques de France, entre autres de la Normandie et de la Bourgogne, 
quelques plaques de Solenhofen , de Claris , d'OEningen , d'Aix , d'Apt , de Menât , du Li- 
ban , etc. , et une immense quantité de dents de Squales , de Cestraciontes et de Pycnodontes, 
malheureusement toutes pêle-mêle, et sur les gisemens desquelles il y a peu de données pré- 



— 6 — 

cises. Déjà M. Cuvier préludait à un ouvrage sur les poissons fossiles par des notes éparses dans 
la grande histoire naturelle des poissons qu'il publiait avec M. Valenciennes , lorsqu'après 
avoir examiné mon portefeuille de dessins et entendu le compte que je lui rendis des résultats 
auxquels j'étais parvenu par mes recherches, il me permit d'utiliser tous les matériaux qu'il 
avait réunis dans un but semblable au mien. Il poussa la bienveillance jusqu'à déclarer qu'il 
renonçait à écrire l'ouvrage qu'il avait annoncé sur les poissons fossiles , et qu'il m'abandon- 
nait un sujet sur lequel j'avais réuni un si grand nombre de matériaux. De pareils faits n'ont 
pas besoin de commentaires. C'est sans doute à cette honorable distinction que j'ai dû, en 
grande partie, les encouragemens que j'ai obtenus plus tard. Et si je me plais aujourd'hui à 
rapporter ce trait de la vie de Cuvier, ce n'est point pour m'en glorifier, mais pour honorer 
la mémoire du grand naturaliste , auquel on a si souvent reproché , sans motifs , de ne pas 
assez encourager les jeunes savans. Après la mort de Cuvier, M. Cordier m'a accordé les 
mêmes facilités pour l'examen des fossiles du Muséum. M. de Blainville a bien voulu aussi 
me permettre de continuer le travail que j'avais commencé sur l'ostéologie des poissons 
vivans , dans les galeries d'anatomie comparée, où M. Laurillard m'a toujours aidé avec la 
complaisance que les naturalistes lui connaissent. M. Valenciennes, qui est maintenant chargé 
seul du travail colossal de décrire tous les poissons vivans, m'a aussi facilité très-obligeammenl 
la comparaison que j'ai dû faire des fossiles avec les espèces vivantes, dont le Muséum de 
Paris possède maintenant la plus belle collection qui existe. 

La collection de l'Ecole des mines possède de fort beaux exemplaires des poissons fossiles 
d'Aix , de Narbonne, de Menât, quelques-uns d'OEningen, de Claris, de Monte-Bolca , de 
Montmartre, de Solenhofen , des terrains jurassiques et surtout du Lias d'Angleterre, du 
Mansfeld et d'Autun. MM. Elle de Beaumont et Dufrénoy me les ont communiqués avec une 
rare libéralité. 

Dans la collection de la Société géologique de France , j'ai vu des poissons de Solenhofen , 
de Seefeld et d'Aix , donnés par M. Boue , et une espèce d'Alose rapportée d'Oran par M. Ro- 
zet, qui en a également remis des exemplaires aux Musées de Paris et de Strasbourg. 

M. Alex. Brongniart a de fort beaux exemplaires de poissons fossiles du Mansfeld , d'Autun, 
de Sunderland et de Claris, des dents de la craie de Kent et de Gand, des plaques de Monte- 
Bolca , du Liban , d'Oeningen , d'Aix , de Menât , et une grande quantité de dents de Pycno- 
dontes et de Squales, surtout intéressantes par l'exactitude avec laquelle sont indiquées les 
localités d'où elles proviennent. 

M. Régley possède quelques beaux poissons fossiles entiers et des débris trôs-intéressans , 
provenant des plàtrières de Montmartre , de Sinigaglia, d'Aix, de Menât, du calcaire grossier 
des environs de Paris , de Monte-Bolca , de la craie de Meudon , de Kent et de Belgique , des 
terrains jurassiques de Normandie, plusieurs plaques de Claris, du Mansfeld et d'Autun. C'est 
dans sa collection que se trouvent maintenant la plupart des espèces que possédaient Lamé- 
therie et Faujas ; quelques-uns seulement ont passé dans les collections du Muséum d'histoire 



— 7 — 
naturelle. Après la mort de M. Réglej , celle colleclion est devenue la propriété de M. J. Amie, 
avocat. 

M. DesHaves m'a communiqué beaucoup de fragmens de poissons fossiles des environs de 
Paris, surtout des Pycnodontes, des Ceslraciontes , des dents de Raies et de Squales et leurs 
vertèbres . a^ec l'indication exacte de leur gisement. 

M. Penlland m'a remis des fragmens de poissons fossiles de Cailhness, des plaques très-bien 
conservées de Monte-Bolca , un très-grand nombre de plaques de Sinigaglia , et surtout quel- 
ques espèces très-curieuses des marnes secondaires apennines de Torre d'Orlando , près de 
Castellamare , dans la baie de Naples. 

M. Cordier possède des poissons fossiles des mines de houille de Saarbriick. 

M. A. Boue m'a fait voir des dents de Squale des terrains tertiaires de l'empire d'Autriche. 

M. Bertrand-Geslin m'a adressé l'esquisse de deux poissons intéressans de Schio, et M. \'ir- 
let celui d'un fragment du grès vert de Morée. 

M. Voltz a réuni au Musée de Strasbourg quelques espèces de Monte-Bolca, d'OEningen, 
de Transylvanie , de Bingen , des dents de Stonesfield et de quelques aulres localités d'An- 
gleterre, quelques plaques intéressantes de Solenhofen et un très-grand nombre de dents 
de Squales. Il existe en outre dans ce Musée une riche collection des espèces que l'on trouve 
dans les mines de houille de Saarbriick , recueillie vers la fin du siècle dernier par Hermann. 
M. Voltz a eu l'obligeance de confier à mes soins, pendant plusieurs années, tous ceux de ces 
fossiles qu'il avait réunis lui-même ; tandis que j'ai examiné , avec M. Duvernoy, les poissons 
décrits par Hermann. 

A Caen, M. de Magneville m'a communiqué une espèce nouvelle du genre Tetragonolepis , 
remarquable par les aspérités qui recouvrent ses écailles. M. Eudes-des-Longschamps m'a 
remis des fragmens remarquables de Ceslraciontes, trouvés dans le calcaire de Caen. Ces 
débris, entre aulres mon Pristacanlhus, ont des formes si bizarres, qu'on a de la peine à 
se faire à l'idée qu'ils proviennent réellement de poissons. 

M. le docteur Gaillardot , à Lunéville , possède des dents , des rayons de nageoires et des 
écailles de plusieurs espèces très-curieuses du Muschelkalk que j'ai examinées et décrites. 

M. Hope m'a envoyé de Londres une belle collection de poissons fossiles de Sheppy, con- 
tenant surtout des dents de Squales , quelques têtes de Clupéo'ides et des vertèbres de Scombé- 
roides. J'ai reça, en outre, d'Angleterre des dessins de M. le D' Traill, et je dois à M. Lyell 
des notes importantes sur plusieurs gisemens à poissons , et sur les collections d'Angleterre , 
dans lesquelles on trouve des poissons fossiles et que j'ai examinées plus tard. 

Tôt après avoir achevé l'impression de ma première livraison , je fis en juillet i 83.^ un 
voyage en x\llemagne dans le but d'examiner quelques collections que je ne connaissais pas 
encore , et de revoir celles que je n'avais pas vues depuis longtemps. J'ai eu la satisfaction 
de découvrir un assez grand nombre d'espèces entièrement nouvelles pour moi et de recueillir 
des renseignemens plus complets sur plusieurs de celles dont l'existence ne m'était connue qjie 



— 8 — 

par des fragmens ; j'ai même trouvé des espèces de plusieurs genres dont je n'avais point 
encore entrevu l'existence. 

A Zurich, j'ai trouvé la collection publique enrichie de quelques pièces précieuses des schistes 
de Claris, entre autres d'un Acanus très-complet, et du plus grand et du plus bel exemplaire 
d'Anenchelum que j'aie vu jusqu'ici. C'est l'espèce que j'ai nommée An. latuni ; cet échan- 
tillon est si complet qu'il ne laisse rien à désirer sur l'organisation de ce singulier genre. Il est 
évident maintenant que les Anenchelum et les Pateorhynchum appartiennent à la famille des 
Scombéroïdes. Le premier de ces deux genres , qui sont du reste très-voisins , se rapprochent 
extrêmement des Lepidopus ; le Pala;orhynchum, au contraire, a plus de rapport avec le genre 
Histiophorus. Cette découverte est importante à cause de la détermination géologique du terrain 
d'où proviennent cesichthyolithes. J'ai aussi eu le plaisir de rencontrer chez M. Meyer, trésorier 
de la ville de Zurich , celles des plaques originales représentées dans les Piscium querelœ de 
Scheuchzer, que je n'avais point encore pu retrouver. M. Meyer possède aussi les cuivres 
de cet ouvrage , qui mériterait bien d'être réimprimé , dans un moment où l'on s'occupe 
d'une manière aussi suivie de travaux paléontologiques , et où il est si rare de pouvoir se pro- 
curer les anciens ouvrages qui traitent des fossiles. 

A Munich , M. André Wagner a fait l'acquisition , pour le Musée , de quelques poissons 
nouveaux de Solenhofen , entre autres d'un fort grand Gyrodus très-complet , d'un nouveau 
genre que j'ai nommé Macrosemius , et de quelques autres espèces moins remarquables. 

Parmi le petit nombre d'espèces qui existent à Fribourg , M. le professeur Perleb m'en a 
fait voir quelques-unes de fort rares , que je n'avais pas décrites précédemment , savoir le 
Thrissops Cephalotes , les Leptolepis polyspondylus et contractus , et de très-grosses dents de 
l'Hemipristis serra. 

Dans la collection de M. de Voith , conseiller supérieur de la direction des mines à Ratis- 
bomie, j'ai vu un très-grand nombre de fort beaux exemplaires de poissons de Kelheim, parmi 
lesquels j'ai reconnu un genre nouveau et une disaine d'espèces inédites, surtout de beaux 
Gyrodus, qui m'ont servi à remplir les grandes lacunes qui existaient encore dans les caractères 
de ce genre. Maintenant cette collection appartient à M. le comte de Munster. M. l'inspec- 
teur Emmerich m'a aussi remis quelques poissons du même gisement. 

Cependant, c'est à la collection de M. le comte de Munster à Bayreuth et au Musée de 
Prague que j'ai dû, dans ce voyage, le plus grand nombre d'objets nouveaux. M. le comte 
de Munster, à force de soins , est parvenu à acquérir toutes les espèces intéressantes qui ont 
été découvertes à Sohlenhofen : aussi ai-je trouvé chez lui un très-grand nombre de beaux 
exemplaires de poissons de cette localité , d'autres de Kelheim , du Lias et du Muschelkalk 
des environs de Bayreuth, avec un très-grand nombre de dents de Pycnodontes et de Squales 
accompagnés d'indications très-exactes sur leur gisement. J'ai trouvé en somme dans sa collec- 
tion plus de quarante espèces nouvelles , parmi lesquelles je ferai surtout remarquer quatre 
genres nouveaux de la Craie de Westphalie. Pendant mon séjour à Bayreuth , M. le comte 



— 9 — 

de Miinslor a fait encore l'acquisilion d'une Irc^s-grando collection de fossiles de M. Barlh . 
conseiller anli(iiie à Augsbouri^- . dans laquelle se trouvaient aussi des espèces nouvelles de 
poissons. Peu de temps après, M. le comte de Î^Iiinster m'a adressé des figures représentant 
des dents et des rayons de Squales , trouA es dans les dépôts tertiaires des environs de Meck- 
lembourg et de Lubeck , et dans le Brandebourg et la Poméranie. 

Le Musée de Prague doit à la générosité du prince de Taxis la belle collection de fossiles 
que M. le docteur Schnitzlein avait réunis à Mohnheim, et qui contient un très-grand nombre 
de poissons de Solenhofen , de Daiting et d'Eichsta;dt, parmi lesquels j'ai trouvé des espèces 
nouvelles très-remarquables. De son côté, M. le comte de Sternberg a doté le Musée national 
de la Bohème de sa magnifique collection de plantes fossiles et de deux genres nouveaux 
de poissons fossiles du PlaMier de la Bohème, qui ont un haut intérêt géologique. J'y ai aussi 
vu un très-grand nombre de dents de poissons des différentes formations de la Bohème . sur 
le gisement desquelles M. Zippe m'a donné tous les renseignemens nécessaires. 

kErlanrjen, M. Rod. Wagner m'a remis un poisson nouveau de la Craie et un de Solen- 
hofen , faisant partie des collections de l'université. 

A Pappenhehn, j'ai vu quelques beaux poissons chez M. le docteur Rœtenbacher , surtout 
la queue d'un Caturus, beaucoup plus grand que tous ceux que j'avais examinés jusqu'alors ; 
j'y ai vu aussi quelques plaques intéressantes, qui se trouvent maintenant au Musée de Leyden. 

Je n'ai pas examiné le poisson même qui se trouve à Cidmbach, chez M. Weltrich; mais 
j'en ai vu un plâtre, très-bien fait, chez M. le comte de Mimster, et j'ai pu m'assurer par 
là que c'est le Lepidotus Gigas , le même que l'on a trouvé déjà sur tant de points dans 
le Lias. 

M. le professeur Jœger, de SlutUjardt, m'a envoyé , de la part de M. Hehl, conseiller des 
mines , des débris de poissons de l'oolite inférieure du Wurtemberg , qui étaient tout nou- 
veaux pour moi , et quelques fragmens de la Molasse que je ne connaissais pas encore. 

Chez M. Hartmann , à Gccppincjen , j'ai trouvé une espèce nouvelle du Lias, appartenant au 
genre Tetragonolepls , qui est déjà si nombreux en espèces propres à cette formation. 

M. Walchner, à Carlsvuhe, m'a remis quelques poissons nouveaux. 

M. FitziuQer m'a donné de nouveaux renseignemens sur ceux du Musée de Fienne. 

M. le professeur Meissner , à Bàle, m'a adressé un grand poisson de Vérone. 

Pendant la réunion des naturalistes allemands à Breslau , j'ai eu l'occasion de voir plu- 
sieurs poissons fossiles très-intéressans , qui avaient été adressés à la section de géologie par 
M. de Dechen. Comme l'une de ces espèces était nouvelle et qu'elle avait été trouvée sur le 
sol de la Silésie , je l'ai nommée Pala^oniscus vratislaviensis , en mémoire de la réunion. J'en 
ai vu encore un grand nombre d'exemplaires au Musée de Breslau et dans la collection de 
M. Otto, et plus tard, à Waldenburg , dans celles de M. Bocksch et de M. Mielenzki. M. Otto 
m'a en outre communiqué beaucoup de fragmens du Muscheikalk de Silésie , appartenant aux 
mêmes espèces que l'on trouve à Lunéville , en Wurtemberg et dans le grand-duché de Bade ; 
TOM. I. 2 



— io- 
de plus , je lui dois les os d'un Esox fort remarquable , trouvé dans les marnes diluviennes 
de la Silésie et différent de l'Esox Lucius , que j'ai nommé E. Otto. 

M. de Leonliard m'a adressé, de la part de M. Klippstein, le dessin de plusieurs dents 
trouvées par M. le conseiller aulique de Klippstein , dans le Zechstein de Thalilter. C'est une 
espèce nouvelle d'Acrodus , dont M. le comte de Miinster a fait depuis son genre Dictea. 

M. Elie de Beaumont m'a aussi envoyé des dessins d'un poisson du calcaire grossier des 
environs de Paris , trouvé à Châtillon , près de Bagneux , dont l'original est déposé dans la 
collection de l'école des mines. 

Comme il arrive ordinairement , c'est en dernier lieu que l'on apprend à connaître ce qu'on 
a à sa porte : M. le pasteur Chatelanat, de St. -Maurice , près Grandson , au canton de Vaud, 
m'a adressé une collection de dents de Squales et de Myliobates de la Molasse , des . plus 
belles que j'aie jamais vues. Elles ont été recueillies sur la rive méridionale du lac de INeu- 
chàtel , près de la Tour de la Molière. 

Je dois à M. Louis Coulon des dents de poissons du terrain néocomien des environs de Neu- 
chàtel et des ichthyoliles de Vérone ; enfin à M. Auguste de Monlmollin , des dents de Pyc- 
nodontes du Jura supérieur, semblables à celles que M. Hugi a trouvées dans les environs de 
Soleure , des dents de Squales de la Molasse de Joliment et de fort beaux exemplaires des 
poissons d'Autun. 

Je connaissais déjà près de 600 espèces de poissons fossiles , que j'avais , pour la plupart , 
décrites et fait dessiner , et je croyais ainsi mon ouvrage très-avancé lorsque je me rendis en 
Angleterre au mois d'août 1834, dans l'intention de soumettre le résultat de mes recherches 
à l'épreuve de quelque nouvelle découverte. Le nombre des espèces et des genres nou- 
veaux que j'y observai, fut si considérable , que je me retrouvai, pour ainsi dire , au com- 
mencement de mon travail , près de succomber sous le poids du fardeau que je m'étais im- 
posé, et pressentant le moment où les espèces fossiles que je connaissais déjà , se perdraient 
au milieu de celles dont on pouvait entrevoir la découverte. Car pour celui qui est habi- 
tué à tenir compte des associations naturelles entre les êtres organisés , de leur distribution 
géographique , de leur coexistence dans certaines localités , il est des faits qui , recueillis ac- 
cidentellement, semblent ne pouvoir rester isolés. Telle fut la découverte d'un grand nombre 
de fragmens qui attestaient l'existence de beaucoup de genres et d'un nombre inappréciable 
d'espèces qui jusque là avaient échappé à l'observation. Si l'on songe en outre que les re- 
cherches qui ont conduit à ces résultats n'embrassent qu'un espace très-limité , la pensée de- 
meure accablée sous le poids d'une richesse pareille, et l'imagination la plus active n'est pas 
en état d'aller au-devant de tout ce que nous avons à attendre de l'investigation des con- 
trées où les paléontologistes n'ont pas encore pénétré, et même de fouilles plus soigneuses 
dans les localités les mieux connues. 

Le nombre des espèces nouvelles que j'ai déterminées en Angleterre, en 1834, s'élève à 
environ 250 , appartenant à toutes les formations géologiques, et provenant de localités très- 



— 11 — 

différentes. Ceux qui proviennent des terrains d'Angleterre , dont làge géologique est exac- 
tenjcnt connu , m'ont fourni de nond)reux points de comparaison avec les terrains du conti- 
nent, et vérifié les rapports (jue j'avais signalés entre les espèces d'une même époque, et (jue 
Ton reconnaît jusque dans les espèces encore inédites. J'ai eu la satisfaction de voir ainsi se 
conlirmer tous les résultats généraux que j'avais énoncés précédemment dans la préface de 
mon ouvrage , dans le Bulletin de la Société géologicpie de France , dans le Jahrbuch de 
Leonhard et Bronn , et à la réunion des naturalistes allemands à Breslau , en 1833. Malgré 
cette effrayante accunmlation de matériaux, j'ai continué à publier régulièrement les objets 
les plus in téressans que j'ai observés, réservant, pour les Supplémens, les espèces qui n'ont 
qu'un intérêt local ou purement zoologique. 

Un aperçu exact des sources auxquelles j'ai puisé tant de matériaux nouveaux, ne peut 
manquer d'intéresser les naturalistes du Continent, qui , malheureusement pour eux et pour 
les progrès de la science , ne connaissent pas assez les ressources scientifiques qu'offre l'Angle- 
terre. A la suite de ces indications , j'entrerai dans quelques détails sur l'ensemble de mes 
recherches. Je voudrais, par ces communications, encourager les géologues à faire de 
soigneuses recherches sur la position géologique des moindres fragmens de poissons fossiles 
qu'ils pourront trouver , et qui perdent si souvent tout leur intérêt parce qu'on ignore leur 
origine. Ce sont surtout des travaux particuliers de ce genre qui pourront avancer la culture 
du champ que j'ai entrepris de défricher. 

A Londres , le Musée britannique m'a offert plusieurs espèces très-intéressantes de poissons 
fossiles, provenant pour la plupart d'OEningen , de Claris, de Lyme-Regis et de Sheppy. 
Les premières faisaient partie de la collection du feu docteur Ammann , de Schaffhouse ; j'y 
ai retrouvé les originaux des figures que m'avait communiquées Cuvier. M. Kœnig m'en 
ayant facilité l'examen avec la plus grande obligeance, j'ai pu y reconnaître le grand poisson 
abdominal dont j'avais vu le dessin chez M. Cuvier ; c'est un grand exemplaire de mon Tinca 
furcata, et non point le Leuciscusœningensis. Parmi les poissons de Claris, il y a une magni- 
fique espèce nouvelle du genre Fistularia. M. Cray m'a aidé à comparer les espèces des Indes 
les plus remarquable que possède le Musée , et en particulier les dessins de Hamilton-Bucha- 
nan et du général Hardwick , auquel je dois aussi une superbe mâchoire du Rhina Ancylodon 
figurée dans la Zoologie des Indes. Je dois encore à la complaisance de M. Cray d'avoir pu 
disséquer un très-beau Lépidostée du Musée britannique, conservé dans l'esprit de vin. 

La Société géologique de Londres est une de ces institutions qui , organisée sur les bases 
les plus libérales , favorise de son influence tout ce qui peut contribuer , même indirecte- 
ment, aux progrès de la science. Je dois en particulier aux vues larges et généreuses du 
Président et des membres du Conseil de cette Société d'avoir pu faire à Londres un travail 
qui , sans l'appui et l'autorisation d'une association aussi considérée , serait devenu impossible , 
et qui même n'a point d'antécédent dans l'histoire des sciences naturelles. Trouvant épars 
dans tous les Musées des trois royaumes unis une quantité prodigieuse de documens nouveaux 



— i2 — 

et importans pour mon ouvrage , j'étais embarrassé sur la manière d'en tirer le meilleur parti , 
et il me paraissait presque impossible de faire dessiner sur place, surtout dans les petites 
villes, les pièces les plus importantes que j'y trouvais. Mais telle est la libéralité des savans 
anglais, que tous ceux dont j'ai examiné les collections, même les directeurs de tous les 
Musées publics que j'ai visités (j'ai examiné en tout soixante- trois collections), ont con- 
senti à me laisser emporter à Londres tous les exemplaires qui me paraissaient pouvoir jeter 
quelque nouveau jour sur l'histoire naturelle des poissons fossiles. A la demande de M. le 
docteur Buckland, M. Greenough, alors président de la Société géologique, et MM. Sedgwick, 
Murchison et Lyell, m'ont en outre procuré l'assentiment de la Société pour déposer tous ces 
trésors dans un local particulier de Sommersethouse. Là, M. Lonsdale, conservateur des col- 
lections de la Société , m'a aidé à ranger les deux mille exemplaires de poissons fossiles que 
je rapportais, et que j'avais choisis, sur environ cinq mille pièces, en parcourant l'Angleterre 
et une partie de l'Ecosse et de l'Irlande. Une pareille faveur est inappréciable, surtout quand 
on pense à la difficulté qu'il y a de transporter des objets aussi fragiles, et dont la perte se- 
rait irréparable. L'extension que j'ai pu donner ainsi à mes Recherches pourra seule en 
fournir la mesure , lorsque j'aurai publié tous les matériaux que j'ai été à même d'étudier à 
cette époque. Si les naturalistes qui font des travaux particuliers , savent ne pas abuser de 
pareilles libéralités , elles deviendront à l'avenir de plus en plus fréquentes, et il en résultera 
des avantages réels pour la science. J'ai pu par ce jnoyen compléter les caractères de plusieurs 
espèces nouvelles en comparant directement différens fragmens épars dans plusieurs collec- 
tions, et constater l'existence d'un grand nombre d'espèces qui seraient restées douteuses 
sans ces rapprochemens. J'ai pu, en outre, choisir pour mes dessins les pièces les plus ca- 
ractéristiques, et achever mes descriptions d'après toutes les autres plaques. Pour ne rien 
négliger dans cette occasion, j'ai fait venir immédiatement à Londres M. Dinkel, l'artiste qui 
a dessiné la plupart des planches originales des Recherches sur les poissons fossiles , le char- 
geant de peindre tous les exemplaires qui m'ont paru indispensables pour compléter mon livre. 
Dans la collection de la Société géologique, que M. Lonsdale a parcourue avec moi, j'ai 
trouvé un grand nombre de poissons fossiles de difïérentes localités de l'Angleterre, entre 
autres , de nombreuses géodes de Gamrie , des poissons des schistes de Caithness , du calcaire 
magnésien , du Lias de Lyme-Regis , de Portland , de nombreuses dents du Mountain-Limes- 
tone , de Stonesfield , de Tilgate , du Gault , de la Craie et du Crag , de beaux Ichthyodoru- 
lithes du Lias, des vertèbres, des dents et des fragmens de poissons de Sheppy. La plupart 
des originaux des planches publiées dans les Trans. de la Soc. par MM. Sedgwick, Murchison 
et de la Bêche s'y trouvent réunis. J'ai remarqué encore une superbe collection de poissons 
tertiaires, recueillis par S. A. le duc de Northampton à Radusa en Sicile, et des dents de 
Squales et de Raies provenant de Carriban-Cliff aux Indes, et indiquant un terrain tertiaire. 
La pièce la plus remarquable de cette collection est certainement une espèce de Raie prove- 
nant de Solenhofen , et qui constitue un genre nouveau. M. Lonsdale m'a encore communiqué, 



— 13 — 

de la part de M. Martin , un supcM-be oxcniplaire du Lcpidolus Filloni , d'après lequel non- 
seulement j'ai pu compléter les caractères de celte espèce , mais encore étendre et préciser les 
caractères du geine; et de la part de M. Auldjo, plusieurs exemplaires de Pycnodus Rliombus 
de Terre dOrlaudo près de INapIes, qui, d'après leur fréquence sur des plaques d'assez pe- 
tites dimensions , me font penser que les individus de cette espèce ne vivaient pas isolés. 

Le Musée des Chirurgiens de Londres, maintenant sous la direction du savant et modeste 
M. Clift. est, comme chacun sait, l'une des plus belles collections d'anatomie comparée qui 
existent ; il contient une série de dents de poissons très-instructive et un assez grand nombre 
d'espèces fossiles de difTérentes localités, que M. Owen a eu la complaisance de me faire voir 
en détail. 

Le musée du Service-uni de l'Armée et de la Marine contient quelques poissons fossiles de 
Monte-Bolca , du Connecticut, de Durham, et un Cybium macropomum de l'argile de Lon- 
dres, très-intéressant en ce qu'il a été trouvé à Londres même, dans les docks de Sainte-Ca- 
therine. 

La jolie collection de M""" Murchison contient plusieurs poissons fossiles d'un grand intérêt, 
entre autres une tète de Tetragonolepis Leachii complètement détachée de la roche, et sur 
laquelle on peut parfaitement bien étudier les os du crâne ; de plus , une tête de Sauroïde du 
Ijias-, encore indéterminée , une belle série de dents de Squales et de M} liobates du Crag de 
Sufïolk , et de grandes dents d'Hybodus et de Psanimodus de l'oolile. 

La collection de M. Murchison contient, en fait de poissons fossiles, des choses très-remar- 
quables et dun haut intérêt scientifique , entre autres , de nombreux exemplaires des schistes 
d'OEningen, d'Aix, de Seefeld , de Gamrie et de Caithness, d'autant plus précieux qu'ils 
proviennent des mêmes gisemens sur lesquels M. Murchison a publié, seul ou conjointement 
avec MM, Sedgv^'ick et Lyell , des mémoires géologiques importans. Mais c'étaient ceux des 
terrains de transition qui excitaient plus particulièrement ma curiosité , surtout depuis que 
MM. Sedgwick et Murchison avaient subdivisé ces terrains en plusieurs étages distincts. Je 
trouvai effectivement dans la collection de M. Murchison une masse considérable de poissons 
de cette époque à laquelle on allait jusqu'à refuser des traces de cette classe d'animaux qui y 
revêtait un caractère particulier, déjà appréciable d'après les fragmens qu'on possédait alors. 
L'étude minutieuse de ces poissons deviendra nécessairement le point de départ, pour ap- 
précier définitivement les progrès du développement de toute la classe, depuis sa première 
apparition dans les eaux qui recouvraient la surface du globe. Je citerai en particulier, comme 
les plus intéressantes, parmi les espèces du vieux grès rouge, les Cephalaspis Lyellii, Lloydii, 
Lewisii, et les espèces du genre Holoptychius; parmi celles du terrain silurien, l'Onchus Mur- 
chisoni, et d'autres espèces encore indéterminées. 

Chez M. Lyell, j'ai vu les plus beaux Cephalaspis Lyellii que je connaisse, et sans lesquels 
je n'aurais , je crois , jamais reconnu pour ce qu'ils sont les fragmens de ce genre que l'on 
trouve le plus ordinairement. En effet, les têtes détachées de ces poissons ressemblent plutôt, 



~ ik — 

I 

à cause de la position de leurs yeux et du prolongement de leurs parties latérales, à des écussons 
de Trilobites ou à des bivalves ouvertes, qu'à des têtes de poissons. On les a même généra- 
lement envisagés comme des débris de Trilobites. Les exemplaires de M. Lyell proviennent 
du vieux grès rouge d'Ecosse, et ont été trouvés à Glammis en Forfarshire. J'ai vu aussi chez 
M. Lyell une belle série des poissons tertiaires qu'il a recueillis en Sicile , mais que je n'ai 
pas encore pu déterminer, et plusieurs dents intéressantes de Pycnodontes et d'Hybodontes 
de l'oolite de Malton et du Forest-Marble de Shawford , envoyées p'ir M. Bowerbank. 

La collection de M. Stokes, que j'ai eu le plaisir d'examiner avec MM. Fitton et Broderip , 
est surtout riche en zoophytes; mais elle contient aussi beaucoup de poissons fossiles remar- 
quables, en particulier un fort bel Aspidorhynchus acutirostris de Solenhofen , le même dont 
il existe un dessin dans le portefeuille des poissons fossiles de la bibliothèque de Cuvier, 
plusieurs autres espèces rares de Solenhofen , entre autres un Leptolepis dubius avec des 
Cololithes, et une espèce nouvelle de Belonoslomus , voisine du Belonoslomus Mûnsteri , une 
nouvelle espèce de Tetragonolepis , le T. dorsalis , et une grande quantité de dents détachées, 
en particulier des Psammodus de Bristol, des Pycnodontes de Dundrey, et des Myliobates 
dont le gisement n'est pas connu. Ces poissons font maintenant partie de la grande collection 
de lord Enniskillen et de sir Ph. Egerton. 

M. Daniel Sharpe m'a aussi remis une espèce de Myliobates de Sheppy , d'autant plus inté- 
ressante , que les chevrons dentaires ont conservé leur position naturelle sur les os de la 
mâchoire. C'est le premier exemplaire que j'aie vu dans un état de conservation aussi par- 
fait. 

M. Yarrell , président de la Société zoologique de Londres, m'a fait remarquer dans sa belle 
collection de poissons d'Angleterre plusieurs espèces inconnues jusqu'alors aux naturalistes, 
et dont il a publié depuis la description dans son Histoire naturelle des poissons de ce pays. 

MM. W. Jardine et Selby, qui ont lu , à la réunion des Naturalistes anglais à Edimbourg , 
un mémoire plein d'intérêt sur les Salmonidés indigènes , m'ont encore appris à en con- 
naître plusieurs espèces et variétés qui ne se trouvent pas sur le continent. 

■ Lors de la publication de ma première livraison , j'en étais encore à me demander s'il 
ne serait pas possible que les mâchoires de Stoneslield , décrites comme des Didelphes , ap- 
partinssent à la classe des poissons. Mais après en avoir vu moi-même et examiné très-soi- 
gneusement plusieurs, j'ai reconnu ce que cette supposition avait d'invraisemblable. Ce 
sont bien des mammifères, mais il me semble qu'on se hasarde trop en les envisageant comme 
des espèces de Didelphes. L'exemplaire de la collection de M. Broderip est devenu classique 
par la description qu'il en a publiée ; il y en a plusieurs autres au Musée d'Oxford , et une au 
Musée de Yorck. Le beauté de la collection de coquilles de M. Broderip est trop remarquable 
pour que je n'en fasse pas mention en passant : chaque espèce y est représentée par une série 
de variétés de tous les âges , et dans tous les états de développement possibles. 

M. le docteur Richardson, de Chatam, l'auteur de la Faune boréali-américaine , a poussé 



— ^;) — 

robligeanco jusqu'à in'apporler lui-inùino à Londres une espèce nouvelle de Lépidoslée, pro- 
venanl du lac lluron. 

A Oxford, M. le professeur Buckland m'a fait voir Irès-en détail le riche Musée qu'il a 
fondé et qu'il a si rapidement agrandi. On y trouve des fossiles de toutes les parties de l'An- 
gleterre , surtout des ossemens danimaux vertébrés , en particulier les mammifères de Kirk- 
dale , sur lesquels les Reliquiœ dihwianœ ont jeté un jour tout nouveau, et les reptiles des 
terrains oolitiques , dont M. Buckland a encore augmenté le nombre par ses travaux. Parmi 
les nombreux poissons qui s'y trouvent , j'ai remarqué les types de plusieurs genres nouveaux, 
et un nondire encore plus grand d'espèces inédites. Les pièces les plus intéressantes sont 
des têtes de Scond)éroïdes de Sheppy , qui ne peuvent pas être rapportés aux genres déjà 
établis, un nombre immense d'écaillés , de dents et de fragmens de squelettes de Stoneslield , 
parmi lesquels j'ai découvert plusieurs espèces que je ne connaissais point, et qui m'ont servi 
à compléter les caractères de celles dont j'avais précédemment reconnu l'existence , d'après 
le petit nombre d"exem])iaires qui existent sur le continent. MM. Buckland et de la Bêche dé- 
signent sous le nom d'Ichlhyorulilhes ces grands rayons de nageoires que l'on a pris jus- 
qu'ici pour des défenses de Balistes ou de Silures , mais qui appartiennent à des genres éteints 
de ma famille des Cestraciontes. Il yen a un très-grand nombre au Musée d'Oxford, prove- 
nant de toutes les formations antérieures à la craie. On y trouve également une très-grande 
quantité de dents détachées de tous ces poissons , et des Squales et des Myliobates de l'argile 
de Londres. Les exemplaires de poissons entiers qui s'y trouvent , proviennent surtout du cal- 
caire magnésien, du calcaire portlandien et du Lias de Lyme-Regis ; il y en a même plu- 
sieurs espèces nouvelles. Dans la masse de coprolithes que M. Buckland a recueillis, et qui 
proviennent de différentes formations, entre autres de la houille, du Lias et de la Craie, j'ai re- 
connu les écailles de plusieurs espèces de poissons contemporains des grands Sauriens et des 
poissons voraces dont ces coprolithes proviennent. M. Buckland m'a aussi communiqué , 
de la part de M. Flesher, une espèce nouvelle de Pholidophorus , trouvée dans l'oolite ferru- 
gineuse , près de Northampton. Mais la plus grande obligation que j'aie à M. Buckland est de 
m'avoir accompagné dans tout mon voyage en Angleterre , de m'avoir fait remarquer les 
points les plus intéressans pour la géologie , et de m'avoir conduit chez tous les géologues qui 
possèdent des poissons fossiles , et dans tous les musées de province où il savait que l'on en 
conserve. Sans lui je n'aurais probablement pas vu la moitié des collections que nous avons 
visitées ensemble , et je n'aurais surtout pas pu recueillir des renseignemens aussi précis sur 
le gisement des fossiles que l'on y conserve. 

Les collections de sir Philippe Egerton à Oulton-Park , et de lord Cole à Florence-Courl , 
sont des plus importantes pour l'élude des poissons fossiles , à cause du grand nombre d'es- 
pèces qu'elles contiennent , et qui proviennent de toutes les localités où l'on a déjà trouvé des 
ichthyolithes. Il n'y a sur le continent que la collection de M le comte de Miinster et celle du 
Musée de Paris qui les égalent. Les espèces qui se trouvent réunies dans les collections des 



— 16 — 

deux amis anglais , sont à-peu-près les mêmes ; car ils se sont ordinairement partagé les 
plaques correspondantes des espèces qu'ils ont pu acquérir. Outre de nombreuses es- 
pèces provenant des localités les plus intéressantes d'Angleterre , j'ai surtout été surpris 
d'y rencontrer des espèces nouvelles de Solenhofen , et encore plus étonné d'y trouver les 
types de six genres nouveaux et d'une douzaine d'espèces inédites des schistes de Glaris, dont 
je n'avais trouvé aucune trace dans les collections suisses les plus considérables. Les autres 
proviennent en particulier de Malte , de Newbury en Amérique , d'Oeningen , de la molasse 
suisse, des lignites de Bonn , du calcaire de Steinheim , de Radusa en Sicile , de Monte-Bolca , 
de Shcppy, de la craie de 3Iaëstricht , de Kent, d'Amérique et de Quedlimbourg , de Tilgate 
et d'Hastings, de Purbeck, de l'argile de Shotover, de Stonesfield, de Boulogne-sur-Mer, du 
Lias de LYme-Regis, de Seefeld , du Muschelkalk et du grès bigarré d'Allemagne, du Zech- 
stein d'Eisleben et d'Ilmenau , de la houille de Saarbruck et de Munster-Appel , du Mountain- 
Limestone de Bristol , etc. 

Les collections d'Edimbourg m'ont offert des nouveautés bien extraordinaires , provenant 
surtout des carrières de Burdie-House, qui sont devenues un terrain classique pour la géologie. 
En décembre 1833, M. le docteur Hibbert a lu à la Société Royale un mémoire concernant le 
calcaire de Burdie-House , et tendant à démontrer que les couches de ce calcaire (qui forme 
une des assises inférieures de la formation houillère des environs d'Edimbourg), diffèrent 
essentiellement du calcaire carbonifère ordinaire, dont l'origine est évidemment marine, et 
qu'elles forment un dépôt particulier d'origine lacustre ou fluviatile. Les premiers fossiles ca- 
ractéristiques qui ont été découverts dans cette localité , sont des plantes semblables à celles 
que l'on trouve dans la houille , un poisson ayant l'apparence des poissons d'eau douce , une 
dent parfaitement bien conservée , semblable à celles des Crocodiles , des coprolithes assez 
nombreux, et surtout une immense quantité de petits fossiles ressemblant beaucoup aux 
Cypris Faba. Une pareille découverte intéressait vivement la géologie , et devait encourager 
à de nouvelles recherches ; aussi la Société Royale , à l'instigation de son secrétaire perpé- 
tuel , M. Robison , a pris dès-lors des mesures pour empêcher la dispersion de fossiles aussi 
précieux et pour assurer aux sciences la propriété définitive du résultat des fouilles faites 
dans ces carrières. M. Robison a mis en particulier beaucoup de soin à conserver jusqu'aux 
moindres fragmens significatifs, et à les rapporter autant que possible aux grandes pièces 
desquelles ils s'étaient détachés. C'est ainsi que s'est formée la belle collection de la Société 
Royale, qui s'enrichit encore tous les jours de quelque pièce nouvelle. De son côté, M. le 
docteur Hibbert poursuivait ses belles découvertes et ses intéressans travaux, et enregistrait 
au fur et à mesure les nouvelles espèces de fossiles qui reparaissaient au grand jour. Les 
cahiers de janvier et d'avril de V Edinburyh new philosop. Journal , contiennent des détails 
très-inléressans sur les fossiles qui ont successivement été trouvés , et sur leur gisement , 
ainsi que plusieurs figures de dents extraordinaires que l'on a découvertes, et qui pro- 
viennent d'un animal de taille gigantesque. Enfin, dans une des séances de la section de 



— 17 — 

Géologie de l'Association Britannique , réunie à Edimbourg en d83'l, M, Hibbert a donné 
un résunié détaillé de toutes ses découvertes , d'où il résulte que le calcaire de Burdie-Houso 
contient une grande variété de plantes, de petits entomostracés et de petites coquilles, plu- 
sieurs poissons inédits et des ossemens, des dents , des écailles et des coprolithes d'animaux 
gigantesques. Parmi les poissons dont la collection de M. le docteur Hibbert contient de 
beaux exemplaires , on remarque une espèce de Palœoniscus appelée par M. Hibbert P. Ro- 
bisoni, remarquable par sa forme élancée et la ténuité de son corps; le type d'un nouveau 
genre, voisin des PaK-ooniscus et des Platysomus, que j'appelle Eurynotus crenatus, dont le 
bord postérieur des écailles est crénelé (c'est à M. le professeur Jameson que je dois les 
plus beaux exemplaires de cette espèce) ; une troisième espèce qui appartient au genre Pygop- 
terus, et qui a reçu le nom de P. Bucklandi. Quant aux Ichthyodorulithes de cette localité, 
ils sont si différens de ceux que l'on connaissait déjà , que j'en ai fait un genre particulier 
sous le nom de Gyracanthus formosus. Mais le genre le plus remarquable de cette localité est 
sans contredit le Megalichthys Hibberti. Il repose sur l'existence de dents énormes, coniques 
et légèrement comprimées , dont les plus grandes ont au moins deux pouces et demi de long , 
qui sont entièrement recouvertes d'une couche d'un émail encore brillant , et qui ont à leur 
base de grosses rides verticales , semblables à celles que l'on observe à la base des dents de 
l'Ichthyosaurus platyodon, du Lophius piscatorius et du Lepidosteus Spatula. Avec ces dents, 
l'on a trouvé des écailles aussi grosses que celles des Crocodiles , et différens os de la tète qui 
proviennent certainement du même animal. La position de ce fossile extraordinaire dans 
la série des vertébrés a paru un moment douteuse. M. Hibbert croyait pouvoir le ranger 
dans la classe des Reptiles ; mais après un mûr examen , j'ai dû adopter une autre opinion , 
à laquelle j'ai aussi ramené M. Hibbert : c'est que ces débris proviennent d'une famille par- 
ticulière de poissons qui ne comprend que deux genres dans la création actuelle , mais dont 
les représentans peuplaient surtout les mers qui recouvraient la terre avant la déposition des 
terrains crétacés , famille que j'ai appelée Sauroïdes , à cause des nombreux rapports que ces 
poissons ont avec les reptiles de l'ordre des Sauriens. M. Hibbert a donné de jolies figures 
de tous ces fossiles dans l'ouvrage qu'il a publié sur la géologie des environs d'Edimbourg. 
Si je me suis un peu plus étendu sur les fossiles de Burdie-House que sur ceux des autres 
localités , c'est parce que leur organisation particulière a soulevé des questions d'une grande 
importance pour la géologie et pour la science des fossiles Les discussions qui se sont enga- 
gées à ce sujet , sont de nature à faire époque dans l'appréciation des formes de la vie orga- 
nique que révèlent les fossiles des différentes époques géologiques, puisqu'elles ont démontré 
que les types primitifs des êtres qui ont habité successivement la terre offrent, dans les pre- 
miers âges , une réunion de caractères qui se trouvent d'abord combinés dans certaines 
classes , mais qui en disparaissent plus tard , pour se développer de nouveau dans d'autres 
classes , lorsque celles-ci se différencient de plus en plus. Afin d'encourager les travaux qui 
seraient faits sur ces fossiles , l'Association britannique a voté une somme de cent guinées que 
TOM. I. 3 



— <8 — 

le comité, chargé de diriger ces recherches, a mis à ma disposition, pour me faciliter l'exé- 
cution des dessins des poissons fossiles d'Angleterre qui m'ont paru nouveaux et que je me 
propose de décrire. Outre les espèces mentionnées ci-dessus , la collection de M. le docteur 
Hibbert renferme de beaux poissons fossiles de Caithness , d'Ashford en Derbyshire , de Monte- 
Bolca , de Menât, et des dents de Toolite de Malton et de Sheppy, Outre les Eurynotus déjà 
indiqués plus haut, M. le professeur Jameson possède aussi plusieurs autres espèces de Bur- 
die-House , une tête de Cephalaspis du vieux grès rouge , très-remarquable en ce que c'est 
la seule que j'aie vue recouverte de toutes ses belles écailles perlées, et une plaque de ces 
grosses écailles du vieux grès rouge de Fifeshire que M. le docteur Fleming a décrites et 
figurées dans VEdinb. Journal ofNat. et Geogr. Sciences, n° 2. Il y a aussi au Musée d'histoire 
naturelle de l'Université quelques poissons fossiles de Monte-Bolca. 

M. le docteur Traill m'a communiqué une superbe collection de poissons fossiles des îles 
Orkney , sur le gisement desquels il a lu un mémoire intéressant à la section de Géologie. 
Quelques-unes des espèces qu'il a trouvées sont les mêmes que celles que MM. Sedgwick et 
Murchison ont représentées dans leur Mémoire sur les schistes de Caithness ; mais la plu- 
part sont nouvelles ; elles constituent même plusieurs genres nouveaux , dont le plus singulier 
est certainement le Cheirolepis, auquel j'ai donné le nom de M. Traill. Je dois également à 
M. Traill une belle collection de poissons de la Guyane, parmi lesquels j'ai trouvé plusieurs 
genres dont je désirais depuis longtemps faire la dissection. 

Lord Greenock m'a appris à connaître plusieurs espèces de la houille que je n'avais point 
encore rencontrées. Il a découvert à New-Haven, près d'Edimbourg, dans la formation 
houillère , un gîte de géodes de fer carbonate , dont la plupart ont pour noyau des pois- 
sons fossiles qui présentent les plus grands rapports avec ceux du Hundsrûck, mais parmi les- 
quels j'ai remarqué des pièces inédites. J'ai encore trouvé chez lui plusieurs fragmens et des 
écailles très-bien conservées de Megalichthys , provenant de la houille même des environs 
d'Edimbourg. 

M. Léonard Horner m'a aussi fait part de fragmens intéressans de poissons, trouvés dans la 
houille d'Edimbourg , et en particulier de rayons de nageoires de forme arrondie , qui m'é- 
taient inconnus. 

M. Jameson Torrie m'a communiqué un beau choix de poissons de Caithness, de Gamrie, 
d'Autun, de Torre d'Orlando, de Monte-Bolca, d'Aix et de Sinigaglia, parmi lesquels j'ai 
trouvé des exemplaires qui m'ont servi à compléter les caractères de plusieurs espèces que je 
connaissais déjà. Chez M. Copland, j'ai vu une collection semblable, dans laquelle j'ai re- 
marqué un beau Mesogaster sphyraînoïdes de Monte-Bolca. Cette espèce paraît fort rare ; 
je n'en connais encore que trois plaques. 

M. le docteur Knight , d'Jberdeen, m'a fait un très-bel envoi d'Ichthyolithes de Gamrie, 
parmi lesquels j'ai trouvé une espèce nouvelle et de fort beaux exemplaires de celles que j'a- 
vais déjà vues de cette localité. 



— 19 — 

I\I. le professeur Johnson , de Durham, m'a remis un très-bel exemplaire de Platysomus du 
calcaire magnésien. 

A /faltiiigton, le musée de sir John Trevelyan m'a paru trés-remarquable ; il contient sur- 
tout une collection magnifique de coquilles et d'échinodermes. Parmi les poissons, j'ai trouvé 
un bel exemplaire du Polj odon Folium , des Syngnathus , des Lophius et des Ostracions cu- 
rieux et des nicàchoires et des dents séparées de difïérens genres. M. Walter Trevelyan m'a 
communiqué de beaux exemplaires des poissons de New-Haven et de Durham , et des dents 
du Lias, de Stonesfield et de Sheppy, parmi lesquels se trouvent des espèces non décrites. 

La collection de plantes fossiles du Musée de Neivcastle-sur-Tyne est l'une des plus im- 
portantes qui existent; elle comprend surtout des originaux de la Flore fossile anglaise de 
MM. Hutlon et Lindley. M. Hutton, qui s'occupe principalement de l'agrandissement de la 
collection et de la réunion de toutes les pièces qui peuvent éclairer et compléter l'histoire des 
espèces dont on ne connaît encore que des fragmens , y a réuni tout ce que les immenses 
mines des environs ont produit jusqu'ici de plus remarquable. Parmi les poissons que possède 
le Musée , on remarque de grandes écailles de Megalichthys de Burdie-House , des rayons de 
Gyracanthus , des poissons de Caithness , et plusieurs beaux exemplaires de ceux du calcaire 
magnésien d'East-Thickley. . 

M. AVitham , de Lartington , l'auteur des Recherches sur la structure interne des végétaux 
fossiles, possède, dans son joli musée, la plus belle collection de poissons fossiles du calcaire 
magnésien qui existe. Ce sont , pour la plupart , les originaux des belles planches qui ont été 
publiées par M. Sedgwick dans son Mémoire sur les relations géologiques du calcaire magné- 
sien (Magnesian Limestone). A la demande de M. Buckland, M"*^ Anne Surtees, de Hlainsforth, 
a eu l'obligeance de m'envoyer aussi les plus beaux fossiles qu'elle possède de cette formation. 

Le Musée de ÏFithy est important pour l'étude des fossiles en général , à cause de la grande 
quantité d'objets précieux qu'il contient, et notamment par les poissons fossiles qui s'y 
trouvent. M. Young y a réuni plusieurs espèces du Lias que je ne connaissais point en- 
core , entre autres un Lepidotus et un Pachycormus , remarquables par leur état de conser- 
vation parfaite, et des fragmens gigantesques d'un poisson qui surpassait certainement par sa 
taille tous ceux dont on a découvert jusqu'ici des traces : ce sont des os de la tête, entre 
autres un os frontal de plus d'un pied de long , et des arcs branchiaux brisés , avec des frag- 
mens de nageoires. On n'a pas encore trouvé les dents de ce géant marin que je désigne 
sous le nom de Gyrosteus. Les autres ichthyolithes sont de Monte-Bolca ; il y a aussi beau- 
coup de Pycnodontes et d'Hybodontes de l'oolite de Malton. Le poisson indiqué à page 82 du 
2""^ vol. comme une espèce douteuse de PaK-eoniscus , d'après la pi. 16, fig. 7 et 8 [V^ édi- 
tion) de la Géologie de Yorkshire de M. Young, est le Lepidotus mentionné ci-dessus et con- 
sidérablement réduit. J'appelle maintenant cette espèce Lepidotus semiserratus. M. Henri 
Belcher, M. Ripley et M. Young m'ont encore communiqué plusieurs beaux exemplaires de 
leurs collections particulières. 



— 20 — 

Le Musée public de Scarboromjh , confié aux soins de M. Williamson , contient aussi de 
beaux poissons du Lias des environs ; ce sont les mêmes espèces qu'à Witby ; il y a également 
des dents de l'oolite de Malton et de l'argile de Speeton. M. le docteur Murray en possède 
aussi plusieurs dans sa collection particulière, entre autres un Dapedius Orbis de Barrow sur 
la Soar. M. Beane a aussi plusieurs espèces intéressantes du Lias et du calcaire magnésien, 
mais surtout de beaux morceaux du grand poisson de Witby. 

Le Musée d'York s'étend tous les jours par les soins de M. le professeur Phillips. Je ne 
connais pas de collection qui soit mieux disposée pour faciliter l'étude. Il contient beaucoup 
de poissons fossiles, parmi lesquels il y en a de très -remarquables, surtout du Lias de 
Witby et de Barrow, de Swanage, du Bedfordshire , du calcaire magnésien, de Clarence 
Railway, et de la formation houillère. Parmi les fragmens, on remarque de belles mâchoires 
de Slingsby , des dents de l'oolite de Malton , de l'argile de Speeton . de la craie de Wiltshire 
et de l'argile de Sheppy. Dans sa collection particulière, M. Phillips possède un poisson remar- 
quable du terrain houiller de Halifax , de belles séries de dents de Stonesfîeld , de l'oolite 
d'Atford et de la craie de Wiltshire. M. J. Allis m'a aussi conmiuniqué un beau poisson de 
Portiand , des vertèbres et des dents de l'argile de Speeton , et un ichthyodorulithe du terrain 
houiller de Clee près de Ludlow, qui m'était inconnu. 

L'bistitution philosophique et littéraire de Leecls possède un très-joli musée , dans lequel 
on remarque deux têtes de poissons fossiles d'une rare beauté, dont l'une a environ un pied 
de long, ainsi que le tronc du poisson qui portait la plus grosse de ces têtes. Tous les os du 
crâne, de la face et de l'appareil hyoïde sont visibles et recouverts, comme les grandes écailles 
du tronc , d'un émail finement pointillé. Ces pièces , qui proviennent du terrain houiller, 
m'ont paru identiques avec les fragmens du Megalichthys Hibberti que j'avais vus quelques 
jours auparavant à Edimbourg. M. le professeur Phillips en avait envoyé à M. Cuvier des des- 
sins qui se trouvent encore dans le portefeuille de poissons fossiles du grand naturaliste français. 
M. Randyl, à Stockson, m'a communiqué de beaux exemplaires des Palaîoniscus du cal- 
caire magnésien. M. Pease, de Darlington , a bien voulu aussi me confier les siens. M. le ré- 
vérend Denison , à Oxford, m'en a également envoyé de la même formation, qui sont très- 
bien conservés , ainsi qu'une belle tête d'une espèce encore inconnue de Sheppy. 

Lord Fitz-William a eu l'obligeance de me faire voir lui-même , à fFentworth , quelques 
plaques d'un grand Lepidotus de Loftus r c'est la même espèce que l'on a trouvée à Witby et 
à Scarborough. 

A Manchester, M. le docteur Holme m'a fait voir de beaux exemplaires de Palœoniscus du 
Zechstein . 

M"° Baker , de Northampton , a bien voulu m'envoyer les beaux poissons fossiles qu'elle 
possède dans sa collection. Il existe une belle lithographie du plus parfait de ces exemplaires, 
que j'avais vue à Paris chez M. Cuvier : c'est le Lepidotus de Nine-Churches. Les autres sont 
des espèces nouvelles. 



— 21 — 

Dans le Muséum de M. Weaver , à Jiinnimjham, il se trouve un ningni(i(iuo Telragono- 
lepis, constituanl une espèce nouvelle. Ce fossile unique, qui est la propriété de M. Greaves . 
a été trouvé à Stralford sur A^on. 

M. Slrickland m'a fait remettre un très-beau choix de poissons de Portiand , composé 
d'exemplaires presque parfaits ; Tune des espèces est mon Lepidotus minor, l'autre une espèce 
inédite du genre Microdon , qui ne s'est encore trouvée qu'à Solenhofen , et tout récenuueut 
en fragmens à Stonesfield. Les fragmens incomplets ne sont pas encore déterminés. 

Dans le musée de M. Crosthwaite , à Kesivich, j'ai vu une demi-màchoire très-singulière 
d'un poisson du Mountain-Limestone , qu'il ne m'est pas encore possible de rapporter à un 
genre tonnu. 

A Lh-erpoot , MM. Parker et Tinné m'ont donné divers objets d'histoire naturelle auxquels 
j'attache beaucoup de prix ; ils m'ont aussi communiqué des renseignemens fort inléressans 
sur les poissons de la Guyane. Le Musée de cette ville possède un superbe Gasteronemus 
rhombeus de Monte-Bolca. 

Dans le Musée de la Société Royale de Dublin, M. Scouler m'a fait voir les originaux des 
ligures qui accompagnent les Mémoires de MM. Graydon et Bozza sur les poissons de Monte- 
Bolca, insérés dans le 5""^ vol. des Transact. de l'Académie irlandaise, p. 281 et suiv. Ce 
sont : le Gasteronemus rhombeus , le Myriprislis homopterygius , le Sparnodus elongatus , et 
un poisson composé d'une tête de Sparnodus ovalis et du corps d'un Lichia prisca. Il v 
a aussi plusieurs beaux poissons de Monte-Bolca au Musée du Collège de la Trinité. M. Ma- 
cartney m'a fait voir la collection anatomique de l'Université, où l'on remarque de beaux sque- 
lettes. Le Musée du Collège des Chirurgiens renferme ime belle collection de squelettes, 
dans laquelle se trouvent les squelettes de quelques poissons rares. Mais ce que j'ai vu de plus 
intéressant à Dublin , c'est un grand nombre de Cervus megaceros , avec des bois gigan- 
tesques et plusieurs squelettes très-complets de cette espèce. Ces fossiles sont assez communs 
dans ce pays , pour qu'on les voie quelquefois figurer comme ornement à l'entrée des parcs, 
ou môme comme enseigne au-dessus de la porte des tavernes. J'en ai aussi vu plusieurs pen- 
dant mon séjour chez lord Cole , à Florence-Court. Quant à la collection de poissons fossiles 
de lord Cole (maintenant lord Enniskillen ), elle est mentionnée plus haut à page 15. 
M. Scouler possède, dans sa collection particulière, quelques poissons rares du terrain houiller 
d'Ecosse , qu'il a bien voulu me communiquer. Je ne saurais trop me louer de la libéralité , 
de l'obligeance et de la prévenance des savans irlandais. 

En arrivant à Bristol , je ne connaissais encore que quelques fragmens de poissons fossiles 
du calcaire carbonifère, que j'avais vus chez M. Cuvier. Je désirais surtout voir les fossiles 
de cette formation peu connue sur le continent , mais qui me paraissait devoir être très-riche 
en poissons fossiles, d'après quelques échantillons de roche que j'avais vus ailleurs et qui en 
contenaient de nombreux fragmens indéterminables. Mon attente n'a pas été trompée. Le 
Musée de l'Institut de Bristol , fondé par Miller, renferme maintenant les belles collections de 



— 22 — 

ce naturaliste , et avec elles aussi les exemplaires originaux de toutes les planches de son ou- 
^rage sur les Crinoïdes. Par les soins assidus de M. Stutchbury, secrétaire de cette Institution, 
et de M. le docteur Riley, le Musée s'étend encore tous les jours. II renferme surtout de ma- 
gnifiques séries des fossiles que l'on trouve dans les terrains de Bristol et des environs. En 
fait de poissons, j'y ai trouvé plusieurs espèces nouvelles et même des genres nouveaux du 
calcaire carbonifère (Mountain-Limestone) mais seulement des dents et des rayons épineux 
de dorsales ; ils appartiennent tous à la famille des Cestraciontes, On y remarque aussi une 
immense quantité de fragmens , provenant d'une espèce de brèche osseuse qui se trouve sous 
les couches inférieures du Lias ; parmi ces fossiles , il y a des espèces nouvelles , mais plusieurs 
m'ont paru identiques avec celles du Keuper , que M. d'Alberti a recueillies en Wurtemberg. 
Les autres poissons du Lias sont de larges plaques portant plusieurs rangées de dents d'A- 
crodus et d'Hybodus de Lyme-Regis. Il y a aussi beaucoup d'Hybodontes et de Pycnodontes, 
ainsi que des Ichthyodorulithes de la grande oolite et de Stonesfield, des dents et des palais de 
Raies, et des têtes de Sheppy. L'Institution doit à M. le docteur Fox un superbe exemplaire 
d'une espèce nouvelle de Tetragonolepis du Lias blanc de Banwall, et à MM. Mathew Wright 
et William Cloyfield, de beaux exemplaires d'Ichthyodorulithes du Lias et de la houille de 
Dudley. M. J. N. Sanders a fait hommage à l'Institution d'une Raie fossile , qui est certaine- 
ment l'une des découvertes les plus remarquables faites dans le Lias de Lyme-Regis. M. Rilev 
a très-bien décrit cet animal sous le nom de Squalo-Raja, et lui a assigné sa véritable place 
parmi les poissons cartilagineux. M. Grant, prenant, d'après la description de M. Riley, le 
prolongement du museau pour des mâchoires , pense que c'est plutôt un reptile. Mais l'examen 
attentif que j'en ai fait me permet d'assurer que c'est un genre particulier de la famille des 
Raies , différent de tous ceux qui existent maintenant. Dans la collection particulière de 
M. Riley, j'ai observé de belles dents de la craie et de Sheppy. La collection de M. Cum- 
berland est très-riche en poissons fossiles ; j'y ai remarqué plusieurs espèces nouvelles , 
que M. Cumberland a bien voulu me confier pour les faire dessiner, entre autres des poissons 
du Lias de Lyme-Regis, de Bath, de Hastings, de la craie et de Sheppy. Parmi ces derniers, 
il se trouve des plaques de plusieurs rangées de dents, qui constituent un genre nouveau 
que je distingue sous le nom de Phyllodus. M. Cumberland m'en a donné un dessin qu'il 
avait fait lui-même. M. Johnson possède aussi une très -belle collection de fossiles, dans 
laquelle on remarque des poissons superbes , dont plusieurs sont inédits : tels sont un Mi- 
crodon de Purbeck , un Pholidophorus de Bath , plusieurs mâchoires complètes d'Acrodus 
et d'Hybodus, et de très-grands Tetragonolepis du Lias ; enfin des dents et des ichthyodo- 
rulithes du calcaire carbonifère. 

Sachant qu'on avait trouvé à Lyme-Recjis tant de fossiles de toutes les classes du régne 
animal , et des plantes si curieuses , je devais m'attendre à découvrir dans cette localité un 
plus grand nombre de poissons fossiles que ceux qui avaient été signalés avant que l'on s'en 
occupât d'une manière suivie. Le résultat de mes recherches a surpassé toute attente. A 



— 25 — 
lA'nie-Koi^is même, j'ai vu dans la collection de miss E. l'hilpol treiile-qualre espèces nou- 
^•elles de poissons du Lias de celle localilé seulement , dont plusieurs appartiennent à des 
genres nouveaux, sans compter toutes celles que j'avais déjà vues dans d'autres collections. 
et que je retrouvais ici. Ne pouvant rester que quelques jours à Lyme-Regis, miss Pliilpot a 
bien voulu consentir à me laisser emporter toutes ces espèces pour que je pusse les décrire en 
détail. Cette collection m'a été d'autant plus précieuse, que miss Philpot et Marie Anning 
ont pu m'indiquer avec certitude quels sont les ichlhyodorulithes qui correspondent aux diffé- 
rens types de dents. Avec cette clef, j'ai pu atteindre d'importans résultats, et rapporter, dans 
d'autres formations , diverses formes de dents et de défenses les unes aux autres , en com- 
binant tous les modes d'association déjà connus de ces fragmens. La collection de miss Philpot 
contient en outre de très-belles dents de la craie de Penhay et de Wiltshire. 

Tout le monde sait que le Musée de M. Mantell , à Briyhton, est une collection classique 
pour la craie et la formation des Wealden. Les soins minutieux que M. Mantell a donnés 
depuis bien des années à ses fossiles , les ont rendus plus parfaits que ceux des autres musées : 
car souvent il est parvenu à les détacher entièrement de la roche dans laquelle ils se trouvaient, 
ou du moins à les mettre en relief, en enlevant toutes les matières solides qui recouvraient 
les parties les mieux conservées de l'animal. Il a donné dans ses ouvrages de belles planches 
d'une partie de ces espèces. Sa collection contient aussi le plus grand nombre d'espèces des 
Wealden ; mais comme elles ne sont pas toutes figurées dans son ouvrage sur les fossiles de 
Tilgate , je dirai qu'elles appartiennent aux genres Lepidotus , Pholidophorus et Hybodus . 
qui caractérisent les terrains oolitiques. 

En descendant le Rhin pour aller en Angleterre , j'ai visité quelques collections intéres- 
santes qui m'ont aussi fourni des matériaux importans sur les poissons fossiles. 

L'absence de M. Kaup m'a fait passer outre à Darmsladt, où il existe aussi, à côté des cé- 
lèbres ossemens d'Eppelsheim , une grande collection de poissons fossiles qui mériterait d'être 
examinée attentivement. Mais à Francfort y ai examiné à loisir les trésors nouvellement arrivés 
du dernier voyage de Riippell. Ces collections sont aussi vastes, aussi admirables et d'une im- 
jxtrtance aussi grande pour la science, que celles de sesprécédens voyages. Parmi les poissons, 
j'ai surtout étudié les squelettes qu'il a rapportés, et j'ai fait un catalogue complet de toutes 
les espèces de la mer Rouge, afin de pouvoir les comparer avec celles des difïérens bassins 
tertiaires circonscrits. M. Riippell m'a fait remarquer sur le Polypterus quelques particularités 
encore inconnues de son organisation. M. Hermann de Meyer m'a montré les fossiles du mu- 
sée que je n'avais pas encore vus, entre autres un Acanthodes Rronnii avec de petites ven- 
trales ; un petit poisson de Mellili, qui est mon Cottus papyraceus; et un autre de Nicolsia qui 
n'est pas déterminable. Dans la collection particulière de ce savant, j'ai trouvé de belles séries 
de dents de Squales de Flonhcim , d'Ufhofen , d'Alzey et d'Eckelsheim. M. de Meyer m'a 
aussi communiqué des notes détaillées sur le petit Lebias de l'argile de Francfort. Je ne 
pense pas que le fossile décrit et figuré par Riippell , dans ses Fersteinerungen aus der 



— 24 — 

Kallisch te fer formation von Solcnhofen, soil un simple coprolithe, comme l'a cru M. de Meyer. 
Je crois au contraire que c'est un tube organique , et la différence dans la substance corticale 
de ce fossile m'en paraît la preuve ; c'est probablement un fragment d'intestin , plutôt qu'un 
animal entier ; il provient peut-être, comme les Lombricaires, de quelque poisson , ou même 
d'un Saurien de Solenhofen, 

Le Musée de Bonn est devenu classique , depuis que M. Goldfuss a commencé à décrire ce 
qu'il contient. Toutes les classes y sont également représentées; celle des poissons se distingue 
par de belles plaques de la craie de Westphalie, représentant plusieurs espèces nouvelles qui 
appartiennent aux genres Istieus, Beryx, Engraulis et Osmerus. Il y aussi beaucoup de dents 
de la craie et du grès-vert , quelques poissons de Claris , de Solenhofen , de Dainting et du 
Zechstein , une grande espèce nouvelle de Leuciscus des lignites de Bonn , deux dents de 
Psammodus rugosus de l'Eifel, identiques avec celles du calcaire houiller de Bristol, et plu- 
sieurs espèces de dents de Squales des environs d'AIzey. 

J'ai aussi reçu à cette époque divers envois contenant plusieurs objets précieux; M. C. Pré- 
vost en particulier m'a fait remettre la figure d'une espèce nouvelle de Pachycormus des 
Vaches Noires. M. Jules Amie m'a communiqué les figures d'une belle collection de poissons 
fossiles du Liban, la plupart nouveaux pour moi, et qui me permettront enfin de déterminer 
les rapports des poissons de cette localité avec ceux des terrains déjà bien connus. M. Car- 
teret, qui a hérité de la collection de M. Régley, a eu la complaisance de permettre à M. Din- 
kel de terminer pour moi les dessins des espèces nouvelles qu'elle renferme. 

M. Partsch m'a envoyé des poissons fossiles de Hongrie et de la Basse-Au triche , et M. Fit- 
zinger un long mémoire manuscrit sur tous les poissons fossiles à lui connus , ainsi qu'un 
catalogue très-détaillé de toutes les espèces que possède le Musée impérial de Vienne , et de 
celles qui se trouvent dans la collection de M. Partsch. 

M. Engelmann a bien voulu me faire faire un dessin parfaitement exécuté du grand Cétacé 
du déparlement du Haut-Rhin , qui est dans la collection de la Société industrielle de Mul- 
house, et avec lequel on a trouvé des dents de Lamna, que M. Voltz possède maintenant. 

M. le comte de Munster, qui, pendant l'été de 183i, a fait un voyage géologique dans 
différentes parties de l'Allemagne , a eu l'attention de m'envoyer des calques de toutes les 
espèces intéressantes qu'il a observées dans différentes collections , avec des descriptions très- 
exactes de leurs caractères les plus importans. La plupart de ces espèces me paraissent 
réellement nouvelles ; il y en a qui doivent être d'une beauté remarquable. 

J'ai aussi reçu de Suède , de la part de M. Nilsson , une petite caisse contenant des poissons 
fossiles. Ce sont des espèces nouvelles très-intéressantes du Lias et de l'époque de la Craie. 

iNe voulant rien négliger de ce qui pourrait contribuer à compléter mes Recherches sur les 
poissons fossiles, et à consolider les résultats que j'avais obtenus, je suis retourné en Angle- 
terre en dSoS, pour y revoir les nombreux matériaux que j'avais déjà examinés Tannée 
\ précédente, et en particulier pour collationner les dessins que M. Dinkel avait faits depuis 



— 2S — 

(pio je l'avais laissé à Londres, lors do mon preniiei- voyage. Désiranl achever ce travail le 
plus tôt possible, j'avais pris avec moi nn second artiste , M. Weber, qui jusque là avait été 
chargé du soin de lilhographicr mes planches , espérant que par leurs efforts réunis ces 
messieurs réussiraient à terminer pendant l'été les dessins des objets indispensables pour 
mon ouvrage. Mais telle est la richesse des collections que j'ai pu examiner, et telle est la li- 
béralité de ceux à qui elles appartiennent, que notre travail s'est accru chaque jour, et que 
M. Dinkel a dû faire un séjour de sept ans à Londres, pour dessiner tous les fossiles dont il 
m'importait de posséder des figures. Aussi mes porte-feuilles se sont-ils remplis au point que 
si je ne m'efforçais pas constamment d'abréger mon texte et de réunir le plus grand nombre 
possible de figures sur chacune de mes planches , je serais obligé de doubler au moins le 
nombre de mes livraisons pour y comprendre toutes ces nouvelles découvertes. Cependant , 
loin d'imiter les éditeurs d'ouvrages dont le succès est assuré , et de ftiultiplier à l'infini le 
nombre de mes livraisons, je ferai tout ce qui dépendra de moi pour réunir dans dix-huit 
livraisons une masse de matériaux à peu près double de ce que je comptais faire entrer dans 
douze lorsque j'en ai commencé l'impression. La vente de mes dessins originaux m'a fourni 
les moyens de faire un pareil sacrifice, et c'est avec plaisir que je chercherai de cette ma- 
nière à avancer des recherches qui ont fait pendant nombre d'années les délices de ma vie. 

Quiconque connaît les difficultés de tout genre qu'il faut surmonter pour mettre en train 
la publication d'un ouvrage aussi étendu et d'une exécution aussi difficile que celui-ci , ne 
pourra disconvenir que c'était une entreprise gigantesque pour un simple particulier sans 
appui. Ce n'est même qu'au moyen de sacrifices inouïs, dans ma position, que je suis par- 
venu à réaliser mon projet de faire connaître tous les poissons fossiles que je parviendrais à 
déterminer rigoureusement. Il est vrai que l'appel que j'ai fait aux savans , de concourir à 
cette œuvre scientilique , a eu partout du retentissement , et que de toutes parts des maté- 
riaux importans m'ont été communiqués avec la plus grande bienveillance. Mais cet empres- 
sement même , à mettre à ma disposition les trésors de toutes les collections , a augmenté 
encore mon embarras , par l'obligation qui en est résultée pour moi , de décrire et de 
publier tout ce qui m'a été confié. C'est sans doute pour alléger le fardeau d'une pareille 
obligation qui m'était en quelque sorte imposée , que l'Association Britannique pour la- 
vancement des Sciences , a renouvelé en 183.^ le don de cent guinées qu'elle avait af- 
fecté l'année précédente aux recherches qui seraient faites en Angleterre sur les poissons 
fossiles. Cette somme m'ayant été adjugée par le Comité chargé d'en diriger l'emploi, a été 
employée . en partie , au transport des milliers de poissons fossiles qui ont été réunis pen- 
dant plus d'une année dans les appartemens de la Société géologique de Londres , et en partie 
à les faire dessiner par mes artistes. Si de pareils encouragemens sont honorables pour celui 
qui les reçoit, ils ne font pas moins honneur aux associations scientifiques qui comprennent 
aussi noblement leur mission. 

Parmi les nouvelles acquisitions que j'ai faites en 1835, celles qui proviennent d'Angle- 
ToM. I. 4 



— 26 — 

terre occupent le premier rang. Pendant la session de l'Association Britannique pour Tavan- 
cement des Sciences, à Dublin, M. le capitaine Portlock a fait voir à l'assemblée une espèce 
très-remarquable de PaKToniscus du grès-bigarré, que je décrirai sous le nom de P. catop- 
terus. C'est le premier poisson entier qui ait été découvert dans cette formation. Depuis, il a 
été envoyé à la Société géologique de Londres un bloc de cette même roche, de trois- pieds 
de long sur un et demi de large , sur l'une des faces duquel on ne voit pas moins de deux 
cent cinquante-deux exemplaires de cette espèce. Le Rév. M. Williams a exposé dans la même 
séance plusieurs fort beaux poissons du Lias de Wliitby, entre autres un Pachycormus et plu- 
sieurs Dapedius Orbis très-complets. M. R. Hutton m'a donné à cette occasion des renseigne- 
mens précieux sur le Mallotus villosus fossile d'Islande. Il en possède plusieurs beaux exem- 
plaires, rapportés par feu M. Gieseke, qui lui assura que les géodes dans lesquelles on trouve ces 
poissons continuent à se former sur les côtes. Maintenant donc l'identité de cette espèce avec 
un poisson vivant doit paraître toute naturelle ; ce n'est plus une exception à la loi générale 
que j'ai reconnue, savoir, que toutes les espèces fossiles non contemporaines de celles qui 
vivent aujourd'hui , en diffèrent spécifiquement. 

A Londres , M. Lyell m'a communiqué des poissons du Lias , des dents de Pycnodontes du 
calcaire alpin des bords du lac de Thoune , et des vertèbres de Squales du Lœss des environs 
de Bâle. Ces vertèbres diffèrent bien certainement de toutes celles de la molasse que j'ai vues 
jusqu'ici ; et l'on ne saurait par conséquent supposer qu'elles proviennent de formations infé- 
rieures à ce dépôt limoneux. M. Lyell possède en outre un fossile extraordinaire , que je n'ai 
pas osé envisager comme un poisson , bien que , procédant par voie d'exclusion , les paléon- 
tologistes qui l'ont vu l'aient éloigné du règne végétal et des classes inférieures du règne 
animal , pour le reléguer dans le domaine de mes recherches. Il a bien quelque ressemblance 
éloignée avec les formes bizarres de certaines Raies ; mais tout son corps semble recouvert 
d'écaillés imbriquées. Les carriers qui l'ont découvert dans le vieux grès-rouge d'Ecosse, l'ont 
fait passer, en le vendant , pour un Chérubin pétrifié. Ce fossile a aussi acquis une grande 
célébrité par les allusions du Traité de Bridgewater de M. Kirby qui le concernent. La sa- 
gacité des naturalistes a été jusqu'en 1840 à l'épreuve au sujet de cette relique; mais à cette 
époque , cherchant de nouveau à en déterminer la nature, nous avons reconnu, M. Buck- 
land et moi , que c'était une portion de la carapace d'un Crustacé colossal de l'ordre des 
Entomostracés. 

M. Greenough m'a fait voir un grand nombre de poissons fossiles de différentes localités , 
entre autres d'Ezzeit en Egypte , et une quantité de dents de Squales des terrains tertiaires 
d'Italie et de la craie d'Angleterre, dont plusieurs m'étaient inconnues, et sur le gisement 
desquelles il m'a fourni des indications très-exactes. Les plus curieux de ces fossiles sont les 
mâchoires d'une Chimère , dont malheureusement on ne connaît pas l'origine. 

La collection de la Société Géologique de Londres contient beaucoup d'ichthyolithes que je 
n'avais pas vus précédemment. Pour les réunir tous sous mes yeux , M. Lonsdale a eu l'obli- 



27 

geance de fouiller les immenses magasins de la Société. Les plus nouveaux sont de très-grands 
poissons de Malte, de la famille des Scombéroïdes (donnés par M. Collings) , une grande mâ- 
choire de Chimère de la craie de Cambridge, et un poisson du gault (donnés par le Rév. 
M. Hailstone), de très-beaux poissons d'Aix , parmi lesquels se trouve un genre nouveau (don- 
nés par M. Bentham), des poissons de Sheppy ( donnés par M. Nicholson) , un Pholidophorus 
inédit (donné par M. Fitton), une belle collection d'ichthyolithes de Solenhofen (donnée par 
M. Hailand) , et les fossiles de Caribary Cliff (donnés par M. Colebrooke), qui sont men- 
tionnés dans le premier volume de la seconde série des Transactions de la Société, p. 133. 

M. Kcenig m'a fait voir un grand nombre de poissons fossiles du Musée britannique , qui 
étaient restés enfouis jusqu'alors , entre autres plusieurs espèces de Sheppy constituant des 
genres nouveaux , un bec de Prislis très-bien conservé , et une fort belle collection de pois- 
sons du Liban envoyés par Lady Stanhope. 

Le Musée du Collège des Chirurgiens contient aussi une assez grande quantité de poissons 
fossiles , que j'ai eu le plaisir d'examiner avec M. Rich. Owen , et parmi lesquels j'ai reconnu 
plusieurs espèces nouvelles de Sheppy et des terrains oolitiques d'Angleterre. 

Dans la collection de la Société Zoologique de Londres, j'ai vu pour la première fois le 
Polypterus dti Sénégal, et quelques poissons curieux qui constituent de nouveaux genres. Le 
Polypterus m'intéressait surtout comme l'un des représentans actuels de cette grande famille 
des époques géologiques anciennes, que j'ai désignée sous le nom de Sauroïdes. 

Le marquis de Northampton a bien voulu soumettre à mon examen une série très-con- 
sidérable d'ichthyolithes de Monte-Bolca et de Torre dOrlando. 

Lord Cole et sir Phil. Egerton ont de rechef réuni dans leurs collections un grand nombre 
de poissons fossiles nouveaux, entre autres des séries très-complètes de toutes les espèces 
de Pholidophores de Lyme-Regis , et même un genre nouveau de cette localité , ainsi que 
des exemplaires de plusieurs espèces déjà connues, qui en rectifient et en complètent les ca- 
ractères. Sir Phil. Egerton , en particulier, a découvert dans la houille du comté de Stafïord 
plusieurs espèces et même quelques genres qui sont nouveaux pour cette formation. 

M. Murchison a reçu de M. Garner de Stoke des exemplaires de ces mêmes espèces , trouvés 
dans le nord de ce comté. Il a lui-même découvert dans le prolongement méridional de ce 
vaste dépôt de houille , au nord de Wolverhampton , de nombreux fragmens de Megalichthvs 
et de Diplodus, et, à Le-Botwood, dans un calcaire d'eau douce du terrain houiller de 
Shrewsbury (qu'il envisage comme l'étage le plus récent de la formation houillère du centre 
de l'Angleterre), une espèce nouvelle de Ctenodus. — M""" Murchison m'a communiqué de 
nouveaux poissons du grès-vert et de la craie d'Angleterre. — M. Stokes m'a encore remis 
des mâchoires de plusieurs espèces nouvelles de Myliobates de Sheppy. — M. John Murray 
fîls a réuni une très-jolie collection de poissons d'Aix, parmi lesquels j'ai reconnu une nou- 
velle espèce d'Anguille. — M. le docteur Somerville en possède aussi plusieurs de Monte- 
Bolca et de Torre d'Orlando , et M. Benjamin Phillips quelques-uns du Liban et de Lyme- 



— 28 — 

Régis. — M. Bowerbank a une belle collection de poissons de Sheppy. — M. Briglit m'a com- 
muniqué de ces mêmes poissons de Sheppy, et d'autres de la craie de Kent. — M. Goodhall 
m"a fait voir un bel Ichthyodorulithe de l'argile d'Oxford. 

M. Ed. Charlesw orth , qui a étudié tout particulièrement le Crag d'Angleterre, m'a com- 
muniqué une très-belle collection des poissons fossiles de ce terrain ; ils diffèrent tous de 
ceux qui habitent la mer du Nord. — M. Buxton, de Shenuyliam , m'a adressé une série éga- 
lement très-considérable de poissons de cette formation ; et M. Woodward, de Nonvich, m'en 
a transmis de tout semblables, accompagnés des dessins qu'il en a fait faire. 

A Cambridge , M. le prof. Sedgwick m'a fait voir la belle collection de fossiles du Collège 
de la Trinité , où se trouvent aussi déposées toutes les collections géologiques que ce savant 
a recueillies dans ses voyages. Parmi les poissons, j'ai remarqué de nombreux ichthyolithes 
de Barrow sur la Soar, et un Caturus de Solenhofen, qui est sans contredit le plus grand et 
le plus beau poisson fossile que l'on possède de cette localité ; il est presque entier et a plus 
de sept pieds de longueur. Une des parties les plus intéressantes de ce Musée est l'ancienne 
collection de Woodward , qui renferme un grand nombre d'Ichthyolithes , de Glossopètres 
et de Buffonites , et en particulier tous les originaux des fossiles figurés dans l'ouvrage d'Au- 
gustin Scilla sur les corps marins pétrifiés, que Woodward avait achetés du savant italien. 
Cette collection est d'autant plus précieuse , qu'elle servira à vérifier et à déterminer exacte- 
ment toutes les figures de Scilla, dont plusieurs seraient indéterminables sans les originaux ; 
je citerai entre autres la fig. 1 de la pi. XII, qui représente un superbe fragment d'une es- 
pèce très-remarquable de Phoque, qui n'a point encore été décrite et qui diffère notablement 
de tous les Phoques vivans. J'ai décrit ce fossile sous le nom de Phocodon. — Lord Ch. Harvey 
m'a communiqué de très-belles dents et des vertèbres de Stjuales de la craie de Cambridge. 
Il possède aussi des dents et des vertèbres d'une nouvelle espèce dichthyosaure de cette même 
formation. — Par les soins de M. le prof. Sedgwick, j'ai obtenu du Musée de Sunderland 
l'envoi d'un exemplaire très-complet d'un Platysomus du calcaire magnésien de Durham. 

M. le prof. Jameson m'a envoyé un grand nombre de fragmens de quelques espèces nou- 
velles du calcaire de Burdie-House. M. Robinson m'a aussi communiqué tout ce que la Société 
Royale d'Edimbourg a acquis de nouveau de cette localité , et entre autres une immense 
plaque qui prouve que les écailles arrondies figurées par M. le docteur Hibbert ne sont point, 
comme je l'avais pensé, les écailles dorsales impaires du Megalichthys , mais qu'elles appar- 
tiennent à un poisson qui en diffère génériquement et que je décrirai sous le nom de Holop- 
tychius. Je dois aussi des fragmens très-instructifs de ce poisson à M. Hibbert, qui a bien voulu 
m'envoyer aussi tout ce qu'il a pu se procurer de nouveau de Burdie-House , entre autres les 
belles mâchoires qu'il a figurées et décrites à la fin de son mémoire sur cette formation. 

M. Mantell a encore enrichi sa belle collection de plusieui-s espèces nouvelles , entre autres 
d'un Gyrodus de Tilgate et d'un nouveau genre de la famille des Pycnodontes , provenant de 



— 29 — 
la craie des Soiillulowns , et que j'ai nommé Acrolemnus. M. Weekcs m'a aussi communi(|ué 
un nomeau Gjrodus de la craie du comté de Kent. 

Miss E. Philpot a de nouveau rassemblé un assez grand nombre de poissons du Lyas de 
Lyme-Kegis , qui diffèrent en partie de ceux que l'on connaissait déjà de cette formation ; 
il s'est même trouvé dans le nombre plusieurs types de genres absolument nou>'eaux ou 
inconnus jusqu'ici dans le Lias. J'ai reçu en outre, par les soins de lord Cole , deu^s^ espèces 
nouvelles de cette formation, découvertes par M. Marder. 

M. le professeur Silliman m'a envoyé différentes dents de Squales fossiles des Etats-Unis. 
A la même époque, j'ai reçu de M. le comte de Sternberg , un rouleau considérable de 
beaux dessins, représentant toutes les espèces de poissons fossiles du Musée de Prague, que 
j'avais désignées comme les plus intéressantes de cette collection. 

M. le docteur Buckland a fait une découverte du plus grand intérêt pour llctblhyologie en 
reconnaissant que plusieurs fragmens d'os fossiles, rapportés successivement à divers rep- 
tiles , étaient des mâchoires de Chimères. II a lu à la Société Géologique de Londres , dans 
sa séance du k novembre I83S, un mémoire sur ces fossiles, parmi lesquels il a distingué 
quatre espèces, dont deux proviennent des couches supérieures de la formation jurassique, 
et les deux autres des terrains crétacés. Depuis, j'en ai vu encore deux autres espèces dans 
les collections de la Société Géologique et de M. Greenough. Dans cette même séance, j'ai 
communiqué les résultats de mes recherches sur les Ichthyolithes provenant des couches qui 
constituent le sol de l'Angleterre. Leur nombre s'élève à quatre cents espèces, dont la moitié 
environ paraît jusqu'ici appartenir exclusivement à l'Angleterre. Cependant , d'après la 
masse énorme de fragmens indéterminables que j'ai vus, je me suis convaincu qu'il y aurait 
encore des découvertes importantes à faire dans le système silurien , dans le terrain houiller, 
dans le Crag, et surtout dans l'argile de Sheppy, qui n'est pas moins riche en poissons fossiles 
que les schistes de Monte-Bolca. Je ne doute pas que quelqu'un qui s'établirait pour quelque 
temps à Sheppy, ne parvînt à réunir xme centaine d'espèces de celte localité. 

M. Elie de Beaumont a de nouveau rassemblé de très-beaux poissons fossiles du calcaire 
grossier des environs de Paris, qui appartiennent aux familles des Scombéroïdes , des Ché- 
todontes et des Perches. 

M. Valenciennes m'en a communiqué de très-curieux, de Menât, qui deviendront le type 
d'un nouveau genre , ainsi que d'autres d'Oran , et des dents de Pycnodontes de l'argile de 
Kimmeridge de Thieffram , département de l'Aube. 

En Allemagne , M. le professeur Braun, de Baireuth , m'a communiqué de la part de M. le 
président d'Andrian le dessin d'une mâchoire supérieure de Placodus, qui se trouve déposée 
dans la collection du cercle de Baireuth , fondée par M. d'Andrian, et qu'ont surtout enrichie 
les dons de M. le comte de Munster. Cette mâchoire est très-intéressante, en ce qu'elle com- 
plète les caractères de ce singulier genre , et le rend plus extraordinaire encore qu'il ne pa- 
raissait d'abord. En avant des dents molaires , qui ont été décrites par M. le comte do 



— 30 — 

Munster, et d'après lesquelles j'ai établi ce genre , se trouvent six dents coniques séparées des 
molaires par un intervalle assez considérable ; quatre de ces dents ressemblent à des inci- 
sives, et les deux externes, un peu plus grandes, à des canines. Ce sont ces mêmes dents 
que l'on avait déjà trouvées détachées , et que j'avais cru pouvoir rapporter aux os pharyn- 
giens de quelque grand poisson inconnu. M. Braun m'a envoyé en outre un dessin d'une 
série de sept dents d'un Acrodus du Muschelkalk , rangées encore dans leur position natu- 
relle, comme on les voit sur la belle plaque d' Acrodus nobilis du Musée de Bristol. 

M, le professeur Walchner m'a envoyé tout récemment des dents de Squales du grès-vert 
des Alpes qu'il a recueillies dans le canton d'Appenzell , et un exemplaire d'Ichthyolithe du 
Lias de Golhland. 

M. Kaup m'a communiqué un très-grand nombre de dents de Squales de différentes loca- 
lités bien déterminées , parmi lesquelles il s'est trouvé plusieurs espèces nouvelles ; il m'a 
aussi fait voir plusieurs beaux exemplaires de poissons de Monte-Bolca et d'autres formations , 
qui font partie de la collection du Musée de Darmstadt. 

M. d'Alberti m'a fait un très-bel envoi supplémentaire des débris de poissons qu'il a trouvés 
dans la formation triasique du Wurtemberg : il y a plusieurs de ces espèces qui sont nou- 
velles et de nombreuses pièces qui complètent les caractères de celles qui sont déjà connues. 

En Suisse, j'ai aussi obtenu des envois de plusieurs espèces nouvelles. M. Arnold Escher 
de la Linlh m'a remis une masse de dents de la molasse du canton de Zurich et du grès-vert 
des Alpes; M. le professeur Studer m'a également communiqué tout ce que le Musée de 
Berne a acquis de nouveau en fait de poissons fossiles. Chez M. Hugi, j'ai vu derechef plu- 
sieurs espèces nouvelles pour le Jura , entre autres de très-beaux Asteracanthus , des Psam- 
modus , des Periodus , des Lepidotus , et des dents qui appartiennent évidemment au Mega- 
losaurus. Le plus curieux de ces fossiles est à mes yeux une plaque dentaire du genre Dio- 
don, que M. Hugi prétend provenir de la formation jurassique; mais j'ai tout lieu de croire 
que ce genre ne se trouve que dans les terrains tertiaires. 

M. Thurmann m'a envoyé tous les fragmens de poissons fossiles qu'il a recueillis dans les 
couches jurassiques des environs de Porrentruy ; ils sont pour la plupart identiques avec les 
nouvelles espèces que j'ai vues en Angleterre. 

M. Aug. de MontmoUin a acquis de beaux exemplaires de divers Pycnodontes du Jura 
neuchàtelois , plus complets que ceux que nous possédions déjà. 

Enfin, le Musée de Neuchâlel a fait l'acquisition d'une magnifique collection de poissons 
fossiles de Glaris , qui comprend plusieurs espèces nouvelles et même des genres encore 
inédits. 

La formation du Muschelkalk , que je croyais d'abord très-pauvre en poissons , s'enrichit 
tous les jours de nouvelles découvertes. M. d'Alberti, à qui je devais déjà mainte espèce in- 
connue des géologues, m'en a encore adressé en 1836 plusieurs du Muschelkalk du Wur- 
temberg , qui ne se trouvent dans aucune des nombreuses collections de fossiles de ce terrain 



— 31 — 
que j"ai examinées depuis quelques années. Cependant c\st au zèle de M. Mougeot (pie j"ai 
dû les additions et les communications les plus importantes sur les poissons du Musclielkalk. Je 
viens de recevoir par ses soins tout ce que sa collection et celles de M. Ilogard, d'Epinal , et 
de M. Perrin, de Lunéville, contiennent de plus intéressant en fait de poissons. 11 s'est dere- 
chef trouvé plusieurs espèces nouvelles parmi le grand nombre de pièces dont se compose 
cette magnifique série , ce qui m'a mis en état de compléter la description de plusieurs es- 
pèces déjà connues en partie, et de déterminer avec plus de précision la nature de quelques 
fossiles encore très-douteux. M. Hogard, à qui je devais déjà de nombreux dessins de ces dé- 
bris, a eu l'attention de joindre à cet envoi des figures très-exactes de tous ceux que con- 
tiennent les trois collections mentionnées ; et M. Mougeot m'a donné sur leur gisement tous 
les renseignemens qui m'étaient nécessaires pour en compléter l'histoire. 

M. le comte de Munster m'a encore adressé une suite de notes très-importantes sur les pois- 
sons fossiles qu'il a observés depuis l'année dernière, accompagnées de croquis très-nets. Ces 
notes contiennent des indications précises sur le gisement de plusieurs espèces de dents de 
Squales figurées dans mes planches, mais dont j'ignorais en partie l'origine. J'ai pu ainsi 
compléter mes descriptions de ces fossiles, avant de les livier à l'impression. Ce n'est pas sans 
intention que j'avais fait lithographier avant l'impression du texte plusieurs planches de dents , 
exactement déterminées sous le rapport zoologique , mais sur la position géologique desquelles 
je manquais de renseignemens suffisans. Par ses observations, M. de Miinster a comblé en 
grande partie ces lacunes ; il m'a en même temps indiqué beaucoup de localités nouvelles pour 
im grand nombre d'espèces. Ces notes contiennent en outre des observations critiques sur 
quelques espèces déjà décrites, et la description détaillée d'une vingtaine d'espèces entiè- 
rement nouvelles, parmi lesquelles un Squale presque entier des schistes de Kellieim , qui 
constitue un genre nouveau auquel M. de Munster propose de donner le nom d'.EIlopos. 
J'ai intercalé ces précieux documens dans le texte de mon ouvrage, au fur et à mesure que 
les livraisons ont paru. 

Dans le Jahrbuch de Leonhard et Bronn, 1831, page S38, M. le comte de 31ùnster est 
revenu sur l'opinion que j'avais émise relativement aux Lombricaires , dans lesquels je ne 
vois que des intestins de poissons , et a fait des réserves pour certaines espèces rapportées à 
ce genre, qui lui paraissent ne pouvoir rentrer dans cette catégorie. Ces restrictions me 
paraissent cependant être les mêmes que celles que j'avais déjà faites aussi ( Jahrbuch 1833. 
p. 676) ; ensorte que, loin de différer d'opinion, comme il pourrait le sembler, je crois que 
nous sommes parfaitement d'accord. 

Sir Phil. Egerton m'a annoncé la découverte qu'il a faite de quelques nouveaux poissons fos- 
siles de la craie et du Lias. M. Voitz m'a aussi communiqué quelques espèces qu'il a recueil- 
lies dans le midi de la France. 

Pendant le cours des années 1837, 1838 et 1839, j'ai continué à recevoir des rensei- 



— 32 — 
guemens précieux pour l'histoire des poissons fossiles, qui ont encore étendu le champ de mes 
recherches . 

La majeure partie des poissons fossiles que j'avais observés en Angleterre ont été dessinés ; 
ceux de la collection du comte de Munster l'ont été également , grâce à l'obligeance avec 
laquelle ce savant a bien voulu surveiller et diriger l'artiste qui les a peints. J'ai pu dès-lors 
achever certaines parties de mon texte et cesser de morceler son impression. En continuant 
ma publication sur ce pied , j'espère parvenir à embrasser dans le cadre que je me suis pro- 
posé de remplir, l'ensemble des connaissances qu'il est possible d'acquérir maintenant sur 
les poissons fossiles en général. Heureux que je suis d'avoir ouvert une carrière nouvelle aux 
recherches paléontologiques , je n'espère pas moins laisser à mes successeurs une riche mine 
à exploiter. Différentes publications qui ont été faites récemmment , me donnent l'agréable 
certitude que bientôt les travaux particuliers sur les poissons fossiles vont se multiplier , et 
qu'un contrôle toujours précieux à l'avancement de la science va s'établir sur le terrain où 
j'ai poussé ces recherches. Parmi ces publications, je signalerai comme les plus intéressantes un 
Catalogue des poissons fossiles contenus dans les collections de lord Cole et de sir Phil. Egerton, 
publié par ce dernier et qui contient les noms de I9d espèces , avec des indications très-pré- 
. cises sur les formations d'où elles proviennent et des renvois aux planches qui ont été pu- 
bliées. Il a paru dès-lors une nouvelle édition de ce catalogue , considérablement enrichie et 
augmentée. M. le D"^ Buckland a rédigé im Mémoire sur plusieurs genres nouveaux de 
poissons fossiles très-extraordinaires , découverts dans le sable de Bagshot , et inséré par 
extraits dans les Proceedings de la Société géologique de Londres pour 1838. M. John. H. Red' 
field a également publié un Mémoire sur les poissons fossiles du Connecticut et du Massa- 
chussetts. Pour avoir moins de publicité , les travaux de M. le comte de Miinster n'en ont pas 
moins d'importance ; depuis plusieurs années il a découvert un grand nombre d'espèces 
nouvelles dont il m'a toujours transmis des dessins accompagnés de descriptions plus ou 
moins détaillées et très-bien faites. M. le D"^ Mougeot en a fait autant à plusieurs reprises, et 
tout récemment encore il m'a transmis une espèce nouvelle d'Hybodus du Muscheikalk de 
Lunéville. M. le D"^ Buckland m'a envoyé le dessin d'une superbe mâchoire inférieure de 
son Chiniciera Townsendii , et d'une dent nouvelle de la houille de Coalbrookdale ; lord Cole 
m'a remis un dessin et un plâtre d'une immense dent du Psammodus porosus du calcaire car- 
l)onifère d'Eastry , comté de Sligo en Irlande , ainsi qu'un squelette presque entier de la 
craie, et différens Cestraciontes et Hybodontes du calcaire carbonifère d'Irlande. M. Mur- 
chison m'a aussi envoyé des dessins de plusieurs poissons de la baie d'Ethie près de Cromarty : 
ce sont les mêmes espèces que celles de Gamrie. Au passage par Neuchâtel d'un envoi con- 
sidérable de poissons fossiles d'OEningen destinés à lord Cole , j'ai eu occasion de recueillir 
des renseignemens nouveaux sur plusieurs espèces que je connaissais déjà. Puis j'ai dû à 
M. le professeur Walchner la communication de plusieurs dents du grès-vert des Alpes de 
St-Gall et d'Appenzell. parmi lesquelles il s'est trouvé de nouveau une espèce nouvelle du genre 



00 

Carcharias. M. le ])rofesseur Zippe m'a commun upié un dessin d'un Palasoniscus de Braunau, 
et M. Kôchlin un poisson nouveau du calcaire d'eau douce de Lorrach, dans le grand duché 
de Bade. M. le professeur Pusch m'a envoyé une espèce nouvelle de Pologne. M. Romer 
m'a transmis des dessins très-détaillés de deux espèces trouvées dans les environs d'Hildes- 
heim et qui sont identiques avec celles de Purbeck ; c'est le Lepidotus minor et le Microdon 
radiatus. J'ai aussi reçu du Musée de Strasbourg, par les soins de M. de Billy, un envoi con- 
sidérable de poissons fossiles d'Oran et d'Aix en Provence, et de M. C. Nicolet , de la Chaux- 
de-Fonds , de nombreuses dents et des os de plusieurs poissons de la molasse et des fragmens 
de mâchoires avec des dents des terrains néocomiens et jurassiques. 

M. Stutchbury, de Bristol, m'a fait un très-belenvoi de dessins d'espèces nouvelles de la 
collection de M. Johnson et du Musée de Bristol. M. Redfield m'a communiqué divers pois- 
sons fossiles des Etats-Unis , sur lesquels il a publié une notice très-intéressante. Pendant 
mon séjour à Paris au printemps de 1838, M. DesHayes m'a remis un poisson nouveau du 
Liban, et M. Michelin plusieurs espèces nouvelles de différentes localités. M. Michelotti m'a 
adressé de Turin divers poissons de Monte-Bolca. Lors de la réunion des naturalistes alle- 
mands à Fribourg, en 1838, M. le comte de Mandelslohe m'a donné un fragment très-bien 
conservé de la mâchoire d'un poisson très-rare du Lias de Wurtemberg. M. Audouin a déposé 
au Muséum de Paris une belle collection de poissons fossiles des schistes d'Autun. M. le capi- 
taine Ibbetson m'a donné plusieurs dents de la molasse de Thunstett , parmi lesquelles il se 
trouve une espèce nouvelle de Pycnodonte. 

M. Wilh. Schimper m'a envoyé de Mulhouse un très-beau poisson de la molasse du dé- 
partement du Haut-Rhin , qui constitue un genre nouveau. 

M. Hull m'a aussi communiqué plusieurs très-beaux poissons de Claris, parmi lesquels 
il s'est trouvé une espèce nouvelle. J'en ai également dû plusieurs très-remarquables de la 
même localité à M. A. Escher , qui a même découvert dans ces schistes si remarquables un oi- 
seau de la taille d'une petite hirondelle. Ce fossile appartient maintenant au Musée de Zurich. 
Au Musée de Cenève, j'ai encore vu plusieurs poissons intéressans de Claris, de Monte-Bolca, 
d'OEningen et de Mansfeld. Enfin en visitant la Perte-du-Rhône , j'y ai trouvé moi-même 
plusieurs dents de Lamna du grès-vert. 

Ayant appris qu'il s'était formé en Angleterre plusieurs collections de poissons fossiles 
que je n'avais pas vues , et que les découvertes s'étaient considérablement accrues dans ce 
domaine depuis que j'avais visité pour la dernière fois les Iles Britanniques, en 1835, je ré- 
solus d'y retourner en 1840, afin de pouvoir examiner ces nouvelles richesses avant de ter- 
miner mon ouvrage. Je me proposais en même temps de rechercher en Ecosse des traces de 
glaciers que je supposais y avoir existé, d'après certains faits que j'avais recueillis depuis 
quelques années sur ce sujet dans nos Alpes. A tous égards j'ai eu à me féliciter des résultats 
de ce voyage , car non seulement j'ai appris à connaître un grand nombre d'espèces de pois- 
sons fossiles entièrement nouvelles pour moi , mais encore j'ai dû à la générosité de lord 
TOM. i. 5 



_ sa — 

Francis Egerton de pouvoir poursuivre ces recherches sans entraves. Les dessins innombra- 
hles que j'avais été obligé de faire faire depuis que je m'occupe de poissons fossiles m'avaient 
entraîné à des dépenses qui surpassaient de beaucoup mes ressources et qui me faisaient vive- 
ment désirer de me décharger d'un fardeau aussi onéreux. Lord Francis , avec son empressement 
habituel à protéger tout ce qui lui paraît utile, me proposa de faire l'acquisition de ma collec- 
tion. Les conditions avantageuses qu'il m'a accordées en me remettant immédiatement le prix 
de mes dessins , tout en les laissant à ma disposition aussi longtemps qu'ils me seront néces- 
saires pour achever cette publication, m'ont permis d'étendre considérablement mes der- 
nières livraisons , sans charger les souscripteurs du surcroît des dépenses que j'ai été appelé 
à faire pour cela. La quatorzième livraison contient déjà les matériaux de deux livraisons , 
et cependant elle a été livrée aux souscripteurs au même prix que les précédentes. J'en ai 
agi de même pour les quinzième et seizième livraisons , et je compte étendre encore davan- 
tage les deux dernières , par lesquelles je me propose de terminer pour le moment cet ou- 
vrage. C'est à la libéralité de lord Francis Egerton que le public scientifique sera redevable de 
cet avantage ; je ne réclame pour moi d'autre.mérite que celui d'avoir fait un pareil usage des 
facilités qui m'ont été accordées. 

Lord Enniskillen, ci-devant lord Cole, et sir Philipp Egerton ont continué à soutenir 
mes efforts de leur bienveillant appui. Non seulement ils ont mis à ma disposition, comme 
autrefois, toutes les richesses qu'ils ont acquises depuis que j'avais visité pour la dernière 
fois leurs musées, mais encore ils ont fait dessiner à leurs frais tous les objets que j'ai dé- 
signés comme nouveaux dans leurs collections. Déjà la plus grande partie de ces dessins 
sont entre mes mains. Le nombre des espèces nouvelles dont ils ont enrichi la science est 
vraiment étonnant. 

Lady Gordon Cumming a puissamment contribué à étendre le cercle de nos connaissances 
sur les poissons fossiles d'une formation réputée jusqu'ici très-pauvre en débris organiques. 
Dans une carrière qu'elle a fait exploiter à dessein , dans le terrain dévonien ( Old Red ) du 
nord de l'Ecosse, elle a découvert un nombre prodigieux de poissons fossiles, formant une 
faune ichthyologique nouvelle , inconnue jusqu'alors. Mais elle ne s'est pas bornée à collecter 
ces précieux débris ; aidée de sa fille , lady Seymour , elle les a peints avec une vérité et une 
précision de détails qui exciteraient la jalousie des peintres d'histoire naturelle les plus ha- 
biles. Lady Gordon a daigné mettre tous ces précieux matériaux à ma disposition , ensorte 
que j'ai pu les réunir au rapport que l'Association britannique pour l'avancement des sciences 
m'a demandé sur les poissons de cette formation. Il semble que de toute part le terrain dévo- 
nien acquiert une nouvelle importance. M. Hugh Miller a fait connaître en détail, dans un 
joli volume intitulé « the Old Red sandstone, » toutes les richesses que ce terrain renferme 
dans les environs de Cromarty. Le premier il a découvert ces fossiles de forme bizarre, à carac- 
tères hétérogènes, que l'on a voulu ranger tantôt parmi les Tortues, tantôt parmi les Crusta- 
cés , et que quelques naturalistes ont même pris pour de grands Coléoptères aquatiques , et dont 



O -J 

je crois avoir reconnu la véritable nature , en les rangeant parmi les poissons , où ils fornienl 
un genre à part, que j'ai désigné sous le nom de Plericlilliys. Antérieurement, M. le docteur 
Fleming avait déjà publié la description de queUiues écailles de poissons provenant du vieux 
grès rouge. C'est sans contredit au célèbre professeur d'Aberdeen qu'est due la première dé- 
couverte de poissons fossiles dans le terrain dévonien. Je lui dois en particulier la communica- 
tion de plusieurs beaux poissons fossiles de cette formation. M. le docteur Malcolmson , de son 
côté, a considérablement étendu nos connaissances sur celle faune ichthyologique , en recueil- 
lant pour rillustrer une foule de documens qu'il a publiés dans un mémoire inséré dans les 
Transactions de la Société géologique de Londres. M. le professeur Jameson a ajouté à tous ces 
])récieux rcnseignemens une collection considérable de poissons fossiles de l'étage supérieur de 
celle formation , recueillis par M. Andersen dans le Fifeshire et parmi lesquels se sont trouvées 
plusieurs espèces nouvelles. Le gisement de ces fossiles est décrit avec détail dans un mémoire 
de M, Anderson sur la géologie de Fifeshire. L'auteur a même déjà figuré quelques-unes de ces 
espèces dans son mémoire. M. le docteur Traill a augmenté le nombre des espèces propres à 
l'étage inférieur de cette formation , par l'acquisition qu'il a faite dé plusieurs types nouveaux 
des îles d'Orkney. J'ai également dû à M. Slrickland quelques espèces provenant de ces mêmes 
localités. M. Alexandre Roberlson m'a adressé un cahier de dessins supérieurement exécutés , 
représentant des poissons fossiles du vieux grès rouge des environs d'Elgin , qui se trouvent 
dans sa collection et dans celles de MM. Duff, Martin et Lawson , et au Musée d'Elgin. M. le 
Révérend Gordon m'a aussi communiqué quelques espèces des environs d'Elgin. Enfin j'en 
dois aussi plusieurs espèces à M. Webster de Balrodery. Parmi ses échantillons j'en ai trouvé 
plusieurs d'un grand intérêt, parce qu'ils m'ont fait connaître que le genre Pterygotus que 
j'avais établi , il y a plusieurs années , sur des fragmens très-imparfaits , n'appartient point 
à la classe des poissons, mais bien à celle des Crustacés. Une pareille erreur semble à peine 
possible , et cependant elle paraîtra excusable lorsque je ferai connaître les caractères de ce 
curieux fossile , dont un botaniste célèbre n'avait pas hésité à ranger certaines parties parmi 
les Algues. Les Séraphins fossiles des carrières de Forfarshire, que M. Lyell avait soumis à 
la section de Géologie de l'Association britannique réunie à Edimbourg en 1834, sont de 
ces mêmes Crustacés gigantesques du terrain dévonien. Ils offrent des rapports éloignés avec 
les Enlomoslracés gigantesques du terrain houiller , décrits sous les noms d'Eidotea et d'En- 
ryplerus. La Société d'agriculture d'Ecosse possède également plusieurs poissons fossiles inté- 
ressans du terrain dévonien. Les beaux travaux géologiques de MM. Murchison et de Verneuil, 
en Russie, ont considérablement étendu les limites géographiques de la formation de VOld 
Red. L'examen que j'ai fait des poissons fossiles rapportés de ces contrées lointaines par 
M. Murchison et qu'il a bien voulu soumettre à mon examen , m'ont conduit à ce résultat 
inattendu, que la plupart des espèces de Russie sont parfatiement identiques avec celles d'E- 
cosse. Je crois qu'une bonne partie des ossemens fossiles figurés par M. Kutorga sont des 
débris de ces poissons. Il résulte de tout ceci que VOld Red Sandstone rivalise en richesses 



— 36 — 
ichthyologiques avec les formations qui ont passé jusqu'ici pour fournir le plus grand nombre 
de poissons fossiles. 

La formation houillère est devenue une mine de plus en plus fertile. M. le capitaine Jones 
a, à lui seul, découvert plus de quarante espèces nouvelles de dents ou de rayons de pois- 
sons fossiles du calcaire carbonifère d'Irlande, qu'il m'a toutes communiquées ; tandis que 
M. Alexandre Roberlson m'a fait part d'une magnifique collection d'espèces du calcaire de 
Burdie-House , à l'aide desquelles les renseignemens que j'avais obtenus jusqu'ici sur ces pois- 
sons ont été considérablement étendus. Lja collection de la Société Royale d'Edimbourg a aussi 
acquis plusieurs pièces précieuses de cette formation , grâce aux soins persévérans de son se- 
crétaire perpétuel , Sir John Robison. Lord Greenock m'a communiqué plusieurs beaux pois- 
sons de cette même formation , entre autres une mâchoire très-bien conservée de l'Holopty- 
chius Hibberti, appartenant à M. Witham. J'en ai dû d'autres non moins intéressans à l'obli- 
geance de M. Goodsir. A Glascoiv , M. Rankine m'a communiqué un nombre si considérable 
d'espèces nouvelles de la houille des environs de cette ville , qu'en les examinant il me sem- 
blait que j'abordais une formation nouvelle. Sa magnifique collection , qui fut exposée au 
Musée de l'Université, par les soins de M. le docteur Scouler, lors de la réunion de l'Associa- 
tion britannique pour l'avancement des sciences, jointe à celle de M. le capitaine Jones , laisse 
entrevoir des découvertes plus intéressantes encore , lorsqu'on possédera des exemplaires plus 
ou moins parfaits de tant d'espèces dont il n'existe que de minimes fragmens dans les collec- 
tions. M. le capitaine Portlock a réuni dans le Musée du cadastre à Dublin une collection con- 
sidérable de fossiles, parmi lesquels j'ai surtout remarqué des espèces fort intéressantes de 
poissons, du terrain houiller, que M. Portlock a bien voulu me confier. Les collections de 
Manchester m'ont également offert de précieux matériaux pour l'histoire de poissons fossiles 
de la houille. Par leur diversité ces espèces le cèdent à peine à celles des terrains tertiaires. 
La collection de M. Bowman, celle de la Société géologique, celle de la Société d'histoire na- 
turelle, celle de M. Mellor, et surtout celle de M. Binney, m'ont offert le plus d'espèces nou- 
velles. M. Williamson m'a de nouveau communiqué plusieurs espèces nouvelles de la houille 
de Leeds. Plus j'avance dans mes Recherches sur les poissons fossiles et plus je sens que ce 
que j'ai pu faire jusqu'à présent dans ce domaine de la science n'est qu'un aperçu bien in- 
complet , qui , dans peu d'années , apparaîtra à peine comme une ébauche vague , du vaste 
sujet que j'avais d'abord cru pouvoir embrasser dans son ensemble. 

Les nouvelles acquisitions que j'ai faites en espèces des terrains jurassiques , proviennent ex- 
clusivement des magnifiques collections de Lord Enniskillen et de sir Philipp Egerton. Lord 
Enniskillen , dans un voyage qu'il a fait sur le continent en 1841 , a encore ajouté aux obliga- 
tions que je lui avais déjà , en me confiant de nombreuses espèces nouvelles qu'il a acquises en 
Allemagne et en Suisse , et en me faisant part de ses remarques critiques sur les espèces des 
collections qu'il a examinées. M. Strickland m'a aussi communiqué une jolie petite espèce nou- 
velle de Pholidophorus du lias de Worcester. 



— 37 — 

La fornialion crélacée ne s'est pas enrichie dans la même proportion ; cependant je dois à 
M. lioAvnian la communication dune collection considérable d'espèces de dilTérens geiu'es et de 
très^nombreux individus, qui lui a été adressée du nord du Brésil par M. Gardner. L'assem- 
blage de Cycloïdes et de Cténoïdes de genres éteints que l'on trouve dans celte localité , réunis 
à des genres de Gano'ides , ne me permet pas de douter que le terrain d'où proviennent ces 
poissons n'appartienne à la formation crétacée. La description que M. Bowman a donnée du 
gisement de ces fossiles confirme cette supposition. M. le marquis de Northampton m'a aussi 
communiqué plusieurs échantillons très-bien conservés de cette même localité. M. BoAverbank 
m'a de plus fait connaître plusieurs espèces nouvelles de la craie et du grès vert d'Angleterre. 
J'en ai également vu de très-beaux de la craie des environs de Worthing, chez M, Dixon , qui 
est sur le point de publier de très-belles planches de ces fossiles. 

Pour les terrains tertiaires c'est surtout la collection de l'argile de Londres de M. Bower- 
bank qui mérite particulièrement de iixer l'attention des paléontologistes , car elle est unique 
dans son genre. Les poissons en particulier mériteraient un travail monographique pour être 
décrits d'une manière convenable. En réunissant ceux des collections de lord Enniskillen et de 
sir Philipp Egerton, il faudrait y consacrer un travail de plusieurs années ; car*j)our les déter- 
miner rigoureusement, il serait indispensable d'étudier, pièce à pièce, tous les os de leur 
charpente et d'examiner leurs dents avec les détails minutieux qui ont fait faire à M. Owen de 
si belles découvertes paléontologiques. M. Wood m'a fait part de plusieurs espèces curieuses du 
crag; M. Hamilton m'a également fait voir celles de la Société géologique de Dublin ; mais 
c'est particulièrement à M. le marquis de Northampton que je suis redevable de la conmiunica- 
tion des espèces tertiaires les plus récentes , provenant des environs de Palerme , et qui étaient 
entièrement nouvelles pour moi. 

La collection de la Société géologique de Londres a continué à s'enrichir de poissons fos- 
siles de toutes les formations, et grâce à l'activité infatigable de M. Lonsdale, ils sont main- 
tenant rangés méthodiquement comme tous les autres fossiles de cette riche collection , en- 
sorte que j'ai pu les examiner dans leur ensemble. 

C'est ici le lieu de mentionner les travaux de M, Owen sur les poissons fossiles. Dans son 
Odontographie, il a établi plusieurs genres nouveaux, parfaitement bien caractérisés d'après 
la structure de leurs dents. M. Fischer de Waldheim a aussi publié plusieurs notices sur les 
poissons fossiles , qui ne me sont pas encore parvenues , bien qu'elles me soient dédiées et 
qu'elles aient paru depuis plusieurs années. 

Les communications les plus récentes qui m'ont été adressées concernent principalement 
les poissons du vieux grès rouge. J'en ai déjà fait une mention détaillée dans le rapport sur 
les poissons fossiles de cette formation que j'ai adressé, en 1812, à l'Association britannique 
pour l'avancement des sciences lors de sa réunion à Manchester. Je me bornerai à rappeler 
ici que les découvertes les plus importantes qui ont été faites dans ce domaine , sont dues à 
MM. Pander, Asmus, Murchison et de Verneuil qui ont considérablement augmenté le nombre 



— 38 — 

des espèces que j'avais étudiées en Ecosse en 1840. Tout récemment M. le comte de Kayser- 
ling m'en a aussi adressé quelques pièces intéressantes. J'ai également appris à connaître 
par M. Bronn des fragmens authentiques des genres Bothryolepis et Asterolepis de M. Eich- 
wald , dont je n'ai pas encore pu me procurer le mémoire. L'inspection de ces pièces m'a 
convaincu que ces prétendues écailles sont des os de la tête de mes genres Glyptosteus et Che- 
ionichthys. M. Parrot, qui s'est aussi occupé de ces ossemens, a fait voir que plusieurs espèces 
de Monticulaires de Lamarck ( Hydnophores Fischer ) , loin d'être des polypiers, étaient des os 
de poissons. Ce sont des os de mesChelonichthys. 

J'ai reçu en outre divers envois de ditîérentes localités renfermant des espèces que je ne 
connaissais pas encore. M. le D' Reuss de Billin m'a envoyé un fragment de mâchoire et quel- 
ques dents très-curieuses de la formation crétacée ; M. Pilla , plusieurs très-beaux poissons 
des Apennins , de Pietra-Roja et de Torre d'Orlando , qui se rapprochent de ceux de Solen- 
hofen ; M. Sismonda, deux poissons du terrain tertiaire supérieur du Piémont; M. Bouchard , 
un nombre assez considérable de dents et d'écaillés des environs de Boulogne-sur-Mer ; M. le 
professeur Zeuschner, plusieurs dents et quelques empreintes du calcaire jurassique des en- 
virons de Craôovie et de la chaîne du Tatra; M. Eschricht des géodes du Mallotus villosus 
d'Islande avec des exemplaires de ce poisson conservés dans de la liqueur ; M. Krantz une 
collection de dents du calcaire carbonifère d'Irlande; MM. Omalius d'Halloy et Dumont, des 
empreintes d'écaillés des terrains houillers et de transition de Belgique ; M. Hœninghaus, 
d'autres empreintes de ces mêmes terrains des provinces Rhénanes et des poissons entiers 
du terrain tertiaire de Mombach; M. Moricand , plusieurs beaux poissons du Liban; M. de 
Hagenow, des écailles et des vertèbres de poissons de la craie de Poméranie; M. le comte 
de Mandelslohe, de très-beaux poissons du Lias de Wurtendjerg ; enlin au moment de mettre 
cette feuille sous presse, je reçois de M. Elie de Beaumont une collection très-intéressante 
de poissons fossiles du Brésil. 

Lord Enniskillen et sir Philipp Egerton ont continué à me communiquer des dessins de 
toutes les espèces nouvelles dont ils ont enrichi leurs collections et des renseignemens cir- 
constanciés sur leurs caractères et leur gisement. Sir Philipp surtout m'a fait part d'un travail 
monographique sur les Chimères fossiles, dont la publication jettera un jour nouveau sur cette 
famille encore si peu connue. Il m'a fait espérer des renseignemens semblables sur les autres 
poissons fossiles de sa collection , qui ne sont pas encore compris dans mes livraisons. On ap- 
préciera l'importance de pareilles communications , lorsqu'on saura que j'ai souvent dû prendre 
mes notes, pour ainsi dire, en courant, dans les nombreuses collections que j'ai examinées, 
et que j'ai rarement pu revenir sur ce premier examen , ne possédant pas moi-même de collec- 
tion de poissons fossiles. 

Je terminerai cette énumération par une réflexion générale. Sur le point de publier pro- 
chainement la dernière livraison , que j'ai annoncée, de mes Recherches^ et de clore ainsi tem- 
porairement cet ouvrage , je me sens oppressé par la masse des matériaux qui restent entre 



— 39 — 
mes mains et qu'il m'a été impossible d'élaborer jusqu'à présent comme je l'aurais voulu. J'es- 
père ne pas trop présumer de l'intérêt que portent à la science ceux qui ont bien voulu me 
les confier, en pensant qu'ils voudront bien les laisser encore à ma disposition jusqu'à ce 
que j'en aie acbevé la description. On comprendra peut-être l'embarras dans lequel je me 
trouve . à cet égard , lorsque je dirai , que tout en publiant les dernières livraisons de cet ou- 
vrage, j'ai rassemblé des matériaux pour une dizaine de livraisons supplémentaires que j'au- 
rais voulu pouvoir fondre dans le corps de mon livre, mais dont l'abondance des matières me 
force d'ajourner indéfiniment la publication. 



NOTICE SUR LES COLLECTIONS QUE JE N'AI PAS VUES. 



Ce qui m'a été dit de ces collections me fait penser qu'elles contiennent encore des espèces 
qui me sont inconnues. Si les personnes qui les possèdent voulaient bien me les communi- 
quer , elles me rendraient un grand service , si , cependant , elles préfèrent les décrire et les 
faire figurer elles-mêmes , je m'empresserai de leur adresser tous les renseignemens qui 
pourraient contribuer à compléter leur travail. Ayant examiné des milliers de ces fossiles, 
j'ai acquis une très-grande facilité à les déterminer, et je pourrai aisément orienter ceux qui 
voudront se vouer aux recherches qui m'ont presque exclusivement occupé depuis plusieurs 
années. Comme je ne souhaite rien autant que l'avancement de cette partie de l'histoire na- 
turelle, et que ce n'est pas l'avantage qu'il pourrait m'en revenir que je cherche dans ce 
travail, mais les progrès de la science, ce sera toujours avec empressement que je sacrifierai 
à ce but , même la petite ambition que peut avoir un auteur de nommer et de classer lui- 
même les objets qu'il examine. Les personnes qui tiendraient simplement à avoir mes déter- 
minations , pour leurs collections , voudront bien m'adresser leurs fossiles à Neuchâtel ; pour 
peu que les localités d'où proviennent ces objets soient indiquées exactement, je serai am- 
plement dédommagé du temps que je consacrerai à les mettre en ordre , en apprenant à con- 
naître de nouveaux gisemens. Au reste , je ne crois pas inutile de rappeler que les plus pe- 
tites collections peuvent contenir des objets précieux , et qui ne restent ordinairement enfouis 
que parce que leurs propriétaires y attachent ou trop ou trop peu de valeur. 

Malgré le grand nombre d'espèces d'Italie que l'on voit dans les Musées cités aux pages 
qui précèdent, il est très - probable que, dans les collections de ce pays on en trouvera 
encore beaucoup que je n'ai pas rencontrées jusqu'à présent ; je le crois d'autant plus que , 
dans les grandes collections on a seulement réuni de grands exemplaires marquans , tandis 
qu'il y a une foule de petites espèces que je n'ai ordinairement trouvées que dans les petites 
collections particulières. On peut donc croire qu'en faisant des recherches sur les lietix mêmes, 
on sera récompensé par une riche moisson. 



— hO — 

Les principales collections qu'il me reste à voir, sont r à Turin, le Musée public et la col- 
lection (le M. de la Marmora, qui possède des poissons fossiles provenant d'un calcaire mar- 
neux subapennin , semblables à ceux de Sinigaglia , dans la Romagne ; il en a aussi d'autres, 
trouvés dans le voisinage du lignite tertiaire subapennin. A Milan, la collection du Conseil 
des mines. M. le comte Borromeo en possède aussi une fort belle, et M. Cristofori a, dans 
la sienne, un assez grand poisson, dans un calcaire à aspect jurassique, des environs de 
Malaga, en Espagne. Le Musée de l'université de Padoue et celui de Pane sont riches en 
poissons de 3îonte-Bolca. M, le professeur Catulo possède surtout des dents des terrains 
secondaires et tertiaires; on peut s'en procurer chez Senonez, marchand à Fenise. A Ficenza, 
il y a plusieurs collections d'Ichthyolithes du Monte-Bolca, entre autres celle de la Biblio- 
thèque et celle de M. Marzari. La magnifique collection de Castellini a été réunie au Musée 
de Padoue ; elle contient environ deux cent soixante-et-dix numéros de poissons seulement , 
la plupart ayant les deux plaques correspondantes ; il y a surtout une Raie remarquable , 
dont on dit la charpente osseuse, et qui ne se trouve ni dans le Musée de Paris, ni dans la 
collection du comte Gazzola , à Férone. Cette dernière est la plus riche en poissons de Monte- 
Bolca et la mieux conservée. Il y a encore, k Férone, quelques autres petites collections. A 
Plaisance, dans la collection de M. Cortesi, il y a des os, des vertèbres détachées, des dents 
et une tète de poisson, trouvés dans les collines subapennines du Plaisantin et du Parmesan. 
A Parme, il y en a d'autres chez M. le professeur Guidotli , chez M. le comte Lenate, chez 
M. le professeur Jan , chez M. le comte Sanvitale, et dans la collectioii de l'université. Le 
cabinet d'histoire naturelle de Reggio et de Modène en contiennent aussi. A Lodi , il y a aussi 
une collection intéressante chez un employé de l'hôpital. Les plus beaux exemplaires des 
poissons de Sinigaglia se trouvent à Bologne , chez l'abbé Ranzani et dans le cabinet de l'u- 
niversité ; il y en a dans le cabinet de Pesaro , chez M. le professeur Canali de Perugia, et à 
Macerata, dans les Marches. Le cabinet de Florence possède beaucoup de poissons de Monte- 
Bolca, et des dents de Squales et de Raies des terrains tertiaires de l'Italie centrale. Le doc- 
teur Agostino Sassi, à Gènes, a aussi une collection intéressante. Enfin, M. Monticelli, à Na- 
ples , possède des poissons fossiles de Pietra-Roja et de Castel-a-Mare. 

Il existe encore en Angleterre quelques collections que je regrette beaucoup de n'avoir pas 
eu le temps de visiter et qui contiennent, dit-on , de fort beaux poissons fossiles. Tels sont 
le Musée de Bath, qui renferme essentiellement des fossiles de la formation oolitique, celui 
de Cantorberry où se trouve un grand nombre de fragmens de poissons fossiles de Sheppy , 
et les collections de Miss Bennett, de M. Pearse et de M. Meade. 

En Allemagne , il y a quelques collections intéressantes que je n'ai pas encore examinées. 
Dans la collection du Conseil des mines de Klagenfurth , il y a un grand poisson bien con- 
servé , dans vm gisement tout semblable à celui de Sinigaglia et provenant de Radeboy ( gîte 
du soufre amorphe brunâtre). En Croatie, on a trouvé plusieurs autres espèces de poissons 
avec des insectes de différens genres , des Coléoptères, des Hyménoptères et des Diptères. Chez 



— /il — 

M. Partsch, à f ieiiiic , il y a beaucoup de restes de poissons d'une marne subapenuine de ^i- 
collsc-lii(z, en Moravie. M. Wellrich, à Cidmhuch, a des poissons du lias; il y en a aussi dans 
la colleoliou de liunz , et de ceux de Solenbofen h Nurembenj , ffnrtzbowg et Mannheim. 
Le Musée de Berlin possède des poissons du Liban, rapportés par MM. Ehrenl)erg- et Ilcuiprich : 
la collection de Schlotlheini, (jui a été acqnise à ce musée, renferme des poissons d'OEningen, 
de Solenbofen et du Mansfeld. A Hfunsler, dans la collection du Lycée, on conserve quel- 
ques poissons de la craie. Le Musée de Halle en possède beaucoup et de fort beaux du Mans- 
feld ; il y en a aussi dans la collection du D"^ Sack et dans celle de l'Ecole des mines d'Eisle- 
hen. et deFreyherg. On en voit encore dans les collectionsc^publi([ues de Marboury , de Glcssen. 
et de Dresde; et dans celles de feu Link à Leipzk, et de M. Cotta à Tharand. Le D' Geinitz 
en possède aussi plusieurs de différentes formations. Il y a également des poissons fossiles à 
Ifalberstadt , à Hildesheim et à Minden. La collection du prince de Fiïrstenberg au cbàleau de 
Donau-Eschimjen contient surtout des espèces d'OEningen. Au Musée de Pesth, l'on conserve 
des icbtbyolithes du calcaire jurassique du Platensee. M. François de Rosthorn, à ff'olfsberg, 
en Carinlhie , en possède de Sagor sur la Save (Carniole ) , tirés d'une couche de lignite 
subapennine ; le schiste marneux jurassique inférieur de Raibel lui a aussi offert quelques 
poissons de médiocre grandeur. J'ai appris que M. Simon, de Francfort-sur-VOder, possède 
ini poisson contenu dans un morceau d'ambre ; n'en ayant jamais vu de semblable , je si- 
gnale ce fait à l'attention des naturalistes. Il serait très-important de s'assurer dans quel 
état est ce poisson et de constater s'il n'appartient point à quelque espèce vivante. 

En France, il existe aussi plusieurs collections dont l'examen fournira certainement encore 
quelques espèces nouvelles. S. Nimes, M. Séguier a réuni un assez grand nombre d'ichthyo- 
lilhes du Monte-Bolca, surtout intéressans parce que la plupart des plaques sont doubles et 
qu'elles n'ont pas été ressoudées lorsqu'elles étaient brisées. MM. Bertrand-Geslin , à Nantes ; 
Lecocq, à Clermont ; Marcel de Serres, à Montpellier : Defrance, à Sceaux, et ^\alferdin, à 
Paris , possèdent aussi des poissons fossiles. M. Botta a envoyé à Paris une collection consi- 
dérable d'ichthyolithes du Liban , qu'il se propose de décrire à son retour. Les espèces que 
possédait M. de Drée ont passé en Angleterre, et en partie au Muséum d'histoire naturelle de 
Paris. Les journaux ont annoncé qu'en construisant la grande caserne de cavalerie de la rue de 
Lille à Falenciennes , une pierre blanche des carrières d'Hordain s'était tout-à-coup partagée 
en deux pendant qu'on la travaillait, et avait offert sur ses deux parois, d'un côté en creux et 
de l'autre en relief, un poisson parfaitement figuré , appartenant « au genre des poissons vo- 
lans. » Si ce fossile a été conservé et déposé dans quelque Musée public ou dans quelque collec- 
tion particulière, il serait très-intéressant d'en avoir une bonne ligure. * 

Les collections se sont tellement multipliées que, même en Suisse , il y en a plusieurs que 
je n'ai pas encore pu examiner ; les plus intéressantes sont celles du couvent de St-Urbain , 
qui possède tous les fossiles figurés par Lany . dans son Historia lapidum figuratorum Helve- 

ToM. I. • 6 



— k^ — 

(iœ: celle du couvent de Rheinait , celle de la bibliothèque de -S<- (?«//, celle de M. le pasteur 
Steinmiiller à Rheineck , et celle du D"^ Schla^pfer, à Trogen. 

On aurait lieu d'être surpris si , dans toutes ces collections , il ne se trouvait pas de nou- 
veau un grand nombre d'espèces inédites. J'ai d'autant plus lieu de le croire que l'inspec- 
tion des collections que je ne connaissais pas encore lorsque j'ai publié ma première livraison . 
m'a conduit à tripler au moins le nombre des espèces que j'étais parvenu à déterminer rigou- 
reusement à cette époque. On peut dès-lors s'attendie à voir la liste se grossir encore pendant 
long-temps ; et je ne serais pas surprisde la voir s'élever à quelques milliers lorsque l'on aura 
eu , pendant quelques années, les yeux fixés plus attentivement sur cette partie de la paléonto- 
logie. Ce résultat serait d'autant moins surprenant que le nombre des espèces vivantes, réunies 
dans le seul Musée de Paris, dépasse déjà six mille. Dans les fouilles que l'on fera doré- 
navant, il faudra non-seulement tâcher de recueillir des exemplaires plus complets des espèces 
déjà connues, mais surtout avoir particulièrement égard au gisement des ichlhyolilhes , noter 
soigneusement les fossiles qui les entourent dans le banc où ils gisent, et même ceux que Ion 
(rouve à certaine distance dans le voisinage ; enfin il faudra tenir compte de la position qu'oc- 
cupe le poisson dans la roche. On sent qu'une juste appréciation de toutes ces circonstances 
peut nous conduire à des données plus ou moins positives sur les mœurs des poissons fossiles. 
Quant aux fragmens épars dans les couches , il importe peut-être davantage encore de les re- 
cueillir avec soin et de ne réunir que ceux d'une même localité, pour ne pas s'exposer à rap- 
porter à une même espèce des parties différentes de plusieurs espèces distinctes, ou pour ne pas 
distinguer spécifiquement sur des différences peu inqîortantes des parties dont on reconnaî- 
trait l'analogie, si on les voyait dans une série plus complète. Celle observation s'applique 
surtout aux dents de Squales qui, dans plusieurs genres, varient de forme et de dimensions 
suivant la place qu'elles occupent dans la gueule. Il serait aussi bien important de s'assurer par 
le gisement à quelle espèce se rapportent telles dents , telles vertèbres et tels rayons de na- 
geoire que l'on trouve isolés ou mélangés avec ceux d'autres espèces. Les gros rayons . par 
exemple, que l'on a jusqu'ici attribués à des Silures ou à des Balistes , et que l'on désigne 
sous le nom d'Ichtliyodorulites , proviennent de plusieurs genres de Placoïdes qui n'existent 
plus ; il importerait de pouvoir les rapporter tous aux différens types de dents que l'on trouve 
dans les mêmes couches , et je ne doute pas qu'on y parvienne en tenant compte du mode 
d'associalion de ces débris. Enfin, il est quelques formations dont les poissons paraissent être 
plus rares que d'autres et sur lesquels il faudra diriger plus particulièrement son attention 
dans des recherches ultérieures : tels sont en particulier les terrains de transition , la houille 
et la craie. 



^5 



CHAPITRE II. 



RENSEIGNEMENS SUR LES OUVRAGES DANS LESQUELS ON TEUT TROUVER DES DOCUMENS SUR LES 

POISSONS FOSSILES 



Dans cet aperçu des ouvrages qui contiennent des observations sur les poissons fossiles, j'ai 
seulement énuniéré ceux qui traitent ex-professo de ces organismes et ceux dans lesquels ils 
sont mentionnés avec intention de les déterminer ou de les rapprocher de leurs types. J'ai omis 
tous ceux qui ne contiennent que l'indication des localités ou des terrains dans lesquels on 
trouve des iclithyolithes : sans cela j'aurais été obligé de citer tous les manuels de géologie. 

Je dois primitivement à M. Bronn les titres d'une partie des notes bibliographiques qui 
suivent ; cependant la plupart ont été vérifiés depuis sur les originaux. J'en ai recueilli moi- 
même un très-grand nombre dans la magnifique bibliothèque de M. Cuvier, qui m'en avait 
accordé le libre accès , et où j'ai trouvé presque tous les ouvrages qui traitent des poissons 
fossiles. Pour en faciliter la revue, je les rangerai tous par ordre alphabétique. 

Agassiz (L.) , Untersuchungen iiber die fossilen Fische der Lias-Formation. — Leonh. u. Br. 
Jahrb. 1832, p. 159. — Outre la description de plusieurs espèces et de plusieurs genres 
nouveaux, ce mémoire contient un résumé très-concis des principes de ma classification et 
des principaux résultats auxquels j'étais arrivé alors, dans mes recherches sur les poissons 
fossiles. 

Agassiz (L.). Untersuchungen ïiber die fossilen Siisswasser-Fische der tertiaren Formationen. 
— Leonh. it. Br. Jahrb. 1852, p. 129. 

Agassiz (L.), Uber das Alter der Glarner-Schiefer formation nach ihren Fischresten. — 
Leonh. u. Br. 1\. Jahrb. 1834, p. 301. — Dans cette notice, le célèbre gîte à pois- 
sons de Glaris, qui a si longtemps passé pour appartenir au terrain ardoisier de transition, 
est rapporté à la série crétacée d'après les rapports de ses poissons fossiles avec ceux des 
formations secondaires les plus récentes. 

Agricola , De Lapillis ex Pisce quodam Italije. — Commcrc. Norib. 1735, Hebd. XXVII . 
p. 210, fig. 

Alberti (von), Beitrag zu einer Monographie des Bunten Sandsteins, Muschelkalks u. Keu- 
pers, etc, Stuttg. u. Tiib. 183'i. 



— kk — 

Anderson (J.), On the Geology of Fifeshire. — Prize Essays and Transact. HighI. Soc. 4 840. 
— Contient des figures de poissons du vieux grès rouge. 

Andbe,\f, (.J.-G.-R.) Briefe aus der Sclnveiz nach Hannover geschrieben in deni Jahre 176.5. 
Zurich et Winterthur , 1776, k". fig. 

Argenville (A. J. Desallier d' ) , L'Histoire naturelle éclaircie dans une de ses parties princi- 
pales, rOryctologie , etc. Paris 175S, k°, fig. — Tab. 18, fig. 1, représente le Pachycor- 
mus macropterus Agass. , et fig. 2, le Leucicus oeningensis Agass. 

Bayeri (Joh. Jac), Oryctographia Norica , etc. Norimb. 1708, 4°. fig. — Supplementa , ibid. 
1730, k°, fig. — Oryctogr. cuni Supplem. Norimb. 1758, fol. fig. 

Bayeri (Joh. -Jac.) Monumenta rerum petrificatarum. Norimbergîe , 17.57, fol. — Contient 
quelques figures d'Ichthyolithes de Solenhofen. 

Barrère (P.), Observations sur l'origine et la formation des Pierres figurées, et sur celles 
qui, tant extérieurement qu'intérieurement, ont une figure régulière et déterminée. Paris 
1746, 8°. 

Barriîsgton (D.), Descriptio fossilis in Hamptoniensi comitatu reperti. — Philos. Trans. 
LXIII , p. 171. — C'est une écaille de poisson. 

Barry, Lettre à M. Faiijas de Sl-FomJ. — Ann. Mus. V, p. 64. 

Bartholinus (Casp.), Dissertatio de Glossopetris. Hafn. 1704, 4°, et 1706 , 12°. 

Berger (H.), Die Versteinerungen der Fische und Pflanzen im Sandstein der Coburger Ge- 
gend. — Cob. 1832, 4", fig. 

Bertrakd-Gesliin. Poissons de Monte-Bolca. — Férussac , Bull, des se. natur. 182S, IV. 

Bertraivd-Geslin. Aperçu géognostique sur le bassin gypsfeux d'Aix, département des Bou- 
ches-du-Rhône. — ^ Mém. Soc. dhist., Paris , L p. 273. — Contient des notes sur les pois- 
sons fossiles par M. de Blainville. 

Beurard, Notice sur des Ichthyolithes mouchetés de mercure sulfuré , trouvés dans le dépar- 
tement du Mont-Tonnerre. — Journ. des Mines, XIV, p. 409. 

Blainvilxe (de), Sur les Ichthyolithes ou les Poissons fossiles. — Nouv. Dict. d'Hist. nat. 
XXVIII, 1818. — (Trad. allem.) Die versteinerten Fische, geologisch geordnet , etc. Am 
dem Franz, mit Ânmerk. und einer Forrede v. J. J. Kruger. Quediinb. u. Leipz. 1 823, 8". 

C'est le premier ouvrage dans lequel soient énumérés tous les poissons fossiles connus alors. Il 
m'a été utile à cause du grand nombre de localités qui y sont indiquées ; mais les descrip- 
tions sont loin d'être complètes et les déterminations paraissent ne pas reposer toujours sur 
la comparaison des pièces nécessaires. Du reste, à cette époque^ il eût été difficile de mieux 
faire sans se vouer complètement à l'ichthyologie. Je rapporterai toutes ces indications aux 
espèces auxquelles elles appartiennent. Ce mémoire a été traduit en allemand par Kriiger, 
qui l'a enrichi de beaucoup de notes bibliographiques relatives surtout aux ouvrages an- 
ciens. Defrance l'a reproduit en abrégé, dans le Dictionnaire classique d'histoire naturelle, 
à l'article « Poissons fossiles. » 



— 45 — 

Boccom:. Intorno aile Glossopctre. — Mus. di Fis. Obs. XXXII , p. 179. 

Bonnaire-Mansv'y. Cosmogénie et origine des pétrifications, 8". Paris, 1824. 

BoiTUDET, Histoire naturelle des Ichlhyodontes , ou Dents fossiles qui ont appartenu à la famille 
des Poissons. h°, fig. 

BoiiRDET, Notice sur des Fossiles inconnus, qui semblent appartenir à des plaques maxillaires 
de Poissons dont les analogues AÎvans sont perdus, et que j'ai nommés Ichthyosiayones. 
Genève et Paris, 1822, U\ fig. 

BouBGUKT , Mémoires pour servir à l'histoire naturelle des Pétrifications dans les quatre par- 
ties du monde ( ou aussi : Traité des Pétrifications , etc.) Paris et La Haye , 1 742 , h°, fig. 

BozzA. Sur les poissons de Monte-Bolca. — Transact. of the Irish Acad. V. 

Bro>'n (H.) Italiens Tertia>r - Gebilde und deren organiscbe Einschlùsse. Heidelberg , 
1831. 8°. 

BronjS (H.). Ueber die fossilen Reste der Papierkoble bey Geistinger-Busch im Siebengebirge. 
— Leonh. Zeitschrift fur Minéralogie 1828. vol. 1, p. 374, tab III. — Description et figure 
du Leuciscus papyracens. 

Bromn (H.) Ueber einige Pelrefacten Sammlungen in Italien. — Leonh. Zeitschrift fur Miné- 
ralogie, 1828, VI, p. 417. 

Bronn (H.) Uebersichl der bedeutendsten geognostischen Sammlungen in England. — Leonh. 
Zeitschrift fur Minéralogie, 1829. 

Bronn (H.) Ueber die Pappenheimer fossilen Fische. — Leonh. Zeitschrift. 1828, vol. 2, 
p. 608. 

Bronn (H.) Ueber die Fisch-Abdriicke in Eisenstein-Nieren des Mittelrheinischen Steinkohlen- 
Gebirges und iiber Palœomscum macropterum insbesondere. — Leonh. Zeitschrift fur 
Minerai. 1829. vol. 2, p. 483. 

Bronn (H.) Ueber zwei fossile Fischarfen : Cyprinus coryphœno'ides und Tetragonolepis semidnc- 
tm aiisdem Gryphitenkalke bey Donau-Eschingen. — Jahrbuch fur Miner. Geogn. etc. von 
Leonhard und Bronn. 1830. p. 14. — Le premier de ces poissons est mon Leptolepis 
Bronnii, le second est devenu le type d'un genre qui compte maintenant plusieurs espèces. 

Bruckmann (Fr. Ern.), Petrefactum singulare, dentem seu palatum piscis Ostracionis refe- 
rens. — Ephem. Nat. Cur. Act. IX, p. 116. 

Brtickmann (Fr. Ern.), Centuria Epistolarum itinerariarum I-lII. Wollïenb. 1 742-1 7S0, 4". 
fig. (Cent. I, Ep. 29, De Glossopetris et Chelidoniis.) 

— Cet ouvrage renferme quelques figures très-médiocres ; mais il est remarquable à cause 
des idées singulières qu'il renferme sur l'origine des fossiles. Il dit, par exemple , des 
Sphœrodus figurés tab. 1 . f. VI et Vil : « in lerrae stralis a succis mineralibus forsan sus- 
cepti ? » — Tab. 4. f. IV. Pijcnodiis : « hos phaseolos ad dentés piscium reclè referunt. — 
« — Tab. 4. f. V. Ptychodm : « an sit insectum marinum petrificatum? an non recliù^ 
palatum vel dens molaris piscis majoris marini ? » 



— 46 — 

Brïtckmann (Fr, Ern.), De Figura Lapidum ex Pisce quodam Indico, cum effigie Sancti Pé- 
tri, St Pelerstein genannt. — Commerc. Norib. 1739, Hebd. XXVII, p. 209, fig. 

BucKLA^D (Rev. D' Wili.), Geology and Mineralogy, considered with référence to natiiral 
Theology. London 1837, 2 vol. 8°. — Renferme un résumé très-bien fait de l'état de nos 
connaissances sur les poissons fossiles à cette époque. 

BiTCKLAND (Rev. D"^ Will.), A notice on the fossil beaks of four extinct species of fishes. re- 
ferrible to the genus Chimœra , wliich occur in the oolitic and cretaceous formations of 
England. — Proceed. Geol. Soc. Lond. vol. 2, 1835. 

BucKiAMD (Rev. D'^Will.), On the discovery of fossil fishes in the Bagshot sands at Goldworth- 
Hill. — Proceed. Geol. Soc. Lond. vol. 2, 1858. 

BuRTiN (Fr.-X. de) Oryclographie de Bruxelles, etc. Brux. 1784, fol. fig. 

BuTTNERS. Rudera diluvii testes. Leipzig 1710. in-4. 1 vol. — La fig. 2, Tab. 18, repré- 
sente le Palœoniscus Freiesleheni ; la Tab. 14 un Palœorhynchum. Cet ouvrage mérite d'être 
étudié. 

Byam (Fr.) a. Pond (Arth.), Epistola^ de Imagine Piscis , lapidi. in insulâ Antigoa exciso, im- 
pressà. — Philos. Trans. XLIX , 1. p. 296. 

Catullo (J.-Ant.) Saggio di zoologia fossile , overo osservazioni sopra li petrefatti délie pro- 
vincie Austro-Venete. Padova, 1827, k°. fig. 

Chaklesvn^ortii (Edouard), On some fossil teeth of the genus Lamna. — Magaz. of Nat. Hist. 
1839. — Représente différentes dents de Squales de l'argile de Londres. 

Charlesw^orth (Ed.) Notice sur le Carcharias megalodon. — Loudon Magazin of Natur. 
Hist. 1837. 

CoLLiNSON (P.), Observations on the Belluga-Stone. — Philos. Trans. n° 483, p. 451. 

CoNYREARE and Phillips. Outlines of the geology of England and Wales , etc. London , 1 822. 

CoLUMNA (Fab.), Disserlatio de Glossopetris. Roma^ 1616, 4° (avec son ouvrage De Pur- 
pura). Réimprimée danS Scilla de Corporibus marinis lapidescentibus , Roma; 1747, 4°. 

CoLE (Lord) , Fossil fish from Engi in the canton Glaris , in Switzland , in the possession of 
Lord Cole. August 1829. — Lithographie in-folio représentant un très-bel exemplaire de 
mon Palœorynchum latitm. 

CoLE (Lord) , Dapedius politus from Lyme-Regis. — Lithographie in-folio représentant un 
exemplaire très-remarquable d'une espèce particulière de Dapedius , à laquelle je donne le 
nom de D. Colei , et sur lequel on peut étudier une partie du squelette. 

CuviER (G.) , Mémoire sur les Os de Reptiles et de Poissons des carrières à plâtre des environs 
de Paris. — Ann. Mus. XVI, p. 113 , fig. 

CuviER (G.) Recherches sur les ossemens fossiles. Paris, 1822. — Le y vol. contient la des- 
cription des poissons fossiles de Montmartre, avec figures. 

CuviER et Valencienkes. Histoire naturelle des poissons, Paris, 1828. 16 vol. jusqu'en 1843. 



— kl — 

Desi.okgchamps (Eudes), Mémoire sur un Fossile du calcaire de Cacn, présumé êlre une dé- 
fense caudale d'une espèce inconnue de Mourine ou llaie-Aigle. — Mém. Soc. Linn. Cal- 
vad. Il.p. 271. 
Deskoyers ( JuI.) . Observations sur un ensemble de dépôts marins plus récens que les terrains 

tertiaires du bassin de la Seine , etc. — Ann. Se. nat. 1 828 , XVI , p. 1 71 et 102. 
Desnoyers (J.) Observations sur quelques systèmes de la formation oolitique du N. 0. de la 

France, et particulièrement sur une oolite à fougères, de Mamers , dans le département 

de la Sarthe, — Annales des se. nat., 1825, IV, p. oS3. 
DuvERNOY. Notes sur quelques dents fossiles d'Oran. — Comptes-rendus de l'Acad. des se. 

1857, p. 491. 
Egerton (Ph. Grey). A systematic and stratigraphical Catalogue of the fossil Fish in the Ca- 
binets of Lord Cole a. sir Ph. Grey Egerton , etc. Lond. 1837, k". — T édit., augmentée 

de plusieurs espèces. Ann. a. Mag. N. H. 1841, VII, p. 487. 
Faujas-St.-Fond (B.) Histoire naturelle de la montagne de St. -Pierre de Maëslricht. Paris, 

1799 , grand 4°. fig. — Donne des figures de quelques dents de poissons fossiles. 
Faujas-St.-Foisd (B.) Essai de géologie, ou Mémoires pour servir à l'histoire naturelle du 

globe. Paris, 1809-10, 5 vol. 8°. — Le chapitre 4 du premier volume est consacré aux 

poissons fossiles, dont il donne quelques mauvaises ligures. 
Faujas de St-Foisd (B.), Notice sur le gisement des Poissons fossiles des environs d'Aix 

(Bouches-du-Rhône).— Ann. Mus. VIII, p. 220. 
Faujas de St-Fojnd (B.), Notice sur le Piquant ou l'Aiguillon pétrifié d'un Poisson du genre 

des Raies, etc., trouvé dans une carrière des environs de Montpellier. — Ann. Mus. XIV, 

p. 377, fig. — Il constitue un nouveau genre de la famille des Raies. 
Faujas de St-Fond. Mémoire sur un poisson fossile trouvé dans une des carrières de Nan- 

terre, près de Paris. — Ann. du Mus. vol. I. p. 353-3.^6. — C'est le Denlex Fauj asi Agass. 
Faujas de St-Fond. Mémoire sur une grosse dent de Requin trouvée dans les carrières des 

environs de Paris. — Annales du Muséum vol. IL p. 103, fig. 
Fischer (Golfhelf). Notice sur quelques animaux fossiles de la Russie, dans les Nouveaux 

Mémoires de la Société impériale des naturalistes de Moscou, k". Moscou, 1829, I. 

p. 281. 
Fischer (Gotth.), Lettre à M. L. Agasslz , sur deux Poissons fossiles. Moscou 1838, 4", fig. 

— Cette lettre forme le 2" Cah. des Recherches sur les Ossemens fossiles de la Russie. 
Fischer (Gotth.) Prodomus Petromatognosia; animalium systematicae. ---Nouveaux Mémoires 

de la société des naturalistes de Moscou, t. L 
Fischer (Chr. Gabr.), Dissertatio de Bufonite. Regiom. 1714, 4°. 
Flemiisg ( J.) , Notice of the Remains of a Fisch found connected with a Bed of Coal at Clack- 

mannan. — Edinb. N. Phil. Journ. 183.5^ Oct. — Ce sont des plaques d'écaillés de Me- 

galichlhys. 



— kS — 

Flemikg (J) , On the occurence of the Scales of vertebraled animales in the Old-Red Sands- 

tone of Fifeshire. — Edinb. Jouni. of nat. and geograph. scienc. 1851 . 
FoRTis (Alb.), Extrait dune lettre sur différentes Pétrifications. — Journ. de Pkys. XXVIII, 

p. 161. 
FoRTis (Alb.), Lettera al Sign. Abbate Testa sopra i Pesci ischelelriti de Monti di Bolca. — 

Opusc. sceltiXVI, p. 196. 
FoRTis (Alb.), Transunto délia Replica al Sign. Abb. Testa negli Ittioliti de" Monte Veronesi. 

Opusc. Scelt. XVI, p. 336. 
(Gauthier). Observations sur l'histoire naturelle, sur la physique et sur la peinture, 6 vol. k". 

— Cet ouvrage anonyme est de Gauthier; il contient la figure d'un poisson de Monte- 
Bolca. 

Gazola. Lettera al signor Scortcgagna sopra un pesce petrificato. Verona 180S , in-8". 
Germar, Ueber die Fisch-Abdriïcke im bituminosen Mergelschiefer der Grafschaft Mannsfeld. 

— Leonh. Min. Taschenb. XVIII , p. 61, fig. 

(iERMAR. Ueber die Pappenheimer fossilen Fische. — Keferstein ; Deutschland geogn. dar- 

gestellt. vol. IV, tom. II, p. 89. 
Gesneri (Joh.) Traclatus physicus de petrilîcatis. Lugduni Balavorum, 17o8 , 8". 
Geyer (J. Dan.), De Glossopetris AIzeinsibus et Montibus conchiferis. (In ejusd. Triglâ med. 

Francof. 1687, h\ fig.) 
Gœritz (J. a.), Abhandlung von Schlangenaugen u. Schlangenzungen. — Bikhn. Miscell. 

phys.-med. 1727, p. 167. 
Graydon ( G.) , On the Fishes enclosed in the Stone of Monte-Bolca. — Trans. Irish Acad. V , 

p. 287. 
Guettard. Nouvelle collection de mémoires sur différentes parties des sciences et des arts. 

Paris, 1786, fol. — Le tome 3 contient p. 116 un mémoire sur les Glossopètres , et 

p. 188 un autre sur les Bufonites; enfin, p. 129, des observations sur les poissons fossiles 

du Liban , avec figures. 
Hessel. Sur les poissons du schiste tripoléen de Cassel, dans Leonh. Zeitschr., 182o, II. — 

Sur les poissons d'Aix , ibid. I. — Sur ceux du schiste tripoléen de Francfort, ibid. 1827, I. 
HiBBERT (S) , Discovery of fossil Fish , the tootli of a saurian Reptile , and other Remains in 

the Limestone of Burdiehouse , near Edinburgh. — Scotsm. Newsp. Dec. 1833. 
HiBBERT (S.), Additional îNotices relative to the Freshwater Limestones in the vicinity of 

Edinburgh, belonging to the carboniferous Group of Rocks. — Edinb. N. Phil. Journ. 

Apr. 1831. 
HiBBERT (S.), Report on the Fresh-water Limestone of Burdie-House , near Edinburgh. — 

Trans. Roy. Soc. Edinb. 185d. 
Hitchcock A Sketch of the Geology, Minerology, and scenery of the Régions contiguous to 

the River Connecticut : wilh a geological Map and Drawings of Organic Remains , and oc- 



— /i9 — 

cnsioiiel Bolanical Motices. — Amer. Journ. VII. 1S!23, p. 1-86 et 201-236. — Contienl 
une notice sur les Poissons fossiles de la formation houillère d'Amérique. 

Hitchcock (Ed.), Final Report on the Geology of Massachusets, 2 vol. k". Amherst and JNor- 
thampton 1841 . 

HoEVEL (colonel de). Planche représentant une dent de grand Squale, trouvée dans la mo- 
lasse à Junghof (en Souabe). 

Hoffmann (Ern. Chr.) , Sendschreiben an BrucJoitaiin vom l'rsprunge der Mansfeldischen 
Ivupferschiefer. und den darinnen und darauf belindlichen Fischen. — Grund. Nat. u. Kunst- 
gesch. I, p. 463. 

JussiEu ( Ant. de) , Sur les Pierres appelées Yeux de Serpents et Crapaudines. — Mém. Acad. 
Se. Par. 1723, p. 296, fig. 

Karg. Die Versteinerungen von OEningen. — Denkschriften der Gesellschaft von Aerzten und 
Nalurforschern Schwabens. Tubingen , I, 1805. 

fciRCHER (Athan.), Mundus subterraneus in libros XII digestus. Amstel. 1664, 1665, 2ao1. 
fol. fig.— Ibid. d678. — (Belgicè) Onderaardsche JVeereU, Amst. 1682, fol. 

KcENiG (Ch.), Icônes fossilium sectiles, un cahier fol., sans date. — Contient quelques figures 
de poissons de Monte-Boica et du Lias. 

KoMG (Em.), De Glossopetris in Helvetiâ repertis. — Ephem. Nat. Cur. Dec. 2, Ann. VIH. 
Obs. 143, p. 305. 

KisoRR (G. Wolfg.) , Lapides Diluvii testes, quos in ordines et species distribuit, suis colori- 
bus exprimit , «rique incisos in lucem mittit. Norimb. 1755-72 , fol. îîg. — (allem.) Samm- 
Iiimj von Merkwilrdigkeiten der Nalur ii. Altertkumern des Erdbodens, welche petrifcirtf 
Kiirper enthdlt , etc. — (Contin. par J. E. J. Walch). Die Naturgeschichte der Versteine- 
rungen , zur ErlJiuterung der Knorrischen Sammiung von Merkwiirdigkeiten der Natur. 
II-IV, ïh. Niirnb. 1768-73. fol. fig. — (Trad. holland.) Knorrii et fFalchii Opus in't 
Nederduitsch vertaald door M. Houttuyn, met versheide Aanmerkimjer . Amst. 1773, fol. — 
Cet ouvrage contient de très-bonnes figures de plusieurs espèces de poissons fossiles de 
Solenhofen et d'OEninsfen. 

Knox. Sur les dents de Squales. — Brewster Edinb. Journ. of Scienc. n" 9. 

KuRZE (G. A.) Commentatio de Petrefactis, quae in schisto bituminoso mansfeldensi reperiun- 
lur. Hallse 1839. 4°. • — L'auteur donne d'excellentes figures de plusieurs espèces de pois- 
sons de cette formation. 

KuTORGA (St.) , Beitrag zur Geognosie und Palaeontologie Dorpats und seiner nâchsten Umge- 
bungen. St.-Pétersbourg , 8" 1835, 

KuTORGA (St) , Zweiter Beitrag zur Geognosie und Palaeontologie Dorpats und seiner nâchsten 
Umgebunden. St.-Petersbourg , 8° 1837. 

KuTORGA (St) , Beitrag zur Kentniss der organischen Ueberresle des Kupfersandsteines am 
westlichen Abhange des Urals. St.-Pétersbourg. 8" 1838. 

ToM. I. 7 



— 50 — 

Lacépède (comte de). Sur un Poisson fossile trouvé dans une couche de gypse à Montmartre 
près de Paris. — Ann. Mines, X, p. 234. 

Lange (C. Nie), Historia Lapidum figuratorum Helvetiîe ejusque vicinise , etc. Lucerne et 
Venet. 1708, i°, fig. — Les originaux de cet ouvrage se trouvent dans le couvent de 
St. -Urbain, au canton de Lucerne. Les fig. 1 et 2 de la T. 6 sont le Leuciscus oeningensis 
Agass. Quoique les f. .3 , Tab. 6 et f . 4 , Tab. 7 portent le même nom, elles représentent 
le Palseoniscus Freieslebeni Agass., qui ne se trouve pas en Suisse. 

Leach et DE LA BÊCHE. Figure du Dapedium, nouveau genre de poisson fossile. — Tran- 

• sactions de la Société géologique de Londres. 2* sér. vol. i. — Dans chaque volume des 
Transactions, il y a la figure de quelque poisson ou de quelque fragment de poisson fossile : 
mais aucun n'y est rigoureusement déterminé ni bien décrit. 

LeiCtH (Cari), The Natural History of Lancashire , Cheshire and the Peak in Derbyshire, elc. 
Oxf. 1630, fol.; 1700, fol. fig. 

Leibkinecht. Hassiœ subterranea* spécimen. Giessa? et Francofurti, 1750. 

Leibnitius (God. Guil.), Protogœa, s. de prima facie Telluris et antiquissimœ Historiœ vesti- 
giis in ipsis Nalurcie Monumentis. Gott. 1 749 , k°, fig. — (Trad. allem.) Bayr. 1 749 ,8". — 
Contient trois figures de Palœoniscus. 

Lister (Mart.), Observatio de Glossopetrà tricuspidi non serratà. — Philos. Trans. IX, n° 1 10, 
p. 223. 

LuiD(Edw.), Lithophylacii Britannici Ichnographia , s. Lapidum aliorumqueFossilium Brilan- 
nicorum singulari (igurà insignium, quotquot hactenùs vel ipse invenit, vel ab amicis acce- 
pit, distributio classica ; etc. Lond. 1690, 8°, fig.— Lips. 1699, 8°, fig. — Oxon. 1760, 
8°, fig. (avec des additions par G. Huddesford.) — Contient de bonnes figures de Pycno- 
dontes et de Cestracion'.es. 

Maffei (Scip.), Délia formazione de'Fulmini , raccolto de varie sue Lettere , in alcune délie 
quali si tratta anche degl' Inselti rigenerantise , e de' Pesci di mare su'i Monti , etc. Verona 
1747, 4^ — (Trad. allem.) Leipz. 1758, 8". 

Mantell (Gideon). The fossils of the soulh downs; or illustration of Ihe Geology of Susses, 
4°. London, 1822. 

Mantell (Gideon). illustrations of the geology of Sussex with figures and descript. of the 
fossils of Tilgate-forest, 1827, 4°. 

Mantell (Gideon). The Geology of the South-East of England, 8°. London, 1833. — Dans 
ce manuel M. Mantell reproduit les fossiles qu'il a décrits dans ses grands ouvrages géo- 
logiques ; il adopte lopinion que j'ai énoncée dans le .Jahrbuch de Leonhard sur les dents 
soi-disant de Diodons et sur les rayons de Balistes : ce sont des débris de Squales dont les 
genres n'existent plus. 

Mantell (Gideon). Folio-plate containing 4 figures of fossil fishes with descript,, etc. London, 
1825. 



-^ 51 — 

Maraldi. Poissons fossiles. — Mémoires ildAcad. des sciences de Paris. 1703. hist.22.8°p. 27. 
Weroati (iMicli;i.>lis). Melalloliieca valicana. Konia' I7i7. fol. fig. 1719. fol. lig. — Compila- 
lion sans valeur et sans août. 
Meîszel (Chr.), De generalione Lapiduin vulgô Biifonum et Echinomelris. — Ephem. Nal. 

Cur. Dec. II, An. 9. Obs. 72. p. 118, fig. 
Meyer (Hcrm. v.), PaLTologica. ziir Gescliichte der Erde und ilirer Bewohner. Frankf. 

1832, 8°. 
MoRO (Ant.-Laz.) De'crostacei e degli altri marini corpi che si trovano su'monti. Venezia . 

17^10, k" 
MouGEOT. Renjarques sur les accroissemens de la galerie d'histoire naturelle au Musée des 
Vosges, en 185S-36. — Contient une notice sur les fossiles, et en particulier sur les pois- 
sons fossiles de la formation triasique. 
MouGEOT. Récapitulation des objets d'histoire naturelle déposés au Musée départemental des 
Vosges. — Annales de la Soc. d'émulat. des Vosges. 1842. — Contient également des re- 
marques sur les poissons fossiles du Muschelkalk. 
Munster (Graf Georg zu). Ueber einige ausgezeichnete fossile Fischzàhne aus dem Muschel- 
kalk bei Bayreulh. Bayreuth 1830. k°. — Cette brochure ne se trouve pas dans la librai- 
rie; elle représente les dents du Placodns Gigas Agass. 
MuiN'STER (Graf Georg zu) Beitrâge zur Petrefactenkunde. Bayreuth 1839. k°. 5 part. — Cet 
ouvrage contient des renseignemens très-précieux sur plusieurs genres nouveaux de pois- 
sons fossiles des ])Ius remarquables. 
MuRCHisoN (Rod. Iinp. ) On the bituminous shist and fossil fish of Seefeld , in the Tyrol. Phi- 
losoph. — Magazine and Annals. new. ser. vol. VI, n° 31, 1859, p. 17-20. — Cet article 
qui contient les indications de Valenciennes sur ces poissons, est reproduit dans Leonhard 
Zeitschrift. 1830, vol. I. 
MuRCHisoN (Rod. Imp.). The Silurian System , founded on geological Researches in the coun- 
ties of Salop , Herreford , Radnor, Montgomery, Caermarthen, Brecon , Pembroke, Mon- 
mouth , Gloucester, Worcester, and Stafford ; with descriptions of the coal-fields and over- 
lying formations. London 1839, 2 vol. k". 
Mylius (Gottl. Fr.), Memorabilia Saxonia; subterranea, i. e. Des unterirrdischen Sachsens selt- 
same Wunder der Natur. Leipz. 1 709 , 1718, 2 vol. k", fig. — Les figures de cet ouvrage 
ne sont point mauvaises, elles représentent quelques espèces du Zechstein. 
>iLSON. Petrificata Suecana formationis crelacese , fol. Londini Gothor., 1827. — Contient 

des ligures de quelques dents de Squales. 
Parkinson. Organic remains of a former World. LonJon 1808-1811 , k°. 3 vol. 
Parkinson. Outlinesof Oryctology. London, 1822, 8°. 

Passy. Description géologique du département de la Seine-Inférieure, Rouen, 1832. k". — 
Une des planches de l'Atlas est consacrée à des figures de dents de poissons fossiles. 



— 52 — 
Paterson (Rob.). On the fossil organic remains foiind in the Coal formation at Wardie , near 

Newhaven. — Edinb. new Phil. Journ. 1837. 
Phillips (John). Iliustralions of the geology of Yorkshire. York, i829 , k°. — Pars alter. 

London 1856. 
PoND(Arth.), Letter concerning the same stone. Philos. Trans. p. 297. — (Voy. Byam a Pond ) 
Pbestwich (J.) , Sur les Ichthyolilhes de Gamrie, dans le Banffshire. — Lond. a. Ed. .Phil. 

Mag. 1835, VII, p. 325. 
Prévost (Const.) Observations sur les schistes calcaires oolitiques de Stonesfield en Angle- 
terre , dans lesquels ont été trouvés plusieurs ossemens fossiles de mammifères. — Ann. 

Se. nat. Avril 1825. 
Prévost (C.) , Note sur un Ichthyolithe des rochers des Vaches Noires. — Ann. Se. nat. III, 

p. 243. 
Procaccini-Ricci. Osservazioni sulle Gessaie del terri torio Sinigagliese. Roma , 1828, 8°. 
Pryne (Abr. de la), Fossil Shells and Fishes in Lincolnshire. — Philos. Trans. n" 266, 

p. 677. Badd. m, p. 491. 
Redfield ( J. How.), Fossil Fishes of Connecticut and Massachusetts, with a Notice of an un- 

described Genus. 1836, 8°. 
Reiskius (Joh,), De Glossopetris Liineburgensibus epistolica Commentatio , etc. Lips. 1684 , 

4%fig. Norimb. 1687. 8% fig. 
Riley. Sur le genre Squalo-Raja. — Lond. Edinb. philos. Journ. 1853. 
Rivière , Comment, de Dentibus petrefactis variorum Piscium , quo simul ii cum dentibus 

recentibus ejusdem generis comparantur. — Comm. Acad. Monsp. I, p. 75. 
RupPEL (D'.-Ed.) Abbildung und Beschreibung einiger neuen oder wenig bekannten Ver- 

steinerungen , von Solenhofen, 4°, Francfort, 1829. — Contient les écailles d'un grand 

Lepidotus. 
Saussure (de). Voyage dans les Alpes, précédé d'un essai sur l'histoire naturelle des envi- 
rons de Genève. Neuchàlel , 1779-96, 4 vol. 4°. — Le troisième volume contient des 

notes sur les poissons fossiles d'OEningen de la collection de Lavater , et sur celle de M. Sé- 

guier à Nîmes. 
Scheuchzer (J. Jac), Piscium Querelae et Vindiciae. Tiguri 1708, 4°, fig. 
ScHEUCHZER (J. Jac), Bilduisse verschiedener Fische, welche in der Sûndfluth zu Grunde 

gegangen. Zurich 1708 , 4°. 
Scheuchzer (J.-J.) Muséum diluvianum quod possidet Scheuchzer. Tiguri 1716, in-8. 
Scheuchzer (J.-J.) Herbarium diluvianum coUectum. Lugduni Batavorum 1723 , fol. — Cet 

ouvrage contient aussi quelques figures de poissons de Glaris. 
Schlotheim. Die Petrefacten - Kunde auf ihrem jetzigen Standpunke. Gotha, 1820 , 8°, 

Nachtrag 1821-23. 



— 53 — 

ScnooLKRAFT. Muriiona congpr. — Sillima)in Americ. Jouni. 1822, V. p. 23. 

ScHROTER , Von oiiier bosoiulorii ilroyeckiglcMi Fischzahnart ans Malllia. — Schrot. Journ. IV, 

p. 402. 
SciLLA ( Aug.) , La vana Speculazione desingannala dal Scnso , Lettera responsiva circa i Corpi 

inarini che poti-ilicati si ritrovano in varii liioghi terrestri. Nap. 1670, U°, fig. — (Latine) 

De corporibus niarinis lapidescenlibus ; ace. Tab. Columnae Diss. de Glossopétris. lloina' 

1747, k°, %.; ibid. 17S2, 4°; ibid. 1750, k\ 
ScoRTEGAGNA (Fr. Or.), Descrizione di un Pesce petrificalo esistentc in Viccnza. Vie. 1805, 8". 
ScoRTEGAGNA (Fr. Or.), Al Sign. Faujas-St-Fond , etc. Memoria epistolare per servire di Schia- 

rimento alla Descrizione di un Pesce petrificato scavato in altissimo nelle vicinanze di Bolca. 

Padova 1807, k°. — Le poisson dont il est question dans cette brochure nie paraît être 

le Galeus Cimeri Agass. , à en juger d'après la figure. 
ScoRTEGAGNA (Fr. Or.), Schiarimenti etc., relativamente a quanto fu scritlo sino qui sopra 

rittiolito esistente nella pubblica Biblioteca Bartoliana in Vicenza. Padova 1821, 8°, fig. 
ScoRTEGAGNA (Fr. Or.), Al rinom. Sign. Dott. L. Jgassiz , Epistola sommaria contenente 

nuovi Schiarimenti intorno all'Ittiolito esistente nella pubblica Biblioteca di Vicenza. Padova 

1841,8°, fig. 
Sedgwick (Ad.), On the geological relations and internai structure of the magnesian Limes- 

tone, and the lower portions of the new red Sandstone séries. — Trans. Geol. soc. Lond. 

vol. IV. — Ce mémoire contient de très-belles planches représentant plusieurs espèces de 

poissons du calcaire magnésien d'Angleterre. 
Sloane (Hans) , An Account of the Tongue a Pastinaca marina fréquent in the Seas about 

Jamaica and lately dug up in Maryland and England. — Philos. Trans. XIX , n° 232 , 

p. 674. 
Sloane (Hans), Von den versteinerten Zungen der Rochen mit dem Pfeilschwanze. — Phi- 
los. Trans. n° 232. — Leskens Uebersetz. I, 2, p. 218. 
SowERBY (Georg.), Sur un Ichthyodorulithe. — Zool. Journ. 1825. 
Spada (J. Jac.) , Catalogus Lapidum Veronensium iâiojiopœMv i. e. propriâ forma prœditoram, 

qui apud eundem asservanlur. Veronae 1739 , 4°. (2" édit. augmentée), Catalogus Corpo- 

rum lapidefactorum Veronensium, etc. Ver. 1744, 4°, fig. — La tab. 2 représente le Se- 

miophorus velitaris Agass- 
Sternberg (Comte de). Poissons fossiles du Terrain jurassique , dans la collection du comte 

Coronini à Gortz , près de Trieste , dans la Flora , ou gazette botanique de Ratisbonne , 

1826, L — Add. Feuill. I, p. 53 et 54. 
Testa, Lettera su i Pesci fossili del Monte-Bolca , in risposta alla précédente del Sign. Abbate 

Fortis sulo stesso argumento. — Opusc. scelt. XVI, p. 217. (Voy. Fortis, Lettera, etc.) 
Testa, Brève Transunto délia Lettera terza su i Pesci fossili del Monte-Bolca. — Opusc. scelt- 

XVI, p. 416. 



— 5^ — 

ToRRUBiA (Jos.), Apparato para la Histoiia natiiral Espannola. Madr. 1755, fol. fig. — (Trad. 
allem.) f^othereituny zur Naturgeschichte von Spanien ; iibers. mit Zusàtzen v. Chr. G. von 
Vh/t. Halle 1773, i°, fig. 

TuDECcius (Sim. Al.), De oculis Serpenlum et Linguis Melitensibus. — Ephem. Nat. Cur. 
Dec. I, 1678-79, Obs. 119, p. 287. 

Uke (David), The Histor} of Riitherglen and East-Kilbirdfe. Glasgow 1793. — Contient d'as- 
sez bonnes figures d'un Ichthyodorulithe et de différentes dents de poissons du terrain 
boni lier. 

Valt/snieri (Ant.) Racolta di varie osser\'ationi spettanti all'Istoria medica e naturale. Ve- 
nezia, 1710, 8°; 1728, k". — Avec une mauvaise figure d'un poisson de Monte-Bolca. 

Vallisnieri (Anl.). De'corpi marin clie su'monti si trovano, délia loro origine, etc. Vene- 
zia, 1721,4°. 

VoiGT (God.), De Piscibus fossilibus et volalilibus. Witt. 1667, k°. 

VoLTA (Séraphin) Ittiolitologia veronese del museo Bozziano, ora annesso a quello del Conte 
Gioramballista Gazola, e di altri gabinetti di fossili veronesi, con la versione latina. A'^erona 
1796, grand in-fol., avec 76 plancbes gravées sur cuivre. — Malheureusement le contenu de 
cet ouvrage ne répond pas au luxe de l'exécution typographique. Toutes les parties du sque- 
lette sont très-grossièrement rendues ; il n'y a , dans la plupart des figures . ni précision 
ni vérité dans le contour des os et surtout des vertèbres. Des individus mal rapiécés et 
souvent même formés de fragmens d'espèces différentes, cimentés avec de la cire, y ont 
reçu des noms qui n'appartiennent quelquefois à aucune des parties de ces monstrueuses 
compositions. Il y a cependant aussi un grand nombre de plaques qui sont bien représen- 
tées ; mais il n'y en a que deux qui soient bien déterminées. Quant à la plupart des autres, 
on dirait que l'auteur a jeté au hasard, sur les planches de son ouvrage, le nom d'un 
poisson quelconque de la Méditerranée. Il y a bien peu de figures dont le nom désigne 
seulement le genre auquel elles appartiennent ; et alors encore des plaques de la même 
espèce, nommées différemment, viennent rappeler que ces nominations ne reposent pas 
sur la comparaison des exemplaires entre eux. Il y a plus encore : une seule plaque a servi 
d'original à deux figures différentes, et elle est décrite comme le type de deux espèces dis- 
tinctes. C'est la fig. 1 de la tab. 13, et la fig. 1 de la tab. 17. 

Wagner (R.) Sur la collection de fossiles du musée de Munich. — Kastner's Archiv., 1829. 

Walcott (Joh.) Descriptions and figures of pétrifications found near Bath. London, 1775 , 
in-8°. 

Wallbaum ( J. Jul.) , Beschreibung eines versteinerten Hornes von einem Sâgefische. — Schr. 
Berl. Naturf. Fr. V,'p. 477. 

Wedel (G. Wolfg.), De Truttâ saxatih. — Ephem. ÎSat. Cur. 1673-74, Dec. I, p. 70, fig. 

Welsch, Lapilli ex capitibus Piscium veri , Gemmœ Piscium. — Hecat. l. Obs. 28, p. 42. 

Welsch (G. Hier.), Mustela fossilis. — Hecat. I, Obs. 14, p. 22, fig. 



— 55 — 

WiLLiAMSON (W. C), Sur les poissons fossiles de la houille de Lancaslershirc. — Lond. a. Kd, 
Phil. Mag. 1858, \II , p. 86. 

WiTRY (de), Sur les dénis de Squales. — Mém. Acad. Bruxelles, II. 

WiTRY ( de ) , Sur les («lossopèlres et les Bufoniles. — Méni. Acad. Brux. , I , p. 3 , fig. 

WoLFARTii (Peter). IIislori;c naturalis Hassite inferioris pars I. Cassel 1719. fol. fig. — Les 
planches de cet ouvrage sont remarquables par leur exactitude ; ce sont les plus belles (pie 
l'on possède des poissons du Zechstein. 

WooDWAKi). Synopfical Table of british organic remains. London, 1830. 

WoRJUus (01. ^^^), Dissertatio de Glossopetris. Hafn. 1686, h°. 

^OUKG (George). A geological Survey of the Yorkshire Coast. Witby, 1822 , k°. 

Zenker Benlreibung u. Abbildung des Le ucisc us Cephalon Zenk , avec flg. Leonh. et Bronn. 
Neues Jahrb. 1833. — Outre qu'il existe déjà un Leuciscns Cephalus parmi les espèces vi- 
vantes , l'espèce fossile à laquelle M. Zenker a donné un nom tout semblable ne me paraît 
différer en rien du L. papijracus. 

(Anonyme), Description dun Poisson fossile trouvé dans un bloc de Gypse de Montmartre. — 

Journ. de Phys. LVII, p. 320. 
fAnomjme). Fossil lish found near stowe nine Churches. — Lithographie in-folio représentant 
le grand Lepidotus du Lias du comté de Northaœplon . qui fait partie de la collection de 
Mis Baker. 
(Anonymej. Lettera al signor Abate D"^ Francesco Venini Dominico Testa su i pesci fossili del 

3îonte Bolca. Milano 1793, 8°. 
Transactions of ihe Geolog. Society of London , 1811 jusqu'à maintenant. — Cet ouvrage 
contient des planches magnifiques de poissons fossiles et la description de quelques es- 
pèces. 



NOTICE SUR LES DESSINS INÉDITS QUI PEUVENT ÊTRE CONSULTES. 



Outre les oirvrages imprimés , il est un autre genre de collections qui m'ont été de la plus 
grande utilité ; ce sont les recueils de dessins ou les notes manuscrites que plusieurs natura- 
listes ont bien voulu me communiquer. Mais il est surtout une de ces collections dont je dois 
faire mention plus particulièrement ; c'est le portefeuille qui contient les dessins que Cuvier 
avait réunis lorsqu'il se préparait à publier un ouvrage sur les poissons fossiles , qui devait faire 
suite à sa grande Ichthyologie. Il fait maintenant partie de la bibliothèque du Jardin des 
plantes que le gouvernement français a enrichie de la bibliothèque si précieuse de M. Cuvier. 
Ce recueil pourra dorénavant être consulté par tous les naturalistes. 



— ce- 
pendant mon séjour à Paris, M. Cuvier ayant bien voulu me remettre tous les matériaux 
qu'il avait réunis sur les poissons fossiles, m'avait aussi confié ce portefeuille, auquel j'ai em- 
prunté divers renseignemens importans que je crois devoir consigner ici.. Cette énumération 
faite sous les noms que j'ai donnés aux différentes espèces qui s'y trouvent représentées , pourra 
en faciliter l'examen à ceux qui voudront les voir en détail. En juin 1832, j'en ai fait un 
catalogue complet; mais en le rapportant ici, j'omettrai toutes les planches détachées d'ou- 
vrages qui ont été publiés , pour citer seulement celles qui sont inédites ou que je n'ai vues 
nulle part ailleurs. 

Palœoniscus Freiesleheni Agass. Un dessin , sans indication de localité, ni de formation. 

Palœomsciis spec. Une partie de la cuirasse écailleuse d'une espèce de Palfconiscus , semblable 

à celui que j'ai appelé Pal?eoniscus fultus, mais dont les écailles sont plus grosses. Ce dessin 

porte l'inscription suivante : « From the middle-greys. Belong to M. Gibson. » — Cette 

espèce me paraît être le Paheoniscus elegans du calcaire magnésien. 

Palœoniscus Blaimillei Agass. Une plaque avec deux poissons de la montagne de Muse, près 

d'Autun, du cabinet de M. Faujas ; dessinés au crayon. 
Tetragonolepîs HJagim-ille Agass. Une belle figure portant cette note de la main de M. Cuvier : 

(( Poisson fossile, trouvé à Caen et communiqué par M. de Magneville. Avril 1821 . » 
ispklorhynchus acutirostris Agass. Dessin d'un bel exemplaire de la collection de M. Stokes , 
où l'on voit surtout bien les éccailles. Il est ployé en forme de croissant. Note : « G. Scharf 
del. London 1829. » 
Gyrodus minor Agass. Dessin original de la petite espèce de Gyrodus, qui est figuré dans 
l'ouvrage de Phillips, sur le Yorkshire. « In the possession of C. Preston Esq. foundt at 
Speeton. » «« Donné par M. Phillips. » » 
Pijcnodus spec. Dessin d'une petite espèce : « Fixed in bones which lies in the white F. marble 
or else in the fine graine Malton Limestone. » Sur la même feuille , ime dent du grand 
Carcharias, de Sheppy, de grandeur naturelle. « Donné par M. Phillips. » 

Psammodiis disporus Agass. « De M. Hugi ; palais fossile de , du Jura. » Sur la même 

feuille il y a aussi des dents de Squales fossiles du Jura , communiquées également par 
M. Hugi. 
Bnchodus halocyon Agass. Nouveau genre de la famille des Scombéroïdes. « Amsterdam. Ca- 
binet de M. de Reinwardt, mâchoire de poisson de Maëstricht. » 
Lophius hrachycornms Agass. Dessin sans indication. L'espèce est originaire de Monte-Bolca. 
Platax altissimus Agass. Dessin d'un exemplaire très-bien conservé, mais sur lequel il n'existe 

aucune donnée. L'espèce se trouve à Monte-Bolca. 
Palœorhynchiim latum kgass. Lithographie anglaise, in-folio, d'un bel exemplaire de cette 
espèce , avec l'inscription suivante : « Fossil fish in slate from Engi in the canton Glarus , 
in Switzerland , in the possession of Lord Cole. Augst. 1820. » J'ai vu depuis ce fossile 
dans la collection de lord Enniskillen à Florence-Court. 



— o/ 

Leplolepis duhius Xgass. Sous le titre de : lieschreibung eincs fliegcnden Aniphibiolillicn, avec 
deux planches lilliographiées, il existe un mémoire de M. Suckow, sur leipiel Cuvier avait 
inscrit celte reniarcjue parfaitement juste : «Plaque de poisson fossile dl'yichsta'dl, au ca- 
binet de Maunheim.)) 

Perça lepidota Agass. «J. Curtis, fol., 1822, d'OEningen. iMusée britaunicpie.» 

Esox lepidotns Agass. «J. Curtis 1822.» Egalement d'OEningen et du Musée brilannicpie. 

Tinca furcata Agass. Dessin d'un très-grand exemplaire. «Th. LcNvin del.» Poisson d"OEnin- 
gen, du Musée britanique. D'après le dessin, j'avais pris ce fossile pour mon Leuciscus 
œningensis; l'examen de l'original m'a montré que c'est le Tinca furcata. 11 y a trois 
autres dessins du Leuciscus œningensis, dessinés par .1. Curtis, 1822, dont deux moyens 
et un petit. 

Rhodeus elongatus Agass. Egalement d'OEningen et du Musée britanni(|ue. «J. Curtis 1822.» 

Sauropsis. Deux dessins en couleur qui rendent à peine les contours de deux poissons (hi 
genre Sauropsis, envoyés par M. le D"". Buckland, et qui se trouvent au Musée d'Oxford. 
«In the Kentish Rag or the Portland Bed of Garsington near Oxford 1821 . In possession 
of M. Woodcock of Lincoln CoU and of M. Barker of Lincoln Coll.» 

Blochius longirostris Volta. Dessin de la partie postérieure du tronc; sans indication. 

Lepidotus Gigas Agass. Une lithographie anglaise, in-folio, envoyée par M. Buckland, portant 
cette inscription : «Fossil iisch found near Stowe nine Churches, near iNorlhanq)ton , in 
Lias.» Cet exemplaire se trouve dans la collection de Miss Backer à Northampton. 

Meyalichthys Hibherti Agass. Dessin de la tète et de la partie antérieure du tronc , avec les 
deux pectorales, provenant de la Houille des environs de Leeds. Donné par M. Phillips. 
— De plus, les originaux des ligures de l'ouvrage de M. Phillips. 

Lepidotus Mantellii Agass. Lue planche représentant les corps organisés fossiles des terrains 
de la forêt de Tilgate. Ce sont les dessins originaux de l'ouvrage de M. Mantell. 

Gyrodus Cuvieri Agass. Dessin de la mâchoire inférieure de cette espèce, portant en note: 
«Deux ont été trouvées au fort de la tour de Boulogne-sur-mer, à la marée basse, sur 
un rocher qui ne se découvre que dans les basses marées et par le vent d'Est. 

Nemopteryx crassus Agass. Deux grands dessins d'un poisson de Claris dont les originaux se 
trouvent dans les collection de Lord Enniskillen et de Sir Philipp Egerton. 
11 y a encore, dans ce portefeuille, quelques observations sur les synonymes du Palœoniscus 

Freieslebeni et des notes sur le gisement des ichthyolilhes de Thuringe, d'Autun et de Saar- 

brùck. Ces dernières sont de la main de MM. de Humboldt, de Bonnard et A. Boue, à l'adresse 

de M. Cuvier; elles datent de 1824. 

Grâces à la générosité de Lord Francis Egerton, la collection complète des dessins originaux 

des planches de mon ouvrage se trouvera bientôt déposée dans la bibliothèque de la société 

géologique de Londres, où elle pourra être consultée par ceux qui voudront faire des études 



— 58 — 

spéciales sur les poissons fossiles. Outre les figures gravées sur mes planches, celte collec- 
tion renferme une foule de dessins d'exemplaires qui montrent diverses particularités intéres- 
santes que je n'ai pas toujours pu reproduire dans mes livraisons; souvent même ce sont des 
dessins d'exemplaires plus parfaits que ceux que j'ai décrits et que j'ai eu occasion d'observer 
plus tard. Enfin cette collection renferme les dessins d'un grand nombre de plaques corres- 
pttndantes de celles que j'ai publiées et qui servent à compléter les caractères des espèces 
(ju'elles représentent. Ces cartons renfermeront en réalité une collection complète de tous les 
poissons fossiles que j'ai examinés et qui m'ont ofïerl assez d'intérêt pour mériter d'être 
dessinés. 

Je dois mentionner encore ici les nombreux dessins qui m'ont été adressés par Lord Ennis- 
killen, Sir Philippe Egerton et le comte de Miinster, bien qu'ils soient restés à ma disposition 
personnelle; car sans ses communications importantes je n'aurais eu que des renseignemens 
très-incomplets sur une foule d'espèces. 

INVITATION AUX GÉOLOGVES. 

Je crois être agréable aux géologues en leur olTrant dès-à-présent tous les renseignemens 
qu'ils pourraient désirer sur les poissons fossiles qu'ils possèdent, et qui ne sont pas encore 
décrits dans mon ouvrage. Pour faciliter leurs comparaisons et pour compléter leurs catalogues 
des fossiles caractéristiques, je déterminerai toutes les espèces qu'ils voudront bien me confier. 
Ce sera en même temps un service qu'ils me rendront en me fournissant les moyens d'étendre 
mes recherches, de compléter mes descriptions et d'apprendre à connaître de nouvelles 
localités. Maintenant que cet ouvrage est achevé je pourrai aussi accélérer davantage les dé- 
terminations que l'on pourrait me demander et je ne me verrai plus réduit à garder par 
devers moi pendant des années des exemplaires qui me seront adressés. 



— 59 — 



CHAPITRE III. 

INDICATION DES LOCALITÉS DANS LESQUELLES ON CITE DES POISSONS FOSSILES, DONT 

JE N AI POINT ENCORE VU D EXEMPLAIRES. 



(]ette notice pourra être utile aux personnes qui voudront s'occuper de la détermination 
des poissons fossiles, en dirigeant leur attention sur les espèces des formations dont je n'ai 
pas encore pu étudier suffisamment les ichtliyolithes; peut-être aussi me vaudra-t-elle quelque 
nouvelle communication de la part de ceux qui en possèdent. Je me suis borné à indiquer 
les localités dont la formation géologique est connue plus ou moins exatement , sans parler de 
celles sur lesquelles nous n'avons que les données vagues de voyageurs auxquels la géologie 
était complètement étrangère. 

Les localités dans lesquelles on cite des poissons que je n'ai pas eu occassion d'examiner, 
se sont beaucoup diminuées depuis le commencement de la publication de mon ouvrage, 
grâce à la libéralité avec laquelle on me les a communiqués de toutes parts. Parmi celles qu'il 
importerait particulièrement d'étudier d'une manière détaillée, je citerai: 

Dans la groupe des terrains de transition : les nombreux débris trouvés dans le vieux grès- 
rouge des environs de Riga , que M3I. Pander et Assmus ont recueillis, et ceux qu'a 
signalés M. Eichwald. En général, les espèces des terrains les plus anciens sont encore 
très-imparfaitement connus. 

Dans la formation houillière : les poissons recueillis par M. Rankine dans les environs de 
Carluke et ceux que M. Binney a réunis dans les environs de Manchester. 

Dans le Zechstein : les poissons signalés par M. Murchison dans le gouvernement de 
Perm. 

Dans la série oolitique : les poissons de Pietra-Roja près de Naples; ceux de Raibel en 
Carinthie; ceux de l'île de Crête; ceux du Platensee en Hongrie. 

Dans la série des dépôts crayeux : les poissons du grès des Carpathes de Jablunka en Gal- 
licie ; ceux des roches siliceuses subapennines de Dobromil et ceux du Liban dont je n'ai 
encore vu qu'un très-petit nombre d'espèces. 



— 60 — 

Dans les dépôts tertiaires ; les fragmens des poissons de l'argile de Londres, de la forma- 
tion d'eau douce de l'île de Wight et du Hanipshire; ceux qui ont été rapportés des 
Indes et des Etats-Unis ; ceux de Radeboy, de Nicolschitz et de Wieliczka et ceux de 
Sagor sur la Save. 



aa-^.as 



61 



CHAPITRE IV. 

i)i:hmaïologik, et e^ partuhlieu des écailles de poissons. 



Il ne peut pas entrer dans mon plan de commencer ici un traité complet de l'organisation 
des poissons en général ; ce serait entreprendre un travail qui est devenu très-difficile depuis 
la publication du premier volume de la grande Ichthyologie de MM. Cuvier et Valenciennes , 
et qui , dans une introduction à des recherches sur les poissons fossiles , serait superflu dans 
plusieurs de ses parties essentielles. Cependant, malgré les nombreuses difficultés qui entravent 
une pareille entreprise, je tâcherai de la réaliser en publiant mon Histoire naturelle des pois- 
sons d'eau douce de l'Europe centrale, en tête de laquelle je placerai les résultats généraux 
de toutes mes observations anatomiques sur les poissons. 

Comme le squelette, les écailles et les dents sont les seules parties que l'on trouve à l'état 
fossile , je dois me borner ici à donner une idée des rapports qui existent dans l'organisation 
entre ces difTérens systèmes et à faire connaître leur conformation dans les différentes familles 
de la classe. Cette exposition pourra servir de guide à ceux qui, voulant connaître les fossiles 
seulement, ne peuvent pas faire une étude spéciale de l'ichthyologie ; elle expliquera en 
même temps tous les termes propres dont je me suis servi dans la description des espèces. 
Par-là je pourrai aussi faire connaître plus exactement les caractères qui distinguent , dans les 
diflférentes classes du règne animal , les parties détachées des systèmes organiques dont il va 
être question , afin que personne ne prenne à l'avenir une écaille , un os ou une dent de 
poisson pour des parties analogues d'autres animaux, comme cela a eu lieu assez souvent. 
J'aurai même quelquefois occasion de faire remarquer combien il est difficile de ne pas 
confondre ces pièces entr'elles et de ne pas prendre, par exemple, des os ou des dents pour 
des écailles. 

La peau, dont les écailles sont une production particuHère, mérite, chez tous les animaux, 
une attention particulière ; et l'on a , malheureusement pour la zoologie , beaucoup trop né- 
gligé son étude à tous égards. Depuis les polypes et les méduses, où elle ne se détache pas 
encore de la masse du corps, depuis les échinodermes et les mollusques, où elle forme des 
têts calcaires, depuis les articulés chez lesquels elle se constitue en anneaux cornés, jusque 
chez les poissons, les reptiles, les oiseaux et les mammifères, où elle porte des écailles lamel- 
leuses, des plaques cornées, des plumes et des poils, dans toutes les classes elle alïecte une 
structure particulière et produit des parties solides différentes. L'on conçoit aisément la raison 
ToM. I. 9 



— 62 — 

de ces modifications : destinée à protéger le corps de l'animal contre les influences du monde 
extérieur qui l'entoure, la peau est le reflet de l'action et de la réaction qui s'établit entre 
l'être qui se développe et le milieu dans lequel il vit. Et si l'on a droit de dire que le sque- 
lette est, dans un animal, l'empreinte matérielle de l'esprit qui a agi durant sa vie, l'on peut 
affirmer aussi que la peau est le reflet des rapports qui existent entre cet être et le milieu 
ambiant. Dans cette position , elle participe d'un côté de l'organisation de l'animal qu'elle 
protège, de l'autre, des conditions d'existence dans lesquelles celui-ci est destiné à vivre. 
Elle est donc le champ d'action de toutes les influences extérieures et le moyen par lequel 
toutes les actions intérieures se transmettent au dehors. Elle est un organe essentiel de l'ani- 
mal, empreint de toutes les particularités de son existence et de son organisation, qui se 
trouvent ainsi traduites au dehors et soumises directement au regard de l'observateur. Aussi 
son simple aspect suffit-il, dans beaucoup de cas, pour nous faire entrevoir la structure d'un ani- 
mal que nous n'avons encore jamais vu, tant sont intimes les relations qui existent entre tous les 
organes. Son étude, sous ce point de vue, sera donc, on le conçoit à l'avance, d'une très- 
grande importance pour la zoologie comparée , et surtout pour l'examen des fossiles dont on 
ne trouve que l'empreinte extérieure. 

Comme les tégumens généraux sont la limite matérielle de tous les êtres organisés, et des- 
sinent à l'extérieur les particularités de leurs formes , je devrais avant de traiter plus spé- 
cialement de l'organisation de la peau , entrer ici dans quelques détails sur la configura- 
tion générale du corps ; mais ce serait m'écarter trop de mon sujet. Je dirai seulement que 
la forme d'un être quelconque est déterminée par les proportions des trois dimensions de 
l'étendue, telles qu'elles se combinent dans les difi"érentes espèces, sous des aspects très-divers. 
Ces dimensions déterminent donc aussi les différentes régions que nous avons l'habitude de 
distinguer chez les animeaux. La direction longitudinale établit les proportions entre les parties 
antérieures et postérieures, la tête, la poitrine, l'abdomen et la queue. La largeur nous fait 
distinguer la droite et la gauche , quelles que soient du reste les proportions quantitatives de 
l'un ou de l'autre côté de l'animal , et c'est de ces rapports que résulte la symétrie. La hau- 
teur , qui ici devient épaisseur , rappelle les différences qui existent entre les régions dorsale 
et ventrale, ou, suivant la position de l'animal, entre sa partie supérieure et inférieure, diffé- 
rences essentielles qui remontent jusqu'à la séparation du blastoderme en un feuillet séreux et 
un feuillet muqueux, desquels naissent deux ordres d'organes si différens par le rôle qu'ils 
jouent dans la vie. 

Il n'est aucune classe du règne animal qui présente des formes aussi variées que la classe 
des poissons. 11 y en a qui sont parfaitement sphériques, comme les Diodons. D'autres sont 
discoïdes ou circulaires et aplatis; cette forme se présente dans deux cas très-différens ; elle 
résulte ou du rétrécissement excessif ou du développement démesuré des deux dimensions du 
.'orps; dans le premier cas, le corps est comprimé et très-élevé, mais aussi très-étroit, comme 



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dans lesVomers, les OrUiagorisques, tandis que dans le second cas, il est très-déprimé, aplati 
et très-large, oomiye dans certaines Raies. D'autres espèces sont ovales, plus ou moins allon- 
gées et légèrement comprimées sur les flancs; c'est la forme la plus ordinaire des poissons, 
et on leur donne alors le nom de poissons réguliers, tels sont les Carpes, les Truites, etc. 
A mesure que la direction longitudinale prévaut considérablement, l'on arrive par tous les 
intermédiaires possibles (les Brochets, par exemple) aux poissons allongés, qui sont tantôt cy- 
lindriques (les Anguilles), tantôt comprimés ou aplatis comme un ruban (les Cépoles); il y en 
a même qui sont d'une longueur excessive comparativement à leur largeur et à leur hauteur 
(les Gymnètres, les Ophisures). Cependant les formes les plus bizarres sont celles qui sont li- 
mitées par des surfaces plus ou moins planes et qui circonscrivent des figures anguleuses , 
triangulaires, carrées, pentagonales ou hexagonales (les Coffres et les Syngnathes). Il y a 
même dans cette classe des genres dont les deux côtés ne sont pas symétriques, qui, aplatis 
sur un flanc, sont voûtés sur l'autre, et dont les os du crâne sont tellement disproportionnés, 
que les deux yeux sont tournés d'un seul côté de l'animal (les Soles, etc.). 

Le caractère essentiel de la peau est d'envelopper complètement l'animal et de former ainsi 
une sorte de squelette extérieur qui le protège sur toute sa surface , comme le squelette os- 
seux protège et entoure les organes intérieurs. Dans les animaux sans vertèbres, il n'y a pas 
d'autres parties solides que celles qui sont produites par les tégumens ou qui en dépendent ; 
cependant on aurait tort, pour cela, de les paralléliser avec le squelette osseux des animaux 
vertébrés, qui est exclusivement propre à ces derniers et qui n'a point d'analogie avec les 
pièces solides des classes inférieures. Ce sont bien plutôt les productions de la peau, qui, 
dans les vertébrés, représentent le squelette extérieur des animaux sans vertèbres; et même 
on peut les paralléliser complètement dès que l'on tient compte des progrès de l'organisation 
dans les différens dégrés du règne animal , qui doivent nécessairement établir des diiïéreoces 
considérables dans la manifestation des parties analogues chez les animaux supérieurs et chez 
les inférieurs. Car, tout comme nous remarquons des différences très-frappantes entre les pro- 
ductions de la peau des animaux sans vertèbres, de même nous en observons de très-grandes 
dans les différentes classes d'animaux vertébrés. Au reste, chez tous, ces métamorphoses de la 
peau ont une disposition particulière à la surface du corps et présentent des relations constantes 
avec les autres systèmes organiques. 

Cependant la peau ne s'étend pas seulement à la surface extérieure du corps, elle pénètre 
aussi dans les cavités intérieures qu'elle tapisse , et à la surface desquelles elle produit égale- 
ment des parties solides de différente structure, auxquelles sont attribuées différentes fonc- 
tions, par exemple les dents et toutes les plaques cornées qui, dans plusieurs classes, recou- 
vrent la curface intérieure de l'intestin. II faut donc distinguer deux modifications essentielles 
de la peau et par conséquent aussi deux modifications du squelette dermique, l'une qui re- 
couvre la surface extérieure des animaux, et l'autre qui se développe à leur surface inté- 



_ 64 — 

rieure. Ces deux genres de squelette existent simultanément dans les animaux sans vertèbres 
et présentent entre eux des relations très-intimes et des connexions nombreuses, comme nous 
le verrons plus tard. On les voit aussi en plusieurs endroits passer insensiblement de l'un à 
l'autre par les ouvertures superficielles des cavités intérieures du corps. Ils existent aussi 
constamment tous les deux dans les animaux vertébrés, qui sont en outre doués d'un appareil 
intérieur osseux dans les cavités et autour duquel sont placés tous les organes. Dans celte 
grande division du règne animal, non-seulement les deux modifications du squelette dermique 
présentent des connexions nombreuses , mais encore elles sont les deux intimement liées au 
squelette osseux, et l'on remarque sur plusieurs points du corps des transitions sensibles de 
l'un à l'autre, par exemple dans les poissons, entre les pièces operculaires et les écailles, 
entre les os de l'occiput, l'humérus et les écailles, entre les dents et les os pharyngiens, etc., 
etc. Il existe de plus un antagonisme constant dans le développement des trois genres de 
squelette que nous venons de distinguer; les parties de l'un prennent un accroissement d'au- 
tant plus considérable que celles de l'autre sont moins complètes dans différentes régions du 
corps. 

Personne n'a encore mieux saisi ces rapports des différentes modifications du squelette que 
Carus; personne ne les a examinées plus en détail, mais aussi personne ne les a exposées 
d'une manière plus diffuse que lui, dans son ouvrage sur les parties essentielles de la char- 
pente osseuse et coquillère. 

Quant au développement de la peau , l'on pourrait d'abord être tenté d'envisager tout le 
feuillet séreux du blastoderme comme le premier rudiment de l'enveloppe commune du corps. 
Cependant les observations qui ont été faites dans ces derniers temps sur le développement 
de l'œuf, nous portent plutôt à considérer le feuillet séreux comme la base commune de la- 
quelle naissent également les os, les muscles et la peau. Celle-ci se sépare ensuite en plu- 
sieurs couches parmi lesquelles on distingue d'abord l'épiderme ; plus tard on voit se former 
le réseau malpighien, le corion et la couche musculaire sous-jacente. 

Dans les poissons, la peau est toujours beaucoup plus tendue à la surface du corps que dans 
les autres animaux; réunie aux muscles par du tissu cellulaire serré, elle n'est jamais douée 
d'autant de mobilité que dans les autres vertébrés. Dans la classe qui nous occupe , c'est le 
corion et les parties solides produites à la surface de la peau et que l'on nomme écailles , 
qui acquièrent le développement le plus considérable. Cependant, pour se faire une juste idée de 
la structure des écailles, dont il doit surtout être question dans ce chapitre, il est indispen- 
sable de connaître les rapports des différentes couches qui se forment dans les tégumens des 
animaux supérieurs et notamment chez l'homme. 

D'abord V épidémie, la partie la plus extérieure de la peau, peut être envisagé, sous le 
point de vue le plus général, comme une couche membraneuse de substance cornée, qui re- 
couvre toute la surface de l'animal, qui l'isole du monde extérieur, qui abrite les parties 



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d'une organisation pins délicate, et qui, comme mauvais conducteur de la chaleur, conserve 
à l'animal celle qui lui est propre. L'épiderme est insensible et se repro<luit facilement; il est 
composé d'un grand nombre de couches ou de feuillets superposés et fortement adhérens les 
uns aux autres. Ces feuillets sont composés d'un assemblage de cellules épithélicnnes qui se 
raccornissent à mesure qu'elles approchent de la surface, et qui tombent ensuite, pour être 
remplacées par celles des couches inférieures. La couche molle, que l'on a appelée réseau 
malpighien, n'est composée que de cellules épilhéliennes en voie de formation, et c'est ici que 
se fait le travail continuel, par lequel les couches de cellules de l'épiderme sont sans cesse 
renouvelées. 

Le corion, enfin, est la partie vivante de la peau; il est formé d'un tissu fibreux très-serré, 
pourvu de vaisseaux , de nerfs et de différentes glandes , dont les canaux sécrétoires , qui se 
trouvent à la surface de la peau , servent à sécréter les différentes transpirations graisseuses , 
aqueuses ou gazeuses de la peau ; il adhère aux muscles par un tissu cellulaire plus ou moins 
ferme. C'est cette partie de la peau qui est le siège de la sensation , à cause des nombreux 
filets nerveux qu'elle reçoit; c'est elle qui, au moyen du réseau de petits vaisseaux sanguins 
dont elle est recouverte , sécrète les pimens colorés de sa surface , produit et entretient les 
autres couches de la peau ; c'est elle , en un mot , qui préside à toutes les fonctions si variées 
de la surface du corps. 

Les différentes teintes de la peau résultent de la disposition de divers pimens colorés de- 
posés entre l'épiderme et le corion, et qui sont surtout abondans chez les poissons. On observe 
d'abord une couche de piment d'un aspect métallique argenté ou doré à laquelle sont dus les 
divers reflets souvent si brillans des poissons, (c'est avec cette matière que l'on colore les fausses 
perles); outre cela, il y a vers le dos et en général dans la partie supérieure du corps, de 
nombreux points épars, et plus ou moins serrés d'un piment noir ou diversement coloré, 
qui, suivant son abondance, donne à la peau une teinte plus ou moins foncée. Ces différens pi- 
mens sont composés pour la plupart de substances graisseuses, de différentes huiles déposées 
en gouttelettes dans des cellules propres. Les teintes bleues, vertes, jaunes, rouges et noires 
sont produites par de pareilles cellules à contenu huileux , qui se trouvent dispersées dans 
les différentes couches de la peau. Le reflet argenté a seul une autre cause. Il est occa- 
sionné par d'innombrables paillettes d'une petitesse extrême, qui paraissent avoir des fornies 
régulières et cristalloides , et qui sont accumulées en nombre prodigieux dans la substance 
delà peau. Ces paillettes se retrouvent à la surface extérieure du péritoine, sur le cer- 
veau et la moelle allongée, dans les yeux. Ehrenberg les a observées dans le Brochet, mais 
elles existent chez tous les poissons et présentent de nombreuses variétés de forme et de com- 
position, suivant les espèces. Un phénomène bien remarquable chez les poissons, et qui dé- 
pend de l'abondance des pimens , de leur variété et de la rapidité avec laquelle ils sont sé- 
crétés et résorbés, c'est le changement de couleur qu'éprouvent plusieurs espèces à diffé- 

9* 



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rentes époques de l'année, dans le temps du frai, par exemple, ou bien pendant leur accrois-' 
sèment, ou lorsqu'irrités ils font des mouvemens violens, ou enfin après leur mort, lors- 
qu'ils sont exposés à différentes influences atmosphériques. A l'époque du frai, les teintes de 
tous les poissons que j'ai observés jusqu'à présent sont plus vives, plus marquées: les 
points du piment coloré , que l'on ne remarque ordinairement que vers le dos, s'étendent 
sur les flancs et sur le ventre qu'ils embellissent; des régions incolores du corps se revêtent 
aussi de teintes variées; l'abdomen, par exemple, devient niarbré, l'insertion des nageoiroïi 
se colore en rouge ou en orangé, et même tout le ventre prend ces différentes nuances. Pen- 
dant le développement des poissons , on voit aussi leur peau et leurs nageoires se colorer de 
teintes plus foncées et plus brillantes; à l'époque de leur naissance, ils sont presque tous blancs 
et transparens. En faisant dessiner des poissons vivans, j'ai fait encore une autre observation 
curieuse sur leur coloration; c'est que lorsfju'ils se fâchent, qu'ils font des mouvemens violens 
pour échapper à la main qui les retient, ils prennent subitement un teint plus animé, plus 
foncé, puis pâlissent jusqu'à perdre complètement leurs couleurs, qu'ils recouvrent ensuite 
lentement. Il me semble que ce fait, que je n'ai cependant observé que quelques fois , sur le 
Zingel (Aspro ZinyelJ, sur la Truite des ruisseaux fSalmo FarioJ, sur la Lotte (Lota fluviatilis) 
et sur le Silure fSilunis Glank), pourrait s'expliquer par la supposition d'une sécrétion abon- 
dante et d'une résorption subite des pimens colorés. Après la mort, tous les poissons verdàtres. 
exposés à lair, deviennent bientôt bleus; aussi presque toutes les ligures qui représentent 
des poissons bleus sont-elles empreintes des couleurs de la mort; les autres teintes changent 
de différentes manières : le rouge devient fréquemment jaune, le jaune souvent noir, etc. 
Lorsqu'ils restent dans l'eau après leur mort, les poissons se décolorent entièrement; cepen- 
dant, si on les en retire après quelque temps, ils reprennent à l'air leur couleur naturelle eu 
se séchant. (*) Ces phénomènes de coloration sont dautant plus remarquables que, dans certains 
cas, les pimens colorés paraissent très-lixes, puisqu'on a trouvé des poissons fossiles sur les- 
(juels le piment noir a conservé des traces très - distinctes du dessin de leurs couleurs , 
comme, par exemple, dunsle Plataxvespertilio Agass., VEiichelijopus tiijrinus \gSLSS., trouvés 
à Monte-Bolca. C'est même ce fait qui m'a engagé à parler ici de la coloration des poissons. 
J'exposerai plus lard, très-en détail, toutes les observations que j'ai faites sur ce intéressant 
sujet. 

La surface du corps des poissons vivans est, en outre, continuellement récouverte d'une 
grande quantité de mucus. Chez les uns, il est peu tenace et forme une couche assez mince; 
chez les autres, et surtout chez ceux dont les écailles sont moins développées,, il est plus 
ferme et forme une couche plus épaisse, par exemple, sur la Tanche. Ce fluide est sécrété 
par un conduit muqueux qui s'étend tout le long du corps et qui se ramifie dans tous les os 

(*) Dans l'esprit de ^ in , les poissons conservent beaucoup mieux leurs couleurs lorsqu'on a eu soin , en les 
retirant de l'eau, de les s»a:Uer promptcmenl à l'air, après les axoir essuyés. 



— 67 — 

de la lèle ; il suinte à la surface par les nombreux pores que l'on voit sur le crâne , sur les os 
de la face , le long des mâchoires , sur le préopercule et par une série de tubes qui traverse 
les écailles de la ligne latérale. De là il se répand sur tout le corps, comme on peut s'en as- 
surer en séchant la surface du poisson avec un linge; car, après cette opération , elle se lu- 
brilie de nouveau par le muctis qui s'étend de l'ouverture de tous ces pores sur les autres 
parties du corps. 

Dessous cet enduit, qu'il est facile de faire coaguler et d'enlever ensuite, se trouve la peau 
proprement dite. J'ai surtout étudié son anatomie microscopique dans les Salmonidés, vt 
voici ce que jai observé quant à sa structure. 

La peau du Coreyonus Palœa, partout où elle est couverte d'écailles, se compose de trois 
couches, savoir : d'une couche inférieure fibreuse, d'une couche moyenne tendineuse et d'une 
couche supérieure épidermoidale. La couche inférieure, unie par un tissu cellulaire assez fort 
et épais aux feuillets tendineux qui séparent le grand muscle latéral, est très-lisse et mince ; elle 
se détache très-facilement de la couche moyenne, mais adhère fortement au tissu sous-cutané. 
Les fibres dont elle se compose, assez semblables, au premier aspect, à celles du tissu élastique, 
sont larges, droites, rubannées, très-transparentes, mais raides et cassantes. Elles se réu- 
nissent en faisceaux d'une épaisseur variable, dont j'ignore encore la disposition, attendu que 
la matière argentine qui recouvre toute la couche la rend tellement opaque, que c'est à peine 
si, à force de recherches, l'on parvient à s'assurer de l'existence d'une base fibreuse, sur la- 
quelle sont placées les cellules ou paillettes de la matière argentine. M. Mandl a figuré ces cel- 
lules sans émettre aucune opinion sur leur nature. Quant à moi, je ne doute nullement que ce ne 
soient des cellules épithéliennes isolées, de la classe des épithélium stratifiés, intérieurs, aplatis, 
comme on en voit si souvent dans d'autres formations épithéliennes. Ces mêmes cellules argen- 
tines se retrouvent encore, quoique en moins grand nombre, sous la couche épidermoidale 
de la peau. La couche moyenne offre un aspect tout différent. Plus épaisse que la précé- 
dente, c'est elle qui donne à la peau du poisson sa consistance : elle se compose de fibres 
très-minces, qui ne se réunissent pas en faisceaux, mais se croisent presque à angle droit. 
Ces fd)res ressemblent si parfaitement aux fibres tendineuses de l'homme, que je crois pou- 
voir me dispenser de les décrire. 

La couche épidermoidale est celle qui doit surtout nous intéresser, parce qu'elle se trouve 
en rapport direct et constant avec les écailles. Elle est très-mince, parfaitement diaphane , et 
forme à elle seule les poches dans lesquelles les écailles sont implantées. On y apperçoit ça et 
là quelques tâches de piment noir ; j'y ai égalemant reconnu des vaisseaux sanguins formant 
des réseaux à sa face intérieure; mais, malgré sa transparence, je n'ai pu y découvrir 
aucune trace de fibres, quelque peine que je me sois donnée. En revanche, on y dis- 
tingue des lignes concentriques, analogues à celles des écailles; je me suis même assuré 
que ces lignes de la poche correspondent tout à fait aux lignes concentriques de l'écaillé. 



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Il en est de même des plis longitudinaux qui correspondent parfaitement aux sillons en 
éventail. 

M. Peters est arrivé à peu prés aux mêmes résultats; seulement il sépare ce que j'ai appelé 
couche épidermoidcde en plusieurs couches; il veut y trouver un épithélium à cellules en pavé, 
et une couche particulière de piment. Quant à la première , elle existe en effet, comme j'ai 
pu m'en assurer par des recherches réitérées; on en trouve toujours des fragmens dans la 
mucosité , qui recouvre le corps , mais la couche à piment n'est pas une couche particuhère , 
les cellules colorées sont dispersées ça et là dans la peau, et ne forment pas une couche distincte. 

STRUCTURE DES ECAILLES. 

La structure des écailles dont on s'était fort peu occupé autrefois a de nouveau attiré l'atten- 
tion des savans. De nouvelles recherches ont été provoquées par les résultats assez contradic- 
toires aux miens, que M. Mandl a exposés dans un mémoire sur les écailles des poissons (*) et 
que j'ai refutés plus tard (**) et par le rapport qu'à fait sur ces débats M. Peters (***), qui con- 
firme en partie les résultats obtenus par M. Mandl et en partie ceux auxquels je m'étais arrêté. 
Envisageant l'étude des écailles comme un point important pour l'ichthyologie, j'ai repris 
de nouveau ce sujet en dirigeant mon attention principalement sur les points en litige, et 
j'espère que les résultats que je présente ici n'auront plus à subir de modifications impor- 
tantes. 

Pour se faire une juste idée de la structure des écailles , il faut commencer par l'étude des 
écailles les plus simples, par celles des Cycloides (Tab. H. fig. i — 9). En regardant une écaille 
sous le mici'oscope, on y découvre d'abord un grand nombre de l'ujnes fines, noires et en gé- 
néral concentriques. H y a des écailles (Tab. H. fig. i), où chaque ligne forme un cercle 
complet, et où la première, comme la dernière répète exactement le contour de l'écaillé. 
Dans d'autres écailles , ces lignes sont plus irrégulières et diversement contournées , tout en 
répétant plus ou moins la forme des contours. Elles sont surtout développées sur la partie an- 
térieure de l'écailIe, où elles sont aussi le plus régulières. Sur la partie postérieure des écailles, 
qui recouvre d'ordinaire la partie antérieure de l'écaillé suivante et qui n'est elle même recou- 
verte que par un feuillet mince de l'épiderme, les lignes concentriques sont en général plus 
irrégulières et interrompues ou bien elles manquent entièrement, de sorte que toute cette 
partie est souvent lisse et unie. D'autres écailles ont le bord parfaitement lisse et uni, surtout 
dans la partie antérieure, et les lignes ne commencent qu'à une certaine distance du bord. Au 
centre d'accroissement qui, très-souvent, est plus ou moins excentrique, les lignes sont ré- 
duites à de petits corpuscules de forme très-variable, plus ou moins isolés qui s'élargissent in- 

(*) Annales des se. nat. Tom. XI, d839 p. 337. 
(") Annales des se. nat. Tom. XIV, 18/40 p. 97. 
(***) Mûller, Archiv fur Anatomie etc. Jahrg. 1841 p. CCIX. 



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sensiblement jusqu'à ce qu'elles forment des lignes concentriques distincte?. Ce passage des 
corpuscules du centre aux lignes concentriques s'observe surtout chez les Labroides (fig. 5 
L;d)rus; lig. 9 Julis) et chez plusieurs autres genres. Les lignes sont plus ou moins serrées, 
souvent tellement rapprochées qu'il faut des grossissemens considérables pour pouvoir les 
suivre isolément; d'autres fois elles sont très-espacées , mais elles ne manquent jamais en- 
tièrement. Dans beaucoup de cas, leur contour est parfaitement uni et lisse, comme une 
ligne gravée au burin; mais le plus souvent, et surtout quand on les observe sous 
des grosissemens considérables, elles parraissent dentelées et crénelées, et quelque fois, 
lorsqu'on place le foyer d'une certaine manière, elles ont l'air d'être composées de petits 
corpuscules en relief rangés à la file les uns des autres. Ces lignes projettent presque tou- 
jours sous le microscope une ombre, qui se perd vers l'intérieur de l'écaillé et qui parait 
être le résultat de leur élévation au-dessus du plan de l'écaillé, si toute fois elles ne sont pas 
le résultat d'un clivage superficiel. Nous allons voir plus bas à quelles circonstances il faut 
attribuer les formes si variées qu'affectent les lignes. 

Une seconde particularité qui frappe à la première inspection des écailles, ce sont des 
lignes plus ou moins droites qui, dans la plupart des cas , rayonnent du centre d'accroissement 
vers les bords, et que nous appelons les silloj^s, parceque ce sont réellemment des sillons qui 
pénètrent plus ou moins dans l'épaisseur de l'écaillé. On a prétendu que c'étaient des canaux. 
ISi M. Peters ni moi n'avons jamais pu les reconnaître pour tels. Le nombre de ces sillons varie 
à l'infini ; il y a des écailles qui en sont entièrement dépourvues (fig. i Salmo) ; il y en a 
d'autres où leur nombre égale et dépasse même celui des lignes concentriques (fig. U Cobitis). 
C'est en général sur la partie antérieure de Técaille que les sillons sont le plus développés 
(fig. 2 Esox ; fig. 5 Labrusj ; quelques fois aussi ils rayonnent seulement en avant et en ar- 
rière, tandis que les côtés de lécaille en sont dépourvus (fig. 9 Julis). Ce sont en général des 
lignes droites, qui commencent près du centre d'accroissement de lécaille et coupent sous 
des angles plus ou moins aigus les lignes concentriques; mais, en général, ils sont à angle 
droit aves ces dernières. On observe aussi assez souvent un réseau plus ou moins développé 
de mailles par fois très-serrées, autour du centre d'accroissement (fig. 9 Julis); c'est alors 
de ce réseau que partent les sillons qui rayonnent en éventail. Les contours des sillons sont 
en général bien accusés, lisses et noirs des deux côtés, quoique pourtant souvent moins nets 
que ceux des lignes concentriques. Us sont parallèles dans la plus grande partie des écailles 
et s'évasent quelques fois vers le bord ; mais il arrive aussi que les sillons présentent des 
élargissemens et des rétrécissemens successifs, et il y a même des cas où ils ressemblent 
aux cases d'un échiquier qui se touchent par leurs angles. La largeur des sillons varie 
beaucoup ; ceux qui sont évasés sont en général les moins nets tandis que d'autres vus sous 
le microscope ressemblent plutôt à des fissures étroites, projetant de larges ombres, qu'à 

des gouttières évasées et peu profondes. 

ToM. I. 10 



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Tels sont les résultats que l'on obtient en examinant les écailles simplement au micros- 
cope, sans autre préparation préalable. Mais l'on pressent qu'une pareille étude n'est pas 
suffisante pour rendre compte de leur structure intime. Pour se faire une juste idée de la 
manière dont ces lignes et ces sillons sont formés , il faut avoir recours à des coupes faites 
dans différons sens (telles que nous en avons représenté de Labrus fig. 6 — 8, de Sphyrœna 
fig. il et 12, de Corniger fig. 15, de Scatophagus fig. 17), à la macération et aux réactifs 
chimiques. On se convainc alors que chaque écaille de Cycloide est formée de deux couches 
distinctes et superposées, qui toutes deux sont lamelleuses, mais dont le plan de stratification 
est différent, la couche interne étant continue et entière, tandis que la couche exterbe, qui seule 
montre des lignes concentriques et une grande partie des sillons, est souvent interrompue. 

Les lames de la couche inférieure (fig. 6 — 8 Labrus; fig. 11 et 12 Sphyrsena; fig. 15 Cor- 
niger) sont toujours parallèles au plan de l'écaille et simplement superposées. On voit quel- 
ques fois sur les lignes de séparation des traces de crénelures, comme si les différentes 
lames qui se succèdent étaient engrenées les unes dans les autres par des saillies et des 
enfoncemens. Ce qui prouve que cette couche est bien réellement composée de lames su- 
perposées, c'est que ces lames se présentent toujours de la même manière, dans quelle direc- 
tion que l'on fasse la coupe de l'écaille, tandis que si c'étaient des fibres, courant dans 
une certaine direction, les coupes devraient les faire voir tantôt dans toute leur longueur, 
tantôt coupées plus ou moins obliquement. Ces lames sont au reste transparentes, quel- 
quesfois d'une couleur tirant au jaune; elles ne présentent jamais de corpuscules ni au- 
cune trace de cellules constitutives. Elles se ramollissent par la macération et la cuisson , 
et se séparent très-facilement. 

Au-dessus de cette couche se trouve une seconde couche, qui porte en elle les conditions 
des ornemens de l'écaille. La substance de cette couche est plus dure , plus cassante et plus 
transparente que celle de la couche inférieure; elle n'a jamais cette teinte jaunâtre et 
dans la plupart des cas, on n'y distingue aucune structure particulière. Dans les écailles 
minces, c'est comme un vernis séché et racorni dont on aurait couvert la superficie de 
l'écaille. Mais dans les écailles épaisses des Labres (fig. 6 — 8) et d'autres genres, on aper- 
çoit distinctement, sur les coupes verticales, des traces de stratification , mais d'une strati- 
fication discordante avec celle de la couche inférieure. Le plan des lames ne répond pas 
à celui de l'écaille toute entière, mais elles sont couchées l'une sur l'autre comme les tuiles 
d'un toit, et plus ou moins imbriquées. Il y a des Labres où les lames approchent de la ver- 
ticale; tandis que d'autres poissons, les Myripristis, par exemple, ont les lames supérieures pres- 
que horizontales; c'est cette concordance remarquable des couches dans ce dernier genre, qui 
m'a fait commettre l'erreur d'envisager la couche supérieure comme identique avec la couche 
inférieure; et je dois convenir que la faible discordance de stratification qui existe m'a com- 
plètement échappé dans l'origine. 



— 71 — 

Les lignes concentriques paraissent être le résultat du développement inégal de la couche 
supérieure. Quant aux lignes simples, telles qu'on les observe chez les Salmonidés (fig. l),Ies 
Clupes, les Labres, (lig. 9 Julis) etc. qui tantôt ressemblent à un trait noir, projetant une 
ombre, tantôt paraissent composées d'une agglomération de petits corpuscules ronds, comme 
les perles d'un rosaire, ou bien forment des crénelures ou pectinations continues, ce sont des 
crêtes et des aspérités, dont la couche supérieure est hérissée. Les crêtes continues et plus ou 
moins fortes forment les lignes simples ; les lignes en rosaire au contraire sont formées d'as- 
pérités disposées irrégulièrement; ce sont celles qui se trouvent surtout près du centre d'ac- 
croissement de l'écaillé. 11 suffit pour s'en convaincre d'examiner des coupes d'écaillés à 
lignes concentriques espacées et fortement ombrées, telles que sont surtout les écailles de 
SphjTène (fig. 10 — 12). On voit alors qu'à chaque ligne correspond une carène relevée, 
à chaque ombre un enfoncement entre deux carènes. Il est ensuite facile de retrouver ces rap- 
ports sur d'autres écailles, surtout en faisant des coupes un peu obliques qui permettent de 
voir sur la même coupe , les rapports des lignes de la surface avec la structure de la couche 
supérieure. 

Ce fait une fois reconnu , nous donne la clef de tous les ornemens si variés que l'on ren- 
contre sur les écailles. On comprend alors que la couche supérieure, au lieu d'être continue, 
soit déposée le plus souvent en coins rayonnans, remplissant les espaces entre les sillons, 
comme dans les Sphyrènes (fig. iO), ou bien en bandes concentriques, ou bien en carrés 
diminuant vers le centre d'accroissement. C'est ainsi que les Mottelles (fig. 15) portent des 
bandes étroites de couches superficielles concentriques qui font le tour de l'écaillé et sont sur- 
montées au milieu d'une rangée d'aspérités, de manière qu'on aperçoit d'en haut des 
lignes concentriques en rosaire, bordées de chaque côté par des lignes parallèles con- 
tinues, très-fines et peu marquées, qui sont précisément les bords de ces bandes étroites, 
de la couche supérieure. Chez les Merluches, des lignes simples et fortement ombrées 
sont bordées de chaque côté de fines lignes anfractueuses, et cela parce qu'ici les bandes 
sont plus larges, élevées en crête au milieu, et leurs Hmites sinueuses. On acquiert ainsi 
la certitude que les sillons ne sont autre chose que des espaces, sur lesquels il ne s'est 
pas déposé de couche supérieure, et où la couche inférieure parait à jour comme fond du 
sillon. 

Telle est l'origine de ces sillons plus ou moins larges et évasés que l'on rencontre sur la 
plupart des écaillés. Mais les sillons étroits et fortement ombrés ne sont pas restreints à la 
couche supérieure; ils pénètrent aussi les couches inférieures et ici ce sont de véritables 
sutures comme l'a fort bien reconnu M. Peters. En effet, si l'on examine la coupe transversale 
d'une écaille à nombreux sillons, d'un Labre par exemple (fig. 6 — 8), en ayant soin de la di- 
riger de manière qu'elle coupe les sillons à angle droit, la coupe aura la forme d'un bâton 
à nœuds successifs , et l'on verra que l'évasement extérieur est causé par l'absence de la 



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couche supérieure, mais que de là une fissure traverse toutes les lames de la couche inférieure. 
Dans d'autres écailles, celles de Sphyrène par exemple (fig. 12), ces fissures n'existent pas et 
les sillons ne sont représentés que par des enfoncemens entre les accumulations de la couche 
supérieure. Ainsi s'expliquent toutes ces formes si variées des sillons, en case d'échiquier, plus 
ou moins contournés; elles ne sont que la conséquence de l'accumulation plus ou moins ré- 
gufiére de la substance de la couche supérieure. 

Telle est la structure si simple des écailles de Cycloides. Je n'ai pu me convaincre de l'ex- 
istence d'autres élémens constitutifs. On a parlé de corpuscules cartilagineux, qui for- 
meraient au miheu de l'écaillé une couche particulière; on en a signalé d'autres à la face 
supérieure et à la face inférieure. Les corpuscules supérieurs ne sont autre chose que des 
aspérités de la couche superficielle; quant à ceux de la face inférieure, je dois faire l'aveu que 
je n'en ai jamais trouvé dans des écailles intactes. Les corpuscules qui, dit-on, forment une 
couche particulière au milieu de l'écaillé se voient, il est vrai, assez souvent sous la forme 
d'ovales ou de carrés à contours ombrés et indistinctement limités, et je les ai représentés 
(fîg. 5) dans l'écaillé du Labrus carneus. On les remarque encore, quoique pâlis, dans des 
écailles traitées à l'acide et dans des écailles brûlées. Mais je n'ai pu m'assurer que 
ce sont réellement des corpuscules solides ; leur dispersion très-inégale, leur nombre excessive- 
ment varié dans des écailles prises sur le même poisson les rendent suspects ; il m'a d'ailleurs 
paru que leur nombre augmentait par le froissement de Técaille. Je penche donc à croire , 
que ce sont des espaces vides, où les couches et les lames se sont séparées, des solutions 
de continuité entre la couche supérieure et la couche inférieure de l'écaillé, qui, par leur 
réfraction différente prennent l'apparence de corpuscules solides. Le fait que ces prétendus 
corpuscules ne se trouvent que dans des écailles épaisses et rigides parait du moins militer 
en faveur de cette opinion. 

Nous arrivons maintenant aux écailles de Cténoides (fig. ih — 20). On sait qu'elles se dis- 
tinguent par leur bord postérieur en forme de scie dentelée, qui donne au poisson une sur- 
face rude et âpre. Nous trouverons du reste ici les mêmes élémens que chez les Cycloides. 
Les deux couches , les lames en stratification discordante , les lignes concentriques de forme 
et de dessin variés , les sillons tantôt rayonnans tantôt circulaires , tout cela s'y trouve avec 
des modifications non moins variées. Mais s'il n'y a rien de nouveau à ajouter aux résultats 
que nous venons d'exposer et qui s'appliquent tout aussi bien aux Cténoides, nous y trouvons 
des particularités qui résident uniquement dans la couche supérieure de l'écaillé et qui 
donnent anx Cténoides un aspect tout différent. En effet, toutes les écailles sont hérissées à 
leur bord postérieur de piquans ou de dentelures qui, quoique en général trop petits pour être 
aperçus à l'œil nu , les rendent cependant après au toucher. Chez certaines espèces , elles 
sont même très-visibles. Examinés au microscope , ces piquans offrent deux types bien dis- 
tincts. Les uns présentent seulement une simple rangée de dentelures fortes et épaisses, si- 



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luée au bord même de l'écaillé. Ce sont tout simplement des écliancrures plus ou moins 
profondes du bord postérieur de la couche superficielle , qui donnent lieu à la formation des 
dentelures des Comiger (fig. ik), des Myripristis et d'autres genres à une seule rangée 
de dentelures. On voit des crêtes émoussées et longitudinales partir du centre d'accroisse- 
ment, s'élever petit à petit, s'arrondir et finir par former des pointes plus ou moins acérées; 
tandis que les vallons entre les crêtes, devenant de plus en plus profonds, finissent par 
prendre la forme d'échancrures parfaites. La couche inférieure ne prend aucune part à la 
formation de ces épines, comme on peut s'en convaincre par l'inspection d'une coupe longitu- 
dinale d'une écaille de Comiger spinosus. Mais dans les écailles des Cténoides à doubles rangées 
de dentelures, où très-souvent toute la partie postérieure des écailles est hérissée de pareilles 
aspérités, placées en quinconce ou en séries concentriques et rayonnantes, les choses se passent 
autrement. Ici aussi la rangée extérieure qui forme le bord immédiat de l'écaillé, n'est très- 
souvent que la couche supérieure échancrée; c'est ce dont il est facile de s'assurer en 
examinant des écailles et des coupes d'écaillés de Scatophage (fig. 16) et des genres voi- 
sins. Mais il n'en est pas de même des rangées internes; ce sont des corpuscules propres, im- 
plantés sur la couche supérieure de l'écaillé et qui ne diffèrent en rien , quant à leur subs- 
tance, de la couche supérieure de l'écaillé; ils sont, comme celle-ci, transparens et cassans 
et paraissent en général lamellaires sur les coupes, quoique cette apparence soit encore 
moins distincte que dans la couche supérieure. Ces corpuscules sont en général implantés 
par une base plus ou moins carrée sur l'écaillé , et selon les genres , ils sont diversement 
ornés à leur surface. Chez les uns, ils forment des pyramides à base carrée, à pointe déprimée 
et tronquée; chez d'autres, ils sont plus triangulaires, faisant à peine saillie sur la surface de 
l'écaille; chez d'autres encore, ils sont échancrés à leur bord postérieur, et dans cette échan- 
crure s'insinue la pointe du corpuscule suivant. Sur les coupes, les corpuscules se montrent 
distinctement séparés de l'écaille, et cette séparation va même si loin, dans quelques genres, 
que toute la partie postérieure de l'écaille est formée uniquement de corpuscules enchâssés , 
sans que l'on puisse apercevoir aucune trace des couches continues qui leur servent de base. 
On a voulu voir dans ces corpuscules de véritables dents munies de sacs et de racine. Etrange 
illusion ! Ce sont des formations tout à fait analogues à la couche supérieure et qui sont 
déposées sur cette dernière , comme les Hgnes et les bandes de la couche supérieure le sont 
quelquefois sur la couche inférieure. 

Si les variétés nombreuses de forme et de dessin , que l'on rencontre dans les deux ordres 
que nous venons de passer en revue, sont de nature à embarasser quelques fois la classifica- 
tion, ces difficultés sont bien plus grandes quand on aborde l'ordre des Ganoides, car ici la 
conformité des élémens ne peut plus servir de guide. Chez les Cycloides comme chez les Cté- 
noides, il n'y a que deux substances distinctes qui présentent les mêmes caractères dans toute 

la série , qu'elle que soit la forme sous laquelle elles se montrent. Chez les Ganoides , au 

10* 



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contraire, non-seulement les ornemens extérieurs, les diverses rides et aspérités, sont tout aussi 
variés; mais, les substances qui composent l'écaillé, sont tantôt de l'os, tantôt des cartilages, 
de la dentine, de l'émail, de la substance cornée ou tout autre tissu que l'on sait entrer dans 
la composition des organes des animaux. Aussi , autant il est facile de distinguer sous le mi- 
croscope, comme à l'œil nu, les écailles de Ganoides de celles des autres ordres, autant il est 
difficile de leur assigner un caractère commun, auquel on puisse les reconnaître en toute cir 
constance. Elles sont en général beaucoup plus épaisses que les écailles des Cycloides et des 
Cténoides, et la couche extérieure qui les recouvre est tellement distincte, qu'elle est pres- 
que toujours reconnaissable à l'œil nu. Mais ces caractères sont trop superficiels, et il faut 
entrer dans des détails plus minutieux pour en faire comprendre la structure variée. 

La structure la plus commune des écailles des Ganoides est celle d'un écusson osseux 
recouvert d'une couche d'émail. Toute la grande tribu des Sauroides, Vol. 2. Tab. G. fig. 
8 — 10, i i, si répandue dans les créations éteintes, les Lépidoides dont on ne connaît pas de re- 
présentans vivans, lesSiluroides Vol. 1 Tab. H. fig. 27 — 29, les Accipenseroidesfig. 21 et 22 et les 
Goniodontes fig. 30 — 52 sont revêtus de ces écailles osseuses à surface émaillée. Ces écailles sont 
en général plus ou moins rliomboidales, imbriquées, à surface lisse et luisante. Leurs ornemens 
sont excessivement variés. Ce sont des rides rayonnantes, des dessins réticulés , des aspérités 
sous forme de collines et des crêtes, etc.; il y a même quelques genres vivans (dont nous 
traiterons à la fin de cet article), où il se forme de véritables piquans à la surface de l'écaillé. 
Les écailles sont toujours, comme je ^iens de le faire remarquer, composées de deux couches 
distinctes : l'une, l'inférieure, est du véritable tissu osseux, parfaitement caractérisé par ses 
corpuscules fusiformes, qui donnent lieu à des ramifications effilées, et par tous les caractères 
physiques et chimiques qui distinguent les tissus osseux. Cette substance osseuse est toujours 
déposée en lames superposées, qui sont surtout bien visibles dans les écailles épaisses, où il 
n'y a pas beaucoup de canaux médullaires qui traversent la couche osseuse. Les corpuscules 
sont déposés , comme dans les os, dans le sens des lames ; leurs ramifications traversent rare- 
ment les lames elles mêmes; elles sont plutôt couchées dans le même plan que ces dernières, 
de sorte qu'on ne les voit pas distinctement sur des coupes, mais bien sur de fines lames hori- 
zontales, qu'on se procure en usant les écailles sur une pierre. 

La couche d'émail est surtout frappante dans les Lépidoides et les Sauroides Vol. 2. Tab. G. 
fig. 9, IS; elle est parfaitement séparée de la substance osseuse et formée d'une matière 
dure, cassante, transparente et sans structure apparente, semblable à une couche de verre. 
Les ornemens de la surface en relèvent presque exclusivement; c'est elle qui forme ces rides. 
ces arêtes, ces granulations, dont très-souvent la surface de ces écailles est parsemée. Chez les 
Accipenserides fig. 21 et 22, la couche d'émail devient déjà plus mince, et chez les Siluroides etles 
Goniodontes fig. 27 — 52, elle commence à se confondre avec la couche osseuse. Petit à petit 
cette dernière perd ses corpuscules et ses traces de stratification : elle devient plus transparente 



— 75 - 

et plus cassante, et il en résulte à la lin une couche homogène recouvrant l'écaillé, qui est 
assez différente des couches osseuses inférieures, bien qu'il existe des passages insensibles de 
l'une à l'autre. 

Les canaux médullaires, qui traversent ces écailles osseuses méritent une attention toute 
particulière. Dans certains types, le Lépidostée par exemple, (Vol. 2. Tab. G. fig. 8), ils sont 
très-rares, perçant seulement l'écaillé de haut en bas et débouchant le plus souvent au centre 
d'accroissement de l'écaillé par des trous visibles à l'œil nu ; dans d'autres, de nombreux canaux 
njontent de la surface inférieure de l'écaillé et viennent s'étaler en un réseau quelquefois fort 
compliqué de canaux et de mailles entre les deux couches d'os et d'émail, où ils occasionnent 
souvent, grâce à la transparence de l'émail, des dessins fort élégans fig. 30 Hypostoma; fig. 
27 Callichthys ; Vol. 2. Tab. G. fig. {h Polypterus. Ces mailles et ces réseaux sont quelquefois 
tellement développés , qu'ils forment des vides considérables et que la couche d'émail n'adhère 
à l'os que par des piliers isolés qui supportent l'émail comme une voûte, et que l'on peut faci- 
lement enfoncer par la pression du doigt. Tous ces réseaux aboutissent à la surface par de 
nombreux canaux et il est probable qu'ils reçoivent des vaisseaux non-seulement par le bas, 
mais aussi par le feuillet supérieur de la peau qui forme une poche autour de l'écaillé. 

Dans d'autres Ganoides, tels que les Ostraciontes (fig. 26), les écailles sont formées de 
substances toutes différentes. La couche inférieure est une substance cornée déposée par 
lames et afTecfanl des formes très-diverses dans la même écaille ; elle est recouverte d'une 
couche épaisse de dentine très-bien caractérisée par ses tubes calcifères ramifiés, qui res- 
semblent en tout aux tubes calcifères des dents. C'est surtout dans les collines, les rides et 
les aspérités de la surface , que cette dentine et les tubes calcifères qu'elle renferme , sont le 
plus développés. 

Chez d'autres enfin, par exemple le Lépidosiren (fig. 23 — 25), la couche inférieure de l'écaillé 
est formée d'une substance fibreuse à fibres croisées, qui est recouverte d'un émail assez 
épais, dur et déposé non pas en couche uniforme, mais en plaques hérissées de pointes et 
d'aspérités, qui sont séparées par des sillons onduleux, formant des réseaux à mailles ordinai- 
rement quadrangulaires. 

Il y a enfin des exemples rares de Ganoides. sur les écailles desquels on trouve des piquans 
semblables à ceux des Cténoides ; ils sont dispersés sur toute la face postérieure de l'écaille , 
«lu'ils rendent par-là âpre au toucher , ce qui n'est ordinairement pas le cas chez les Ganoi- 
des. Ce sont de véritables dents développées à la surface des écailles, mais qui n'ont pas le 
moindre rapport dans leur structure avec les piquans des Cténoides, qu'un auteur récent à 
voulu prendre pour des dents. Elles ont en général la forme des piquans d'oursins, chez 
les Hypostoma par exemple ( fig. 32 ) ; leur base rélrécie et pointue s'adapte dans un trou 
de la surface de l'émail, par lequel la substance médullaire de la dent communique avec 
les vaisseaux de la peau; leur base est fixée sur le trou par un tissu fibreux. La dent est 



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ronde et pointue , et renferme une cavité pulpaire qui reproduit le contour de la dent elle- 
même, exactement comme dans une dent des mâchoires; de celte cavité rayonnent une mul- 
titude de tubes calcifères dans tous les sens. Ce développement de la dentine sur les écailles, 
où elle forme non-seulement une couche, mais de véritables dents, mérite certainement la 
plus grande attention. Nous verrons qu'il est encore plus remarquable chez les Placoides , " 
où la dentine forme une partie essentielle des formations durcies de la peau. 

Les Placoides enfin se font remarquer par la grande variété de formes que présentent leurs 
écailles. Tantôt ce sont de petites esquilles dentelées, pointillées, qui donnent à la peau une 
âpreté partulière, qui est surtout caractéristique dans le chagrin des Requins; d'autres fois ce 
sont de grandes plaques arrondies, reposant par une base large dans la peau, avec une espèce 
de bouton creux au milieu, du centre duquel s'élève une pointe plus ou moins courbe et 
aiguë, qui devient quelquefois une défense assez redoutable, par exemple, chez certaines Raies. 
Fig. 33 — 35 Raja clavata. Je n'ai pas encore eu l'occasion d'étudier, comme je l'aurais voulu, 
la peau des Placoides et les formes et la structure de ces parties dures. Je 'suis sur que l'on 
pourrait tirer d'une pareille étude des conséquences d'un grand intérêt pour la classification 
de ces animaux; mais le peu de recherches que j'ai pu faire, m'ont appris que toutes ces 
parties sont essentiellement formées de dentine parfaitement caractérisée par ses tubes calci- 
fères et ses autres propriétés physiques. Dans les grands piquans de Raies, fig. 35, la base 
circulaire est formée par un tissu carlilagino-fibreux, dans lequel sont déposées des matières 
calcaii'es affectant des formes étoilées très-élégantes. La dent elle-même qui surmonte l'écaillé 
renferme une large cavité pulpaire, de laquelle les tubes calcifères rayonnent vers la surface, 
absolument comme dans une dent de mâchoire. Je n'ai pu découvrir de cavité pulpaire bien 
accusée dans les petites pointes et esquilles de la peau des Requins, mais les tubes calcifères 
existent, comme dans les grands écussons des Raies. 

Quant aux piquans et aux défenses, propres aux nageoires des Silures, des Balistes, des 
Cestraciontes , des Hybodontes et des Raies , je renvoie mes lecteurs au chapitre du troisième 
volume, qui traite en détail de leur structure microscopique. 

Quelques genres de poissons n'ont point d'écaillés du tout, ni d'autres parties analogues; dans 
ce cas, l'épiderme repose immédiatement sur la couche de piment qui colore la peau, tels sont 
les Myxines, les Pétromyzons, etc. Mais chez la plupart des poissons, les écailles sont plus 
ou moins développées, et leur position, leur forme, leur consistance et la nature de leur sur- 
face varient à l'infini. Elles sont contenues dans des cavités muqueuses ou dans de petites 
poches formées par le corion, auxquelles elles n'adhèrent cependant pas par des vaisseaux. 
Maintenues dans leur position par une duplicature de l'épiderme, qui embrasse leur bord 
postérieur, elles sont formées de lames ou de feinllels cornés ou calcaires, superposés les 
uns aux autres et qui sont sécrétés à la surface du corion ; ces feuillets s'attachent successive- 
ment à la surface inférieure des précédens . avec lesquels ils se soudent par des couches de 



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mucus durci. Pour se faire une juste idée de ce dévcloppemcnl , il faut l'examiner d'abord 
dans les ^em'es de poissons où les écailles paraissent présenter ces dispositions à l'état le plus 
simple, par exemple dans les Ajiguilles, les Brochets, les Cobilis et les Leuciscus. L'écaillé 
est renfermée, chez ces poissons, dans un enfoiicemenl du corion; son bord antérieur 
(celui qui est ordinairement recouvert par limbrication ,) repose librement dans la partie 
antérieure de la cellule de l'écaillé; son bord postérieur, au contraire, est maintenu dans 
un pli de l'épiderme qui recouvre la partie extérieure visible de chaque écaille, et qui, pas- 
sant du bord postérieur à la surface interne , en recouvre aussi une partie , se continue de 
là à la surface externe de l'écaillé suivante, et ferme ainsi l'enfoncement du corion dans le- 
quel gisent les écailles, comme on peut le voir à la fig. 1^ de la ïab. B. du Vol. 2. De cette 
manière , c'est le bord postérieur de chaque écaille qui est lixé dans un pli de la peau , celui 
qui par suite de la superposition ou de l'indjrication des écailles parait être libre , et que l'on 
. envisage ordinairment comme tel ; tandis que c'est le bord antérieur , celui qui est recouvert 
par les écailles précédentes, qui s'avance librement dans la cellule. 

Les écailles de la plupart des poissons sont imbriquées les unes sur les autres connue 
des tuiles, c'est-à-dire que celles d'une série antérieure recouvrent, par leur bord pos- 
térieur, le bord antérieur de celles de la série suivante; et cette imbrication peut laisser à dé-* 
couvert une partie plus ou moins considérables des écailles , non-seulement de leur bord pos- 
térieur, mais encore des bords supérieur et inférieur. Cette superposition donne aux écailles 
leur forme apparente , qui est très-souvent fort différente de leur forme véritable ; car une 
écaille oblongue peut être recouverte d'avant en arrière de manière à paraître plus haute que 
longue , tout comme une écaille large et courte peut paraître plus longue que haute lorsque 
ses bords supérieur et inférieur sont recouverts et que l'imbrication d'avant en arrière 
ne cache qu'une partie du bord antérieur. Ainsi, il faut distinguer dilïérens modes dimbrica- 
tion : le plus simple est celui où les écailles de chaque série transversale sont simplement 
accolées par leurs bords supérieur et inférieur , tandis que lenr partie antérieure est seule 
recouverte par le bord postérieur des écailles de la série qui pi'écède. Cette disposition 
est celle de presque tous les Ganoïdes; tantôt les écailles des séries consécutives alternent 
les unes avec les autres, de telle sorte que les bords supérieur et inférieur d'une série 
antérieure correspondent au milieu de l'écaillé de la série suivante, par exemple, dans la 
partie antérieure du tronc du Lépidostée, (Vol. 2. Tab. B. et Tab. B. fîg. 2.); tantôt 
ces bords sont placés à la file les uns des autres, par exemple, dans la partie postérieure 
(lu tronc du Lépidostée, (Vol. 2. Tab. A. et Tab. A. fîg. 10.), où bien ils dévient 
tant soit peu vers la partie supérieure ou inférieure de l'écaille suivante , par exemple , 
dans le Polypterus (Vol. 2. Tab. C.j; 'tantôt les bords supérieur et inférieur de deux écailles 
voisines sont simplement juxta-posés et s'appliquent l'un contre lautre par des côtés coupés 
carrément, (Tab. B. fig. 10 et H.); ou bien ils sont taillés en biseau, en sens inverse, 
ToM. I. H 



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au bord supérieur et au bord inférieur, de manière à pouvoir s'unir plus intimement 
dans leur superposition partielle, par exemple Tab. B. fig. 2. 3 et 4; ou enfin le bord supé- 
rieur d'une écaille est muni d'un onglet ou crochet très-saillant qui correspond à une échan- 
crure du bord inférieur de l'écaillé supérieure dans lequel il est engaîné; telles sont les 
écailles des fig. 16, 17, 18, 19 et 20 de la Tab. B. 

Un autre mode d'imbrication est celui où les écailles ne se recouvrent pas seulement par 
séries d'avant en arrière , mais où , dans chaque série , chaque écaille supérieure recouvre 
par son bord inférieur une partie plus ou moins considérable du bord supérieur de l'écaillé 
inférieure. Plus l'imbrication est développée dans ce sens, et plus les écailles paraissent 
étroites ; il arrive même quelquefois que de celte manière une série longitudinale d'écaillés, à 
laquelle on donne le nom de ligne latérale, se trouve presque entièrement cachée, par exemple 
dans le Brochet, les Corégones, etc. 11 résulte aussi de cette imbrication de nombreuses mo- 
difications dans l'aspect extérieur des écailles, suivant le mode d'alternauce des écailles dans 
les séries dorso-ventrales successives ; car, suivant l'inclinaison de ces séries , une écaille su- 
périeure d'une série quelconque peut recouvrir simultanément, avec une écaille inférieure de 
la série précédente, une grande partie des deux côtés de l'écaillé qu'elles bordent, suivant 
qu'elles sont elles-mêmes plus ou moins rapprochées, par exemple, chez les Leuciscus et 
les Perches. Les écailles qui ne sont pas imbriquées sont ou fort petites et plongées dans la 
peau de manière à y devenir imperceptibles à l'œil nu, ou bien en forme d'écussons ou de 
dards, tantôt hérissant également toute la surface du corps (les Diodons), tantôt la recouvrant 
comme les plaques d'un parquet (les Coffres), ou enlin formant, dans certaines régions du 
corps, des séries particulières, tandis que le reste de la surface est garni d'autres écailles (les 
Esturgeons, les Raies, etc.). 

11 résulte de là que la position des écailles est très- variée ; cependant on distingue ordinai- 
rement des séries assez régulières, pour qu'on puisse en déterminer la position avec précision, 
surtout pour les écailles indîriquées. Ces séries sont disposées obliquement d'avant en arrière 
depuis le milieu du dos au milieu du ventre; ce sont les séries dorso-ventrales. Ordinairement, 
dans chacune d'elles, les écailles dorsales sont plus petites, celles du milieu des flancs sont les 
plus grandes, puis elles diminuent de nouveau de grandeur et c'est sous le ventre que l'on 
observe les plus petites de toutes ; mais il y a des exceptions à cette disposition générale , et 
quelquefois ce sont les écailles inférieures qui sont les plus grandes. Presque toujours l'on 
remarque, vers le milieu de ces séries, une écaille d'une conformation particulière, percée 
d'un trou , et qui foinie avec celles des séries suivantes , une rangée d'écaillés disparates , 
placées sur le milieu des flancs , et à laquelle on a donné le nom trés-impropre de ligne laté- 
rale. Cette rangée longitudinale sépare toutes les écailles d'un côté du corps en deux champs 
qui présentent le plus souAent des ditïérences assez frappantes dans leur aspect. Le champ 
supérieur est ordinairement occupé par des écailles plus petites, surtout chez les Perches et 



- 79 - 

les Cliélodons, et leur iiul)rication est telle, que l'on distingue plus facilement les séries 
obli(|ues qui , de la ligne latérale , se dirigent en haut et en arrière vers le dos , que celles 
qui sont dirigées en avant vers le dos ; tandis que dans le champ inférieur c'est l'inverse ; les 
séries obliques dirigées en arrière et en bas sont plus visibles que celles qui sont tournées en 
avant. 

Ces différentes directions des séries sont plus ou moins visibles dans les diverses familles. 
Ce|)endant on reconnaît toujours deux espèces de séries qui se croisent sur la ligne latérale : 
les unes (ce sont ordinairement les plus marquées dans les (ianoïdes et les Cycloïdes), 
courent du milieu du dos au milieu du ventre , d'avant en arrière et de haut en bas , dans la 
même direction sur toute leur étendue; les autres sont dirigées d'arrière en avant et 
de haut en bas, de manière à se croiser avec les précédentes. Il résulte de cette obser- 
vation qu'il est nécessaire de distinguer encore ces demi-séries supérieures et inférieures 
par des noms particuliers; j'appellerai séries médio-dorsales celles qui s'étendent de la 
ligne latérale au dos, et je distinguerai des séries médio-dorsales antérieures et postérieures, 
suivant que l'on voudra indiquer celles qui sont dirigées d'avant en arrière ou celles qui 
sont inclinées d'arrière en avant; et comme c'est la ligne latérale qui semble établir ces 
différences, c'est d'elle que je partirai dans cette appréciation. Ainsi, dans le Polypterus 
(Vol. â. Tab. C), je donnerai à la série qui, de la quatrième écaille de la ligne latérale, 
s'étend jusqu'au premier rayon dorsal, et à toutes celles qui suivent la même direction, 
le nom de série médio-dorsale postérieure, et j'appellerai série médio-dorsale antérieure 
celle qui de la neuvième écaille de la ligne latérale va au môme rayon. Il en sera de 
même des séries inférieures à la ligne latérale, que j'appelle médio-ventrales ; celles qui de 
la ligne latérale s'étendent en arrière et en bas seront les médio-ventrales postérieures, celles 
qui se dirigent en avant les médio-ventrales antérieures. La nécessité de distinguer ces séries 
et leurs différentes directions se fait surtout sentir lorsqu'on entreprend de décrire les écailles 
des poissons de la famille des Percoïdes, des Spares, des Chétodontes, etc., parce que ces 
demi-séries, n'étant par toujours également visibles, donnent aux poissons différens aspects, 
suivant la disposition de celles qui sont le plus saillantes. Cet examen m'a présenté encore 
un autre avantage. Il m'a fait reconnaître 'les rapports intimes qui existent, dans un grand 
nombre de poissons, entre la position des écailles et la disposition du squelette. On re- 
marque en général que presque tous les poissons à grosses écailles ont autant de séries 
d'écaillés que de vertèbres.; celles des séries qui sont les plus marquantes suivent alors la 
même direction que les apophyses épineuses et les côtes du squelette. Ceci est surtout frap- 
pant dans les Leuciscus et dans quelques Percoïdes, où les séries médio-dorsales postérieures 
correspondent exactement aux apophyses épineuses supérieures, les séries médio-ventrales pos- 
térieures . qui forment un angle très-ouvert avec les précédentes , aux côtes et aux apophyses 
épineuses inférieures. Quoique cette analogie dans la disposition des parties du squelette et des 



— 80 — 

écailles ne soit pas toujours aussi sensible, on en retrouve presque partout des traces, et on 
peut s'en assurer par les planches A et C du second volume (*). On trouve encore dans beau- 
coup de poissons des rangées particulières d'écailles sur le milieu du dos ou du ventre, à l'in- 
sertion des nageoires paires ou le long des rayons des nageoires verticales. 

De toutes les modifications possibles dans ces différentes combinaisons, il résulte des aspects 
très-divers dans l'apparence extérieure des écailles; cependant elles présentent toujours la 
même organisation et peuvent toutes être ramenées à un type fondamental, quelle que soit 
leur forme apparente, quelles soient imbriquées ou non, qu'elles soient minces et formées 
seulement de quelques petites lames cornées ou fort épaisses et même osseuses. Il est même 
facile de reconnaître cette analogie dans toutes les modifications que l'on rencontre dans les 
différentes familles de la classe , quelque nombreuses et quelque variées qu'elles soient. Ce 
n'est cependant pas à décrire toutes les formes qui existent que je veux m'arrèter ici; on 
trouvera ces détails dans les volumes suivans de l'ouvrage : il suffira de faire connaître les 
piincipales modifications du type général et d'indiquer comment se forment les variations 
secondaires , en citant quelques exemples. 

DÉLIMITATION DES FAMILLES d'aPRÈS LES CARACTERES EXTERIEURS DES ÉCAILLES. 

Je ne traiterai ici que des caractères de familles chez les Cycloides et les Cténoides. Quant 
aux Ganoides , le petit nombre de réprésentans vivans est déjà caractérisé par les détails que 
nous avons donnés sur la structure des écailles en général, et quant aux fossiles, les matériaux 
que j'ai réunis jusqu'ici ne sont pas encore assez nombreux, pour pouvoir en déduire des 
lois générales bien fondées. Les coupes transparentes, sur lesquelles ces écailles doivent être 
étudiées, ne pouvant êtres faites qu'au détriment de l'objet, l'on comprend, que cette 
étude ne soit pas toujours faisable. Les caractères extérieurs de ces écailles sont d'ailleurs très- 
saisissables à l'œil nu ou à la loupe , et se trouvent toujours décrits en tête des genres et des 
familles du second volume. Les Placoides ont aussi été trop peu étudiés à cet égard pour qu'il 
me soit possible d'offrir de plus amples détails que ceux que j'ai déjà donnés en traitant de la 
structure des écailles en général. 

Une remarque essenUelle à faire , et qui se présentera à quiconque parcourra les courtes 
notices qui vont suivre , c'est que les caractères tirés des écailles sont d'une constance admi- 
rable, dans toutes les familles qui, par leurs autres caractères zoologiques, paraissent les plus 
naturelles et les mieux limitées, tandis que dans les familles anormales, auxquelles on ne trouve 

(') En examinant attentivement les planches de cet ouvrage et en les comparant avec la nature, mes lecteurs 
pourront se convaincre que dans tous les poissons que j'ai représentés, les écailles sont figurées dans leur position 
naturelle et avec leurs formes caractéristiques. J'en fais la remarque expresse, parce que la plupart des planches 
qui existent, pèchent à cet égard grossièrement contre les lois les plus constantes et les plus précises. 



— 81 — 

qu'avec peine des caractères particuliers et qui, quoiqu'on dise de leur délimitation, sont 
pourtant mal assorties, dans ces familles, dis-je, on trouve des variations nombreuses, quant 
à la conformation des écailles. En effet, les Labres, les Percoides, les Cyprins, les Sciénoides, 
les Sparoides ont des écailles tellement régulières, qu'à peine ont peut distinguer les uns des 
autres, les divers types génériques que ces familles embrassent, tandis qu'à l'égard des Joues 
cuirassées, des Teutbics et d'autres familles, on trouve à peine une loi constante au milieu des 
variations infinies. 11 en est de même pour les genres complètement anormaux, dont l'empla- 
cement est encore douteux ; ici aussi il est rare que la structure des écailles fournisse des 
données positives ; mais ce sont là des difficultés que des recherches ultérieuses nous per- 
mettront sans doute de surmonter. 

Quoiqu'il en soit, je crois que la division de la classe des poissons que j'ai établie d'après 
la structure des écailles contribuera à faire ressortir toujours mieux les affinités naturelles des 
familles , en les grouppant d'une manière plus conforme à leur organisation que les classi- 
fications qui ont été successivement proposées jusqu'ici. Voulant consacrer à la fin de ce 
volume un chapitre particulier à l'examen des diverses méthodes qui ont été suivies pour 
classer ces animaux, je ne m'étenderai pas plus longuement ici sur les principes de ma 
classification ; je me bornerai à rappeler que le deuxième volume est consacré tout entier 
à l'étude de l'ordre des Ganoides, le troisième à celui des Placoides, le quatrième à celui 
des Cténoides et le cinquième à celui des Cycloides. Je renvoie à ces volumes pour de plus 
amples détails sur les caractères des familles en général , et me bornerai ici à l'examen des 
écailles chez les Cycloides et chez les Cténoides. 

DES CYCXOIDES. 

De la famille des Labroides. 

Autant cette famille parait naturelle et nettement caractérisée par ses autres caractères zoo- 
logiques, autant la conformation de ses écailles est peu variée dans les différens genres. 
Les écailles sont grandes, rigides, de forme trapézoide et rarement allongées ; les deux couches 
dont elles sont formées sont tellement distinctes, que je ne puis mieux faire que d'en recom- 
mander l'étude à ceux qui voudront s'initier à leur structure intime. Le centre d'accroissement 
se trouve en général au milieu de l'écaillé, ou bien il est reculé vers le bord postérieur. II est 
entouré le plus souvent d'un réseau plus ou moins compliqué, de sillons, duquel partent, vers 
le bord, de nombreux sillons rectilignes qui sont disposés en éventail. Les lignes concentriques 
sont en général très-serrées et montrent sous de forts grossissemens des crénélures qui leur 
donnent l'aspect de rosaires. Il faut éliminer de cette famille les genres Malacanthus , Cychla 
et Chromys qui sont évidemment des Cténoides et dont les autres caractères zoologiques 

réclament aussi une position différente. 

11* 



— 82 — 

De la famille des Scombéroides. 

Les écailles paraissent avoir beaucoup moins d'importance chez les Scombéroides que dans 
les autres familles des poissons Cycloides. Quelques-uns sont nus, d'autres n'ont des écailles 
que sur la ligne latérale ou derrière les pectorales, tandis que le reste en est dépourvu. Aussi 
les écailles sont-elles construites sur un plan très-simple; elles sont en général rondes ou 
ovales, rarement allongées et dans la plupart des cas, cachées sous une enveloppe épidermoi- 
dale trés-épaisse. Le centre d'accroissement se trouve au milieu de l'écaillé et les lignes con- 
centriques qui font toujours tout le tour de l'écaillé, sont assez distantes et peu marquées. Il 
n'y a que quelques genres, comme les Scombres et les Caranx, où la partie postérieure de 
l'écaillé présente un aspect différent , résultant de la direction verticale des lignes. Les sillons 
manquent souvent entièrement ou s'ils existent, c'est toujours en très-petit nombre. Les Gaste- 
rostées doivent sans doute prendre place dans cette famille , quoique leurs longues écailles , 
dépourvues de sillons et de lignes concentriques soient une anomalie ; mais il se trouve des 
écailles fort semblables chez le Tétraptère , dont les affinités ne peuvent être méconnues. Les 
Capros appartiennent par la structure de leurs écailles à l'ordre des Cténoides. 

' De la famille des Esocides. 

Les Esocides , en général , ne montrent pas une grande constance dans les caractères de 
leurs écailles. Les genres Esox et Exocœtus se rattachent encore plus que les autres aux Scom- 
béroides par des écailles simples, Hsses et plus ou moins arrondies, ayant leur centre d'accrois- 
sement en arrière et entouré de lignes concentriques régulières et assez serrées. Les sillons 
en éventail sont en petit nombre et quelquefois , en particulier dans le genre Esox , tellement 
profonds qu'ils donnent lieu a de véritables échancrures, qui séparent le bord antérieur en 
plusieurs lobes. Ces lobes s'élargissent même quelquefois au point que leurs bords se re- 
couvrent mutuellement. Les Orphies (Belone) se rapprochent par la structure de leurs écailles 
des Esoces, mais ils ont en même temps un si grand nombre de sillons qui rayonnent dans tous 
les sens, que l'écaillé a l'air d'être composée de petits parallèlipipèdes dont la largeur va en 
augmentant vers le bord. Le genre Hemiramphus enfin forme par la structure de ses écailles, 
un singulier passage à la famille des Athérines, au point qu'il est impossible d'en distinguer les 
écailles de celles de ces dernières. 

De la famille des Athérines. 

Ces petits poissons ont des écailles de grandeur moyenne, assez épaisses, de forme trapé- 
zoïde, à angles arrondis. Les ornemens de la surface sont peu marqués. Les lignes concen- 
triques* sont très-distantes et accusées seulement vers le bord antérieur de l'écaillé. Toute la 



— 85 — 

partie postérieure est complètement lisse. Il se trouve quelques sillons peu profonds vers le 
bord antérieur, dont le milieu avance quelquefois sous forme de bec, de façon que si l'on 
ne fait pas allenlion à la position de l'écailIe, Ton peut facilement se laisser induire en erreur 
et croire que l'on a à faire à des Cténoides. 

De la famille des Gadoides. 

Les écailles de cette famille sont en général très-petites et entièrement cachées dans la peau. 
Elles sont toujours ovales, approchant plus ou moins du cercle, et le centre d'accrois- 
sement se trouve à peu près au milieu. Les lignes concentriques font le tour de l'éaille 
tout entière et paraissent en général peu accusées et assez distantes les unes de autres. Les 
sillons sont en général assez rares. Pourtant il y a des genres, où ils partent du centre 
d'accroissement dans tous les sens et où ils sont si nombreux, que l'écaillé parait com- 
posée de cellules rangées en cercle, dont la grandeur diminue vers le centre. Le genre 
Phycis oflFre une anomalie assez frappante dans ses grandes écailles ovales dépourvues de 
sillons, dont les lignes concentriques ne font pas le tour, mais convergent des deux côtés 



vers la ligne médiane. 



De la famille des Murœnoides. 



Nous trouvons ici le même caractère d'écailles que dans la famille précédente ; seulement 
elles sont encore plus petites et dispersées dans la peau, sans être imbriquées. La composition 
apparente par cellules est la même que chez le genre Gadus proprement dit. 

La famille des Echénéides et les genres écaillés de la famille des Pectorales-pédiculées , 
montrent le même type d'écailles. 

De la famille des Cyprinoides. 

[1 est assez intéressant de voir que les Loches qui, par leur forme allongée, se rapprochent à 
certains égards des Anguilliformes , montrent aussi une grande affinité dans la structure de 
leurs écailles ; mais cette affinité se perd de plus en plus, à mesure que les autres Cyprinoides 
prennent des formes plus trapues. En eiTet, les genres Cobitis, Phoxinus etc. ont de petites 
écailles à sillons très-nombreux qui rayonnent dans tous les sens, et par lesquels les lignes 
concentriques sont interrompues, de manière à ressembler à des cellules. Dans les autres 
genres, les sillons deviennent successivement moins nombreux, jusqu'à-ce qu'enfin, chez les 
vrais Cyprins, il n'en reste que quelques-uns sur le champ antérieur de Técaille, tandis que 
les lignes concentriques font sans interruption le tour de l'écaillé. 



— 84 — 

De la famille des Clupéides. 

Les écailles de cette famille constituent un type particulier. Elles sont grandes, mais 
très-minces et flexibles. Chez la plupart des genres, on ne distingue pas de centre d'ac- 
croissement. Les lignes concentriques , loin de faire le tour de l'écaillé , ne sont parallèles 
qu'au bord postérieur, où elles se présentent sous la forme de lignes droites, peu accu- 
séees et assez distantes. Les sillons sont disposés en chevrons convergens en arrière ; il n'y 
a que les Aloses , dans les grandes écailles desquelles les hgnes soient réellement concen- 
triques et partagées par des sillons rayonnant du centre d'accroissement , situé au milieu de 
l'écaillé. 

De la famille des Salmonidés. 

Les Salmonidés ont en général des écailles très-régulières , imbriquées , dont le centre 
d'accroissement, situé près du milieu, est entouré de lignes concentriques assez distantes, qui 
font tout le tour de l'écaillé. Les sillons sont très-rares ou manquent même entièrement. Tel 
est le caractère que nous trouvons dans les Salmonidés de nos zones tempérées et de la mer 
glaciale, comme aussi chez les Serrasalmes et les Myletes des tropiques. Mais il y a un autre 
type plus commun chez les Salmonidés des tropiques, c'est d'avoir des lignes concentriques 
seulement dans la partie antérieure des écailles, tandis que le champ postérieure est occupé 
par des éminenses assez régulières qui quelquesfois même , comme dans les Anodus , 
s'avancent assez pour donner à l'écaillé l'aspect d'une écaille de Cténoide. Dans ces sortes 
d'écaillés, les sillons se trouvent en beaucoup plus grand nombre et rayonnent aussi bien 
dans la partie antérieure que dans la postérieure. Il y a quelques-unes de ces écailles 
dans lesquelles les sillons frappent par leur grande profondeur, ce qui détermine réellement 
des soudures. Les genres Prochilodus, Aulopus et Xiphostoma sont de véritables Cténoides 
avec un bord postérieur découpé en scie, comme chez les Corniger et les Holocentres. 
Cette analogie entre les écailles des Holocentres et celles de certains Salmones des régions 
tropicales est un fait d'autant plus remarquable , qu'il coïncide avec l'apparition très- 
précoce de plusieurs genres de ces deux groupes dans les terrains crétacés, antérieure- 
ment à l'existence de la plupart des autres familles de Cycloides et de Cténoides. Nous 
avons donc ici encore un indice de cette uniformité des types, lors de leur première 
apparition, qui va en se diversifiant de plus en plus, dans les époques plus récentes, à 
mesure qu'un plus grand nombre de familles se détronquent des souches primitives les plus 
anciennes. 



— 85 — 

DES CTÉNOIDES. 

De la famille des Percoides. 

La famille des Percoides se divise, aussi bien pai- la struclurc des écailles que par ses 
autres caraclères zoologiqucs, en deux grands groupes, dont l'un qui apparaît déjà 
dans l'époque de la craie, n'a que peu de représentans vivans, tandis que l'autre compte 
im grand nombre de genres répandus dans toutes les eaux de l'époque actuelle. Les pre- 
miers, les Holocentres, qui ont plus de sept rayons branchiostègues , et dont les ventrales 
sont formées de plus de cinq rayons mous, ont des écailles grandes, larges, munies, au bord 
postérieur de dentelures, qui ne sont pas seulement sensibles au toucher, mais aussi très- 
visibles à l'œil nu. Ces dentelures forment une espèce de peigne simple et ne sont formées que 
par des incisions de la couche supérieure de Técaille. Les lignes concentriques de ces écailles 
sont en général très-serrées et font seulement le tour de la partie antérieure de l'écaillé, 
tandis qu'elles manquent sur la partie postérieure. La couche superficielle est très-épaisse et 
très-nettement séparée de la couche inférieure. 

Le second groupe de la famille des Percoides, qui comprend les Perches proprement dites, 
à deux dorsales et les Serrans, à dorsale unique, montre une assez grande uniformité dans la 
conformation de ses écailles. Elles sont en général rondes ou Irapézoides, à angles arrondis, rare- 
ment oblongues ou ovales et très-minces. Les aspérités de la partie postérieure de l'écaillé ne 
forment pas une simple rangée, comme chez les Holocentres, mais tout le champ postérieur 
de l'écaillé en est hérissé. Elles sont en général si petites, qu'on les distingue à peine à l'œil 
nu. Le centre d'accroissement n'est pas au milieu de l'écaillé, mais plus ou moins rapproché 
du bord postérieur, et les lignes concentriques qui, en général, sont peu serrées, com- 
mencent sur une ligne verticale qui s'étend des deux côtés du centre d'accroissement. La 
partie antérieure des écailles est traversée par un nombre plus ou moins considérable de 
sillons droits qui rayonnent du centre d'accroissement, et, chez quelques genres, deviennent 
même de véritables incisions, par lesquelles le bord antérieur de l'écaillé est divisé en plusieurs 
lobes. Les genres Polynemus et Mullus qui par leurs caractères zoologiques paraissent s'éloigner 
des Percoides proprement dits, montrent, dans la structure de leurs écailles, les mômes parti- 
cularités que nous venons d'assigner à ces derniers , tandis que les Vives , les Uranoscopes et 
les Sphyrènes doivent, comme l'Enoplose, prendre place parmi les Cycloides. 

De la famille des Sciènoides. 

La grande régularité que les poissons de cette famille affectent en général dans leur forme 

extérieure, se montre aussi dans la structure de leur écailles. Celles-ci sont grandes, de forme 

trapé^oide, à angles postérieurs arrondis. On trouve rarement des genres à écailles parfaite- 
ToM. 1. 12 



— sè- 
ment rondes, comme chez les Lobotes. Malgré leur grandeur, ces écailles sont assez minces et 
flexibles. Les lignes concentriques sont en général peu développées et font presque toujours 
le tour de l'écaillé. Les aspérités, dont le champ postérieur est hérissé, sont rangées d'une 
manière très-élégante en quinconce ou en lignes droites rayonnant du centre d'accroisse- 
ment. Les sillons qui parcourent la partie antérieure de l'écaillé sont droits ; ils rayonnent 
du centre d'accroissement et sont en général assez nombreux. Le centre d'accroissement lui- 
même se trouve rarement au milieu, dans la plupart des cas, il est rapproché du bord 
postérieur. 

De la famille des Sparoides. 

Les Sparoides montrent , comme la famille précédente , une grande régularité dans la con- 
formation de leurs écailles ; elles sont grandes mais peu épaisses et , en général , plus larges 
que longues. Le centre d'accroissement est généralement rapproché du bord postérieur 
de l'écaille ; souvent aussi une grande étendue de l'écaillé autour du centre est occupée par 
des petites éminences contournées dans tous les sens et qui se transforment seulement sur le bord 
de l'écaille en lignes concentriques plus régulières. Les lignes concentriques elles-mêmes sont 
souvent parallèles au bord antérieur de l'écaille seulement , de manière que les champs laté- 
raux de l'écaille en sont traversés verticalement, ce qui a surtout lieu dans les Spares pro- 
prement dits. Les sillons en éventail sont en général droits et varient dans leur nombre 
jusqu'à vingt. Quelquesfois ils présentent une courbe assez élégante dont la convexité est 
tournée vers la ligne médiane de l'écaille. Mais ce qui distingue surtout les écailles des 
Sparoides de celles des Sciènoides , c'est l'arrangement des aspérités dont le bord postérieur 
de l'écaille est hérissé. Ces dentelures sont petites et ne forment que cinq ou six rangées au 
plus, qui sont appliquées sur le bord postérieur comme une couronne. Elles ne présentent pas 
du tout cet arangement élégant et régulier en quinconce ou en lignes rayonnantes, que nous 
avons trouvé chez les Sciènoides , et elles adhèrent si faiblement à l'écaille , que , dans les 
Sargues et les Dorades surtout, elles s'enlèvent très-facilement avec les feuillets de l'épidermc 
qui recouvre les écailles, ce qui pourrait induire en erreur et faire croire que ces pois- 
sons doivent prendre place parmi les Cycloides. Les Ménides que l'on a voulu ériger en 
famille à part, présentent absolument les mêmes caractères des écailles que le reste des 
Sparoides, et je ne crois pas que le seul caractère de la protractilité de la bouche puisse 
être envisagé comme assez important pour autoriser à en faire une famille à part. Les 
Chromis, que Cuvier avait rangés parmi les Labroides, doivent aussi prendre place parmi 
les Sparoides, puisque leurs écailles sont absolument semblables à celles des Pagels. 



— 87 — 

De la famille des Squamipeime^. 

Les Squamipcnncs se rattachent assez intimement , quant à la structure de leurs écailles , 
aux Sciènoides. Comme chez celles-ci, la forme des écailles est en général trapézoide, à 
angles arrondis en arrière. Le centre daccroissement est un peu reculé vers le bord posté- 
rieur. Les lignes concentriques sont assez serrées et n'occupent que la partie antérieure de 
l'écaillé. Le champ postérieur est entièrement couvert par les nombreuses aspérités qui carac- 
térisent les écailles des Clénoides en général. Les dentelures sont alignées en séries qui 
rayonnent du centre d'accroissement vers le bord postérieur, et cet alignement va même si 
loin chez quelques genres, les Holacanthes par exemple, que les dentelures ne forment que 
des carènes rayonnantes qui finissent en pointe assez effdée. On le voit, cette structure est 
assez semblable à celle dos Holocentres, avec cette différence, que chez ces derniers, les pointes 
sont beaucoup plus fortes et les incisions qui les séparent plus profondes et plus larges. Les 
Zanclus et les Scatophages font seuls exception à cet arrangement régulier des dentelures. 
Chez les premiers, toute l'écaillé ne forme qu'une petite esquille lisse, dépourvue de lignes 
concentriques et de sillons, mais hérissée en arrière de deux ou trois pointes isolées qui sont 
presque aussi longues que l'écaillé elle-même. Les Scatophages dont nous avons donné la 
figure d'une écaille (Vol. 1. Tab. H. fig. 16 et 17.) ont une simple rangée de dentelures en 
arrière et plusieurs aspérités isolées, dispersées sans ordre apparent sur le champ postérieur de 
récaille. Les sillons en éventail sont en général au nombre de six à quinze, et les lignes con- 
centriques très-serrées et en forme de rosaire. 

De la famille des Joties- cuirassées. 

Les formes si diverses et si bizarres qu'affectent les poissons de cette famille , paraissent 
se répéter dans la structure de leurs écailles; et, en effet, il faut des recherches minu- 
tieuses pour être sûr de ne pas se tromper sur leur véritable nature. Les Trigles et leurs con- 
génères sont assez nettement caractérisées par des écailles de forme ovale, très-petites, dont 
le centre d'accroissement se trouve presque au milieu de l'écaillé entouré de lignes concen- 
triques qui en font le tour et qui sont entamées vers le bord antérieur par quelques sillons 
droits , mais peu marqués , dont le nombre s'élève tout au plus à huit. Sur le bord posté- 
rieur, on ne remarque que quelques rares dentelures qui souvent même sont restreintes à 
une seule, comme c'est le cas chez le Coucou fTricjla CuculiisJ. Les dentelures sont 
implantées sur le bord postérieur de l'écaillé et y adhèrent quelquesfois si peu, chez plusieurs 
espèces, que la plupart des écailles en sont dépourvues. Les Dactyloptères font une exception 
assez remarquable à cette structure des écailles des Trigles, car quoique petites, leurs 
écailles forment cependant des losanges assez réguliers. Un examen approfondi de ces 



— 88 — 

écailles et du genre lui-même nous apprendra un jour si la place la plus naturelle de ces pois- 
sons n'est pas dans l'ordre des Ganoides , place que parait leur assigner la structure de 
leurs écailles , dans lesquelles on distingue des couches d'émail assez épaisses et des canaux 
larges qui ressemblent assez à des canaux médullaires. Les Scorpènes présentent aussi des 
caractères assez variés. Tandis que le plus grand nombre des espèces se rapproche beaucoup 
des Trigles, par l'arrangement des dentelures, des lignes concentriques et des sillons, il y en 
a une, le Scorpœna porcitë, où les dentelures sont rangées en files et soudées ensemble, 
de manière à former des carènes qui font à peine saillie sur le bord postérieur de l'écaillé. 
Il ne faut pas oublier qu'il y a des genres voisins des Scorpènes, comme les Pélor et les 
Synanceia, qui sont entièrement nus. 

De la famille des Teuthyes. 

Cette petite famille, qui n'est composéee que de quelques genres, se distingue assez facile- 
ment par ses écailles, d'une petitesse extrême, répandues en très-grande quantité sur toute 
la peau. Il faut en éliminer le genre Amphacanthus, que ses grandes écailles cycloidiques et 
ses autres caractères zoologiques obligent à placer dans une autre famille. Chez le reste des 
Teuthyes, et notamment chez les Acanlhures et les Naseus, les écailles forment de petites 
esquilles transparentes, lisses, dépourvues de tout ornement et hérissées, au bord postérieur, 
de quelques petites épines assez effilées, qui ressemblent un peu à celles que nous avons 
rencontrées chez les Zanclus de la famille des Squamipennes. 

De la famille des Mugiloides. 

Cette petite famille, composée seulement du genre Mugil de Linné, a de grandes écailles de 
forme plus ou moins trapézoide, dont le centre d'accroissement se trouve presque au milieu 
de l'écaillé ou un peu en arrière. Les lignes concentriques sont assez régulières dans la partie 
antérieure de l'écaillé. Sur le champ postérieur, depuis te centre d'accroissement , elles 
sont coupées, tortueuses et très-irrégulières. Les sillons droits qui rayonnent du centre 
d'accroissement, se trouvent jusqu'au nombre de vingt dans la partie antérieur de l'écaillé. 
Le bord postérieur est hérissé de très-petites dentelures , placées sur plusieurs rangs et qui 
s'enlèvent très-facilement avec la poclie épidermoidale, dans laquelle les écailles sont enchâssées. 
Toute la conformation des écailles rappelle au reste la structure que nous avons trouvée chez 
les MuUes, avec lesquels il faudra probablement les réunir. 



— 09 — 

De la famille des Gobioïdes. 

M. Cuvier a réuni bien à tort, à ce qu'il me semble, deux familles assez différentes sous le 
litre de Gobioidcs, celle des Blennioides, dont le plus grand nombre est nu et qui, malgré 
ses rayons épineux à la dorsale, pourrait appartenir à l'ordre des Cycloides et être placée 
dans le voisinage des Gadoides ; et celle des Gobioides proprement dits qui sont de véritables 
Cténoides. Ces derniers ont en général des écailles grandes, trapézoides , dont le centre 
d'accroissement est extrêmement rapproché du bord postérieur. Les lignes concentriques y 
sont peu marquées et assez distantes les unes des autres. Les sillons que l'on trouve sur la 
partie antérieure des écailles sont au nombre de vingt et davantage. Les dentelures, dont le 
bord postérieur est hérissé sont petites et ne forment en général qu'une simple rangée. Elles 
sont posées sur la couche superficielle de l'écailIe; mais celle-ci déborde souvent la base des 
dentelures au point que les pointes font à peine saillie sur le bord. Le genre Periophthalmus 
est un véritable Cycloide et ne saurait rester à la place que les auteurs lui ont assignée 
jusqu'ici. 

De la famille des Pleiironectes. 

L'asymétrie étonnante par laquelle les Pleuronectes diffèrent si fortement de tous les autres 
poissons connus est le caractère le plus saillant de cette famille. Des recherches plus étendues 
devront cependant encore faire connaître s'il n'y aurait pas lieu de les diviser en deux familles 
distinctes , comme le pense le prince de Canino , dont l'une comprendrait les genres Platessa 
et Rhombus, tandis que l'autre, réunirait les Soles et leurs congénères. En effet, il ne peut 
y avoir d'écaillés qui montrent de plus belles dentelures au bord postérieur que celles des 
Soles, des Monochir et des Plagusia. Dans ces genres, les dents sont en effet rangées en lignes 
rayonnantes depuis le centre d'accroissement, comme chez les Squamipennes ; mais elles sont 
beaucoup plus longues et plus éffdées que chez ces derniers ; tandis que chez les Rhombus et 
chez les genres voisins, il n'y a que de faibles indices de ces dentelures. Les autres détails des 
écailles se ressemblent assez; elles sont toujours petites, ornées de peu de lignes concentriques 
qui font le tour de toute l'écaillé et qui sont coupées sur la partie postérieure par des sillons 
droits, peu nombreux et en éventails. Ces caractères me paraissent rapprocher les Pleuronectes 
des Chétondontes, auxquels ils ressemblent du reste par leur forme large et aplatie et même 
par la distribution bizarre des couleurs. 

De la famille des Bouches-en-flûte. 

Quoique composée dun très-petit nombre de genres, la famille des Bouches-en-flùte a pour- 
tant trois types différens d'écaillés. Certains genres à corps cylindracé, tels que le genre Aulos- 

i2* 



— 90 — 

toma , ont des écailles oblongues et effilées qui hérissent le bord postérieur. Ces dentelures se 
rapprochent de celles que nous avons trouvées chez les Gobioides, en ce qu'elles sont implantées 
à la surface de l'écaillé , de telle sorte que ce n'est que la pointe de la dentelure qui déborde 
l'écaillé en arrière. Les lignes concentriques sont assez serrées et traversées par un petit 
nombre de sillons rectilignes. Les Bécasses de mer (Centriscus) ont un type d'écaillés tout par- 
ticulier. Ce sont de petites esquilles lisses, cachées dans la peau, surmontées d'une tige cylin- 
dracée et courte qui s'étale de nouveau à la surface de la peau en un écusson de forme tra- 
pézoïde. Cet écusson montre plusieurs carènes qui rayonnent en arrière et qui se terminent 
par des pointes assez effilées. Les Amphysiles, enfin, ont de véritables écussons ganoidiques, 
c'est-à-dire recouverts d'une couche d'émail , au-dessous de laquelle des canaux médullaires 
rayonnent en avant et en arrière. Ces écussons sont engrenés les uns avec les autres par des 
bords sciés en peignes. 

De la famille des Branchies-labyrinthiques. 

Je n'ai pu examiner les genres Anabas et leurs congénères qui paraissent réellement être 
des Cténoides. Quant au genre Ophicephalus, qui s'écarte déjà de tous les autres genres de ce 
groupe par l'absence de rayons durs aux dorsales, je puis affirmer que c'est réellement un 
Cycloide, et que par conséquent il ne convient plus de le laisser dans la même famille avec les 
Anabas. Ses écailles sont grandes et de forme trapézoïde; le centre d'accroissement se 
trouve presque au milieu. Les lignes concentriques ne deviennent régulières que près du bord 
de l'écaille , où elles sont assez distantes et peu marquées. Les sillons qui rayonnent en éven- 
tail sur la partie antérieure le l'écaille, se trouvent aussi sur la partie postérieure, mais dis- 
posés en sens inverse, c'est-à-dire en convergent vers la ligne médiane. 



— 91 — 

CHAPITRE V. 

DU SQUELETTE DES POISSONS EN GÉNÉRAL. 



Dans aucune classe de vertébrés, le plan primitif du squelette n'est assujetti à des variations 
aussi nombreuses que dans la classe des poissons , soit que l'on considère la forme des diffé- 
rentes pièces qui le coniposeut , ou la nature de ces pièces elles-mêmes , ou la physionomie 
générale de l'animal, qui en est toujours une conséquence directe. Quelle différence en effet, 
entre le squelette haut et plat des Squamipennes et le corps svelte et élancé desMurîenoides! 
ou bien entre les cartilages mous et flexibles des Cyclostomes ou des Plagiostomes , et les os 
compactes et rigides des Percoides ! Mais malgré ces différences si frappantes il n'est pas 
moins évident pour tout observateur attentif, qu'une seule idée a présidé au développement de 
la classe entière et que toutes les déviations se laissent ramener à un plan primitif, si bien 
que si le fd parait quelquesfois interrompu dans la création actuelle , on peut ordinaire- 
ment le renouer dès que l'on aborde le domaine de l'ichtliyologie fossile. Depuis que les 
travaux de Cuvier ont élevé la paléontologie en général et celle des vertébrés en particulier 
au rang d'une science , les observateurs ont constamment eu en vue cette étroite liaison entre 
la création actuelle et celles des époques précédentes et c'est à la comparaison rigoureuse des 
fossiles avec les êtres vivans qu'on doit la connaissance de plusieurs lois générales relatives 
au développement successif des êtres qui ont peuplé la terre aux différentes époques. Aussi 
personne ne conteste plus de nos jours que pour s'occuper avec fruit de la détermination des 
animaux fossiles, il ne faille avoir fait une étude approfondie de la zoologie. INous vou- 
drions pouvoir en dire autant de la zoologie relativement à la paléontologie. Mais il n'est que 
trop vrai que bon nombre de zoologistes traitent encore la paléontologie en parvenue et ne 
reconnaissent qu'à regret son influence sur les progrès de la science. Nous ne nous effrayons 
cependant pas de cette défaveur, car elle ne saurait être que passagère, comme tout ce qui 
tient au caractère individuel des hommes ; et la liason intime des deux domaines n'en demeu- 
rera pas moins une nécessité et la condition essentielle du véritable progrès. 

En composant ce livre, j'ai eu constamment en vue cette étroite liaison des êtres vivans 
avec les fossiles, et c'est pourquoi j'ai toujours insisté sur les faits de la création actuelle, qui 
me paraissent le plus propres à éclairer la nature et les relations de tel ou tel fossile. C'est 
dans ce but en particulier que j'ai joint a mes planches un grand nombre de squelettes de' 
poissons vivans. Il est même certain tvpe dont létude complète n'est possible que sur des 



— 92 — 

espèces de l'époque actuelle, par exemple les poissons cartilagineux. Non pas que ces poisson? 
n'aient pas existé antérieurement. Nous avons au contraire des preuves certaines qu'un grand 
nombre de poissons cartilagineux ont jadis peuplé les mers, puisque leurs dents et leurs 
défenses se trouvent en abondance dans les dépots de ces mers, mais leur squelette était de 
nature à ne pouvoir se conserver que très-incomplètement à cause de la mollesse de ses parties 
constitutives qui se désagrègent facilement et se décomposent aussitôt après la mort de l'animal. 
Une exposition générale du squelette des poissons, d'après les seuls matériaux fossiles aurait 
donc été par le fait très-incomplète , et il faut nécessairement , pour les cartilagineux du 
moins, avoir recours à la création actuelle. 

Mais aussi pour la plupart des poissons osseux l'élude des vivans est indispensable. L'état 
même des fossiles est le plus grand obstacle qui s'oppose à une connaissance complète des 
animaux , auxquels appartenaient ces débris. Qu'on se rappelle le nombre de pièces qui 
constituent le squelette et qui, étant pour la plupart bien moins fortement soudées ensemble 
que dans les animaux supérieurs, se dérangent très-facilement, en sorte qu'il est rare 
d'avoir toutes les parties du squelette réunies dans un fossile. D'ailleurs dans tous les genres 
qui ont des écailles dures et osseuses, c'est la peau qui s'est ordinairement le mieux con- 
servée et qui empêche par conséquent d'étudier les parties qu'elle enveloppe ; d'autres fois , 
les pièces cutanées recouvrent tellement toute la surface de la tête qu'il est impossible de con- 
naître les os du crâne ; et la fossilisation elle-même, en rendant les os friables et cassans, ou bien 
en les empâtant dans une pierre dure, ne fait qu'augmenter les difficultés. Très-souvent aussi il 
est impossible de pousser plus loin les recherches, faute de matériaux suffisans. Dans d'autres 
cas enfin , il y a certaines parties du squelette qui restent cartilagineuses , tandis que d'autres 
s'ossifient d'une manière complète. Toutes ces difficultés que connaissent les paléontologistes , 
se rencontrent aussi dans les poissons fossiles et il aurait été téméraire de bâtir sur leur étude 
seule, le système du squelette. Mais du moment que Ion a sous les yeux des analogues vivans 
dont l'étude n'offre aucune de ces difficultés, on parvient aisément à assigner sa place à 
chaque partie du squelette, alors môme que l'on a à faire à des échantillons mutilés ou mal 
conservés. 

Enfin il est un dernier point qu'il ne faut pas perdre de vue dans l'étude des pois- 
sons fossiles comparés aux vivans. Pour reconnaître le type primitif , le plan général 
d'un système organique quelconque, il y a deux voies à suivre ; ou il faut s'attacher à l'étude 
des êtres, telle que la zoologie et la paléontogie nous la présentent, et chercher à reconnaître 
et ^ distinguer les formes constantes et invariables de tout ce qu'il y a d'exceptionnel et 
d'aberrant dans la nature particulière de tel genre ou de telle espèce. Il faut pour cela choisir 
les formes les plus simples et les poursuivre dans leurs différentes complications, en d'autres 
t-ermes en faire Vanatomie comparée; ou bien il faut étudier les variations que subit l'individu 
dans son développement, en cherchant à connaître les premières formes des organes lors de 



— 95 — 

leur apparition , et les modifications qu'ils subissent dans le cours du développement. En 
comparant ensuite les résultats obtenus dans ditTérens genres et espèces, on arrive facilement 
à la connaissance des faits constans et l'on apprend à séparer les modifications consécutives, de 
ce qui constitue la nature originaire de l'animal. Ainsi s'acquiert la connaissance du plan primitif 
par Veiubnjolo(jie comparée. Les résultats de l'une comme de l'autre de ces études se com- 
plètent et se contrôlent mutuellement. Mais on a exagéré cette coïncidence jusqu'à prélentli-e 
que chaque embryon parcourrait, dans les phases de son développement, toutes les formations 
des êtres inférieurs, c'est-à-dire que l'embryon des mammifères était d'abord poisson, puis 
reptile, puis oiseau, avant de devenir mammifère et cela par ce qu'on s'était obstiné à prendre 
pour des réalités quelques faibles analogies. Bien que je sois loin de partager cette manière 
de voir qui tient évidemement de l'exagération, je reconnais cependant qu'il existe, dans les 
limites de l'embrachement des vertébrés, une grande analogie entre le développement de 
la série animale comme telle, et celle de l'individu; car quoique chaque embryon, dès sa 
première existence, se comporte selon une règle invariable qui est propre à son espèce et qui 
la caractérise, on peut cependant arriver à des résultats concordans par l'étude de l'embryologie 
et par celle de l'anatomie comparée. 

L'embryologie est d'autant plus importante dans l'étude du squelette des poissons, que c'est 
elle avant tout qui nous enseigne les vrais rapports qui existent entre le squelette cartilagineux 
et le squelette osseux, en nous fesant voir comment ce dernier se développe peu à peu sur le 
premier. J'aurai par conséquent souvent recours à l'embryologie, d'une part pour rechercher 
les analogies entre le squelette des embryons et celui des poissons cartilagineux par rapport aux 
poissons osseux ; d'autre part pour éclaircir les rapports qui existent entre les formes primi- 
tives que nous trouvons chez les poissons des anciennes couches de la terre , et celles qui se 
voient dans les premiers temps de la formation de l'embryon. 

En abordant ici l'ostéologie des poissons en général , il n'entre pas du tout dans mon plan 
de donner une énumération complète des modifications de nombre , de grandeur et de forme 
que les différens os subissent dans les divers genres et familles. Pour les poissons vivans, cette 
tache a été remplie aussi complètement qu'on peut le désirer par les grands ouvrages de Cuvier 
et de Meckel sur l'anatomie comparée ; pour les fossiles, ce ne serait qu'une répétition de ce qui 
est exposé dans les descriptions des volumes suivans. Ce que je me propose ici, c'est de faire 
connaître les types originaires que l'on rencontre dans les squelettes des poissons; de donner 
une idée sommaire du plan primitif sur lequel ces types sont construits et d'initier le lecteur 
aux modifications que ce plan a subies dans les différens groupes. Je chercherai en outre à rat- 
tacher le tj-pe des poissons à celui des reptiles et des animaux supérieurs, choses d'autant plus 
importantes, que l'on trouve dans les créations éteintes un grand nombre de genres qui se 
rapprochent beaucoup des reptiles, tandis que dans l'époque actuelle, ces êtres en quelque 

sorte intermédiaires ont disparu, à quelques représentans près. 

ToM. I. 13 



— 94 — 

Le squelette des poissons se compose, ainsi que celui de tous les vertébrés, de deux parties 
distinctes, de la tête et du tronc. Ce dernier est composé de membres locomoteurs connus 
sous le nom de nageoires, et d'un axe central, la colonne vertébrale, qui est tantôt une simple 
corde cartilagineuse sans divisions ultérieures, tantôt une réunion de pièces plus ou moins 
isolées» que nous nommons vertèbres. ISous nous occuperons d'abord de la colonne vertébrale 
pour procéder plus tard à l'étude de la composition de la tête. 



DE LA COLONNE VERTEBRALE. 

Dans l'embryon des poissons, la colonne vertébrale est un cylindre gélatineux situé dans 
Taxe du corps et s'étendant de la base du crâne , où son extrémité antérieure aboutit entre 
les deux oreilles, jusqu'à l'extrémité du coi'ps. Ce cylindre, qui porte le nom de corde dorsale 
est uniforme, sans la moindre trace de divisions ; il est formé d'un assemblage de cellules qui se 
reconnaissent facilement à leur forme toute particulière. Une gaine fibreuse l'entoure de tous 
côtés , et comme cette gaine est située immédiatement au-dessous de la moelle épinière , il en 
résulte que sa face supérieure touche cette dernière dans toute sa longueur, tandis qu'à sa face 
inférieure sont appliquées l'aorte et les veines cardinales. La gaine fibreuse de la corde se con- 
tinue en haut, pour former un tube également fibreux, qui enveloppe toute la moelle épinière 
et dont les seules divisions sont dues aux démarcations des masses musculaires latérales, qui en 
devenant fibreuses se montrent plus tard comme autant de feuillets , auxquels s'attachent les 
faisceaux des grands muscles latéraux du tronc. La corde dorsale est droite mais flexible; ce- 
pendant elle ne se recourbe un peu que dans sa partie postérieure. Les mêmes modifications 
se montrent dans les poissons les plus inférieurs : toute la famille des Cyclostomes à palais per- 
foré, les Myxinoides , ainsi que le Branchiostoma liibriciim et VÀmmocœtes branchialis n'ont 
qu'une corde dorsale composée de cellules analogues à celles qui se voient chez l'embryon, 
entourée d'une gaine fibreuse qui fournit le tube fibreux de la moelle et sur laquelle s'attachent 
les feuillets tendineux qui séparent les faisceaux des muscles latéraux ; mais il n'y a pas de 
divisions vertébrales. 

C'est dans les endroits où les feuillets musculaires s'attachent sur la gaine de la corde dor- 
sale que commence le premier dépôt cartilagineux et osseux qui forme les corps de vertèbres. 
Le centre de cette ossification coincide avec le milieu des corps de vertèbres. Chez les poissons, 
ces corps de vertèbre sont toujours des anneaux formés dans la gaine ou sur la gaine même 
et entourant, comme celle-ci, le cylindre gélatineux de la corde. La partie centrale ou le corps 
de la- vertèbre se forme ainsi aux dépends de la gaine de la corde dorsale , qui disparait à 
mesure que les vertèbres se développent; le noyau gélatineux de la corde n'a aucune part à la 
formation de vertèbres. Il est probable, d'après les recherches de M. \ogt sur l'embryologie des 



— 95 — 

Salmones(*) que celle pièce cenlrale de la verlèbre est composée de deux anneaux conceii- 
liiques soudés ensemble, el dont l'intérieur est formé à la face interne de la ^aine en contact 
inunédiat avec le noyau géhUineux de la corde; tandis que l'aruieau externe se développe 
sur la face externe de la gaine. Cest un point que les recherches ultérieures ne manqueront 
pas dailleurs d'édaircir complètement. A mesure que l'embryon grandit, l'ossification continue 
ses progrès, jusqu'à ce que les anneaux se touchent; quand ils en sont arrivés à ce point, ils 
restent séparés dans la plupart des espèces par des faces articulaires qui correspondent 
toujours à l'espace compris entre deux démarcations musculaires. 

Les pièces périphériques de la vertèbre se développent sinmltanément avec l'ossification de la 
partie centrale et peut-être même plus tôt. Toutes ces pièces, quelles que soient plus tard leur 
forme el leur direction , commencent par se former à la même place que le corps de la ver- 
tèbre, c'est-à-dire dans les lignes des démarcations musculaires, et correspondent par con- 
séquent toujours au milieu de la partie centrale. Ces parties périphériques se transforment 
par la suite en arceaux, dont les supérieurs sont destinés à envelopper la moelle épinière, 
tandis que les inférieurs protègent les gros vaisseaux sanguins. C'est en considération de ces 
conditions diverses que M. 0^^ en désigne les arceaux supérieurs sous le nom de neurapophyses 
et les arceaux inférieurs sous celui d'hémapophyses. Les neurapophyses se développent sur 
le tube membraneux, qui tout en formant la continuation de la gaine de la corde dorsale, 
enveloppe la moelle épinière. Elles affectent d'entrée la forme d'ogives, tandis que les héma- 
pophyses ne se ferment que plus tard et presque jamais sur la partie antérieure du tronc. Sur 
les ogives fermées, naissent, en haut comme en bas, des épines plus ou moins longues qui 
trahissent très-souvent leur origine par la soudure des deux pièces. 

Une verlèbre de poisson est donc formée dans l'origine de trois pièces principales; une 
pièce centrale annulaire formée autour de la corde dorsale et deux pièces périphériques, les 
arceaux des neurapophyses en haut, et ceux des hémapophyses en bas. 

Nous retrouvons les mêmes conditions de développement chez les poissons adultes. Mais il 
faut remarquer qu'ici ce sont en général les apophyses qui se transforment les premières en 
cartilage, tandis que la partie centrale persiste plus longtemps à l'état mou. J'ai tout lieu de 
croire que, chez les embryons, le développement a lieu de la même manière, puisqu il existe, 
d'après M. Millier, (**) certains Requins dont les vertèbres s'ossifient, tandis que les apophyses 
restent cartilagineuses et que dans ce cas, l'on trouve des coins cartilagineux enchâssés dans la 
substance osseuse. Or, ces coins correspondent aux apophyses cartilagineuses, si bien que, 
M. Millier lui-même pense qu'ils sont les racines des apophyses enchâssées dans la partie cen- 
trale. Comme les vertèbres des poissons croissent par addition de couches concentriques à la 

(') Histoire naturelle des Poissons deau douce de l'Europe cenlrale, pai' L. Agassi/,. Tom. 1. INeuchàtel 
J8'+2, 8». 
(") Agassiz, Recherches sur les Poissons fossiles. Tom. III. p. 362. 



— 96 — 

périphérie il paraitrait, d'après ce qui précède, que les apophyses existent déjà à l'état carti- 
lagineux , quand le cartilage et l'os des parties centrales se développent , mais qu'elles per- 
sistent à l'état cartilagineux, tandis que le corps de la vertèbre s'ossifie, d'où doivent résulter 
ces coins cartilagineux. Chez beaucoup de poissons osseux, par exemple, chez lesSalmones et 
la majeure partie des Ganoides à colonne osseuse, les apophyses restent détachées de la pièce 
centrale pendant toute la vie, mais elles sont aussi alors enfoncées et articulées dans les creux 
profonds de cette partie centrale. 

Nous rencontrons dans la série des poissons divers degrés de développement de la colonne 
vertébrale qu'on peut paralléliser avec les degrés du développement embryonique. Nous 
avons mentionné les MyxinoUles , le Branchiostoma et VAmmocœtes, comme types de la pre- 
mière formation, n'ayant qu'une corde dorsale avec une gaine fibreuse, sans aucune trace de 
pièces cartilagineuses. Ces dernières apparaissent déjà chez les Petromyzon, soiis forme de 
petites pièces plates, qui sont accolées à la face externe du tube fibreux de la moelle, et qui, 
par conséquent, sont les rudiinens des neurapophyses . Je les appelle rudimens parce qu'ils ne 
parviennent pas à se fermer en haut en forme d'ogive. Les Acipenserides , les Chimères et le 
Polyodon sont déjà à un degré plus élevé de l'échelle : les neurapophyses se ferment en haut 
en ogives, et au-dessus de leur réunion se trouve encore une apophyse épineuse supérieure, 
tandis que les hémapophyscs ont la forme de petites pièces latérales adaptées à la face 
inférieure de la gaine de la corde dorsale. Un degré plus élevé encore se montre chez les 
Notidam ou Grisets, de la famille des Squales : la corde dorsale est ici unie comme chez les, 
précédons, sans trace de divisions à l'extérieur, et les apophyses cartilagineuses sont déve- 
loppées en haut et en bas, comme chez les Esturgeons; mais à l'intérieur de la corde, on 
remarque aux endroits qui correspondent aux points d'attache des apophyses (par conséquent 
au milieu de pièces centrales naissantes) des trames cartilagineuses qui s'avancent vers l'axe de 
la corde, formant des disques perforés au milieu, de uianière que la corde se trouve divisée à 
l'intérieur en autant de comparlimens qu'il y a d'apophyses à l'extérieur. Tous ces comparti- 
mens communiquent entr'eux par le milieu comme les facettes en doubles cônes des poissons 
osseux. Mais si, ce progrès du déA'^eloppement est marqué chez les Grisets, par des indices d'une 
formation de parties centrales, il en est autrement chez le Lépidosiren et chez un grand nombre 
de poissons fossiles de l'ordre des Ganoides. Chez le Lépidosiren, la corde est sans division 
quelconque; mais les apophyses des deux faces ne deviennent pas seulement cartilagineuses, 
comme c'est le cas chez les poissons précédons , elles se transforment même en véritables os. 
On a donc, chez ces poissons, une corde parfaitement homogène, sans aucune trace de corps 
de vertèbres, sur laquelle sont adaptées en haut des neurapophyses osseuses et en bas des 
hémapophyses également solides. Chez les fossiles de l'ordre des Ganoides , la corde n'est en 
général pas conservée et il n'y a que les apophyses qui aient résisté à la destruction. J'ai 
donné Tab. D. Vol. 2, les dessins de squelettes restaurés des genres Macrosemius et Catnrus 



— 97 — 

el sur la même planche une vue d'après nature d'un fragment de squelette de Palaconiscus ; 
dans toutes ces iigures, les apophyses osseuses sont bien accusées, mais l'on n'aperçoit aucune 
trace de pièces centrales. 

Chez tous les autres poissons , les pièces centrales des vertèbres sont bien accusées et dis- 
tinctement séparées, excepté lorsque les vertèbres, d'abord séparées, viennent à se souder de 
nouveau sur les faces articulaires, comme cela arrive chez les Sclérodermes, dans la plaque 
caudale de beaucoup de poissons osseux et dans la région nuchale , chez les Raies. Mais dans 
ces cas aussi, la séparation primitive reste visible. 

La forme générale des vertèbres est celle de cylindres creusés, aux deux extrémités, de 
cônes , qui se touchent par leurs sommets. Les vides sont remplis par une masse gélatineuse , 
qui, sous le microscope, se montre composée de cellules qui sont le reste de la corde dorsale 
de l'embryon. Ce reste de corde est en forme de rosaire , avec des renflemens dont la plus 
grande épaisseur correspond à la face articulaire et l'étranglement au milieu de la vertèbre. 
Les pièces centrales des vertèbres de tous les poissons, à l'exception du Lépidostée, dont 
nous parlerons plus bas, restent donc toujours dans les mêmes conditions primitives : ce sont 
des anneaux autour de la corde dorsale. Mais il existe de grandes différences dans l'ossifi- 
cation plus ou moins complète de ces anneaux. Il y a des poissons, les Plagiostomes, par 
exemple , chez lesquels ils ne sont jamais complètement ossifiés ; ou bien la substance osseuse 
est parsemée de cartilage si elle n'est pas elle-même moins dure que chez d'autres poissons. 
Les apophyses, en revanche, sont toujours ossifiées, sauf chez quelques Requins (Acanthias, 
CentrinaJ, où l'ossification des parties centrales est incomplète, tandis que les apophyses per- 
sistent à l'état cartilagineux. 

Il est évident, d'après le mode de formation des vertèbres des poissons, qu'il n'existe pas, 
chez ces animaux, de véritables faces articulaires; les vertèbres ne font que se toucher par le 
bord des cônes creux. La mobilité de la colonne vertébrale est due au grand nombre de ver- 
tèbres qui la composent, car les vertèbres étant liées les unes aux autres par des ligamens 
fibreux rigides, ne subissent chacune qu'un très-faible déplacement. On a cru jusqu'ici, que ce 
type de vertèbres sans faces articulaires et creusées en doubles cônes était commun à tous les 
poissons. Il n'en est cependant pas ainsi. Le Lépidostée de la famille des Sauroides, qui, sous 
d'autres rapports encore, tient de près aux reptiles, est de tous les poissons celui qui s'éloigne 
le plus du type ordinaire. Ses vertèbres ont des faces articulaires parfaitement développées: 
en avant une tête glénoidale bombée et en arrière une cavité dans laquelle s'articule la tête 
glénoidale de la vertèbre suivante , de sorte qu'isolées ces vertèbres ne sauraitent être distin- 
guées des vertèbres d'un Saurien. 

Les pièces périphériques des vertèbres présentent aussi plusieurs degrés de développement. 
Nous avons déjà fait remarquer qu'elles sont d'abord latérales, et que, dans les types infé- 
rieurs, elles ne se joignent pas sur la ligne médiane pour former des arceaux. Les arceaux 

13* 



_ 98 — 

des neiirapophyses sont les premiers à se fermer; après quoi la pointe de l'ogive s'élève en 
crête et devient apophyse épineuse supérieure. 11 y a des poissons où ces apophyses épineuses 
partent d'un noyau particulier et restent articulées pendant toute la vie ; d'autres où elles font 
corps avec les arceaux, dès l'âge enibryonique. La forme de ces apophyses varie suivant la 
physionomie des poissons ; ceux qui ont le corps haut et aplati , comme les Soles et les Squa- 
nùpennes , ont des apophyses épineuses très-longues , très-fortes et souvent aplaties en forme 
de spatules; d'autres, dont le corps est svelte et élancé, comme le Tétraptère, et qui n'ont 
qu'un petit nombre de vertèbres très-longues et cylindriques, portent des apophyses très- 
basses, mais plates et élargies. La forme la plus commune est celle d'un sabre pointu, peu 
lai'ge et plus ou moins courbé en arrière, suivant l'inclinaison des feuillets tendineux des 
muscles latéraux. Les hémapophyses montrent le même degré de développement; mais il y a 
un plus grand nombre de poissons chez lesquels elles ne se ferment jamais en ogive, tels sont 
les Esturgeons, les Chimères, etc., tandis que les neurapophyses sont fermées. Enfin, chez la 
plus grande partie des poissons, les hémapophyses ne sont jamais fermées le long de la cavité 
ventrale; elles forment au contraire deux boutons latéraux plus ou moins prolongés, quelque- 
fois élancés, d'autres fois aplatis et larges qui s'étendent droit en dehors, et sur l'extrémité des- 
quels les côtes sont fixées. C'est à cause de cette direction horizontale que les hémapophyses 
aiïectent dans la partie antérieure du corps, qu'on les a prises longtemps pour des apophyses 
transverses, correspondant aux apophyses qui portent ce nom chez les animaux supérieurs, jus- 
qu'à ce que les recherches de M. J. Muller (*) eurent fait connaître leur ^ érilable signification chez 
les poissons. Le même anatomiste a en même temps prouvé qu'il n'existe de véritables apophyses 
transversales, analogues à celles des animaux supérieurs, que chez un petit nombre de poissons. 
Vers la partie postérieure de la cavité abdominale , les hémapophyses se courbent insensible- 
ment en dedans, vers la ligne médiane et se rencontrent à la fin en formant un arc autour des 
gros vaisseaux sanguins; elles se prolongent même sous la forme d'apophyses épineuses infé- 
rieures, qui, dans la partie postérieure du corps, ressemblent fort à celles des neurapophyses. 
Très-souvent les dernières côtes sont attachées à la face extérieure de ces arceaux formés 
d "hémapophyses. 

Une fonnation toute particulière , qui se trouve également à la base des neurapophyses et 
des hémapophyses et très-souvent aussi en arrière comme en avant de ces apophyses, ce sont 
les rudimens des apophyses arliculaires. Elles existent, chez la plupart des poissons, sous la 
forme de très-petits boutons proéminens qui surgissent à l'endroit où l'apophyse verticale 
s'attache à la pièce centrale. Le plus souvent ces apophyses articulaires sont si petites qu'elles 
ne touchent pas la vertèbre voisine; il n'y a que quelques poissons, comme les Balistes, 
les Lotes , les Muges où elles sont assez grandes pour dépasser le bord de la vertèbre et poui* 
s'enchevêtrer avec la vertèbre voisine. Quand ces apophyses existent, elles sont le plus souvent 

(*) Anatomie der Myxinoiden. T. I. 



— 99 — 

iui nombre de huit, quatre en liant sur les deux bases latérales de la neurapopliyse et quatre 
en bas dans la même position. 

Outre les apophyses, dont nous 'tenons de décrire le développement, la vertèbre des pois- 
sons montre encore d'autres appendices dignes d'attention. Et d'abord la plupart des poissons 
sont munis de côtes, le long de la cavité abdominale. Ces côtes sont, comme nous l'avons 
dit, attachées aux hémapophyses , mais jamais à la partie centrale de la vertèbre; elles 
manquent donc nécessairement à tous les poissons qui ne sont pas munis d'hémapophyses. 
Elles sont rudimontaires chez la plupart des poissons cartilagineux, et n'acquièrent un grand 
développement que chez les poissons osseux à cavité abdominale très-haute et courte. Elles 
sont arquées d'après la forme de la cavité abdominale et en même temps inclinées en arrière ; 
mais elles n'atteignent presque jamais la ligne médiane, pour s'y fermer en cercle au moyen 
d'une pièce médiane, d'un sternum,, comme c'est le cas chez les animaux supérieurs. H n'y 
a que quelques familles, par exemple les Clupéides et plusieurs Salmones où la cavité abdo- 
minale soit fermée sur la ligne médiane par un système de pièces osseuses, qui paraissent 
appartenir moitié au système dermique, moitié au système osseux, et qui ne sont peut-être 
que des inlerépineuv qui se continuent tout le long de la cavité abdominale. On ne trouve 
(|ue chez les Balistes une pièce médiane simple couchée le long de la cavité abdominale ; mais 
les côtes rabougries ne l'atteignent pas; tandis que chez les Clupes, les côtes s'enchevêtrent 
avec les apophyses montantes de ces pièces sternales. 

Une espèce toute particulière d'apophyses, qui ne se rencontre que chez les poissons, ce 
sont les apophyses musculaires. Ce sont des arêtes plus ou moins longues, grêles, cylin- 
driques, souvent bifides à leur base, attachées tantôt sur les neurapophyses , tantôt sur les 
parties centrales, tantôt sur les hémapophyses et même sur les côtes, et qui sont toujours 
dirigées en arrière et en dehors, obéissant à l'inflexion des feuillets musculaires. Ce sont 
des productions osseuses de ces feuillets tendineux, mais elles sont très-développées chez les 
Sparoides, plusieurs Squamipennes, etc.; par fois même, elles sont plus grandes que les côtes, 
par exemple chez le Polyptère, le Thon et d'autres poisons. Elles sont llxées aux vertèbres 
ou aux côtes (chez les Salmonidés, les Clupéides, les Mormyres, les Scombéroides, etc.) 
M. Meckel les appelle à tort des côtes supérieures; car il y a des passages tellement insensibles 
entre les apophyses musculaires rudimenlaires qui sont cachées dans la chair et qui n'ont 
aucune communication avec les vertèbres, comme chez les Cyprins, et les grosses pièces du 
Polyptère, qui ressemblent le plus à des côtes, qu'on ne saurait adhérer à cette opinion. 

D'après les recherches de M. Millier, beaucoup de Requins et de Petromyzontes ont, outre 
les neurapophyses , des apophyses intercalaires enchâssées entre les neurapophyses et qui 
prennent quelquesfois un développement tellement considérable que les neurapophyses en 
sont presque atrophiées. Ces pièces intercalaires correspondent toujours aux faces articulaires 
entre deux vertèbres, tandis que les véritables neurapoph>ses correspondent au milieu d'une 



— 100 — 

seule vertèbre. II y a même chez quelques Requins, les Scyllioides, les Galeus, les Carcharias 
et les Mustelus , des pièces particulières , au moyen desquelles ces apophyses intercalaires se 
ferment en ogives ; de pareilles pièces surnuméraires se trouvent aussi au-dessus des neura- 
pophyses qui ne sont pas complètement fermées en ogives. Les poissons osseux sont exempts 
de ces anomalies. 

Enfin les vertèbres de plusieurs poissons ont aussi de véritables apophyses transverses , 
analogues à celles qui se trouvent chez les animaux supérieurs. Mais ces apophyses ne se 
voient que très-rarement et seulement sur la partie caudale , par exemple chez le Polyptère 
et chez quelques Pleuronectes. 

Si on essayait d'établir une échelle graduée du développement successif de la colonne ver- 
tébrale chez les poissons , on aurait les degrés suivans : 

i) Corde dorsale continue, avec une gaine fibreuse qui forme un tube pour la moelle 
épinière; point de parties solides; point de divisions vertébrales. 

Mijxinoides , Ammocœtes, Branchiostoma. 

2) Corde dorsale continue ; à la face extérieure du tube de la moelle , des neurapophyses 
cartilagineuses qui ne sont par fermées; des apophyses intercalaires. 

Petromyzontes. 

3) Corde dorsale continue ; neurapophyses fermées et hémapophyses cartilagineuses ; côtes 
cartilagineuses; des apophyses épineuses supérieures. 

Accipenser, Chimères, Polyodon. 

h) Corde dorsale continue ; neurapophyses et hémapophyses ossifiées et fermées ; des apo- 
physes épineuses supérieures et inférieures; côtes et apophyses osseuses. 

Lepidosiren; la plupart des Ganoides fossiles. 

5) Corde dorsale continue; avec des compartimens intérieurs invisibles à l'extérieur. Pièces 
périphériques complètes, cartilagineuses. 

Grisets (Notidanus). 

6) Vertèbres distinctes, incomplètement ossifiées; creusées en doubles cônes; pièces périphé- 
riques cartilagineuses. 

Acanthias; Centrina. 

7) Vertèbres distinctes , ossifiées ; apophyses incomplètement ossifiées ; des apophyses inter- 
calaires. 

Requins en général. 

8) Vertèbres distinctes , en doubles cônes ; des apophyses intercalaires ; des pièces surnu- 
méraires pour la fermeture des neurapophyses. 

Scyllium; Galeus; Carcharias; Mustelus. 



— 101 — 

9) Vertèbres en doubles cônes; apophyses ossifiées. Des apopliyses musculaires. 
Tous les autres poissons osseux, excepté ceux des rubriques suivantes. 

iO) Vertèbres en doul)les cônes. De véritables apophyses tranverses. 

Polypier e; Pleuronedes. 

U) Vertèbres à face articulaire antérieure bombée et à face postérieure creuse. Type des 
reptiles. 

Lépidostée. 

La colonne vertébrale ne forme pas à elle seule toute la charpente du tronc. Le système 
des nageoires verticales qui est commun à tous les poissons sans exception, en fait aussi 
partie intégrante. Pour bien comprendre les divers degrés de perfection des nageoires , il 
importe aussi de remonter au développement embryonique. 

Aussitôt que le tronc de l'embryon commence à se détacher du vitellus, sur lequel il est 
collé, dans l'origine, par la face ventrale, on appercoit une doublure de la peau entourant 
le tronc en haut et en bas, et qui forme comme une frange tout autour de la partie 
postérieure du corps. Cette frange est formée uniquement de la peau, sans appui solide quel- 
conque: c'est la nageoire impaire continue. Elle commence au milieu du dos, au-dessus du 
foie , se continue en augmentant de hauteur autour de la queue , atteint son plus grand déve- 
loppement vis-à-vis de l'extrémité caudale, se rabaisse graduellement vers l'anus, est ici 
inlerrompue par l'ouverture anale, mais se continue au delà sous la cavité abdominale, jusque 
vers !e foie, où elle disparait. L'extrémité caudale de cette nageoire est arrondie et non 
fourchue. 

Le développement ultérieur de l'embryon amène des changemens considérables dans l'arran- 
gement de cette nageoire II s'y forme des rayons en très-grand nombre, des arêtes fines et 
à peines visibles, mais cependant plus développées dans la partie caudale que sous le ventre. 
Avec l'apparition des rayons , la nageoire impaire se divise en autant de lambeaux que le 
poisson possède de nageoires impaires. Cette division se fait par résorption ; il se forme 
des échancrures , d'abord peu profondes , aux endroits qui correspondent à ceux qui , chez 
le poisson adulte, ne sont pas garnis de nageoires impaires. La région abdominale se dé- 
garnit la première; les autres échancrures s'abaissent jusqu'au bord du corps, et il en résulte 
ainsi des nageoires impaires séparées , mais qui rappellent cependant encore leur forme 
première , en ce qu'elles s'élèvent très-insensiblement. La caudale reste longtemps arrondie ; 
elle se tronque ensuite verticalement, et ce n'est que fort tard qu'elle prend cette forme de 
croissant qu'on observe chez beaucoup de poissons. 

La forme de la colonne vertébrale est étroitement liée au développement du système des 
nageoires impaires, et c'est pourquoi nous nous sommes réservé d'en traiter ici. Dans l'em- 
bryon, la corde dorsale, d'abord droite, aboutit au milieu de extrémité de la nageoire 
ToM. 1. 14 



— 102 — 

impaire. Mais petit à petit, son extrémité commence à se courber et à former un arc dont la 
convexité est tournée en bas. L'extrémité de la corde ne correspond plus alors au milieu de la 
caudale; celle-ci est au contraire attachée au-dessous de la corde. Plus tard, les vertèbres 
osseuses se développent autour de la corde et forment par leurs apophyses aplaties et soudées 
une large plaque caudale, sur laquelle la nageoire reprend de nouveau une forme symétrique. 

Nous retrouvons des phases analogues dans la série des poissons parvenus à l'âge adulte. 
Chez le Branchiostoma lubricum, une seule nageoire continue entoure la partie postérieure du 
corps, qui n'est point arquée en haut. Les nageoires des Myxinoides et des Pétromyzontes, 
qui, comme celles du Branchiostoma, sont. dépourvues de rayons solides, montrent déjà des 
divisions plus ou moins sensibles et parfaitement semblables à celles qu'on rencontre chez les 
embryons. Chez d'autres poissons, d'une conformation plus relevée, il existe une nageoire 
continue sans entailles, mais elle est pourvue de rayons; cette conformation est commune à 
tous les poissons allongés et sveltes, tels que les MurénoideSy les Tœnioides et quelques autres 
genres de forme semblable appartenant à différentes familles. 

La courbure de la partie postérieure de la queue est un fait de la plus haute importance. On la 
retrouve chez tous les Placoides de notre époque, sauf les Cyclostomes. Il n'y a pas jusqu'aux 
Raies et aux Chimères à la queue grêle et terminée souvent en un lilet très-mince et long, chez 
qui l'on n'observe cette insertion infère de la nageoire caudale. Quelques genres de Ganoides, 
tels que les Esturgeons et le Lépidostée, ont également la colonne dorsale recourbée. Dans ce 
cas, les nageoires sont toujours pourvues de rayons et distinctement séparées les unes des autres, 
comme chez l'embryon, au moment où la courbure commence à se déclarer. Cette forme de 
la queue acquiert encore plus d'importance, lorsqu'on la considère sous le point de vue paléon- 
tologique. Tous les poissons antérieurs à la déposition du Lias, quels que soient d'ailleurs la 
famille et le genre auxquels ils appartiennent, ont la colonne vertébrale courbée en haut et la 
nageoire caudale insérée au bas de cette courbure. Mais aussi tous ces poissons appartiennent 
aux deux ordres des Placoides et des Ganoides. On ne trouve point de Cténoides ni de Cycloides 
dans les couches antérieures à la craie. En revanche, il n'y a, ni dans la création actuelle, ni 
dans les époques antérieures, aucun poisson adulte appartenant à ces deux derniers ordres, qui 
ait la colonne vertébrale redressée et la nageoire caudale insérée en bas, tandis que cet arran- 
gement de la caudale est propre aux embryons, à une certaine époque de leur existence. 11 y a 
donc, comme nous l'avons dit ci-dessus, une certaine analogie ou plutôt un certain parallélisme 
à établir entre le développement embryologique des Cycloides et des Cténoides et le dévelop- 
pement génétique ou paléontologique de toute la classe. Envisagée sous ce point de vue, nul ne 
contestera que la forme de la caudale ne soit d'une haute importance pour les considérations 
zoologiques et paléontologiques , puisqu'elle démontre que la même pensée , le même plan . 
qui préside aujourd'hui à la formation de l'embryon, s'est aussi manifesté dans le développe- 
ment successif des nombreuses créations qui ont jadis peuplé la terre. 



— 105 — 

D'après rarrangement des nageoires verticales nous admettons donc les degrés suivans de 
développement. 

1) Nageoire membraneuse, continue, sans rayons, se poursuivant en avant au delà de 
l'ouverture anale; extrémité caudale droite; insertion bilatérate de la caudale. 

Bi'ancfi iostoma . 

' 2) Nageoire membraneuse, sans rayons; extrémité caudale droite; insertion bilatérale de 
la caudale ; séparation incomplète des nageoires. 

Cyclostomes. 

3) Nageoire continue; insertion bilatérale de la caudale; rayons osseux. 

Anguilliformes; Tœnioides. 

h) Nageoires séparées; rayons cartilagineux ou osseux. Colonne verébrale recourbée; in- 
sertion inférieure de la caudale. 

Plagiostomes ; Chimères; Esturgeons; Lépidostée; tous les Placoides, sans exception, et 
tous les Ganoides antérieurs à la déposition du Lias. 

5) Nageoires séparées ; colonne vertébrale droite ; insertion bilatérale de la caudale ; une 
plaque caudale. 

Cténoides; Cycloides, à l'exception des familles mentionnées ci-dessus; Ganoides du Jura, 
de la Craie et de l'époque actuelle, à l'exception du Lépidostée et des Esturgeons. 

Les rayons des nageoires verticales sont soutenus par des osselets dont le nombre est ordinai- 
rement égal à celui des rayons, et que l'on a nommés surépineux, interépineux ou interapophy- 
saires. La forme de ces os est en général celle d'une lame de couteau à double tranchant, dont 
la pointe est enfoncée entre les apophyses épineuses , dans le feuillet tendineux médian , qui 
sépare les muscles latéraux, et dont l'extrémité supérieure est terminée par une facette articu- 
laire arrondie, sur laquelle le rayon est articulé. On trouve souvent des osselets surépineux chez 
les poissons qui n'ont pas de rayons; dans ce cas, leur étendue indique toujours l'étendue de 
la nageoire embryonale impaire. Très-souvent aussi , il y en a deux et même trois et quatre 
pour une seule apophyse épineuse , ce qui montre bien que l'opinion qui envisage ces sur- 
épineux comme appartenant au système vertébral , comme des prolongemens des apophyses 
épineuses, des démembremens des neurapophyses et des hémapophyses*, est entièrement erron- 
née. Il suffit d'ailleurs de rappeler qu'il existe des surépineux chez des poissons dont la nageoire 
se continue sous le ventre et dont les hémapophyses ne sont pas fermées par un prolongement 
épineux. Dans l'origine, il existe aussi des interépineux au devant des rayons de la caudale, 
et, chez tou| les poissons sans plaque caudale bien développée, c'est dans cet endroit qu'on les 
rencontre. Mais chez les poissons à caudale séparée, qui sont pourvus d'une plaque caudale, 
les inlerépineux ont disparu et sont soudés avec les apophyses vertébrales en une seule 
plaque osseuse. La forme et la grosseur des interépineux varient à l'infini, mais ils sont pour- 



— 104 — 

tant toujours en rapport avec les apophyses épineuses ; quelquefois même ils sont soudés à 
ces dernières ou imbriqués comme des tuiles; dans le premier, cas ils sont dilatés et élargis de 
manière à former une cloison longitudinale. 

Le système des nageoires paires est composé de deux paires, dont les unes, les pectorales, 
sont toujours situées au-dessus de la gorge, des deux côtés du cœur, tandis que les autres, les 
ventrales , quoique placées sous le ventre , varient singulièrement de place , depuis la gorge 
jusqu'au voisinage de l'anus. 

Les nageoires pectorales apparaissent de très-bonne heure chez l'embryon, longtemps avant 
les ventrales et presque en même temps que la nageoire impaire, sous la forme de deux bou- 
tons, situés derrière le cœur. On aperçoit presque en même temps le commencement de la 
ceinture thoracique, sous la forme d'un pli distinct qui descend derrière l'oreille et se réunit à 
celui de l'autre côté par une pointe au-dessous du cœur. Ce pli se modifie ensuite et devient 
une seule pièce cartilagineuse, qui se sépare en plusieurs pièces par l'ossification. Indépen- 
demment de cet arc , qui est le premier rudiment de la ceinture thoracique , il se développe 
dans le bouton extérieur, qui continue toujours à grandir, une plaque cartilagineuse, sur la- 
quelle se montrent les rayons. Cette plaque, qui au commencement, est simple et indivise, 
ne se partage en plusieurs pièces que par l'ossification. La nageoire pectorale de l'embryon 
est donc composée de trois parties distinctes; d'une partie interne qui forme l'arc de la cein- 
ture; d'une partie moyenne qui se compose des os carpiens, et enfin d'une troisième partie 
extérieure, les os du métacarpe et les rayons. 

Nous retrouvons les mêmes formes chez les poissons cartilagineux. Chez les Requins, la 
ceinture thoracique n'est composée que d'une seule pièce arquée en avant , formant un angle 
aigu au devant du cœur et cachée en arrière dans les chairs, au-dessus de la colonne verté- 
brale. Elle porte une seule pièce en forme de fléau, le représentant du bras et de l'avant-bras, 
sur laquelle reposent un grand nombre de petits cylindres, qui portent les rayons et forment 
quelquefois une double et triple rangée. Il est évident que cette pièce unique de la ceinture 
thoracique représente toutes les différentes pièces de l'arc scapulaire, c'est-à-dire la clavicule, 
le coracoidien et l'omoplate. Mais une ceinture thoracique composée d'une pièce unique ne 
pourrait subsister avec l'ossification; aussi le scapulaire ou l'omoplate est-il composé, chez les 
poissons osseux, de deux pièces, dont l'une, grande et fourchue, touche celle de l'autre côté 
au haut de la nuque , tandis que la seconde continue le bord du chambranle , sur lequel 
l'operclue se meut pour fermer l'ouverture des branchies. La clavicule est ordinairement d'une 
grandeur démesurée; elle forme la partie inférieure de l'ouverture branchiale, et touche la 
clavicule de l'autre côté par son extrémité antérieure. C'est cette pièce que Cuvier a appelée 
Vhumérus. Enfin le coracoîrfe est en général représenté par un stylet long et effilé, dirigé 
en arrière et caché dans les chairs; il est composé, dans la plupart des cas, de deux pièces. 
Le bras et l'avant-bras sont représentés par deux ou trois pièces de forme très-variable. 



— 105 — 

suivant que la nageoire est courte et ramassée, ou longue cl pédiculée. Ces pièces qui, quand 
elles sont au complet, correspondent à l' humérus, au cubital et au radial , forment derrière la 
clavicule une charpente perforée, sur laquelle se fixent les muscles de la nageoire. En avant 
de ces pièces, se trouve un certain nombre de cylindres osseux de grandeur variable, qui s'ar- 
ticulent en général au cubital, et sur lesquels les rayons sont inqilantés. Us correspondent 
sans doute au carpe et au métacarpe. 

La forme et le nombre de ces pièces sont soumis à des variations infinies. Nous nous 
bornons à mentionner ici le type particulier des Raies , où les pectorales atteignent un déve- 
loppement très-considérable, étant attachées à la tête par un système particulier de carti- 
lages, les cartilages des nageoires céphaliques, qui forment un arc autour de la tète et du cou, 
et viennent se joindre sur la pointe du nmseau. Ces cartilages sont exclusivement propres aux 
Raies et n'existent chez aucun autre animal. Pour le reste, la conformation de la pectorale est 
assez conforme à celle que l'on rencontre chez les Requins. 

Les nageoires ventrales des poissons varient beaucoup selon leur insertion , et on sait que 
l'on en a fait la base d'une classification générale. Elles n'apparaissent que fort tard chez 
l'embryon, sous la forme de deux petits boutons attachés à la peau du ventre, mais elles n'ont, 
dès l'origine, aucune communication avec le reste du squelette. Elles manquent à tous les 
poissons qui conservent la nageoire embryonale impaire , et n'apparaissent qu'avec le type à 
colonne vertébrale courbée. Néanmoins, tous les poissons des formations géologiques anté- 
rieures à la craie sont abdominaux, d'où il faut conclure que les nageoires ventrales entrent 
de très-bonne heure dans le plan général du squelette. La nageoire se compose toujours de 
deux parties, une interne, la partie coxale et une partie externe, les rayons; on ne connait 
pas d'exemple où la partie interne existe sans les rayons , comme cela a lieu pour les nageoires 
pectorales. La partie coxale consiste, chez les Plagiostomes, en une seule trame cartilagineuse, 
formant la cloison située à travers la partie postérieure de la cavité abdominale, tandis qu'il 
y a , chez les poissons osseux , deux os triangulaires qui se touchent par leur côté interne et 
se soudent souvent en une seule lame. 

Les rayons des nageoires méritent une attention toute parlicuhère. On en distingue en 
général deux espèces, les rayons mous qui sont flexibles et divisés à la fois dans le sens de la 
longueur et tranversalement, et les rayons durs et épineux, qui sont d'une seule pièce osseuse. 
Le mode d'implantation des rayons est soumis à des variations nombreuses. On peut établir 
comme règle générale , que tous les rayons osseux portés par des osselets interépincux sont 
munis de faces articulaires d'ordinaire très-compliquées, mais qui souvent aussi ne sont que de 
simples ginglymes. Les rayons fixés sur des plaques réunies, ou sur des os carpiens ou coxaux, 
sont par contre toujours bifurques à leur base et embrassent par deux branches le bord de la 
pièce sur laquelle ils se meuvent. Les deux bras de cette fourche sont en général droits dans 
la caudale, mais recourbés dans les nageoires paires, où la base du rayon ressemble à une pince 



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de dentiste. Il est par conséquent toujours facile de reconnaître de quelle nageoire un rayon 
détaché provient; une base à facette articulaire indique les nageoires dorsale et anale, une 
fourche à bras droits la caudale , une pince à bras fléchis les pectorales ou les ventrales. Les 
rayons mous se trouvent en plus ou moins grand nombre dans toutes les nageoires. Ils sont 
formés d'une substance osseuse , et les divisions longitudinales et tranversales proviennent de 
ce que cette substance osseuse se dépose en capsules ou cellules de grandeur variable, qui 
se superposent les unes aux autres et se multiplient de plus en plus vers l'extrémité du rayon. 
Les rayons durs par contre sont formés d'une seule pièce; on les rencontre dans toutes les 
nageoires , sauf la caudale , et l'on a invoqué leur présence dans la partie antérieure de la 
(lorsale comme une caratère de classification de premier ordre. Je renvoie au chapitre sur la 
classification des poissons pour de plus amples détails sur cette matière. • 

Avant de quitter ce sujet, je dois encore signaler une espèce particulière de rayons, qui ne 
se rencontre que chez les Ganoides, et qui olïre plusieurs particularités de structure fort 
remarquables : ce sont les défenses dont plusieurs Siluroides , les Balistes et d'autres 
Ganoides sont armés , et qui se trouvent aux mêmes endroits que les ra} ons durs dans les 
Acanthoptérygiens. Ces rayons sont articulés sur les interépineux ou adaptés sur les os du 
carpe , comme les autres rayons , mais , au lieu d'être formés de substance osseuse , ils pré- 
sentent au contraire une composition analogue à celle de l'émail dont les écailles de ces 
poissons sont recouvertes, et qui, dans le plus grand nombre de cas, est de la véritable 
dentine. Faute de matériaux, je n'ai pas encore pu pousser mes recherches sur ce sujet aussi 
loin que je l'aurais désiré. Je dirai cependant que jusqu'ici je n'ai encore trouvé de rayons 
semblable chez aucun Acanthoptérygien, en sorte que cette structure particulière pourra servir 
à reconnaître les rayons fossiles. Les rayons des Chondroptérygiens, comme nous le verrons 
tout-à-l'heure , présentent aussi une struture toute particulière. 

On rencontre chez les poissons cartilagineux trois espèces de rayons, des cartilagineux, des 
cornés et des défenses formées de dentine. Les premiers, les rayons cartilagineux, corres- 
pondent par leur structure aux rayons mous des poissons osseux. Ils sont composés de petits 
cylindres reunis en fils; leur division longitudinale se fait de la même manière que dans les 
rayons mous , c'est-à-dire que deux cylindres se superposent à un précédent , et les doubles 
rangées ainsi commencées se continuent. Mais ce qui distingue surtout ces rayons des 
rayons mous des poissons osseux, c'est que les divisions sont allignées latéralement, de ma- 
nière à former des lignes droites ou plus ou moins ondulées sur l'ensemble des nageoires , 
tandis que ces mêmes divisions horizontales, chez les poissons osseux, alternent entr'elles et ne 
se correspondent pas. Un autre point à signaler, c'est que les pièces dont ces l'ayons sont 
composés sont de véritables cylindres, tandis que dans les rayons des poissons osseux, ce sont 
des boites creuses à l'intérieur. Les rayons cartilagineux sont implantés d'une manière très- 
simple sur la base sur laquelle ils se meuvent : l'extrémité du premier cylindre est tronquée , 



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et repose sur la pièce qui la porte par une face lisse. Il y est fixé par la membrane fibreuse 
qui entoure les cartilages et qui se continue sans interruption de l'un à l'autre. On ne ren- 
contre iamais de rayons cartilagineux bifides à la base. 

Les rayom cornés se rencontrent surtout chez les Requins et les Chimères. Ils ne montrenl 
aucune trace de division transverse et ne se divisent pas non plus dans le sens longitudinal. 
Leur nombre est très-considérable; il y en a quelquefois plusieurs centaines dans une seule 
nageoire. Je ne puis mieux les comparer qu'aux fibres des fanons de Baleines qui sont réunies 
les unes aux autres et formées également d'une substance parfaitement homogène. Il y a dans 
chaque nageoire, deux rangées de fibres collées ensemble par le milieu et dont les extrémités 
inférieures embrassent les pièces sur lesquelles elles reposent , comme des fourches. Le mode 
d'insertion de ces rayons est donc analogue à celui des rayons des poissons osseux, qui ne sont 
pas portés par des osselets interépineux, comme par exemple les rayons de la caudale. 

Les grandes défenses que plusieurs poissons cartilagineux portent dans leurs nageoires, 
sont formées exclusivement de dentine parfaitement caractérisée par des canaux médullaires 
et des tubes calcifères, comme on en rencontre dans les dents des mâchoires. Ces rayons ne 
sont jamais articulés sur les pièces qui les portent, comme les défenses des poissons osseux; 
ils ne sont pas non plus composés de deux moitiés latérales, comme c'est principalement 
le cas des défenses propres aux nageoires impaires des poissons osseux. Ils sont au contraire 
taillés en biseau et leur extrémité est suspendue librement dans la chair, ou implantée comme 
un fourreau sur un support cartilagineux , à peu près comme les cornes des ruminans cavi- 
cornes sur leurs supports osseux. La cavité, qui résulte de cette implantation ne se ferme 
pas d'abord en arrière, et il reste toujours une rainure le long du bord postérieur. Ce sont ces 
caractères conslans qui m'ont conduit à la connaissance de la véritable nature de ces rayons fos- 
siles appelés IchthyodoruUthes , que l'on trouve en si grande quantité isolés dans les couches 
de la terre, et qu'on avait envisagés comme des défenses de Silures ou de Balistes, tandis qu'ils 
l)roviennent en réalité de poissons cartilagineux appartenant à plusieurs familles. 

Les détails fournis par l'embryologie sur le développement des rayons des nageoires, ne sont 
pas encore suffisans pour qu'il soit possible d'en tirer des conséquences sur la valeur respective 
de leur formation. Il est évident cependant que les nageoires sans rayons sont les moins par- 
faites ; les rayons cornés paraissent venir ensuite , puisqu'on voit , chez les embryons , où les 
rayons commencent à se former, une infinité de petits traits droits dont le nombre est de 
beaucoup supérieur à celui des rayons de l'adulte, et qui ne montrent pas la moindre trace 
de divisions transversales. Les défenses me paraissent de tous les rayons ceux qui ont l'orga- 
nisation la plus parfaite, puisque l'on en voit, chez les poissons osseux, qui paraissent être le 
résultat de la soudure d'un ou de plusieurs rayons primitifs. 

Si nous essayons maintenant d'établir une échelle de gradation d'après les données que 
l'étude collective de l'embryologie et de l'anatomie comparée nous ont fournies sur le déve- 



— 108 — 

loppement du tronc, nous trouverons en premier lieu qu'il est impossible de placer sur une 
même ligne tous les êtres d'une même classe et encore moins ceux de tout le règne animal. 
Il n'y a, selon nous, aucun être qui soit absolument et sous tous les rapports inférieur à tel 
autre. C'est l'ensemble de l'organisation qu'il faut considérer, et c'est elle seule qui peut servir 
de guide dans le rang que Ton assigne à telle famille ou à tel genre. Aussi bien , c'est par la 
prépondérance que les auteurs ont alternativement accordée à tel ou tel organe qu'on peut 
s'expliquer les différences notables qui régnent dans les systèmes. 

FORIVIE EMBRYONALE DU TRONC. 

Le corps est élancé , svelte , plus ou moins comprimé latéralement , surtout dans la partie 
postérieure. 

1) Point de système vertébral; corde dorsale droite, sans pièces vertébrales. Point de 

membres paires. 

Nageoire embryonale continue : 

Branchiostoma, 

Nageoire impaire plus ou moins séparée: 

Mijxinoides , Jmniocœtes. 

â) Système vertébral incomplètement développé; pièces vertébrales paires, sans partie 

centrale. Nageoire impaire séparée; corde dorsale droite; point de membres pairs; neurapo- 

physes cartilagineuses. 

Pétromyzon. 

5) Système vertébral incomplet; apophyses osseuses sans parties centrales. Nageoire con- 
tinue. Pectorales et ventrales styliformes. 

Lépidosiren . 

U) Système vertébral complet, ossifié. Nageoire impaire continue, avec des rayons. Pec- 
torales développées. 

Point de ventrales : Jpodes anguilli formes. 

Des ventrales : Divers Gadoides. 

FORIVIE NORBIALE. 

Le corps est plus ou moins fusiforme, comprimé latéralement; diminuant en arrière. Système 

vertébral incomplet; pièces périphériques sans corps central. Nageoires impaires distinctes. 

Caudale infère. Corde recourbée. 

a. Pièces périphériques (neurapophyses et hémapophyses) cartilagineuses: 

Esturgeons, Chimères. 

h. Pièces périptériques osseuses. 

Ganoides fossiles. 



— 109 — 

2) Système vertébral complet. Des pièces périphériques et des parties centrales. Nageoires 
impaires tlislinctes. Caudale infère. Corde dorsale recourbée. 

a. Nerlèbres incomplètes; pièces périphériques incomplètes, cartilagineuses. 

Gfisels (Nolidanus). 

b. Vertèbres distinctes, incomplètement ossifiées, creusées en doubles cônes; pièces 

périphériques cartilagineuses. 

Acanlhias, Centrina. 

c. Vertèbres distinctes, ossifiées; apophyses incomplètement ossifiées; des apophyses in- 

tercalaires : 

Requins en (jénéral. 

d. Vertèbres distinctes , en doubles cônes. Des apophyses intercalaires. Des pièces sur- 

numéraires pour la fermeture des neurapophyses: 

Scylliiwi, Galeus, Carcharias, Mustelus. 
.'5) Système vertébral complet. Vertèbres à faces articulaires. Caudale infère. 

Lepidosteus. 
h) Système vertébral complet. Vertèbres à doubles cônes. Caudale bilobée. Insertion par- 
tagée. Plaque caudale. 

Sciénoides, Sparoides, Sconibéroides, lUuyiloides, Labroides, Percoides, Gobioides, Trigloides 
(Joues cuirassées), Callionymes, Cyprinoides, Salmonidés, Lucioides, Clupéides, Siluroides. 

FORME ANORMALE. 

Corps aplati latéralement. 

1) Système vertébral incomplet. Point de pièces centrales. Caudale infère. 

Platysomus (du Zechstein et de la Houille). 

2) Système vertébral complet. Caudale bilobée. Plaque caudale. 

a. Corps symmétrique. 

Fomers, Teuthies, Squamipennes. 

b. Corps asymmélrique. 

Pleuronectes. 

Corps arrondi. 

i) Système vertébral incomplet. 

Pterichthys , Coccosteus (Terrains de transition). 

2) Système vertébral complet. 

Plectogna thés, Sclérodermes . 

Corps aplati d'en haut. 

Développement excessif des pectorales. 

Raies. 
ToM. I. 45 



110 



DE LA TETE. 



Nous appelons tête tout cet ensemble d'appareils qui, chez les poissons, est situé au devant 
des pectorales, enveloppe les parties centrales du système nerveux ainsi que les principaux or- 
ganes des sens et préside à l'exercice des fonctions de la respiration et en partie à celles de la 
nutrition. La tête des poissons se distingue de celle des autres vertébrés en ce que, à peu 
d'exceptions près, tout l'appareil respiratoire est logé dans la tète. Nous distinguons le crâne, 
ou la boite qui enveloppe le cerveau et les organes des sens , et qui est , pour ainsi dire , le 
noyau de toute la tête et la face qui est composée de pièces mobiles servant à la nutrition et à la 
respiration. Nous allons d'abord nous occuper du crâne, et nous chercherons à nous rendre 
compte des lois qui président à sa formation , de la même manière que nous l'avons fait pour 
la colonne vertébrale , en nous appuyant à la fois sur l'embryologie et sur l'anatomie com- 
parée. Les figures deTab. J. etK. représentent les diverses phases du développement de la tête 
osseuse. Les mêmes parties y sont toujours designées par les mêmes chiffres, et pour en 
facihter l'intelligence, on a fait colorier les os de la face, tandis que ceux du crâne sont restés 
en noir, Nous donnerons une analyse détaillée de ces deux planches à la fin de ce chapitre. 



DU CRANE. 



U n'y a aucun point de l'anatomie des poissons qui ait été plus discuté que celui de la 
composition du crâne, et aujourd'hui même, après tout ce qui a été dit et écrit sur ce sujet, 
les analomisles sont loin de s'entendre. Ce fut surtout à propos des discussions sur la compo- 
sition vertébrale de la tête , que l'on examina plus attentivement le crâne des poissons et les 
diverses pièces qui entrent dans sa composition. L'on commença. par analyser celles qui 
existent aussi chez les autres vertébrés et l'on chercha à ramener le tout à un type général , 
celui de la formation par vertèbres. Les adversaires de cette doctrine trouvèrent de leur côté, 
dans ces mêmes pièces, des argumens contre l'interprétation que cherchait à leur donner 
l'école des philosophes de la nature. Le principal tort que l'on eut des deux côtés, fut de 
s'attacher trop à la tête des poissons osseux et de négliger l'étude des poissons cartilagineux, 
ainsi que celle des types à squelettes à demi-ossifiés, qui forment le passage entre les deux 
formes. L'embryologie ne fut pas même consultée, et il faut convenir que, même de nos 
jours, elle n'a pas avancé de beaucoup la solution du problème. En revanche, les formes 
primitives ont été examinées dans ces derniers temps avec le plus grand soin , chez les pois- 
sons inférieurs et, grâces aux recherches de M. Miiller sur l'anatomie comparée des Myxinoi- 
des, il est possible maintenant de suivre, en quelque sorte d'échelon en échelon, la compo- 
sition génétique de la tête. Rien n'est instructif comme de comparer ces données avec celles 
que M. Vogt a recueillies sur la formation embryologique du crâne dans son Embryologie des 



— 111 — 

Salmoncs qui forme le premier voluiue de mon Histoire jialurelle des poissons d'eau douce de 
lEurope cenirale. 

Reportons nous un instant à l'état embryoFiique du poisson. Dans lembryon, la corde 
dorsale (Tab, J. iig. 1 — y, 7 et 8 ; Tab. K. lig. U; A.), (jue nous avons reconnue être l'axe 
j)nncipal autour duquel se forment les vertèbres et,4eurs dépendances, ne linit pas avec la 
dernière Aertèbre; elle se continue encore dans la base du crâne. Elle est dabord entourée 
d'une substance particulière, sans forme déterminée. Cette substance, plus solide et plus 
opaque que le reste de la substance embryonique, enveloppe également l'extrémité antérieure 
de la corde, la partie postérieure du cerveau, l'épencépliale et les vésicules des oreilles qui 
se forment à côté de ce dernier. La corde se prolonge jusqu'à la base de l'épencéphale, où 
elle se termine en pointe allongée, sur la limite entre l'épencépliale et la partie moyenne du 
cerveau ou le mésencéphale. On ne distingue aucune autre formation particulière autour ou 
au-dessous du mésencéj)liale ou du prosencéphale , qui puisse faire croire qu'il existe déjà, 
à cette époque reculée de la formation embryonique, une enveloppe séparée pour ces 
parties du cerveau ou pour les organes des sens qui en dépendent, tels que les yeux et le 
nez. Cet état de chose dure très-longtemps chez l'embryon des poissons; cependant petit 
à petit une enveloppe membraneuse se développe et il se dépose une plus grande quantité 
de matière constitutive dans les endroits où des parties plus solides devront être formées; 
mais il est impossible de distinguer aucune forme arrêtée avant l'apparition des cartilages. 
C'est seulement quand ceux-ci sont formés, qu'on appercoit des contours précis et qu'on 
peut suivre le développement de ces formes primitives, qui n'ont rien de commun avec les 
formes du crâne, tel qu'il existe dans le poisson adulte. 

L'extrémité antérieure de la colonne, avons-nous dit, se voit au miheu de la base du crâne, 
où s'avançant jusque vers le mésencéphale, elle se termine en pointe effilée. Elle est entourée 
de chaque côté d'une masse épaisse de cartilage, qui s'étend latéralement sous les oreilles et 
entoure ces dernières d'une espèce de capsule. Dans l'intérieur de cette capsule cartilagineuse, 
sont creusées de larges cavités destinées aux parties membraneuses de l'oreille. La base carti- 
lagineuse de l'épencéphale représente ainsi une plaque assez large, séparée au milieu par la 
corde dorsale et tuméfiée des deux côtés en deux capsules pour les oreilles. C'^st la plaque 
que M. Vogt nomme plaque tmcltale (B. Tab. J. fig. 1, 2, 4, 6; Tab. K. fig. k.). 11 ne parait 
pas que les deux parties latérales de cette plaque communiquent entrelles. La séparation est 
complète, d'après M. Vogt, et les deux parties ne sont qu'appliquées latéralement contre la 
corde , mais elles se recourbent un peu sur les parois latérales de l'épencéphale , où elles se 
terminent d'une manière vague, en passant probablement à une membrane fibreuse, qui 
enveloppe le reste de l'épencéphale. 11 en est autrement à la base du crâne; ici la substance 
cartilagineuse se continue en avant, en formant deux bâtons de forme cylindracée qui 
s écartent sur les côtés, circonscrivent un espace lenticulaire dans lequel l'hypophyse du cer- 



— 112 — 

veau est située, et se rapprochent de nouveau sous le prosencépbale, pour former une seconde 
plaque indivise, la plaque faciale (D. Tab. J. fig. 2, 6 — 8 ; ïab. K. iîg. k.). Les anses latérales, 
(G. Tab. J. fig. 1 , 2, i, 6, 8, 9; Tab. K. fig. U.) comme on a appelé les deux bâtons carti- 
lagineux qui entourent l'hypophyse, y aboutissent et font corps avec elle. 

D'après cela , le crâne de l'embryon est fort simple dans sa première apparition ; il n'existe 
encore de cartilage qu'à sa base, sous forme de deux plaques, une antérieure et une posté- 
rieure, qui sont réunies par deux anses latérales. Les oreilles seules sont enveloppées de 
capsules cartilagineuses, qui dépendent de la plaque nuchale; les yeux et le nez, comme tout 
le reste du cerveau, ne sont protégés que par des membranes fibreuses, qui, à ce qu'il parait, 
ne font pas même corps avec les parties cartilagineuses. Il est difficile de dire ce que de- 
viennent ces parties et quels sont leurs rapports avec les os et les cartilages des poissons 
adultes; car les recherches de M. Vogt sur l'embryologie des Salmones ne vont pas au de-là 
de l'éclosion, et celles plus anciennes de M.Rathke sur le développement du Blennie vivipare 
commencent l'étude de la formation du squelette à une époque beaucoup plus avancée. On a 
cependant quelques raisons d'admettre que ces parties primitives persistent d'une certaine 
manière dans l'ossification , et que la grande dissemblance qui règne entre la tête complète- 
ment ossifiée et celle de l'embryon, a son origine en partie dans le fait, que l'ossification n'est 
pas une transformation pure et simple des parties cartilagineuses en os, mais que les carti- 
lages, de leur côté, continuent aussi à se développer, si bien que l'ossification et la formation 
de cartilages marchent de pair. L'ossification s'opère toujours de dehors en dedans, de telle 
sorte que lorsque la capsule destinée à protéger le cerveau et les sens est achevée, il se forme 
des plaques protectrices à la face extérieure, qui petit à petit envahissent toute la capsule et 
font disparaître le cartilage. 11 faut par conséquent distinguer deux sortes d'ossification; l'une 
qui tend à transformer inmiédiatement les parties primitives du crâne embryonique en os ; 
l'autre, qui tend à déposer autour de ce noyau des plaques protectrices, qui se déve- 
loppent non-seulement, comme on l'a cru jusqu'ici , sur la face extérieure, mais aussi sur les 
parois latérales et sur la face inférieure du crâne. Nous chercherons à suivre ces transforma- 
tions dans la série de types que nous fournit l'anatomie comparée. 

Le Branchiostoma lubricum (Amphioxus lanceolatus Yarrell), cet animal si curieux de la 
famille des Cyclostomes , forme le premier gradin de l'échelle. Il n'a qu'une corde dorsale ; 
les parties centrales du système nerveux ne sont entourées que d'une enveloppe membraneuse 
et ne montrent aucune enflure, aucune trace de ganglions particuliers. La corde dorsale aboutit 
à l'extrémité antérieure du corps , comme elle aboutit chez l'embryon , sous le mésencéphale , 
et l'on ne découvre aucune trace de parties plus solides autour de son extrémité. L'état adulte 
de ce poisson est donc en quelque sorte analogue à l'état embryonique des autres types 
immédiatement après la formation de la corde dorsale et avant le développement d'une tête 
particulière. 



— 115 — 

L'Àinmocœtes branchiaUs (Tab. J. (ig. 1 — 3.), de la môme famille, est d'une organisa- 
tion déjà plus parfaite, qui correspond à celle de l'embryon au mo^nent de la première appa- 
rition des cartilages. La corde dorsale (A) se termine en pointe au-dessous de la limite entre 
répencéphale et le mésencéphale ; de chaque côté est appliquée latéralement une masse dure 
et cartilagineuse qui forme deux capsules pour les oreilles (B) et se continue en avant sous la 
forme de deux anses latérales cylindriques (C) qui circonscrivent un espace pyriforme, entouré 
seulement d'une membrane (E). Ces deux anses se réunissent de nouveau sous le prosencé- 
pliale , mais sans former une plaque faciale (D) ; car le point de réunion n'est pas plus large 
que l'une des anses prise isolément. Tout le reste du crâne est membraneux (F), et cette 
membrane fibreuse, assez épaisse, est partout attachée aux pièces cartilagineuses, mais 
l'adhérence n'est pas tellement forte, qu'on ne puisse l'enlever facilement et l'isoler complète- 
ment des cartilages. La pointe de la corde dorsale s'avance librement dans l'espace compris 
entre les anses latérales , absolument comme dans l'embryon des Salmones. Ici aussi, l'hypo- 
physe et même le mésencéphale tout entier reposent sur la membrane qui ferme cet espace. 
On le voit, cet état est absolument celui de l'embryon. Mais l'Ammocœtes se distingue encore 
par une autre particularité qui ne se remarque que plus tard chez lembryon. L'ouverture de 
la cavité nasale , qui est unique chez les Cyclostomes , se trouve immédiatement au devant de 
l'extrémité antérieure de la capsule membraneuse du cerveau; elle aboutit à un canal assez 
spacieux qui se dirige obliquement en arrière , passant entre la réunion des anses latérales et 
la membrane qui ferme le trou de la base du crâne en haut , et entre la muqueuse de la 
bouche en bas , pour se terminer en cul de sac près de la pointe de la corde dorsale ; de ma- 
nière que le plafond de la cavité buccale est séparé du plancher cérébral par la portion posté- 
rieure en cul de sac du canal nasal. Ce plafond de la bouche ne reste pas membraneux; il 
s'y forme une plaque dure , cartilagiheuse (G), qui s'adapte de tous côtés sur la paroi inté- 
rieure de l'espace circonscrit entre les anses latérales, et forme ainsi un faux plancher du 
crâne. On pourrait appeler cette plaque , qui a tout à fait la forme de l'espace compris entre 
les anses latérales auxquelles elle adhère, plaque buccale (G) ; c'est le vestige de ce système de 
plaques protectrices qui se développent autour de la capsule primitive du cerveau, et qui, 
par leur soudure avec les formations primitives, rendent si difficile l'étude de la composition 
du crâne. La crâne de l'Ammocœtes renferme ainsi les élémens suivans : une capsule mem- 
braneuse pour le cerveau (F); une base cartilagineuse, composée de l'extrémité de la 
corde (A), une plaque nuchale (B) à capsules pour les oreilles; deux anses latérales cylin- 
driques (C) réunies en avant sans le concours d'une plaque faciale particulière , et enfin une 
plaque buccale (G), formant le plafond de la bouche. 

Nous retrouvons chez les Mijxinoides (Tab. J. fig. 7 — 9.) les mêmes élémens un peu mo- 
difiés. Les anses latérales (C) sont plus allongées et la plaque buccale (G) a la forme d'un long 

cartilage spatuliforme élargi et concave au milieu, reposant par sa tige postérieure sur la 

13* 



— 114 — 

plaque nuchale (B). La plaque faciale (D) est large et munie de nombreux processus destinés 
aux tentacules de la bouche et formant les soutiens des lèvres. Les anses latérales et la plaque 
nuchale détachent également des processus latéraux qui forment un système très-compliqué 
de cartilages, dont nous traiterons plus en détail, au chapitre de la face. 

Les Pétromyzontes enfin (Tab. J. fig. k — 6.) sont le dernier type de la classe des pois- 
sons qui montrent des anses latérales distinctes. La plaque nuchale (B) est grande et s'avance 
en arrière sur la face inférieure de la corde , sous forme de deux processus effilés; en avant, 
elle se continue dans les deux anses latérales (C) qui sont très-courtes et qui n'embrassent 
qu'un très-petit espace presque circulaire (E), dans lequel est logée l'hypophyse du cerveau. 
La plaque faciale (D) est très-grande et occupe presque toute la base du prosencéphale et du 
mésencéphale ; un grand arc cartilagineux s'avance depuis la plaque faciale en bas, tourne en 
arrière, et rentre dans la plaque nuchale; c'est sur lui que repose l'œil; il est l'analogue d'un 
arc semblable , mais beaucoup plus rapproché de la ligne médiane , qui se trouve chez les 
Myxinoides , et qui porte l'échaffaudage des cartilages faciaux. Ce second arc cartilagineux 
des Pétromyzontes n'est pas du tout l'analogue des anses latérales si largement ouvertes de 
l'Ammocoetes, comme on pourrait être tenté de le croire au premier abord. Nous verrons au 
contraire en traitant de la face , qu'il constitue l'arc ptérygoklien qui , dans les Cyclostomes , 
comme dans les embryons, n'est pas encore séparé du crâne par des faces articulaires. La 
capsule du cervau est cartilagineuse sur les côtés, membraneuse en haut et elle ne se laisse 
plus séparer de la base du crâne, comme chez les genres précédens. La plaque buccale (G) 
ne se sépare pas non plus de la plaque faciale; et le canal nasal ne se loge plus entre le plafond 
de la bouche et le plancher du cerveau ; car ces deux parties n'en forment plus maintenant 
qu'une seule. 

Ici finit la série des formes, que l'on pourrait appeler embryonales; les Plagiostomes (Tab. 
J. fig. 10 et H ; Tab. K. fig. 1.) et les Chimères (Tab. J. fig. 12.) montrent déjà une affinité 
plus grande avec les poissons o;>seux. 

Le crâne n'offre qu'une seule boîte cartilagineuse qui est moulée intérieurement sur les 
contours du cerveau et qui a en outre une grande fontanelle sur le devant , au dessus du 
prosencéphale et des trous pour la sortie des nerfs. On y reconnaît distinctement trois com- 
partimens; le premier ou le compartiment postérieur (B) est rétréci en arrière, élargi en 
avant et encaissé de deux côtés entre des masses considérables de cartilage qui entourent les 
organes de l'ouie, qui sont complètement isolés de la cavité cérébrale; le second comparti- 
ment (C) est plus large et séparé du premier par une forte saillie du plancher de la cavité 
cérébrale; il est compris entre les grands creux dans lesquels sont logés les yeux; ces derniers 
organes reposent sur un plancher mince de cartilage recouvert d'un plafond peu large de la 
même substance; enfin le troisième compartiment (D), le plus large de tous, communique 
de chaque côté par un grand trou avec les fosses nasales qui sont entourées d'un anneau 



— 116 — 

scmimcmbrancux en forme d'enlonnoir, et tournées en dehors cl en l)as. La base thi crâne 
est toute unie; elle s'étend au de-là des fosses nasales au moyen d'un prolongement médian 
recourbé en haut, qui forme le bout du museau et qui est attaché à l'anneau nasal par deux 
apophyses latérales recourbées. Mais en examinant l'anneau de plus prés, et surtout en le 
plaçant sous un jour favorable, après avoir enlevé le toit de la cavité cérébrale (Tab. J. 
fîg. 11.), on voit s'y dessiner des parties plus épaisses et d'autres endroits presque trans- 
parens, tant le cartilage y est mince. Le plancher de l'épencéphale entre les oreilles est plus 
épais; c'est la plaque nuchale (A). De-là partent deux bras latéraux, entourant l'hypophyse 
du mésencéphale , sur lesquels les cloisons de l'orbite sont posées ; ce sont les anses latérales 
du crâne (C). L'espace qu'elles entourent est très-étroit et fermé par la soudure de la plaque 
buccale avec les anses, comme c'est aussi le cas chez les Ammocœtes; enfin, la partie qui porte 
le prosenséphale est de nouveau plus épaisse, les anses latérales y aboutissent et nous y retrou- 
vons la plaque faciale (D), qui se prolonge en avant dans le museau. Le caractère saillant des 
Plagiostomes consiste donc en ceci : la boîte cérébrale qui était encore membraneuse chez les 
Cyclostomes, est devenue cartilagineuse, à une fontanelle près; elle s'est soudée et confondue 
d'un côté avec la base embryonalc du crâne , de l'autre avec la plaque protectrice inférieure , 
la plaque buccale, de manière à ne former avec elles qu'une seule capsule. 

L'Esturgeon (Tab. K. fig. 3. et Vol. 2. Tab. E.) établit, par la conformation de son crâne, un 
passage des plus remarquables entre les poissons cartilagineux proprement dits, et les pois- 
sons osseux. Une boite cérébrale unique, sans sutures ni fontanelles, formée seulement de 
cartilage, enveloppe l'organe nerveux central; elle est percée en arrière par l'extrémité anté- 
rieure de la corde dorsale, autour de laquelle se développe la plaque nuchale. Il faut couper 
le crâne dans toute sa longueur (Vol. 2. Tab. E. fîg. 5.), pour s'apercevoir que les anses 
latérales existent. Le creux qui reçoit l'hypophyse du cerveau , traverse le cartilage , et n'est 
fermé que par la plaque buccale osseuse qui est dessous ; c'est autour de ce creux que le car- 
tilage est le plus développé. Pour tout le reste, le crâne de l'Esturgeon ne se distingue guère 
de celui des Plagiostomes, si ce n'est par l'absence d'une articulation occipitale, qui est de- 
venue impossible à cause de la persistance de la corde dorsale. Mais ce qui rend l'Esturgeon 
surtout intéressant, c'est la présence de plaques protectrices osseuses, tant à la face supérieure, 
qu'à la face inférieure du crâne. Ces plaques enveloppent complètement les deux faces de la 
boîte cérébrale. A la face inférieure du crâne, il n'y a qu'une seule lame osseuse, qui s'étend 
depuis l'occiput jusqu'au bout du museau, et dont la partie postérieure s'avance même en 
arrière sur la corde dorsale , de manière que les premières côtes sont fixées sur la plaque 
buccale. Cette extension postérieure de la plaque buccale rappelle en quelque sorte ce que 
l'on trouve chez les Pétromyzontes. Les plaques supérieures appartiennent évidemment à la 
peau et sont la continuation de celles qui se voient le long du dos et sur la ligne médiane du 
tronc. Leur nombre et leur disposition varient considérablement chez les diverses espèces. 



— IIG — 

Aussi, je crois que tous les efforts qu'on pourrait tenter pour ramener ces plaques supé- 
rieures au type des os qui existent à la même place chez les poissons osseux, seraient inutiles. 
Nous avons suivi dans les types qui précèdent les modifications que les parties intégrantes 
du crâne subissent dans la série des poissons cartilagineux. Nous y avons reconnu trois élé- 
mens d'abord entièrement étrangers les uns aux autres, mais qui par leur fusion et leurs 
combinaisons déterminent les formes diverses que nous avons décrites. Ce sont : i) la base ver- 
tébrale du crâne représentée par l'extrémité antérieure de la corde dorsale, entourée de sa 
gaîne et de la plaque nuchale portant les deux vessies auditives, et par la continuation de la 
plaque nuchale dans les anses latérales du crâne et dans la plaque faciale. Nous verrons par 
la suite, en traitant de la composition vertébrale de la tête, si ces élémens s'accordent ou non 
avec les bases que nous avons établies pour expliquer la formation des vertèbres des poissons ; 
2) l'enveloppe cérébrale qui constitue un second élément du crâne; d'abord membraneuse, 
elle se solidifie en devenant cartilagineuse et se soude alors avec la base vertébrale en une 
seule masse de manière à en rendre les limites primitives méconnaissables; 3) enfin nous 
avons reconnu un troisième système, celui des plaques protectrices qui apparaît simultanément 
avec les deux autres , mais d'une manière indépendante et se soude bientôt avec eux dans le 
crâne informe des Plagiostomes. Il est digne de remarque, qu'aussitôt que leur substance se 
modifie , ces différens systèmes se séparent de nouveau pour aussi longtemps que leur consti- 
tution est différente. C'est ainsi que chez les Cyclostomes, où la boîte cérébrale reste entière- 
ment ou en partie membraneuse, elle se sépare nettement de la base vertébrale et des plaques 
protectrices, qui sont composées d'un cartilage dur. C'est ainsi que chez l'Esturgeon, les 
plaques protectrices, en s'ossifiant, se séparent de la base vertébrale et de la boite cérébrale , 
qui restent cartilagineuses; c'est ainsi que, chez beaucoup d'autres poissons osseux, lesSalmones 
et les Brochets par exemple , la boîte persiste à l'état cartilagineux sur le plafond du crâne et 
demeure séparée des plaques protectrices qui la couvrent en dehors , tandis qu'en bas , elle 
se soude, en s'ossifiant, avec la base vertébrale et la plaque protectrice buccale. Mais il y a ici 
une distinction à faire, c'est que l'ossification occasionne la formation de plusieurs pièces en- 
chevêtrées. Son caractère essentiel est donc de séparer, tandis que les crânes qui restent car- 
tilagineux sont toujours coulés comme d'un seul jet; c'est entre autres le cas des Plagiostomes, 
où les différens élémens, qui sont formés de la même substance, deviennent aussi tout-à-fait 
méconnaissables. Dans les crânes ossifiés, on reconnaît encore les traces des anciennes sépa- 
l'ations, alors même que l'ossification est complète. Dans les crânes cartilagineux au contraire 
tout est confondu. 

En abordant maintenant l'ostéologie du crâne des poissons osseux (Tab. J. fig. 2i — 16. 
Tab. K. fig. 5.), nous chercherons surtout à faire ressortir le développement que subissent 
les parties fondamentales du crâne, que nous venons de reconnaître dans l'embryon et chez 
les poissons cartilagineux , en indiquant en même temps les principales modifications que les 



— 117 — 

divers os subissent sous l'influence des variations auxquelles la forme du crâne est assujettie. 
JNous commencerons par établir à quelle formation élémentaire les divers os appartiennent, et 
après avoir reconnu le rôle que chaque os joue vis-à-vis des élémens embryonniques, nous 
étudierons les rapports variés sous lesquels ils se montrent chez les poissons osseux en général. 

On retrouve dans la tète osseuse, la plaque nuchale avec ses dépendances, les vessies audi- 
tives. Sa base forme la continuation de Taxe du corps, déterminée par la corde dorsale; ses 
excroissances latérales enveloppent l'organe auditif, et son prolongement supérieur s'arque 
en ogive sur la moelle épinière , qui entre par le trou occipital dans la cavité cérébrale. Le 
plancher de la cavité cérébrale est lui-même formé , dans sa partie postérieure , par la plaque 
nuchale, sur laquelle repose l'épencéphale, et c'est l'os occipital et ses démembremens qui 
occupent la place de cette plaque. C'est, en effet, le basilaire (2.) de Cuvier, os en général 
court et cylindrique, qui porte la facette conique qui s'articule avec la première vertèbre par 
laquelle le crâne est joint à la colonne vertébrale, chez tous les poissons. Or ce basilaire, 
contient l'extrémité antérieure de la corde dorsale; il s'est par-conséquent développé comme 
un anneau autour de cette dernière ; aussi renferme-t-il , ainsi que les pièces centrales des 
vertèbres, des restes de la corde dans sa cavité articulaire creuse. La moelle allongée et la 
base de l'épencéphale reposent d'ailleurs sur sa face supérieure et dans sa face articulaire est 
creusée une partie de la fossette qui reçoit le sac du labyrinthe de l'oreille. Il est donc 
évident que cet os est formé des deux parties cartilagineuses latérales qui entourent l'extré- 
mité de la corde dorsale; aussi porte-t-il tous les caractères d'une pièce centrale de vertèbre. 

Mais le basilaire, comme l'indique son nom, ne forme que la base de cette partie du crâne; 
c'est ce qui fait qu'il n'est que très-peu visible dans un squelette monté, étant recouvert en 
bas par une plaque prolectrice , le sphénoïde principal , et en haut par les occipitaux latéraux 
(10), qui sont posés sur lui et qui entourent les flancs de l'épencéphale, embrassant entr'eux 
le grand trou occipital, qui donne passage à la moelle allongée. La partie postérieure des 
cavités et des canaux faisant partie des organes auditifs est creusée dans l'intérieur des occipitaux 
latéraux, qui forment en général la paroi occipitale du crâne en bas, et la partie inférieure et 
postérieure de sa paroi latérale. Ces mêmes occipitaux donnent aussi passage au nerf respira- 
toire des poissons, ou nerf vague, au moyen d'un trou de forme et de grandeur très-variables. 
Tantôt ils forment l'ogive du grand trou occipital, p. ex., chez les Salmones, les Cyprins, les 
Percoides, les Gadoides et d'autres, ou bien ils ferment entièrement la paroi latérale du crâne, 
touchant en bas au basilaire, en avant à la grande aile du sphénoïde, et en haut au temporal. 
Tantôt ils sont très-reduits , et de grands espaces , remplis du cartilage primitif de la boite 
cérébrale, se voient sur les côtés du crâne entr'eux et les os que je viens de mentionner, 
ainsi que sur la face postérieure du crâne entr'eux et les occipitaux externes et supérieurs. 
Mais quelque petits qu'ils soient (et c'est principalement le cas chez les poissons à occiput 

aplati, comme les Siluroides, les Anari'hichas et les Sparoides), ils sont presque toujours dis- 
Ton. I. 16 



— 118 — 

tinctement séparés du balisaire. Ce n'est que chez le Polyptère et plusieurs autres Sauroides 
fossiles, qu'ils s'unissent à ce dernier, de manière à ne former avec lui qu'un seul os. Il est 
évident , d'après cela , que les occipitaux latéraux correspondaient à la partie postérieure de 
la vessie auditive ossifiée. L'ossification s'effectue, comme toujours, de dehors en dedans, de 
sorte que, chez beaucoup de poissons, on trouve la face cérébrale de ces os tapissée intérieu- 
rement d'une couche plus ou moins épaisse de cartilage. 

Au-dessus de l'occipital latéral sont placés deux autres os ordinairement en forme de cônes, 
dont la base est tournée vers la cavité crânienne, tandis que le sommet s'avance en arrière, 
sous forme de crête ou d'apophyse plus ou moins saillante : ce sont les occipitaux externes [9), 
dont la grandeur parait être en rapport inverse avec celle des occipitaux latéraux. Dans les 
tètes plates et larges, où les occipitaux latéraux sont petits, les occipitaux externes s'élar- 
gissent et s'allongent en arrière en une forte crête, formant l'angle supérieur du crâne; en 
revanche , ils s'amincissent et disparaissent dans les têtes hautes , où les occipitaux latéraux 
acquièrent des dimensions notables; souvent aussi ils ne se touchent pas au milieu, laissant un 
espace plus ou moins considérable entr'eux. C'est ce qui arrive aussi aux occipitaux latéraux 
en bas et à l'occipital supérieur en haut. Cet espace, variable d'après la forme de la face 
occipitale du crâne, parait vide sur les fossiles. Il arrive aussi que les occipitaux latéraux ne 
se rencontrent pas au-dessus du trou occipital et ne ferment pas l'ogive. On dirait alors qu'une 
large fente médiane entame tout l'occiput. Les occipitaux externes, quoique revêtus souvent 
d'une couche plus ou moins épaisse de cartilage à la face interne (reste de la boîte auditive 
cartilagineuse) ne peuvent jamais être enlevés, sans mettre le cerveau et l'organe auditif plus 
ou moins à nu; et toujours il y a une partie des canaux semicirculaires qui sont cachés dans 
des creux de la face cérébrale de l'os. Il est dès-lors plus que probable que ces os ne sont que 
la partie postérieure et supérieure de la vessie auditive primitive qui s'est ossifiée; d'autant 
plus que ces os, qui sont séparés dans tous les autres poissons s'unissent dans le Polyptère 
aux occipitaux latéraux pour ne former avec eux qu'une seule pièce. 

La paroi occipitale du crâne est fermée en haut par un os impair, plus ou moins plat, rond 
à sa base et très-souvent surmonté d'une crête médiane de forme et de volume très-variable, 
c'est ïoccipital supérieur (8.). Dans les têtes hautes et comprimées latéralement, tels que les 
Vomers etc., la base de cet os est très-mince, souvent allongée, touchant en arrière aux 
occipitaux externes, en avant aux pariétaux et aux frontaux; dans ce cas, la crête médiane 
est élancée, haute, plate, semblable à la lame d'un couteau rond; tandis que dans les têtes 
larges, plates ou arrondies, où l'espace que l'os doit couvrir est beaucoup plus grand, la base 
est grande et plus ou moins ronde et la crête, au lieu d'être érecle, est souvent nulle, ou bien 
elle avance obliquement en arrière et même en bas pour se souder quelquefois avec les neu- 
rapophyses des premières vertèbres. Cet os ne peut pas non plus s'enlever sans mettre à dé- 
couvert les parties supérieures des creux auditifs. II constitue la clef de voûte de l'ogive repré- 



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scntée par Tensemble des occipitaux qui, dans les poissons osseux, ont remplacé la plaque 
nuchale, les vessies auditives et la partie postérieure de la boîte cérébrale qui recouvrait 
l'épcncépliale d'en haut. 

Il est plus difficile de dire quels os sont formés par les anses laléralcs du crâne. Cepen- 
dant, si Ton se rappelle que les deux cylindres cartilagineux qui unissent la plaque nuchale à 
la plaque faciale, sont les soutiens du niésencéphale , que ce sont eux qui embrassent, dans 
l'espace qu'ils circonscrivent, Ihypophyse du cerveau, nous aurons dans ce fait un indice 
pour nous guider dans linlerprétalion des métamorphoses de l'ossification. L'hypophyse ne 
manque jamais aux poissons, et quelle que soit sa grandeur relative, elle est toujours logée 
dans un creux à part de la base du crâne. C'est donc ce creux, qui doit être le reste de 
l'espace qu'embrassaient les deux anses latérales; ce sont par-conséquent les os qui entourent 
ce creux et qui reçoivent l'hypophyse, qui doivent avoir remplacé les anses latérales du crâne. 
Or ces os sont les grandes et les petites ailes du sphénoide. 

Les grandes ailes du sphénoide {i i .) sont deux os de forme très- variable , d'après la forme 
de la tête elle-même. Longs et bas dans les têtes aplaties, circulaires dans les têtes plus rondes, 
ils s'élèvent sous la forme d'une bande étroite et verticale dans les têtes courtes, hautes et 
comprimées latéralement, protégeant toujours les côtés du mésencéphale , et recevant à leur 
base l'hypophyse. Ils se touchent sur la ligne médiane et complètent ainsi le plancher de la 
cavité cérébrale; souvent le creux de l'hypophyse s'est conservé, et un trou rond se voit au 
milieu de leur réunion médiane. Ils complètent aussi la paroi latérale du crâne en se combi- 
nant plus ou moins intimement avec l'occipital latéral en arrière, le temporal et le frontal 
postérieur en haut et la petite aile en avant. Ces liaisons sont plus ou moins intimes suivant 
l'état de l'ossification à laquelle le crâne parvient. Chez certains poissons, les sutures sont enche- 
vêtrées; chez d'autres, il reste de larges espaces remplis par le cartilage de la boîte cérébrale pri- 
mitive entre les os, qui très-souvent ne se touchent pas même. La grande aile a toujours un ou 
plusieurs trous, par lesquels le trijumeau se détache de la cavité cérébrale pour se ramifier 
dans les organes qu'il sert; souvent aussi le canal sémicirculaire antérieur de l'oreille s'avance 
assez pour se cacher en partie dans la masse de cet os, et la moitié antérieure du creux des- 
tinée au sac du labyrinthe y est presque toujours située. 

La petite aile ou Vaile orbitraire (Ik.) du sphénoide pourrait plutôt provenir de la plaque 
faciale que des anses latérales. C'est un os plus ou moins carré dans les têtes hautes, déprimé 
et réduit dans les têtes larges et basses, où il manque même quelquefois complètement. 
Appliqué contre la face antérieure de la grande aile, il ferme le devant de la cavité cérébrale, 
touche en arrière au frontal postérieur, en haut au frontal principal, et avant à l'efhmoide 
crânien, et forme très-souvent avec son correspondant, de l'autre côté, une ogive, qui est sé- 
parée au milieu par l'ethmoide crânien, et par laquelle les nerfs optiques et olfactifs sortent du 
crâne. Dans la plupart des cas , cet os ne participe pas du tout à la formation de la base du 



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crâne, el l'on pourrait au besoin l'envisager comme formé uniquement de la boîte cérébrale. 
Mais d'un autre côté , le fait qu'il participe , dans plusieurs poissons , à la formation du creux 
de l'hypophyse , et que , dans d'autres cas , il se soude intimement à la grande aile , me fait 
penser qu'au moins une partie de la petite aile doit son origine aux anses latérales du crâne , 
quand même le i-este serait formé par la boîte primitive du cerveau ou bien par la plaque 
faciale. Je dirai à la lin de cet article, en exposant mes vues sur l'ossification des parties pri- 
mitives, quelles sont les raisons qui me font croire que presqu'aucun os n'est formé exclusi- 
vement de tel ou tel élément primitif, et que la plupart sont nés du concours de plusieurs 
élémens. 

La plaque faciale ne donne lieu a aucune ossification importante. Nous avons vu que, chez 
l'embryon, cette plaque sert de base au prosencéphale et de soutien aux fosses nasales qui y 
sont creusées. Dans les poissons à museau court et ramassé, où les fosses nasales sont très- 
rapprochées de l'extrémité antérieure du cerveau, la plaque faciale se transforme intégrale- 
ment en os ; elle est alors représentée par ïethmoide crânien (le sphénoide antérieur de Cuvier) 
(IS.), os impair, court, de forme presque carrée dans lequel sont percés les canaux servant 
aux nerfs olfactifs. Mais dans les poissons dont le museau s'allonge et dont les yeux , au lieu 
de conserver leur position primitive et latérale, à côté du mésencéphale, se reportent en avant 
pour se placer devant le cerveau, entre celui-ci el les fosses nasales, les rapports de la plaque 
faciale doivent nécessairement changer : une partie de la plaque restant à sa place primitive , 
se transforme en ethmoide crânien, l'autre se reporte en avant, mais ne se transforme jamais 
en os distinct; elle reste cartilagineuse comme noyau du museau, ou bien, si l'ossification du 
museau est complète, elle disparait par suite de l'envahissement de l'ossification extérieure. 
C'est pourquoi les poissons n'ont jamais de véritable ethmoide nasal (les os que Cuvier a nommés 
ethmoides sont les nasaux), mais seulement un ethmoide crânien. 

Le système des plaques protectrices est des plus développé dans les poissons osseux. Tous 
les os qui en font partie sont plus ou moins plats et dans l'origine appliqués seulement en 
dehors, sur les parties cartilagineuses du crâne, la boîte cérébrale primitive. Aussi peut-on 
enlever tous ces os sans endommager le moins du monde la forme et l'intégrité de la cavité 
cérébrale. Mais petit à petit ces os se développent aux dépens de la substance cartilagineuse 
sur laquelle ils reposent, et l'ossification, se propageant de plus en plus de dehors en dedans, 
la boîte cérébrale cartilagineuse finit par disparaître et les plaques protectrices entrent en 
contact immédiat par leur face interne avec la cavité cérébrale, tandis qu'auparavant ils en 
étaient séparés par du cartilage. Il serait bien important pour l'ostéogénèse du crâne d'exa- 
miner de nouveau l'ostéologie du crâne des poissons sous ce point de vue, et de rechercher 
rigoureusement quels rapports il existe entre la masse cartilagineuse et les os dont les crânes 
sont composés; mais ce travail exigerait des matériaux immenses et des préparations d'une toute 
autre nature. Pour que des têtes de poissons pussent servir à cet usage, il faudrait qu'elles 



— 121 — 

ne fussent pas trop macérées ; il faudrait de plus les conserver à l'esprit-de-vin , le dessèche- 
ment défigurant les cartilages; enfin il faudrait pouvoir disposer de plusieurs tètes de cha(jue 
espèce que l'on voudrait examiner, et en faire des coupes longitudinales et horizontales, afin 
d'étudier aussi les os qui affleurent à la face interne de la cavité cérébrale. Je dois cependant 
ajouter que les études que j'ai pu faire jusqu'ici sur les poissons de nos lacs et de nos rivièrse, 
tels que les Cyprins, les Brochets, les Salmones etc. confirment pleinement les vues auxquelles 
d'autres considérations m'avaient conduites. 

Les plaques protectrices se développent d'une manière égale sur toutes les faces du crâne. 
On avait depuis longtemps observé que les plaques osseuses de la face supérieure du crâne 
étaient en liaison plus étroite avec la peau que les autres os du crâne et l'on avait remarqué 
qu'elles prenaient quelquefois l'apparence d'écaillés en se recouvrant à leur face externe de 
l'émail propre à ces dernières. Quelques observateurs allèrent même jusqu'à prétendre que 
ces os n'appartenaient pas au plan primitif du crâne , mais bien plutôt au système dermique , 
que c'étaient des écailles qui, par leur développement extraordinaire, avaient empêché la 
formation de véritables os du crâne. Pour montrer combien celte opinion est erronée, il suffit 
de rappeler que la plaque buccale, dont nous avons suivi le développement dans les poissons 
cartilagineux, et que nous retrouverons dans le sphénoïde principal et dans le vomer des pois- 
sons osseux, est aussi une plaque protectrice, et cependant cet os n'a pas le moindre rapport 
avec la peau. Le fait est qu'il se développe des plaques protectrices sur toutes les faces du 
crâne, en haut, en bas et sur les côtés; seulement, en haut, elles sont en liaison plus intime 
avec la peau , en bas avec la muqueuse de la bouche , et sur les côtés avec les muscles , les 
tendons et les membranes qui tapissent les faces latérales et unissent les diverses parties 
en tr 'elles. 

Les plaques protectrices supérieures se composent de deux os pairs et d'un os impair qui, 
dans quelques genres seulement, est divisé en deux; ce sont les pariétaux (7), les frontaux 
principaux (d) et le nasal (5). 

Les pariétaux (7) n'ont pas, chez les poissons, la valeur qu'on leur reconnaît dans les 
autres classes des vertébrés. Ils sont petits, minces et ne se prolongent que rarement jusqu'à 
la ligne médiane. Dans la plupart des cas, l'occipital supérieur avance assez pour toucher le 
bord postérieur des frontaux, et alors les pariétaux se trouvent réduits à de petites esquilles 
sur les côtés, qui s'enlèvent très-facilement. Leur grandeur dépend donc essentiellement du 
développement des frontaux et de l'occipital supérieur. Dans les têtes basses et larges, où la 
crête de l'occipital supérieur est fort réduite, ils atteignent un volume plus considérable, 
forment une suture sur la ligne médiane, et dans quelques familles, les Cyprins par exemple, 
ils sont presque aussi grands que les frontaux. Les pariétaux sont enchâssés entre les frontaux 
principaux en avant, les temporaux en dehors, l'occipital supérieur et les occipitaux internes 
en arrière. 

16* 



— 122 — 

Les frontaux principaux (i) prennent une part beaucoup plus grande à la formation du 
toit du crâne. Ce sont en général deux grandes plaques larges, réunies par une suture 
sur la lio-ne médiane, et formant le toit des orbites et celui de la partie moyenne du crâne. 
Leur forme et leur grandeur dépendent entièrement de celle du crâne. Dans les tètes carrées 
ou rondes, ils deviennent larges et courts; dans les tètes hautes et comprimées latéralement, 
ce sont de longues bandes étroites; plus les orbites et les yeux sont grands, plus aussi les 
frontaux sont resserrés, tandis que les orbites profondes qui cachent de petits yeux, sont tou- 
jours protégées par des frontaux très-larges. Les frontaux varient peu dans leurs rapports 
avec les os environnans ; ils sont enchevêtrés en avant avec le nasal , latéralement avec les 
frontaux antérieurs et postérieurs, et avec les temporaux; en arrière, tantôt avec les pariétaux 
seuls, tantôt aussi avec l'occipital postérieur. 

La partie antérieure du crâne enfin est protégée, dans la plupart des cas, par un os impair, 
le nasal, l'ethmoide de Cuvier. Ce n'est que chez quelques Sauroides, voisins des reptiles, 
notamment chez le Lépidostée, que cet os est fendu sur la ligne médiane; il rappelle alors les 
nasaux des reptiles. Chez les autres poissons, c'est une plaque impaire qui forme le bout du 
museau et au-dessous de laquelle se trouvent creusées les fosses nasales. Plus la tète est large 
et arrondie à son extrémité, plus aussi le nasal est large et développé, tandis qu'il est très- 
réduit chez les espèces à museau long et pointu. 

Les plaques protectrices supérieures forment ainsi un toit complet au sommet du crâne, 
qui s'adapte en arrière sur les occipitaux externes et supérieurs par les pariétaux, et se pro- 
longe en avant par les frontaux. Ce toit afTecte les formes les plus variées dans les différentes 
espèces de poissons. Enfoncé et creux dans les uns, il s'élève dans d'autres en forme de crête 
tranchante et haute formant la continuation de la crête de l'occipital supérieur ; mais dans la 
plupart des genres, il est plus ou moins bombé ou légèrement convexe. 

Les plaques protectrices inférieures sont au nombre de deux, l'une pour la partie posté- 
rieure, le sphénoide principal, l'autre pour la partie antérieure, le vomer. Ces deux os sont 
intimement liés entr'eux et souvent la suture qui les sépare est tellement oblitérée, qu on les 
prendrait pour un seul os. Aussi avons-nous vu que dans l'origine, il n'y a qu'une seule 
plaque buccale qui représente les deux os. 

Le sphénoide principal est en général un os plat, long et étroit, appliqué contre la base du 
crâne, et s'étendant depuis l'occiput, par les orbites, dont il soutient la cloison, jusque dans 
le museau. Il s'applique contre la face inférieure du basilaire, des grandes et souvent aussi 
des petites ailes, et de l'ethmoide crânien, et se termine en s'enchevêtrant avec le vomer. Sa 
forme dépend de celle de la base du crâne : il est long et étroit dans les tètes allongées, plus 
ourt et plus large dans les têtes rondes ; quelquefois il est entièrement plan , d'autres fois il 
forme une carène saillante analogue à celle des plaques protectrices supérieures. U n'y a 
qu'un très-petit nombre de poissons, chez lesquels cet os se soude aux grandes et aux petites 



c 



— 125 — 

ailes, pour ne former avec elles qu'un seul sphénoide, Ici qu'il est connu chez les animaux 
supérieurs; dans le plus grand nombre des cas, on peut enlever cet os, sans mettre à décou- 
vert la cavité crânienne. 11 y a aussi un petit nombre de cas, où cet os porte des dents à sa 
face buccale, mais elles ne sont jamais aussi développées que sur les mâchoires. 

Le vomer constitue la base de la partie antérieure du museau et sa forme dépend, comme 
celle de l'os précédent, de la forme du museau lui-même. Dans la plupart des poissons, il 
apparait sur le plafond de la gueule, armé de dents plus ou moins formidables, qui manquent 
rarement. Il n'est séparé du nasal que par un noyau cartilagineux plus ou moins épais, dans 
lequel sont creusées les fosses nasales. Souvent ce noyau, reste de la plaque faciale, disparaît, 
et alors le vomer vient se souder au nasal pour ne former avec lui qu'une seule pièce, sur les 
côtés de laquelle sont situées les narines. C'est au vomer et au nasal que s'attachent les diffé- 
rons os qui forment les arcs maxillaires et ptérygoidiens, notamment l'intermaxillaire en avant 
et le palatin un peu plus en arrière. H n'y a que peu de poissons, comme le Lépidostée, chez 
lesquels le vomer soit séparé par une fente médiane en deux vomers latéraux, à l'instar de ce 
qui à lieu dans les Batraciens. 

Les plaques protectrices latérales enfin sont les plus compliquées de toutes ; les premières, 
elles sortent de leur rôle primitif pour prendre une part active à la formation de la cavité 
cérébrale. Elles sont au nombre de trois, de chaque côté du crâne, savoir deux démem- 
bremens du frontal, les frontaux antérieurs et postérieurs et plus en arrière les temporaux 
(mastoidiens de Cuvier). 

Les temporaux complètent l'espace compris entre les occipitaux latéraux et externes, les 
frontaux postérieurs et principaux et la grande aile du sphénoide. Ils sont situés à la face 
latérale du crâne et ne prennent qu'une part bien faible à la formation de la cavité cé- 
rébrale, même dans les poissons dont l'ossification est la plus complète. Le reste de l'os 
forme une crête allongée, horizontale, dans laquelle est logé le principal canal muqueux 
de la tête et en dessous de laquelle les arcs ptérygoidiens et operculaires s'attachent au 
crâne. Cet os porte presque toujours une longue épine qui s'avance en arrière, et autour de 
laquelle s'attachent les muscles de la nuque. Sa crête est très-saillante dans les têtes larges 
et aplaties, tandis que la base par laquelle l'os participe à la formation de la cavité céré- 
brale s'élargit davantage dans les têtes hautes, où les faces latérales du crâne sont plus 
considérables. 

Les frontaux postérieurs complètent la crête des temporaux. Leur base, en forme de 
pjTamide, n'entre que rarement dans la composition de la cavité crânienne; dans la plu- 
part des cas, ils peuvent s'enlever facilement de la boîte cartilagineuse, sans mettre pour 
cela le cerveau à découvert. Ils forment le pilier postérieur de l'orbite, et leur grandeur 
dépend beaucoup de la forme de cette dernière. Chez quelques poissons, le Polyptère par 
exemple, ces os sont intimement soudés au frontal principal. 



— 124 — 

Les frontaux antérieurs forment de la même manière le pilier antérieur de l'orbite et s'en- 
lèvent toujours facilement, lorsqu'ils ne sont pas soudés au frontal principal. 

Nous trouvons ainsi le crâne des poissons osseux composé de trois élemens divers , qui , 
dans l'ossilication , disparaissent petit à petit en se combinant ensemble. Ce sont la base em- 
bryonale, la boîte cérébrale et les plaques protectrices. La boîte primitive ne parait pas 
s'ossifier; aussi est-elle refoulée et absorbée par l'ossification des plaques protectrices. 

De la BASE EMBRYONALE , et notamment 

de là plaque nuchale et des vessies auditives naissent: le basilaire, les occipitaux latéraux, 
les occipitaux externes, l'occipital supérieur et le rocher ; 

des anses latérales : les grandes et les petites ailes du sphénoïde ; 

del a plaque faciale : l'ethmoide crânien. 

Le reste des os crâniens est le résultat de la formation de plaques protectrices. Nous 
regardons comme nés 

des plaques supérieures : les pariétaux , les frontaux principaux et le nasal ; 

des plaques latérales : les frontaux antérieurs , postérieurs et les temporaux ; 

des plaques inférieures (plaque buccale) : le sphénoïde principal et le vomer. 

Si nous cherchons maintenant à établir, à l'aide des lois que nous venons d'exposer, une 
échelle de gradation entre les poissons, nous arriverons à peu près au tableau suivant : 

i) Boîte cérébrale membraneuse; corde dorsale aboutissant à l'extrémité antérieure du 
museau; point de base cartilagineuse. 

Branchiostoma. 

2) Boîte cérébrale membraneuse ; base vertébrale cartilagineuse disfincte ; plaque buccale 
séparée. 

Àmmocœtes ; Mijxines. 

3) Boîte cérébrale incomplètement cartilagineuse ; le reste comme les précédens. 

Bdellostoma ; Pétromyzon . 

h) Boîte cérébrale entièrement ou presque entièrement cartilagineuse; base vertébrale 
soudée à celte dernière; plus de corde dorsale; articulation occipitale. Point de plaques 
protectrices. 

Chimères ; Plagiostomes . 

5) Boîte cérébrale cartilagineuse; corde dorsale permanente; base vertébrale indistincte et 
soudée à la boîte cérébrale; plaques protectrices inférieures ossifiées et séparées; plaques 
supérieures remplacées par des os dermiques. 

Esturgeons. 



— 126 — 

G) Boîte cérébrale cartilagineuse disparaissant par degrés ; base vertébrale ossifiée ; plaques 
protectrices ossifiées, souvent soudées à la base vertébrale. 

Poissons osseux. 

Les dénominations que j'ai employées dans l'exposé qui précède, pour désigner les dilTérens 
os, sont en général celles que Cuvier et Meckel ont adoptées dans leurs grands ouvrages sur 
l'analomie comparée; elles peuvent par conséquent être envisagées comme authentiques; elles 
ont d'ailleurs passé, comme on sait, dans une foule d'ouvrages grands et petits. J'ai déjà exposé 
en faisant la comparaison des os desSauroides avec ceux des reptiles en particulier (dans le chap. 
"2 de la II'' partie du Vol. 2. p. 53), les raisons qui m'ont engagé à adapter une opinion diffé- 
rente de la leur, à l'égard de quelques-uns de ces os. C'est ainsi que Cuvier nomme le nasal 
«ethmoide», mon temporal «mastoïdien», mon ethmoide crânien «sphénoïde antérieur». Pour 
tous les autres os nous sommes d'accord. Meckel nomme mon frontal postérieur «temporal», 
mon frontal antérieur «ethmoide latéral» , mon temporal «mastoïdien» , ma grande aile «rocher» , 
ma petite aile «grande aile», mon ethmoide crânien «petite aile» et mon nasal «ethmoide». 
Meckel est donc d'accord avec Cuvier contre moi sur la dénomination du temporal et du nasal ; 
pour lesquels je diffère des deux auteurs. D'un autre côté , il diffère de Cuvier et de moi par 
la manière dont il interprèle les démembremens du frontal, les grandes et les petites ailes, sur 
lesquelles, nous avons l'un et l'autre, Cuvier et moi, une opinion différente. 

C'est ici le lieu de dire mon opinion sur la composition du crâne par vertèbres. Cette idée 
qui a longtemps agité les esprits parait maintenant dominante, et je l'ai partagée avec une 
foule d'autres naturalistes. C'est par conséquent en quelque sorte une obligation pour moi, 
d'indiquer les motifs qui m'en ont fart revenir. Je le ferai d'autant plus librement, qu'il est 
permis aujourd'hui de discuter cette question sous toutes ces faces, sans craindre de blesser 
des susceptibilités. 

C'est M. Oken qui fit imprimer le premier programme sur la signification des os du crâne. 
La nouvelle doctrine qu'il exposait fut accueillie en Allemagne avec un enthousiasme extrême 
par l'école des philosophes de la nature. L'auteur postulait alors trois vertèbres du crâne , et 
l'occipital hasilaire, le sphénoïde et l'ethmoide étaient envisagés comme les parties centrales 
de ces vertèbres crâniennes. Sur ces prétendus corps de vertèbres s'élevaient des arcs enve- 
loppant les parties centrales du système nerveux (nos plaques protectrices) ; tandis que du coté 
opposé étaient attachées des pièces inférieures qui devaient former l'arc végétatif destiné à 
embrasser le canal intestinal et les gros vaisseaux (les arcs de la face , dont nous traiterons 
plus tard). Il serait trop long d'énumerer ici les changements que chaque auteur apporta à ce 
travail en le modifiant à sa manière. Les uns se contentèrent du nombre admis par Oken, les 
autres élevèrent le nombre des vertèbres crâniennes jusqu'à quatre, six, sept et même plus; 
les uns voulurent voir des côtes dans les arcs branchiaux et les mâchoires ; les autres prirent 

ces dernières pour des membres de la tête, analogues aux bras et aux jambes. Si l'on n'était 
ToM. I. 17 



— i26 — 

pas d'accord sur le nombre des vertèbres, on l'était encore moins sur le rôle qu'on assignait à 
chaque os. Les nomenclatures les plus bizarres ont été proposées par les différens auteurs, qui 
cherchaient ainsi à généraliser leurs idées. On alla jusqu'à prétendre que les vertèbres de la 
tête étaient aussi complètes que les vertèbres du tronc, et au moyen de démembremens, de 
séparations et de combinaisons diverses, on ramena toutes les formes du crâne à des vertèbres, 
en admettant que le nombre des pièces était invariablement fixé pour toutes les tètes ; et que 
tous les vertébrés, quelle que soit d'ailleurs leur organisation défmitive, portaient dans leur 
tête le même nombre de points d'ossifications. Plus tard on reconnut tout ce qu'il y avait d'er- 
roné dans cette manière de voir; mais l'idée de la composition vertébrale de la tête n'en fut pas 
moins conservée. On admettait comme loi générale, que le crâne était composé de trois vertèbres 
primitives, comme l'embryon de trois feuillets blastodermiques, mais que ces vertèbres, comme 
les feuillets, existaient seulement dans l'idée, et que leur présence, facile à démontrer dans 
certains cas, ne pouvait être entrevue que passagèrement et avec la plus grande difficulté 
dans d'autres cas. L'idée ainsi posée d'une existence virtuelle des vertèbres crâniennes ne 
devait pas rencontrer une bien grande opposition; d'ailleurs, l'on ne pouvait nier une certaine 
ressemblance générale entre la boîte osseuse du cerveau et le canal rachidien , et l'occiput 
en particulier avait tous les traits caractéristiques d'une vertèbre. Mais toutes les fois que- l'on 
essayait de pousser plus loin l'analogie et de déterminer rigoureusement les vertèbres anté- 
rieures du crâne on se trouvait arrêté par des obstacles insurmontables, et il fallait toujours en 
revenir à l'exitence virtuelle. Mon intention n'étant pas d'entamer une nouvelle polémique à 
cet égard, je n'entrerai pas dans les détails de la composition des vertèbres crâniennes, en vue 
d'en tirer des objections entre les opinions actuellement en faveur. Je me bornerai à établir 
les lois générales de la formation vertébrale chez les poissons, et j'examinerai ensuite si elles 
sont applicables à la formation de la tète, telle que nous l'avons entrevue. Car si la tête est 
réellement une suite de plusieurs vertèbres , il faudra bien , quelles que soient les variations 
résultant du développement ultérieur, que la loi générale se manifeste aussi dans la formation 
primitive de la tête , ou bien dans une phase quelconque du développement. 

Qu'on me permette, pour expliquer clairement mon idée, d'avoir recours à un exemple. 
Il est certain que les corps organisés sont quelquefois doués de qualités virtuelles, qui, a 
une certaine époque de la vie de l'être, échappent à la dissection et à tous nos moyens d'in- 
vestigation. C'est ainsi, qu'au moment de leur naissance, les œufs de tous les animaux se 
ressemblent à tel point qu'il serait impossible de distinguer, même sous le plus fort micros- 
cope, l'œuf ovarial d'une écrevisse, par exemple, de celui d'un poisson. Et pourtant, qui 
voudrait nier qu'il existe dans ces œufs des êtres différens l'un de l'autre à tous les 
égards! C'est précisément parceque la différence se manifeste plus tard, à mesure que 
l'embryon se développe, que nous sommes autorisés à en conclure, qu'à cette première 
époque, les œufs étaient déjà différens, qu'ils avaient chacun des qualités virtuelles propres, 



— 127 — 

qui oxislaienl, quoiqu'elles ne fussent pas saisissables pour nos sens. Si au contraire quelqu'un 
trouvait deux œufs parfaitement semblables, dont il verrait sortir au bout du développement 
deux êtres parfaitement indenticpies, il aurait grand tort de vouloir attribuer à ces œufs des 
qualités virtuelles dillerenles. 11 faut donc, pour pouvoir supposer à un animal des propriétés 
virtuelles cachées, que ces propriétés se manifeslenl nue fois dans une phase quelconque 
de son développement. Or, faisant l'application de ce principe à la théorie des vertèbres 
crâniennes, nous dirons que si ces vertèbres existent virtuellement chez l'adulte, il faut qu'elles 
se montrent en réalité à une certaine épocjue du développement. Si, au contraire, on ne les 
trouve, ni dans l'embryon, ni dans l'adulte, je pense qu'on est en droit de contester aussi 
leur existence virtuelle. 

La formation des vertèbres, telle que nous l'avons signalée au commencement de ce chapitre, 
suppose, comme première condition, l'existence d'une corde dorsale, autour de laquelle 
viennent se déposer les anneaux primitifs du corps de la vertèbre et les pièces paires, les neu- 
rapophyses et les hémapophyses , qui entourent les centres nerveux et les grands réservoirs 
sanguins. Mais le développement des neurapophyses est lui-même précédé de la formation d'une 
enveloppe membraneuse du système nerveux central qui, de même que la corde, ne montre 
aucune division transversale, et c'est la corde dorsale entourée de cette enveloppe, qui représente 
le type des vertébrés réduit à sa -plus simple expression. Aussi le trouvons-nous réalisé non- 
seulement chez l'embryon des vertébrés en général, mais aussi dans un animal parfait, le plus 
inférieur de l'échelle, il est vrai, dans le Branchiostoma lubricum. 

Du moment qu'on admet cet état primitif, (qui existe d'une manière plus ou moins pas- 
sagère chez les embryons des vertébrés), comme base de toute formation vertébrale, il 
est évident qu'il doit se retrouver aussi dans le développement de la tête, si la tête se com- 
pose réellement de vertèbres; car nous sommes forcés d'admettre une formation vertébrale 
aussi loin que la corde dorsale s'étend, et par une conséquence naturelle du même raisonne- 
ment, nous devons rejeter l'idée d'une formation vertébrale partout où la corde dorsale 
n'existe pas ou na jamais existé. La vertèbre ne peut donc se développer qu'autant qu'il 
existe préalablement une corde dorsale, ou bien il faut qu'on prouve qu'il peut exister des 
vertèbres dans des endroits où jamais il n'y a eu de corde dorsale. Autrement nous ne saurions 
nous écarter de ce que l'observation nous a démontré être la condition de toute formation 
vertébrale. 

Or l'application de ce principe à la composition de la tête nous montre d'entrée qu'il 
n existe qu'une seule vertèbre crânienne, la vertèbre occipitale, et que le reste de la tête est 
étranger au système vertébral. En effet, la plaque nuchale seule est traversée par la corde 
dorsale dans toute sa longueur, et ce sont les parties latérales de cette plaque qui se déve- 
loppent autour de la gaîne. Nous admettons dès lors que la plaque nuchale avec ses processus 
parcourt les mômes phases de développement que les vertèbres, qu'elle se forme des mêmes 



— 128 — 

élémens et que par conséquent les os qui résultent de son ossification sont réellement des por- 
tions de vertèbres, en particulier que le basilaire forme la partie centrale de cette vertèbre, que 
les occipitaux latéraux et externes en sont les neurapopliyses , et que l'occipital supérieur en 
est l'apophyse épineuse. 

Mais là se bornent les analogies. La corde dorsale finit avec la plaque nucliale. Les anses 
latérales du crâne et la plaque faciale n'ont pas le moindre rapport avec la corde, pas la 
moindre analogie avec les pièces vertébrales, telles que nous les trouvons développées dans la 
colonne vertébrale. Il n'existe pas d'exemple que l'enveloppe membraneuse de la moelle 
épinière se chondrifie en entier, comme la boîte cérébrale ; les neurapophyses qu'elle porte 
sont constamment séparées en pièces distinctes, et si quelquefois elles se soudent, ce n'est 
que par la suite du développement. La boîte cartilagineuse du cerveau, au contraire, est tou- 
jours une et indivise, et l'on ne trouve, ni dans sa formation primitive, ni dans son développe- 
ment ultérieur, la moindre trace de pièces distinctes. D'un autre côté , la formation de plaques 
prolectrices est tout aussi étrangère à la colonne vertébrale, que l'est au cerveau l'existence 
de parties centrales perforées verticalement au milieu, ou celle d'une gaîne neurapophyséale 
continue. Je ne trouve donc, ni dans la formation primitive, ni dans le développement des 
pièces du crâne, la moindre analogie avec la formation des vertèbres; je ne puis pas plus re- 
connaître des parties vertébrales centrales dans les anses latérales et dans la plaque faciale, 
que je ne reconnais des neurapophyses dans la boîte une et indivise. 11 serait également dif- 
ficile de démontrer que le sphénoïde principal est un corps de vertèbre, et telle plaque 
latérale une neurapophyse , ou bien que les frontaux sont des neurapophyses épineuses. Ainsi 
que nous l'avons dit, il faudrait pour cela que la corde dorsale formât la base des anses laté- 
rales et de la plaque faciale , et que la boîte cérébrale cartilagineuse eût des séparations sem- 
blables à celles des vertèbres. 

On pourrait cependant me faire ici une objection tirée de la valeur physiologique de la 
vertèbre, dont la fonction est, comme on sait, d'un côté, de fournir un appui solide aux con- 
tractions musculaires , qui déterminent les mouvemens du tronc , et de l'autre , de protéger 
les centres du système nerveux, en formant une boîte plus on moins solide et complète autour 
d'eux. A ce premier office sont surtout destinés les corps des vertèbres, au second les 
neurapophyses. Quoi de plus naturel dès lors que d'admettre, que, dans la tête, les corps 
de vertèbres dépérissent, à mesure que la fonction motrice se perd, tandis que les neurapo- 
physes se développent considérablement pour protéger le cerveau, dont le volume est très- 
considérable, comparativement à celui de la moelle épinière? N'avons-nous pas un exemple 
de ce fait dans les vertèbres de la queue , où les neurapophyses s'oblitèrent complètement et 
où il ne reste qu'un simple corps cylindrique? Or, ne se pourrait-il pas, que, dans la tête, le 
corps de la vertèbre ait disparu, et que, par conséquent, il n'y ait de prolongement de la 
corde, qu'aussi loin que s'étendent les fonctions motrices des vertèbres? Il y a quelque chose 



— 129 — 

de vrai dans celte argumenlation , cl il sérail dillicile de la repousser a priori. IMais elle perd 
toute sa force, du nionient ([u'on entre dans un examen détaillé des os de la lèle. Ainsi, que 
seraient, dans celle hypolUèse, le sphénoïde principal, les grandes ailes du sphénoïde et l'éth- 
nvoide qui forment poiulanl le plancher de la cavité cérébrale? — Des apophyses. — Mais, 
les apophyses ne protègent les centres ner\ eux que de côté et d'en haut ! — Des corps de 
vertèbres. — Mais ils se sont formés sans le concours de la corde dorsale ; ils ne peu\ enl donc 
pas être des corps de vertèbres. Il faut donc convenir, que ces os du moins, ne rentrent pas 
dans le type vertébral, qu'il sont quelque chose de particulier. Et s'il en est ainsi, pourquoi 
les autres plaques protectrices ne seraient-elles pas également indépendenles du type verté- 
bral, d'autant plus, que les rapports des frontaux et des pariétaux varient tellement, qu'il 
serait presque impossible de leur assigner une place constante? 

DE LA FACE. 

De toutes les parties de la tête, la face est celle qui contribue le plus à donner aux poissons, 
comme à tous les vertébrés en général, leur expression, leur physionomie particulière; mais 
c'est en même temps la région du corps qui est soumise aux plus grandes variations et dont 
la structure est le plus compliquée. Il n'est dès-lors pas étonnent que son étude présente de 
grandes difficultés. 

Jusqu'ici l'étude anatomique du développement de la face n'a retiré qu'un faible secours 
des recherches embryologiques ; non que la formation du système facial en grand ne soit pas 
connue; il n'y a, au contraire, presque aucun point de l'embryologie, sur lequel on possède 
des observations plus nombreuses et mieux établies ; mais ce qui manque , ce sont des détails 
sur les rapports des os avec les parties primitives qui les précèdent. Ce serait par conséquent 
un travail méritoire, que d'étudier le développement de chaque os en particulier et la manière 
dont il se combine avec les autres os. 

Chez l'embryon, la face, quel que soit son développement ultérieur, est composée, dès 
l'origine, d'un nombre plus ou moins considérable d'arcs, dont les uns embrassent la cavité 
et l'intestin buccal dans tout son pourtour, tandis que les autres se courbent en dessus pour 
en former le plafond. Le nombre de ces arcs est le même dans les embryons que chez les 
adultes, au moins dans les poissons osseux, et il est à présumer qu'il en est de même chez les 
poissons cartilagineux. Mais comme l'embryologie de ces derniers est encore à faire, et que 
l'on ne possède que fort peu de renseignemes sur leur développement en général, il est im- 
possible d'établir rien de précis à cet égard. Chez les embryons des poissons osseux, le 
nombre de ces arcs est de neuf, dont trois ne servent qu'à la nutrition, tandis que les six 
autres sont des arcs branchiaux , qui tous portent des franges branchiales destinées à la respi- 
ration. De ces six, quatre seulement restent pourvus de branchies pendant toute la vie, 

17* 



— 150 — 

tandis que les deux autres, le premier et le dernier, les perdent à mesure que le poisson 
grandit. 

L'arc maxillaire supérieur (I) est formé , dans l'embryon , d'un blastème propre , situé 
en avant de la pointe antérieure du crâne , et formé , chez les Salmones du moins , d'abord 
d'une seule pièce (Tab. K. fig. k.), qui se divise par l'ossification en deux pièces distinctes, 
l'intermaxillaire (1 7) et le maxillaire (18). La branche postérieure de l'arc, le jugal (19), 
parait plutôt formé par le sytéme dermique. 

Le second arc, ou l'arc palatin (l\), qui se trouve derrière et en dedans du premier, parait 
être plus intimement lié à la base du crâne. D'après les observations de M. Vogt sur la Palée, 
qui sont corroborées par l'étude que M. J. Miiller a faite des Myxinoides dont nous parlerons 
plus tard, cet arc serait représenté, dans l'embryon, par un processus latéral de la plaque 
faciale, qui s'étend en arrière en formant un plancher pour les orbites qu'il sépare ainsi de la 
cavité buccale (Tab. K. fig. h.). Nous manquons cependant encore d'observations directes qui 
prouvent que ce processus se transforme réellement plus tard en os palatins (22) et ptérygoi- 
diens(2S), bien qu'il leur corresponde par sa position. Nous ignorons également comment se 
forme la troisième pièce, l'os transverse (24), qui rattache l'arc palatin à l'arc maxillaire infé- 
rieur. Quoiqu'il en soit, l'arc formé par ces trois os est situé en dedans du premier arc, dont il 
répète à peu près le contour ; il s'étend cependant plus en arrière et ne parait jamais sur le 
pourtour extérieur de la bouche. 

Les sept autres arcs diffèrent des deux précédens, en ce qu'au lieu d'être couchés parallèle- 
ment à la base du crâne, ils embrassent la cavité buccale, se réunissent en bas sur la ligne 
médiane, tandis qu'en haut il sont tantôt fixés latéralement sur le crâne p.nr leurs extrémités, 
tantôt réunis au-dessous du crâne sur la ligne médiane, tantôt même ouverts de manière 
à n'aboutir à aucune pièce qui complète le cercle. Le premier de ces arcs est formé, chez 
l'embryon, de deux ou de trois bâtons cylindriques de chaque côté qui sont fixés en haut, 
au-dessus des vessies auditives, et dont la pièce inférieure forme le pourtour de la lèvre infé- 
rieure de la bouche : c'est l'arc ma7idibiilaire{UÎ). On n'a pas encore suivi le développement 
ultérieur de cet arc ; mais il est fort probable , que les diverses pièces qui constituent la mâ- 
choire inférieure proprement dite des poissons osseux , et qui sont , comme on sait , au moins 
au nombre de trois, ainsi que les pièces supérieures de l'arc, l'os carré (26) et la caisse du tem- 
poral (2.7), se développent autour de cylindres cartilagineux simples, comme des plaques pro- 
tectrices, c'est-à-dire à leur face externe, et que le cylindre cartilagineux que l'on trouve à la 
face interne de la mâchoire inférieure de beaucoup de poissons, ainsi que l'os tympano-mal- 
léal(51), ne sont que les restes des cylindres primitifs qui composaient l'arc maxillaire infé- 
rieur. Ces pièces osseuses joueraient ainsi vis-à-vis du cylindre primitif, le même rôle que 
les plaques protectrices du crâne vis-à-vis de la boîte cartilagineuse primitive. L'arc maxillaire 
inférieur n'est jamais un arc branchial; il ne porte, à aucune époque de la vie embryonique, 
des franges respiratoires. 



— 151 — 

Les six arcs qui succùdent à l'arc niandibulaire sont de véritables arcs branchiaux, qui 
pendant une certaine époque de la vie enibryonique , poi'tenl des (ranges respiratoires avec 
des vaisseaux qui correspondent directement avec le cœur. Mais il n'y en a que quatre qui 
conservent celte fonction pendant toute la vie, le premier devient l'arc hyoidien, le dernier 
l'arc pharyngien, et l'un et l'autre perdent leur fonclion respiratoire dans le poisson adulte. 

Il importe que nous nous arrêtions un instant â Varc hifoidien{l\). Cet arc donne lieu à un 
système d'os toute particulier, qui est éminemment propre aux poissons et surtout aux poissons 
osseux, les pièces operculaires{\). L'arc hyoidien est d'abord, comme l'arc maxillaire inférieur, 
très-simple. Formé d'une série de pièces qui sont attachées à un cylindre cartilagineux moyen, 
transformé plus tard en os hyoide(42) et lingual (11), il se continue en haut par ses branches 
latérales (57 — kO), auxquelles font suite l'os styloide(29), le préopercule (50) et le mastoïdien 
du temporal (25) qui bordent en arrière la fente entre lui et l'arc maxillaire inférieure. Il est 
dabord garni de franges respiratoires qui disparaissent plus tard et dont il ne reste qu'un ves- 
tige dans la pseudobranchie, dont beaucoup de poissons sont munis. Dès le commencement de 
la vie embryonique, on voit un pli de la peau s'élever sur cet arc, et en grandissant, s'étendre 
en arrière, pour couvrir de plus en plus les arcs branchiaux situés derrière. Dans ce pli cutané 
se développent plus tard des pièces osseuses, en général sous la forme de plaques minces et 
plates , qui sont plus alongées et plus nombreuses sous la gorge , où on les appelle rayons 
branchiostègues(15), tandis qu'en haut elles forment un battant plus large, composé ordinai- 
rement de plusieurs pièces, qui constituent ensemble l'opercule. 

Les quatre arcs branchiaux {\ II) de l'embryon n'offrent rien de particulier. Ils sont tous com- 
posés, dans l'origine, d'un seul cylindre cartilagineux recourbé de chaque côté, qui s'articule 
en bas avec le corps de l'hyoide, et en haut avec la base du crâne. Leur division en plusieurs 
pièces ne survient que plus tard et principalement par l'effet de l'ossilication. Le dernier arc 
ou arc pharyngien {\IU) ne se distingue d'abord en rien des autres; ce n'est que plus tard 
qu'il perd ses franges respiratoires. 

Si nous poursuivons maintenant, dans la série des poissons, les divers degrés de dévelop- 
pement que l'embryon parcourt, nous ne devrons pas nous étonner de voir les os de la face 
subir des modifications beaucoup plus nombreuses que ceux du crâne. En effet, c'est la face qui 
exécute tous les mouvemens qui servent à l'entretien de la vie végétative de la tète. Tandis que 
le crâne n'existe que pour protéger les organes de la vie de relation , les centres nerveux et 
les organes des sens, la face doit servir à la préhension des alimens, à la déglutition, enfin à 
toutes les foncfions de la nutrition et de la respiration que la nature a cumulées dans la tète des 
poissons. Le genre de vie, la manière de se nourrir des poissons, l'élément dans lequel ils sont 
appelés à vivre , exercent sans doute la plus grande influence sur le plan primitif de la 
face, et il est fort à regretter qu'à l'égard des formes souvent si bizarres et si compliquées, 
dont la nature s'est plù à varier la face des poissons cartilagineux , nous ne possédions pas de 



— 152 — 

renseignemens positifs, tirés de renibi'yologie, qui puissent nous éclairer sur les vrais rapports 
de ces formes avec le plan primitif. 

L'appareil facial des Myxinoides (ïab. J. fig. 7 — 9.) se rapproche beaucoup de celui de l'em- 
bryon des poissons osseux, au moins dans ses traits principaux. Les anses latérales du crâne 
fournissent des processus assez considérables, qui s'étendent en arrière et forment un système 
très-compliqué de cartilages qui soutiennent les muscles des joues et les nombreux tentacules 
de la bouche. Ces processus qui correspondent évidemment à l'arc palatin décrivent un cercle 
au-dessus de la cavité buccale et fournissent un appui à l'œil, dans tous les genres où ils existent. 
De ce cercle part un cylindre cartilagineux, qui fait le tour de la cavité buccale, en se réunissant 
au-dessous, dans la ligne médiane et qu'on pourrait comparer à l'arc hyoidal. Les arcs maxil- 
laires manquent complètement ; ils sont remplacés par un système particulier de cartilages , 
qui ne se trouve que chez les poissons cartilagineux, et que M. Millier, qui le premier en a 
découvert et démontré les particularités, nomme cartilages labiaux (IX). Les arcs branchiaux 
sont en beaucoup plus grand nombre que chez les autres poissons ; ils sont entièrement séparés 
de la tête chez tous les Cyclostomes et situés beaucoup plus en arrière, sur le pourtour du cou 
et de la cavité abdominale. 

L'appareil facial des Pélromyzontcs (Tab. J. fig, k — 6.) est tout aussi simple que celui des 
Myxinoides. Ici aussi l'arc palatin est encore appliqué contre les anses latérales du crâne, où il 
forme deux anses très-saillantes et beaucoup plus arquées que celles des Myxinoides. A cet arc 
palatin est attaché un arc hyoidal plus petit et en quelque sorte rudimentaire. Il n'existe pas 
non plus d'arcs maxillaires; la bouche qui, comme l'on sait, est bordée par un cartilage en 
entonnoir, est supportée de toutes parts par les cartilages labiaux qui, au lieu de former des 
processus, des pointes, etc., connue chez les Myxinoides, affectent la forme de larges plaques 
courbées, plus ou moins dilatées, qui entourent la bouche et l'orifice nasal. 

Nous entrons avec les Plagiostomes [Tah. K. fig. 1 .) dans une autre série de formations. Tous 
les arcs de l'embryon des poissons osseux se retrouvent chez ces poissons ; mais les arcs maxil- 
laires et palatin sont à l'état rudimentaire, comme on doit s'y attendre, dès que l'on sait, que 
les premiers manquent chez les Cyclostomes. L'arc maxillaire supérieur n'est formé que d'une 
seule pièce de chaque côté, qui représente à la fois l'intermaxillaire et le maxillaire supérieur 
et qui, au lieu d'être attachée à la base du crâne, comme c'est le cas chez les poissons 
/Osseux, s'articule avec la pièce de la mâchoire inférieure qui, elle aussi, est simple de chaque 
côté. Cet arrangement résulte évidemment de la position reculée de la bouche qui, au lieu 
de se trouver à l'extrémité de la tête , est située en dessous , et souvent débordée par un pro- 
longement exagéré du museau. C'est aussi le cas des embryons des poissons osseux. Nous 
reviendrons encore une fois sur ce sujet, en examinant les poissons osseux. Il suffit de faire 
remarquer ici, que cette position des arcs maxillaires au-dessous du crâne est une formation 
embryonique qui, chez beaucoup de poissons et notamment dans les Plagiostomes, se soutient 



— 135 — 

pendant loule la vie. Il n'existe donc chez les Plagiostomes que les parties médianes ou 
inférieures des arcs maxillaires, réunies par une articulation et suspendues à l'os hyoide, 
qui les rattache au crâne. L'arc hyoidal est aussi fort simple; sa partie antérieure, formée 
du cartilage lingual, du corps de l'os hyoide et des branches latérales, existe en entier, 
mais sa partie postérieure qui est composée de deux ou trois pièces dans les poissons osseux, 
n'est représentée que par une seule pièce de chaque côté, qui, en haut, est articulée 
sous le crâne, au-dessous des oreilles, et qui, en bas, porte des faces articulaires pour les 
branches de l'hyoide et les maxillaires. Il est même probable que cette pièce cartilagineuse 
réunit en elle les parties supérieures des arcs mandibulaire et hyoidal , de manière à corres- 
pondre aussi à l'os carré et à tous les autres os qui, dans les poissons osseux, fixent la mâ- 
choire inférieure au crâne. Ce qui rend cette supposition très-probable, c'est qu'il existe 
aussi chez les poissons osseux une liaison plus ou moins intime entre les parties supérieures 
de ces deux arcs. L'arc hyoidal est, comme chez les Cyclostomes, dépourvu de toute forma- 
tion cutanée solide , et l'on ne trouve que par ci par là , dans la peau qui recouvre lès 
branchies, des vestiges de petites pièces cartilagineuses qui correspondent aux pièces opercu- 
laires. Le nombre des arcs branchiaux est en général de cinq, à l'exception des Notidans, et 
il est curieux de voir dans ce genre l'arc pharyngien porter des franges respiratoires , comme 
chez l'embryon. L'arc palatin est séparé du crâne et représenté par un seul cartilage, le 
ptérygoidien, qui se trouve en arrière du maxillaire, en allant de l'articulation maxillaire vers 
le haut de la base du crâne. Il aurait été difficile d'assigner à cette pièce sa véritable signifi- 
cation, si M. Henle n'avait découvert, dans le Narcine, la Raie électrique du Brésil, le palatin 
sous forme de deux pièces plates , réunies au milieu et formant un toit au-dessus de la cavité 
buccale, en avant et en dedans des ptérygoidiens. 

C'est chez les CJnmères, les Spaliilaires et les Esturgeons que l'on trouve les passages inter- 
médiaii'es entre les Plagiostomes et les poissons osseux. Dans les Chimères (Tab. J. fig. 1 2.), l'arc 
palatin manque entièrement et les deux arcs maxillaires sont fort réduits, au point que l'on ne 
découvre aucune trace de leur partie supérieure ; aussi, la mâchoire inférieure est-elle immé- 
diatement suspendue au crâne au moyen d'un prolongement latéral de la boîte cérébrale. En 
revanche, l'arc hyoidal prend un développement remarquable. C'est lui qui donne lieu aux 
pièces operculaires qui sont au nombre de trois , suspendues derrière une seule pièce cartila- 
gineuse, qui correspond à toute la partie supérieure et latérale de l'arc. 

Le type des Spatulaires (Tab. K. fig. 2.) est déjà plus parfait. Tous les arcs existent; l'arc 
maxillaire supérieur sous forme d'une seule pièce, occupant le pourtour supérieur de la bouche 
et s'articulant avec la mâchoire inférieure; l'arc palatin, formé de chaque côté de deux pièces 
parallèles, qui ne sont pas placées l'une à la suite de l'autre, mais dont l'intérieure répond au 
ptérygoidien et l'extérieure au palatin. L'arc mandibulaire n'existe que dans sa partie mé- 
diane. L'arc hyoidal comprend plusieurs pièces, dont les inférieures sont à n'en pas douter les 
Ton. I. 18 



— 154 — 

branches latérales, tandis que la pièce cylindrique, par laquelle il est suspendu au crâne et sur 
laquelle l'opercule se meut, répond à ces pièces détachées du temporal, que nous avons re- 
connues pour le mastoidien et le préopercule chez les poissons osseux. 

Les Esturgeons (Tab. K. fig. 3,) enfin forment le passage direct aux poissons osseux. L'arc 
maxillaire supérieur parait complet; il est composé de deux branches osseuses, une extérieure 
formant le pourtour de la bouche, une intérieure séparée seulement en arrière, et représentant 
le maxillaire, tandis que l'antérieure représente sans doute l'intermaxillaire. L'arc palatin est 
aussi au complet; les palatins en avant et les ptérygoidiens en arrière forment une plaque voûtée, 
qui compose un palais dur et mobile ; les ptérygoidiens sont même soudés en une seule pièce ; 
une troisième pièce réunit le palais à l'articulation maxillaire, c'est sans doute l'os transverse. 
Il n'y a que l'arc mandibulaire, dont il n'existe que la moitié inférieure, à moins que 
l'on ne veuille voir dans les trois pièces par lesquelles les mâchoires et l'hyoide sont sus- 
pendus au crâne, les arcs hyoidal et mandibulaire réunis. Les arcs branchiaux sont construits, 
chez les trois types intermédiaires que nous venons de mentionner, d'après le même plan que 
chez les poissons osseux ; c'est-à-dire qu'il y a quatre arcs respiratoires portant des franges , 
et un cinquième pharyngien dépourvu de toute fonction respiratoire. L'appareil operculaire 
n'est développé sur le bord postérieur de l'arc hyoidal que dans sa partie supéi'ieure; les 
rayons branchiostègues manquent. 

Ce qui frappe surtout dans l'arrangement des différens arcs chez les types que nous 
venons d'analyser, c'est le développement successif des arcs maxillaires. Ils manquent d'abord 
entièrement , ou bien ils restent presque inaperçus sous un système très-compliqué de carti- 
lages labiaux; puis ils se développent successivement et d'abord dans la partie médiane; c'est 
alors l'arc maxillaire supérieur, qui atteint tout le développement dont il est susceptible, tandis 
que la partie supérieure de l'arc mandibulaire n'apparait qu'avec les poissons osseux. L'arc 
palatin parcourt aussi des phases de développement fort remarquables. D'abord lié à la base 
du crâne , comme chez l'embryon , il s'en détache petit à petit et acquiert enfin le nombre de 
pièces et l'étendue qu'il possède dans les poissons osseux. L'arc hyoidal ne subit que peu de 
changemens , si ce n'est dans ses raports avec la mâchoire inférieure , dont il est pendant 
quelque temps le seul soutien. Enfin, il est très-curieux de suivre le dépérissement suc- 
cessif des arcs branchiaux , les modifications de l'arc pharyngien et surtout la manière dont 
ces arcs se rapprochent petit à petit de la tête, dont ils sont d'abord très-éloignés, pour enfin 
se placer définitivement au-dessous de la base du crâne , place qu'ils occupent chez tous les 
poissons osseux. 

Avant de passer à ces derniers, j'ajouterai encore quelques mots sur un système particulier 
de cartilages qui ne se rencontre que dans la face des poissons cartilagineux, et que M. Miiller 
a nommé cartilages labiaux (IX). Ces cartilages se trouvent chez tous les Cyclostomes, chez 
les Squales et les Chimères, et il nous faudrait entrer ici dans une foule de détails pour 



Il» <-» 
OD 

prouver qu'il est impossible de ramener à un type commun toutes les formes si variées que 
l'on trouve chez les poissons cités. C'est de l'existence de ces cartilages labiaux chez certains 
Requins que Cuvier a tiré la conséquence que les Plagiostonios ne possèdent pas d'os maxil- 
laires supérieurs, mais que l'os qui porle les dents supérieures chez les Rcciuins est l'os palatin. 
Méconnaissant la signification des cartilages labiaux, ce célèbre anatomiste a pris les petits ru- 
dimens de ces pièces chez les Requins pour les analogues des os maxillaires et intermaxillaires. 
Mais comme ces cartilages existent aussi dans les Chimères au devant des véritables mâchoires, 
cachés dans la peau, qu'ils se trouvent en nombre très- variable chez tous les Plagiostomes, et 
que leur développement chez les Cylostomes est excessivement variable , on est en droit d'en 
conclure qu'ils n'entrent pas dans le plan général de l'organisation de la face, que ce sont 
des formations propres appartenant au système dermique et déterminées par la structure par- 
ticulière de la bouche chez ces genres. 

Nous trouvons chez les poissons osseux neuf arcs plus ou moins développés qui constituent 
ensemble la face. Les deux premiers, placés l'un derrière l'autre, embrassent le bout du 
museau et forment le cointour et le plafond de la bouche , sans se fermer en cercle autour de 
la cavité buccale. Ce sont : l'arc maxillaire (ï) composé des os intermaxillaires (17) et maxil- 
laires supérieurs (1 8) et complété en arrière par les jugaux(19), elVarc palatin{\ï), composé 
des os palatins en avant (22), des os ptérygoidiens(23) et transverses (23) en arrière. A la suite 
de ces deux arcs incomplets se trouvent six arcs complets fermés en bas et suspendus au 
crâne , de manière à former un cercle parfait autour de la cavité buccale. Le premier de ces 
six arcs est formé par les maxillaires inférieurs ou mandibules(3i — 36), les os carrés (26), les 
tympano-malléaux (3 1 ) et les caisses (27), c'est l'arc mandibulaire{lU); le second, l'arc hyoi- 
dal (IV) se réunit en bas à une pièce impaire, l'os lingual {k\) et se continue en haut par les 
branches latérales de l'os hyoide, qui sont composées de plusieurs pièces (37 — 40), par le 
styloide (29), les préopercules (30) et le mastoïdien (25), par lequel il se rattache au crâne. 
Cet arc est garni dans toute sa longueur d'un prolongement du système dermique qui, sous la 
gorge, est soutenu par les rayons branchiostègues(i3), et plus en haut par les pièces opercu- 
laires(33, 32, 28). Les quatre arcs suivans sont les arcs branchiaux (Yll), composés chacun de 
deux ou trois pièces, et réunis sous la gorge et sur la ligne médiane par une suite de pièces 
tantôt ossifiées, tautôt cartilagineuses, qui forment le corps de l'hyoide. Le dernier arc enfin, 
qui, dans l'embryon, est un véritable arc branchial, aussi bien que l'arc hyoide, c'est l'an- 
pharijmjien (VllI) composé d'une ou de plusieurs pièces; il est le plus souvent incomplet en 
haut; et bien que s'attachant au corps de l'hyoide, il ne fait pas tout-à-fait le tour du canal 
intestinal, et ne se ferme pas en haut, comme les autres. 

L'arrangement des os ainsi considéré n'offre aucune difficulté à l'égard des arcs bran- 
chiaux et pharyngien. 11 n'en est pas de même des autres arcs, car quoique la partie in- 
férieure des arc hyoidal et mandibulaire soit bien accusée , les parties supérieures , qui lient 



— 156 — 

ces arcs au crâne sonl souvent si bien soudées, déplacées ou renversées, qu'il est difficile 
au premier abord de se rendre compte de la loi générale qui a présidé à leur formation. 

L'arc maxillaire qui, chez presque tous les autres vertébrés, est fixé au crâne de manière à 
être immobile, n'est fixe, dans la classe des poissons, que chez quelques Sauroides qui par cela 
même se rapprochent des reptiles. Vinter maxillaire (17) forme le bout du museau, et très- 
souvent les os des deux côtés sont soudés ensemble de manière à ne former qu'une seule pièce. 
Chez beaucoup d'espèces, cet os ne jouit que d'une mobilité bien imparfaite, fixé qu'il est par 
de forts ligamens au vomer et au nasal ; mais dans d'autres, il est articulé sur ces os au moyen 
de branches allongées qui sont renfermées dans une gaine , de manière à pouvoir glisser sur 
le nasal , et se porter en avant , au moment ou la bouche s'ouvre , ce qui permet au bec de 
s'alonger quelquefois d'une manière surprenante. C'est surtout chez les espèces qui font leur 
pâture d'insectes et d'autres petits animaux marins très-agiles, et qui ont l'ouverture de la 
bouche petite, qu'on rencontre cet arrangement des intermaxillaires. Chez la majorité des 
poissons, l'intermaillaire occupe à lui seul, au moyen d'une branche descendante, tout le pour- 
tour supérieur de la bouche, le maxillaire étant caché derrière, dans un pli de la peau. Mais 
dans la famille des Salmones, des Clupes et des Sauroides, le maxillaire entre dans ses véri- 
tables rapports avec l'intermaxillaire, en formant la partie postérieure du pourtour de la 
bouche, tandis que l'intermaxillaire n'occupe que la partie antérieure. A un petit nombre 
d'exceptions près, l'intermaxillaire est garni de dents, dont la position, la grandeur et la 
forme varient à l'infini; en général ce sont des dents pointues et crochues, faites pour retenir 
la proie dans la gueule. 

Le maxillaire supérieur (18) est bien loin d'être aussi important que chez les animaux supé- 
rieurs. C'est en général une lame osseuse plate, située derrière l'intermaxillaire entre celui-ci 
et le palatin et cachée dans un pli de la peau, de manière à suivre la courbe du museau. 
Lorsque la bouche est fermée, le maxillaire supérieur entre à peine dans la formation de son 
pourtour; il est relégué derrière l'intermaxillaire, où il protège la peau qui couvre l'inter- 
valle entre celui-ci et le palatin. On a longtemps méconnu sa véritable nature, en l'apellant 
os des mystaces; c'est par l'examen des Salmones et des Clupes, que Cuvier fut conduit à 
reconnaître sa signification. Son extrémité antérieure est articulée sur la face postérieure de 
l'intermaxillaire, d'où il s'étend en bas jusque sur l'articulation de la mâchoire inférieure, 
qu'il recouvre très-souvent. 11 n'y a que les familles que nous venons de citer, chez lesquelles 
il soit armé de dents crochues ; chez la plupart des autres familles , il ne porte pas de dents , 
attendu que par sa position, il n'entre pas dans la composition du bord externe de la bouche. 

Le jiigal [i9) est représenté par une série plus ou moins complète de petits os squameux 
cachés dans la peau et formant un arc qui s'étend depuis le coin de la bouche autour de l'or- 
bite, pour se joindre en haut au temporal. Cet arc de petits os, que nous appelions aussi avec 
Cuvier sous-orbitaires, est tout-à-fait superficiel , et dans la plupart des cas , perforé tout de 



— 157 — 

son long par un des canaux niuciques de la léle , qui s'ouvre par plusieurs trous à la surface 
externe de la joue. Il y a des familles où cet arc est très-considérable et où les os qui le 
forment s'étendent en arrière et se réunissent au préopercule, de manière à former avec lui 
une seule paroi solide qui recouvre toute la fosse temporale. Il y en a d'autres où ces mêmes 
os sont réduits à quelques vestiges suspendus au temporal ou au coin de la bouclie, et où 
l'orbite n'est nullement fermée ni séparée de la fosse temporale. Nous traiterons de ces varia- 
tions en parlant des cavités et des fosses de la tète. 

L'arc palatin (II) est situé en arrière de l'arc maxillaire supérieur, sous le crâne, où il forme 
à la fois un toit plus ou moins complet pour la cavité buccale, et le plancher de l'orbite. Le 
palatin (22), qui forme la pièce antérieure de cet arc, est plus ou moins parallèle au maxillaire; 
il est articulé par son extrémité antérieure à l'intermaxillaire et au maxillaire supérieur, et 
sa pointe se cache très-souvent dans un creux du cartilage mitoyen de la face , entre celui-ci 
et le vomer. Souvent aussi, il est appliqué contre la face externe de vomer, surtout quand ce 
dernier fait une saillie considérable sur le plafond de la bouche. 11 est très-souvent armé de 
dents, qui forment une seconde rangée au haut de la bouche, et c'est alors entre cette rangée 
du palatin et celle de l'arc maxillaire supérieur, que s'engrènent les dents de la mâchoire in- 
férieure. La forme du palatin est excessivement variable, alongée dans les espèces à gueule 
largement ouverte, raccourcie et élargie dans celles à tète large et à bouche petite. 

En dedans et en arrière du palatin se trouve un os plus ou moins plat, adapté à la face 
interne de la caisse : c'est le ptérygoïdien interne {'i^). C'est essentiellement cet os qui forme le 
plancher de l'orbite; sa largeur dépend beaucoup de la profondeur de cette dernière. Le 
ptérygoïdien n'est presque jamais armé de dents, et l'on dirait quil est là uniquement pour 
réunir l'arc palatin à l'arc mandibulaire , sur la face interne duquel il s'applique par son 
extrémité inférieure. 

Le bord extérieur de l'arc palatin est complété en arrière par un petit os de forme plus 
ou moins cylindracée, qui, d'un côté, est enchâssé légèrement dans l'extrémité postérieure du 
palatin et de l'autre dans le bord antérieur de l'os carré, qui porte l'articulation de la mâ- 
choire inférieure : c'est l'os transverse (24) ; sa forme est assez constante ; cependant il varie 
beaucoup en longueur, d'après la largeur de la cavité buccale, et sert ainsi à lier l'arc palatin 
à l'arc mandibulaire du côté externe , de la même manière que le ptérygoide l'y attache du 
côté interne. 

L'arc palatin forme ainsi un ensemble de pièces très-peu mobiles, puisque, d'une part, 
tous les os dont ils se compose sont engrenés les uns dans les autres, et que, d'autre part, sou 
extrémité postérieure est intimement liée à l'arc mandibulaire. Le plafond que ses deux 
branches forment au-dessus de la cavité buccale varie beaucoup en étendue; tantôt le ptéry- 
goide touche au vomer et au sphénoïde par tout son bord intérieur, de manière à séparer entiè- 
rement l'orbite de la bouche; dans d'autres cas, il y a entre la base du crâne et le bord interne 

18' 



— 158 — 

du ptérygoïde de larges ouvertures, qi}i ne sont fermées que par la muqueuse. La position 
de l'arc varie aussi beaucoup , bien que sa direction soit en général horizontale , comme celle 
de l'arc maxillaire supérieur. Dans les têtes larges et plates, les deux moitiés du plafond buccal 
sont presque dans le même plan, tandis que dans les têtes hautes et étroites, le plafond forme 
un toit à côtés fortement inclinés en dehors, dont le vomer et le sphénoïde principal repré- 
sentent le sommet, et les branches de l'arc palatin les faces externes. 

L'arc mandibulaire (III) est beaucoup plus complet que les précédons , car il ne comprend 
pas seulement la partie horizontale et inférieure de la gueule , située au-dessous de la cavité 
buccale; il a aussi en arrière une branche montante, par laquelle il se rattache au crâne. 

La mâchoire inférieure {5k — 36) est en général composée de trois pièces chez les poissons 
osseux, dont une seulement est armée de dents, tandis que les deux autres forment, l'une 
rarticulalion, l'autre l'angle postérieur de la mâchoire. Il n'y a que quelques Sauroides, ceux 
qui, par leur ostéologie, se rapprochent des reptiles, chez lesquels la mâchoire inférieure soit 
composée des mêmes pièces que chez les crocodiles; les autres poissons osseux n'ont qu'un den- 
taire, un articulaire et un angulaire dans chaque branche de la mâchoire inférieure. Le den- 
taire{'dk) est la pièce qui forme le bord supérieur de la mâchoire; il porte seul les dents et se 
réunit sur la ligne médiane à son homonyme par une symphyse plus ou moins lixe. Sa face 
externe est en général arrondie, sa face interne creuse, et on y découvre, dans beaucoup de 
genres, un cylindre cartilagineux, reste de l'ancien arc embryonal, autour duquel les pièces 
osseuses se sont développées. Le bord postérieur a une échancrure plus ou moins longue et 
triangulaire, dans laquelle est engrené l'articulaire, qui est taillé en biseau. 

U articulaire (5^) est en général triangulaire; il porte une apophyse montante, à la face 
interne de laquelle s'attachent les grands muscles masticatoires , et en arrière une face articu- 
laire qui, le plus souvent, est creusée en ginglyme, quelquefois même protégée par une petite 
apophyse styloide, qui s'engage alors entre l'os carré et le préopercule. L'articulation est 
toujours arrangée de manière à ne permettre qu'un mouvement vertical, qui consiste à ouvrir 
et à fermer la bouche ; une déviation latérale , comme elle est nécessaire pour mâcher et tri- 
turer les alimens, n'existe pas dans toute la classe, quoique plusieurs genres de diverses 
familles soient munis de dents propres à broyer des substances plus ou moins dures. 

L'angulaire (36) enfin n'est qu'un très-petit os, qui complète l'angle postérieur de la mâ- 
choire, et qui souvent est si intimement soudé à l'articulaire qu'il est impossible de l'en 
séparer. 

La forme et la grandeur de la mâchoire inférieure varient à l'infini, depuis les branches 
courbes et presque en demi-cercle qui bordent une gueule large et courte, comme chez les 
Silures ou les Baudroies, jusqu'aux branches longues, se réunissant à angle aigu pour former 
un bec très-allongé, comme chez les Bélones et les Lépidostées. La dentition des mâchoires 
n est pas moins variable. Nous en traiterons par la suite à la fin de ce chapitre. 



— 139 — 

La mâchoire inférieure est articulée à une pièce en général triangulaire, dont la pointe porte 
la face articulaire, tandis que sa base est tournée en haut et louche au bord inférieur de la 
caisse; cet os est l'os carré ("26), le même qui supporte aussi, dans les reptiles cl les oiseaux, 
l'articulation maxillaire. C'est presque toujours une pièce plate, placée verticalement et en- 
châssée par son bord antérieur entre l'os Iransverse et le ptérygoïdien interne. Elle est mar- 
quée en haut, vers son bord postérieur, d'une entaille profonde et étroite, dans laquelle est 
enchâssée la seconde pièce de la partie supérieure de l'arc, le tympano-malléal (31). Cet os a 
presque toujours la forme d'un coin , dont la pointe est engagée dans l'angle rentrant de l'os 
carré; sa forme, aussi bien que sa position ne permettent pas de douter que ce ne soit la partie 
supérieure du cylindre cartilagineux embryonique, qui persiste à l'état de cartilage dans le 
bas, tandis qu'il s'ossifie de bonne heure vers la moitié supérieure de l'arc. Dans les têtes 
comprimées, où les différentes pièces qui forment les parties supérieures des arcs maxillaire 
et hyoidal, ne sont pas placées exactement à la suite les unes des autres, mais plutôt isolées 
sur un plan plus large, cet os prend une direction tout-à-fait postérieure, et sa tête touche 
plutôt au mastoïdien qu'à la caisse, qui lui fait naturellement suite; mais dans les têtes hautes 
et comprimées, les arcs se dessinent plus nettement par la position respective de leurs pièces, 
et c'est alors que cet os s'attache au bord inférieur de la caisse. 

La dernière pièce que nous trouvons dans l'arc mandibulaire , est assez large , toujours 
plate et d'une forme en général quadrangulaire ; c'est la caisse du temporal ('27). Son bord 
inférieur rencontre le bord supérieur de l'os carré; le ptérygoïdien est collé sur la face 
interne de sa moitié inférieure , et sa partie supérieure , ainsi que son bord postérieur sont 
soudés sur le mastoïdien. Il y a, entre ce dernier et la caisse, une dépression plus ou moins 
forte, dans laquelle est fixé le muscle masticateur, et un trou pour le passage de l'artère de la 
fausse branchie (branchie de l'arc hyoidal) ; ce trou affecte même très-souvent la formé d'une 
fente plus ou moins large. Il est très-rare que la caisse du temporal atteigne la face latérale 
du crâne pour s'articuler sur le temporal; elle est en général fixée sur le mastoidien, au 
moyen duquel les arcs palatin, mandibulaire et hyoidal s'attachent au crâne. 

Afin de donner une idée exacte de la liaison des os qui forment la paroi solide de la joue , 
nous commencerons la description de l'arc /!/)"o«rfo/ par sa partie supérieure. Le mastoidien C^^) 
se présente ici en premier lieu. C'est en général un os de forme carrée, très-plat et articulé par 
son bord supérieur, dans une rainure longitudinale plus ou moins profonde, qui longe le 
temporal. Cette face articulaire étant très-longue et très-peu large, en raison de la forme plate 
de l'os mastoidien, le seul mouvement qu'elle permette est celui d'un battant, qui s'éloigne 
et se rapproche du crâne; et qui élargit et rétrécit ainsi la cavité buccale. Nous avons 
déjà dit que le mastoïdien est le seul os qui rattache en arrière l'ensemble des arcs palatin , 
maxillaire et hyoide au crâne. C'est donc du mastoïdien, conjointement avec le palatin, qui 
s'unit en avant au vomer, que dépendent tous les mouvemens dont ces arcs sont susceptibles 



— i40 — 

dans leurs rapports avec le crâne. Le bord postérieur du naastoïdien est occupé par le préo- 
percule; une apophyse, qui se glisse derrière cet os, fournil une face articulaire à l'opercule 
lui-même; souvent aussi l'opercule natteint pas cette articulation ; il s'applique alors plus bas 
contre le mastoïdien. Nous avons déjà fait remarquer comment la caisse est lixée sur la face 
extérieure et inférieure du mastoïdien , formant avec lui une impression plus ou moins pro- 
fonde qui quelquefois devient une fente. 

Le préopercule (50) complète la partie supérieure de l'arc hyoidal; il est, par sa position 
comme par sa liaison avec le mastoïdien d'un côté, et les branches de l'hyoide de Tautre, l'ana- 
logue de V apophyse styloide du temporal chez les animaux supérieurs. La forme générale de cet 
os est celle d'une équerre dont l'angle rentrant est tourné en avant; son bord antérieur est 
toujours fixé d'une manière immobile sur le bord postérieur du mastoïdien en haut et de 
l'os carré en bas; quelquefois aussi, quand ces deux os ne se touchent pas, le tympano- 
malléal s'applique sur le bord antérieur du préopercule. Il y a au reste peu d'os dont la 
forme soit aussi variable , et ces variations , toujours visibles à l'extérieur, fournissent de 
bons caractères pour la distinction des genres et des espèces. La face externe du préo- 
percule n'est recouverte que par la peau; son bord postérieur fait saillie sur l'appareil 
operculaire. qui se cache dessous, étant attaché à la face articulaire du mastoïdien. Ce 
bord postérieur est tantôt lisse et uni, tantôt hérissé de pointes et de piquans , affectant 
les formes les plus bizarres. Souvent aussi le bord antérieur du préopercule ne se borne 
pas à faire le tour de la paroi osseuse de la tempe formée par le mastoïdien, la caisse, 
l'os carré et le tympano-malléal ; il est des cas où il se transforme en une plaque cuta- 
née , qui avance sur la fosse temporale et recouvre les muscles masticateurs qui s'y trouvent ; 
il s'avance même parfois assez pour s'unir aux pièces du jugal et former une cuirasse osseuse 
qui recouvre toute la joue. Cette disposition est constante dans la famille des Joues-cuirassées. 
Il y a d'autres cas où le préopercule se dilate en haut jusqu'à toucher au temporal , d'autres où 
il est seulement attaché au bord inférieur du mastoïdien; chez quelques genres, il des- 
cend derrière l'articulation maxillaire, de façon que l'apophyse postérieure montante de la 
mâchoire inférieure se trouve intercallée entre lui et l'os carré; chez d'autres, il n'atteint 
pas même cette articulation. 11 est en général peu visible à la face interne de la joue, contre 
laquelle l'appareil operculaire est appliqué dans toute sa longueur. En revanche , c'est tou- 
jours à cette face interne , quelquefois aussi au préopercule et au mastoïdien réunis que s'at- 
tache la partie inférieure de l'arc hyoidal, l'os styloide avec les branches latérales de l'os 
hyoide. 

Cette partie inférieure de l'arc hyoidal est toujours composée d'au moins quatre pièces 
latérales, sans compter les pièces médianes, savoir, l'os styloide C^^), qui la rattache aux 
pièces supérieures, deux pièces plus ou moins longues et plates, qui forment essentiellement 
la branche latérale(Z7 et 38), et enfin une ou deux pièces presque rondes, qui composent la 



— 141 — 

lèle glénoidale (39 cl ^0), par laquelle la branche latérale se meut sur la pièce médiane, le corps 
de l' hyoïde ('t^). La branche latérale de l'arc hyoide est à la mâchoire inférieure ce que l'os 
palatin est à la mâchoire supérieure; l'os hyoide en bas est l'analogue et le correspondant du 
vomer en haut. Les branches de l'hyoide forment un second arc à l'intérieur de la mâchoire 
inférieure, dont la courbure et la longueur correspondent à la forme de l'arc maxillaire. Ces 
branches sont tantôt à-peu-près cylindriques dans les têtes basses et étroites, tantôt compri- 
mées latéralement, ayant leur tranchant tourné en haut, dans les têtes hautes et peu larges. 
L'étendue et la forme de ces branches est tout-à-fait en rapport avec celle de la mâchoire infé- 
rieure, mais elles influent peu sur la forme générale de la tête. 

Les pièces cutanées qui se développent sur le bord postérieur de l'arc hyoidal et que nous 
connaissons sous le nom d'appareil operctdaire et branchiostègue{\), sont d'une importance très- 
grande , non-seulement pour la vie du poisson , mais aussi pour la classilication des genres et 
des espèces, et comme leur forme et leur nombre varient à l'infini, ils fournissent par-là 
même d'excellens caractères systématiques. Ceux qui s'adaptent à la partie inférieure de l'arc 
hyoidal (aux branches latérales) portent le nom de rayons branchiostègiies[ko); ils bordent en 
bas la fente des ouies qui conduit aux branchies. Ce sont en général des pièces longues et 
aplaties, courbées en forme de sabre, imbriquées et réunies ensemble par une membrane 
élastique qui contient les fibres musculaires destinées à écarter et à rapprocher les pièces. Le 
nombre, la forme, la longeur et la largeur de ces rayons branshiostègues varient à l'infini; 
souvent ils sont réduits à de simples filets osseux , soutenant une large membrane qui forme 
un sac autour de la cavité branchiale; souvent aussi, ils sont tellement serrés qu'ils forment 
une paroi presque rigide. Dans la plupart des cas, ils sont simplement appliqués sur la face 
externe du bord postérieur de la branche hyoidale; il est rare qu'ils soient véritablement 
articulés. 

L'appareil operculaire est en général formé de trois pièces; Vopercule{^8) en haut, qui s'arti- 
cule sur la tête glénoidale du mastoïdien, le sous-opercule {Z'2) en bas, appliqué sur la face interne 
de la branche horizontale du préopercule, et VinteropercvleÇù'ô) à l'angle postérieur et inférieur. 
Ces os plats, fort semblables à des écailles et recouverts seulement d'une mince lame de la 
peau , forment 'par leur réunion un battant qui se meut sur la face articulaire du mastoïdien 
et sur la face interne du préopercule, comme une porte sur son chambranle, s'abattant sur la 
face extérieure de la ceinture thoracique et ouvrant et fermant successivement la fente bran- 
chiale, pendant l'acte de la respiraton. Les rapports de ces trois os entr'eux, leur grandeur 
et leur forme varient à l'infini. C'est en général l'opercule qui est le plus grand, de forme 
triangulaire ou carrée; le plus souvent, l'appareil operculaire ferme complètement la fente 
branchiale, tandis que dans d'autres cas, il est très-petit et ne la recouvre qu'incomplète- 
ment; quelquefois aussi, les pièces operculaires échangent leur forme plate et écailleuse 

contre une forme cylindracée ou pointue. Toutes ces variations rentrent plutôt dans le cadre 
ToM. I. 19 



— 142 — 

m 
des observations zoologiques proprement dites, car elles sont toujours visibles sur le poisson, 

sans préparation préalable. 

Les quatre ores hranchiauxÇSW) et l'arc pharyngien{\Ul) sont construits sur un plan tellement 
uniforme, qu^l suffit d'en décrire un seul pour les caractériser tous. Ils sont attachés en bas à 
une carène médiane formée d'une série de quatre à six osselets et quelquefois même davan- 
tage, qui, rangés à la file les uns des autres et réunis ensemble par des pièces cartilagineuses 
forment un cylindre élastique qui sert de plancher à la cavité buccale. Ces osselets constituent 
ensemble ce que l'on nomme la queue de l'os hyoïde, et c'est sur les côtés de ces cylindres, 
que s'articulent les arcs branchiaux et les branches latérales de l'arc hyoidal. D'ordinaire, la 
première de ces pièces n'a pas de facette articulaire sur ses côtés; mais elle s'avance libre- 
ment dans l'espace circonscrit entre les deux moitiés de la mâchoire inférieure; très-souvent 
aussi, elle est enveloppée d'un tissu mou et spongieux, ou bien garnie de dents qui corres- 
pondent alors aux dents vomériennes. On a distingué cette pièce sous le nom d'os lingual{ki); 
c'est elle en effet qui forme seule la langue des poissons, car le prolongement musculaire et 
mobile placé au-devant de l'os lingual chez les animaux supérieurs manque ici complè- 
tement. 

Chaque arc branchial est en général composé de chaque côté de quatre pièces, dont deux 
à la partie inférieure et deux à la partie supérieure. La première pièce inférieure est la pièce 
articulaire qui s'articule au corps de l'hyoide; elle manque très-souvent aux arcs posté- 
rieurs. La seconde et la troisième sont les véritables pièces branchiales; elles sont de forme 
cylindracée , creusées en gouttière à leur face externe et pliées l'une sur l'autre par une 
articulation intermédiaire, de manière à former lui angle, dont le sommet est tourné en 
arrière. Les quatre arceaux représentent ainsi une sorte d'entonnoir vers l'abdomen, par 
lequel les objets avalés prennent leur passage. Les dernières pièces se trouvent au haut de 
cet entonnoir, au-dessous de la base du crâne; ce sont de petits os plus ou moins plats, 
unplantés dans la paroi supérieure de l'ésophage, quelquefois articulés sur la base du crâne, 
et très-souvent armés de dents; on les a nommés les pharyngiens supérieurs. Chaque arc 
a ainsi son pharyngien supérieur, qui louche celui de l'autre côté sur la ligne médiane, et qui 
est enchevêtré avec ses voisins, de manière à former un toit complet et mobile au-dessus de 
l'entrée de l'ésophage. Ce plafond, grâce aux dents dont il est généralement hérissé, devient 
ainsi souvent un organe de mastication beaucoup plus complet que les arcs maxillaire et 
palatin. Les arcs branchiaux sont succeptibles de mouvemens très-complexes; et comme ils 
sont composés de plusieurs pièces , ils peuvent agrandir ou rétrécir plus ou moins le sinus de 
leur articulation principale et élangir ainsi l'entonnoir de l'ésophage. Car suivant qu'ils 
abaissent ou relèvent le corps de l'hyoide, ils donnent plus ou moins d'élévation à l'entonnoir 
qui sert de passage aux alimens ; ils peuvent également s'écarter latéralement et d'avant en 
arrière, élargir ainsi les fentes qui les séparent et laisser passer l'eau qui sert à la respiration. 



— 143 — 

La face externe des arcs, comme je l'ai dtijà fait remarquer, est creusée en gouttière pour 
recevoir les vaisseaux considérables , qui servent à alimenter les peignes des feuillets bran- 
chiaux, sur lesquels les vaisseaux capillaires respiratoires se ramifient; leur face interne est 
bombée et porte très-souvent des appendices osseux, des dents et d'autres appendices, qui 
s'enchevêtrent njutuellement et empêchent la proie de s'échapper à travers les fentes bran- 
chiales, en formant des râteaux qui retiennent tout ce qui n'est pas liquide. 

Le dernier arc enlin , qui , dans l'embryon , porte aussi des franges branchiales , mais qui 
en est entièrement dépourvu chez les poissons adultes, est l'arc pharyngien(yilï). Il est formé, 
de chaque côté, d'une seule pièce, qui est complètement enfermée dans la paroi latérale de 
l'ésophage et très-souvent armée de dents, qui, par suite de la position réculée des pharyn- 
giens supérieurs , peuvent exercer une mastication avec ces derniers. 

La dénomination des os de la face est beaucoup plus concordante chez les différens auteurs 
que celle des os du crâne. Il n'existe de dissidence qu'à l'égard des démembremens du tem- 
poral. Ainsi, Cuvier appelle «jugal» mon os carré, «symplectique» mon tympano-malléal 
et «temporal» mon mastoïdien. Pour la caisse, il emploie le nom de «tympanal». Meckel 
désigne tous ces os sous le nom de «partie articulaire du temporal», sans se prononcer sur 
leurs analogies avec les différentes parties de cet os. Tout le monde est d'accord sur le 
reste. 

Outre les os que nous venons de décrire et qui se rencontrent plus ou moins chez tous les 
poissons osseux, il nous reste à mentionner encore tout un système d'os bien moins constant, 
qui ne se trouve que dans la classe des poissons, étant intimement lié au développement d'un 
système vasculaire qui est exclusivement propre à ces animaux; ce sont les os muqueux{l\) 
destinés à envelopper et à protéger les canaux muqueux, qui se trouvent en grande abondance 
à la tète. Outre les os que nous avons mentionnés ci-dessus , et dont un grand nombre est 
percé de pareils canaux muqueux, tels que le frontal, le temporal, le jugal, le préopercule 
etc., il y a encore par-ci et par-là de petites esquilles osseuses, pour la plupart en forme de 
tubes, quelquefois aussi élargies d'un côté en forme d'écaillés, qui sont cachées dans la peau 
et s'enlèvent facilement avec cette dernière, si l'on n'y fait pas attention. Ces tubes sont sur- 
tout destinés à entourer les grands ramaux des canaux muqueux; c'est pourquoi ils se déve- 
loppent de préférence sur le crâne, entre la ceinture thoracique et la crête latérale. Il n'y a 
rien de régulier dans leur formation , et il parait qu'ils varient , non-seulement dans le même 
genre, mais aussi dans la même espèce. 

Si nous essayons maintenant, de construire, comme nous l'avons fait pour les autres sys- 
tèmes, une échelle de gradation d'après les diverses modifications de la face, chez les poissons, 
nous devrons prendre essentiellement pour base le développement successif des arceaux an- 
térieurs, le rapprochement des arcs branchiaux de la tète et l'acheminement graduel de la 
bouche vers la pointe du museau. Nous aurons alors les gradations suivantes. 



_ 144 — 

i) Point d'arc maxillaire; arc palatin fixé à la base du crâne; arcs branchiaux éloignés 
du corps; développement excessif des cartilages labiaux. 

Cyclostomes. 

2) Arc maxillaire défectueux dans sa partie supérieure ; arc palatin détaché du crâne . 
défectueux; arcs branchiaux se rapprochant de la tête; cartilages labiaux se perdant gra- 
duellement. Bouche infère. 

Plagiostomes. 

3) Même état, arc palatin complet. 

Narcine. 

k) Arc palatin manquant; arc maxillaire défectueux en haut; développement excessif 
des cartilages labiaux. Des pièces operculaires. Bouche à l'extrémité antérieure. Branchies 
sous la tête. 

Chimères. 

5) Arc maxillaire incomplet; arc palatin complet; un appareil operculaire; point de 
cartilages labiaux. Des branchies sous la tète. 

Spatulaires. 

6) Arc mandibulaire incomplet; tous les autres arcs complets. 

Esturgeons. 

7) Tous les arcs complets. 

Poissons osseux. 

Après avoir parcouru ainsi les différens os et leurs rapports entr'eux, il me reste encore à 
dire quelques mots des différences de forme qui résultent de leur grandeur, de leur confor- 
mation et de leurs combinaisons variées. La tête des poissons n'est pas, comme on peut 
bien le penser, un globe parfait; elle présente au contraire de nombreuses saillies, destinées 
à servir d'attache aux muscles et à la peau, des creux et des cavités en grand nombre, 
pour recevoir les divers organes qui sont logés dans la tête, et qui souvent sont entière- 
ment cachés par les os qui les entourent. Nous distinguons comme cavités principales : la 
cavité cérébrale , le canal sous-crânien , les cavités auditives , les orbites et les narines , 
creusées pour la réception des centres nerveux et des organes des sens. Les trois premières de 
ces cavités appartiennent exclussivement aux crâne , tandis que les deux autres sont formées 
par le concours des os de la face. Les cavités buccale et branchiale sont formées presque 
exclusivement par les os de la face, le crâne n'y prend qu'une part très-faible; les fosses crâ- 
nienne et temporale sont situées, les unes au haut de la tête, les autres sur sa face latérale. 
Nous distinguons en outre parmi les crêtes et apophyses principales , la crête mitoyenne du 
crâne occupant la ligne médiane de la tête, en haut; la crête intermédiaire, formée par les 



— 145 — 

occipitaux externes, et s'avançanl seulement comme apophyse en arrière; la crête externe, 
due au temporal; la'crèle temporale, formée par le bord postérieur du préopercule. 

La cavité cérébrale est complètement moulée sur la forme du cerveau, mais elle est en 
général beaucoup plus spacieuse ([ue le cerveau ne l'exigerait, et l'espace vide est rempli par 
un tissu celluleux et graisseux, qui s'accumule surtout au-dessus et sur les côtés du cerveau, 
tandis que la base de ce dernier repose inmiédiatement sur le plancher du crâne. Cette même 
cavité montre encore, dans la plupart des cas, des traces de la formation primitive, étant 
divisée en trois régions plac(*es à la file, qui correspondent au parties du cerveau que M. Vogt 
a appelées, dans l'embryon, épencéphale, mésencéphale et prosencéphale. Seulement ces régions 
ne sont séparées que par de très-petites saillies surgissant surtout du plancher de la cavité. 
Chez les poissons osseux, la cellule postérieure qui communique librement avec le canal rha- 
chidien, par le grand trou occipital situé au centre de la face postérieure du crâne, entre 
les deux occipitaux latéraux, est en général la plus haute, à cause du développement 
excessif du cervelet, mais en même temps la plus étroite , parce que les cavités des oreilles se 
trouvent sur ses côtés. La seconde cellule est plus large, non-seulement à cause de la lar- 
geur considérable des deux lobes du mésencéphale , mais aussi parce que , chez les poissons 
osseux du moins, les cavités des oreilles communiquent librement avec la cavité crânienne. 
Son plancher est enfoncé au milieu, pour contenir l'hypophyse du cerveau. La cellule du pro- 
sencéphale enfin est la plus petite et ce n'est que chez les Plagiostomes , qu'elle acquiert plus 
de volume que les autres, à raison du grand développement des ganglions olfactifs. Le plan- 
cher de la cavité cérébrale est toujours horizontal , dans le même plan que le canal de la 
moelle épinière ; il n'y a pas d'exception à cette règle. 

Les ouvertures , par lesquelles la cavité cérébrale communique avec l'extérieur sont les sui- 
vantes : 1) Le grand trou occipital pour le passage de la moelle allongée; il est percé chez 
les poissons osseux, au travers des occipitaux latéraux et situé à la face postérieure du crâne. 
2) Deux petits trous latéraux pour le passage des nerfs hypoglosses qui se rendent aux muscles 
qui entourent le corps de l'os hyoide. Ce ne sont souvent que des échancrures du grand trou 
occipital, et lorsqu'ils sont isolés, ils sont au moins situés tout près. 3) Un grand trou à travers 
l'occipital latéral , pour le passage du nerf vague, dont les branches principales accompagnent 
les trois derniers arcs branchiaux et l'ésophage jusque vers l'estomac, en sorte qu'il est essen- 
tiellement nerf respiratoire et digestif, h) Au devant de ce trou, et tout près de lui, un petit 
trou, pour le nerf glossopharyngien, qui se rend au premier arc branchial et se ramilie enfin 
dans la langue. Très-souvent ces deux trous sont confondus ensemble; souvent aussi, ils ne 
percent pas l'os mais seulement le cartilage crânien qui, en cet endroit, persiste dans son état 
primitif. S) Un trou, communiquant avec la vessie auditive dans les genres où la vessie audi- 
tive est complètement séparée de la cavité cérébrale ; il donne passage au nerf acoustique. 

6) Plusieurs trous au travers de la grande aile , donnant issue aux nerfs trijumeau et facial. 

19* 



— 146 — 

Comme les branches de ces différents nerfs sont soumis à des variations considérables , il est 
difficile d'en tirer une règle générale; cependant il y a dans la plupart dfes cas, un trou à part 
pour la sortie du nerf facial, qui se rend à l'opercule; un second, beaucoup plus considérable 
pour les branches maxillaires du nerf trijumeau, et un autre antérieur, donnant dans l'orbite, 
pour les branches orbitaires de ce nerf. Les trous pour le facial et les branches maxillaires 
sont souvent confondus ensemble; souvent aussi, ils ne se trouvent pas dans l'os, mais dans le 
cartilage crânien, qui remplit l'espace entre l'occipital postérieur et la grande aile. A la face 
antérieure de la cavité cérébrale se trouvent, donnant dans l'orbite : 7) Un grand trou entre 
l'ethmoïde crânien et la petite aile, destiné au nerf optique. 8) Un trou plus petit pour les 
nerfs auxilliaires de l'œil. Ces deux trous sont souvent confondus ensemble et avec le trou 
pour les branches orbitaires et la cavité cérébrale. 9) Deux trous qui souvent sortent d'un 
seul entonnoir et donnent passage aux nerfs olfactifs qui traversent l'ethmoïde crânien. Le 
plafond de la cavité cérébrale n'a point d'ouverture. En revanche le plancher est percé de 
deux petits trous : 1 0) Un trou à travers la grande aile pour le passage des nerfs de la sixième 
paire dans le canal sous-crânien etc. H) Un autre trou au devant de l'hypophyse pour les 
artères du cervemi. 

Les cavités des oreilles se trouvent toujours à côté de la plaque nuchale, creusées dans la 
masse des cartilages et des os. Chez les Cyclostomes et les Plagiostomes , elles sont entière- 
ment séparées de la cavité cérébrale, et il n'y a qu'un trou de communication pour le passage 
du nerf olfactif. Leur grandeur et leur variété dépendent du degré de développement qu'at- 
teint l'organe auditif. Chez les Cyclostomes, où il n'y a qu'un seul canal semicirculaire très- 
large et peu long, le cartilage est conformé en conséquence; chez les Plagiostomes, on trouve 
une cavité centrale d'où sortent trois canaux qui se recourbent pour s'ouvrir dans la même 
cavité par une autre face. Chez les poissons osseux enfin, en y comprenant les Esturgeons et 
les Chimères, les cavités des oreilles ne sont que des compartimens. La partie centrale, le laby- 
rinte et le vestibule ne sont pas séparés du cerveau par une lame osseuse ou cartilagineuse, 
mais seulement par une couche de tissu graisseux. Il y alors deux creux plus ou moins ellip- 
tiques dans le plancher de la cavité cérébrale, qui reçoivent les sacs du labyrinte avec les 
otolithes et deux grands creux latéraux à côté du cervelet, où sont logés le vestibule, les am- 
poules et le canal ascendant commun. Il n'y a que les canaux sémicirculaires proprement 
dits, qui soient entièrement tubulaires dans leur trajet au travers des os et des cartilages. Le 
nombre des os qui prennent part à l'encadrement de l'oreille, varie beaucoup d'après l'état 
d'ossification du crâne relativement au cartilage crânien primitif. On trouve cependant con- 
stamment les os suivans employés à cet usage : l'occipital externe, l'occipital latéral et l'occi- 
pital supérieur, pour le canal semicirculaire postérieur; le basilaire, l'occipital latéral et la 
grande aile, pour le labyrinte, le canal commun et le commencement de tous les canaux ; le 
temporal, pour le canal externe; le frontal postérieur et la petite aile pour le canal antérieur. 



— 147 — 

De ce que loreille n'a aucune communication avec le dehors, il en résulte que le poisson ne 
doit percevoir les sons que par rébraniomeut des parties solides de la tète. 

Les orè/fes ne manquent presque jamais, mais elles ne sont pas toujours assez bien cir- 
conscrites pour être toujours facilement reconnaissables sur les squelettes. Les C} closlomes en 
sont complètemct dépourvus; l'œil repose ici sur l'arc palatinal, et est entouré de muscles et 
de tissu celluleux, ((ui le maiulicnneut dans sa position. Chez les Plagiostomes, l'orbite est 
toujours très-bien circonscrite; elle forme un grand enfoncement circulaire sur la face fatérale 
du crâne, qui est protégée d'en haut et d'en bas par une lame cartilagineuse plus ou moins 
avancée; mais elle n'est pas limitée en arrière, où elle se confond avec la fosse temporale, dans 
laquelle le muscle masticateur est attaché. On remarque au fond de l'orbite un trou principal 
pour le passage du nerf optique et plusieurs petits trous pour les nerfs auxiliaires. Les orbites des 
Plagiostomes ont cela de caractéristique, qu'elles ne se touchent jamais sur la ligne médiane , 
qu'elles sont séparées, non-seulement par une cloison, mais par la cavité cérébrale elle-même 
et les deux parois latérales de celle-ci. Les narines étant situées à la face inférieure de la tête, 
les orbites restent à leur place primitive, à côté du mésencéphale et ne se placent pas, comme 
chez la plupart des poissons osseux, au devant du cerveau. Les orbites des poissons osseux 
sont situées sur la face latérale de la tête, en avant de l'extrémité du cerveau, entre celle-ci 
et les narines, et séparées par une simple cloison souvent défectueuse. Elles sont protégées 
d'en haut par les frontaux, limitées en arrière par les frontaux antérieurs, en bas par les arcs 
palatins, entourées en dehors par les jugaux, et séparées entr'elles par l'ethmoide crânien. 
Leur situation et leur grandeur dépendent beaucoup du développement des autres parties 
osseuses : elles sont reportées en arrière , quand les arcs maxillaire et palatin prennent un dé^ 
veloppement excessif relativement au crâne ; elles sont au contraire placées près de l'extrémité 
du museau, quand le contraire a lieu. Dans les espèces à jugal clos en demi-arc, elles sont 
parfaitement limitées en dehors; dans d'autres, où le jugal est. très-réduit, on les distingue à 
peine de la fosse temporale; ici elles sont très-profondes, à cause de la saillie considérable 
des frontaux antérieurs et postérieurs ; là à peine sensibles , parce que la tête est comprimée 
latéralement; ou bien, il n'en existe que de faibles traces, et les deux orbites ne sont séparées 
que par une membrane fibreuse qui disparait par l'effet de la macération, en sorte qu'elles ont 
lair de se confondre sur la ligne médiane. On trouve des têtes où les ptérygoïdes touchent de 
toutes parts au sphénoïde principal, et où le plancher des orbites est parconséquent com- 
plètement osseux; il y en a d'autres où une large fente sépare l'arc palatin du crâne, et où 
l'œil n'est supporté que par la muqueuse buccale étendue entre les os. Mais nonobstant ces 
variations, il y a toujours un nombre constant de points, par lesquels l'orbite communique avec 
d'autres cavités. En arrière elle communique avec la cavité cérébrale par un ou plusieurs trous, 
entre et à travers la grande cl la petite aile du sphénoïde et l'ethmoïde crânien. L'arrangement 
de ces trous destinés au passage des nerfs de l'œil, des branches du trijumeau et des nerfs olfactifs, 



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qui tous se rendent dans l'orbite, est des plus variable. Au-dessous de ces trous on en aperçoit 
un autre entre la grande et la petite aile, et le spénoïde principal; il conduit dans le canal sous- 
crànien (lorsque celui-ci existe), et donne passage aux muscles abducteurs de l'œil qui se rendent 
à la sclérotique. En arrière se trouve une fente plus ou moins large, entre la paroi du crâne 
en dedans et l'arc palatinal et maxillaire (la paroi temporale) en dehors, qui communique 
avec la cavité branchiale et qui se continue en avant entre la base du crâne et le ptérygoïdien 
dans le plancher de l'orbite, où elle s'ouvre dans la cavité buccale. Cette fente est tapissée et 
fermée par la muqueuse de la bouche et de la cavité branchiale, et ce sont surtout les vais- 
seaux de la chorioide qui la traversent pour se rendre à leur destination. Une seconde fente 
existe entre la paroi temporale en dedans et le jugal en dehors, et lorsque le jugal est défec- 
tueux, elle forme une communication directe entre l'orbite et la fosse temporale. Elle est bou- 
chée par le grand muscle masticateur dont le bord antérieur limite en cet endroit l'orbite sur le 
vivant. La paroi antérieure de l'orbite est percée d'un trou , par lequel le nerf olfactif se rend 
aux narines. 

Le canal sons-crânien existe chez beaucoup de poissons osseux, quoiqu'il manque chez ceux 
où l'ossification est la plus avancée. C'est un canal médian et longitudinal, situé au-dessous du 
plancher de la cavité cérébrale, entre les occipitaux latéraux, le basilaire et les petites ailes 
en haut, et le sphénoïde principal en bas, qui le sépare de la cavité buccale. Ce canal, dû 
évidemment au rôle que le sphénoïde principal joue comme plaque protectrice, s'ouvre en 
avant dans les orbites, pour donner passage aux muscles abducteurs de loeil qui y prennent 
naissance. 11 est presque toujours fermé en arrière par l'application immédiate du sphénoïde 
sur le basilaire , et il ne communique qu'avec la cavité cérébrale par deux petits trous , qui 
donnent passage aux nerfs abducteurs de la sixième paire. Quelquefois aussi la selle turcique 
(le creux de l'hypophyse du cerveau) est assez profonde pour pénétrer jusque dans ce canal , 
de sorte que le fond de ce creux n'en est séparé que par une membrane fibreuse. 

Les narines sont en général de peu d'importance chez les poissons osseux, elles présentent 
un développement plus considérable chez les poissons cartilagineux. On trouve chez les 
Cyclostomes une narine unique , médiane , qui conduit dans un large canal , qui se continue 
jusqu'entre la plaque buccale et la base du crâne au-dessous du cerveau. Chez les Plagios- 
tomes, les narines sont, comme chez l'embryon, situées à la face inférieure de la tête, au 
devant de la bouche et entourées d'une lame cartilagineuse; elles communiquent directement 
avec la cavité cérébrale par deux larges ouvertures. Chez les poissons osseux, les narines sont 
situées à la face supérieure de la tête, au devant des yeux, souvent derrière la bouche, 
creusées dans l'intermaxillaire et le vomer, et recouvertes d'en haut par le nasal. Dans la plu- 
part des cas, le creux n'est que dans le noyau cartilagineux de la face, et très-peu accusé sur 
le squelette. C'est un simple enfoncement se continuant en arrière dans le canal du nerf 
olfactif, et ouvert largement en dehors, par une seule ouverture, tandis que sur le vivant, 



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il y en a toujours deux dans la peau qui recouvre le creux et dans laquelle sont cachés les os 
propres du nez. 

Les fosses crâniennes antérieures sont déterminées par les crêtes qui se trouvent à la face 
supérieure du crâne. Ces crêtes ne sont que faiblement indiquées chez les poissons cartilagi- 
neux , mais quelquefois elles sont développées d'une manière extraordinaire chez les poissons 
osseux. La crête initoijenne est formée par l'occipital supéiieur, les frontaux et les pariétaux; 
et se continue souvent sur le nasal. Elle a en général la forme d'un toit à parois plus ou 
moins inclinées, mais souvent aussi elle s'élève sous forme d'une lame mince et très-haute qui 
altère la forme primitive du crâne. Si les crêtes intermédiaires formées par les occipitaux 
externes, et qui souvent aussi se continuent le long des pariétaux, sont également dévelop- 
pées, on trouve alors deux fosses longitudinales profondes le long de la crête mitoyenne, qui 
s'aplanissent à mesure que les crêtes s'abaissent. Enfin les temporaux donnent aussi souvent 
naissance à deux crêtes externes qui se continuent le long des occipitaux externes et des fron- 
taux postérieurs. Des fosses particulières les séparent des crêtes intermédiaires, quand celles-ci 
sont développées. Il y a une espèce d'antagonisme entre les crêtes externes et la crête mi- 
toyenne ; cette dernière est principalement développée dans les têtes hautes et comprimées 
latéralement, tandis que les crêtes externes sont surtout saillantes dans les têtes larges et plates, 
où elles forment le bord tranchant qui sépare la face supérieure des côtés du crâne. C'est dans 
une rainure, au-dessous des crêtes externes, que l'appareil palatinal et operculaire se fixe au 
crâne par la face articulaire du masto'idien. Les crêtes ne sont pas toujours limitées aux con- 
tours de la tête elle-même; le plus souvent elles la débordent en arrière sous forme de lames 
ou de pointes saillantes qui fournissent des points d'appui aux muscles du tronc, qui s'attachent 
à la tête; il y a aussi des cas, où la crête mitoyenne déborde le museau et forme, en s'avançant 
au devant de la bouche, l'extrémité antérieure du poisson. 

Les fosses temporales sont les plus considérables de la tête. Elles occupent toute la face 
latérale de la joue et sont destinées à loger les puissans muscles qui relèvent la mâchoire infé- 
rieure. La paroi interne de ces fosses est formée par tout cet assemblage d'os, qui composent 
les parties supérieures des arcs palatin, maxillaire inférieur et hyoidal, et qui sont soudés en- 
semble, de manière à former un plancher solide, sur la face externe duquel les fibres muscu- 
laires prennent leur insertion. Ces fosses sont bordées, en haut, par la crête latérale du crâne; 
en arrière, par la crête descendante de la tempe, formée par la préopercule; en avant elles com- 
muniquent pas une fente plus ou moins ouverte avec l'orbite, et en bas, elles s'effacent insen- 
siblement sur l'os carré, le muscle se changeant ici en tendon, pour passer par dessus l'articu- 
lation et se fixer à la face interne creuse de la mâchoire inférieure. Les os qui forment la 
paroi interne de la fosse sont le mastoïdien, la caisse, le tympano-malléal et l'os carré; quel- 
quefois aussi l'os transverse et le ptéryoidien y prennent part. Dans la plupart des cas, la 

fosse est complètement ouverte en dehors, et son bord antérieur est seul couvert par le 
ToM. 1. 20 



— 150 — 

chaînon des os jugaux; mais on rencontre aussi des cas, où des parties écailleuses se déve- 
loppent dans la peau de la tempe, et se réunissent, d'un côté au préopercule, de l'autre au 
jugal, et en haut au temporal, formant ainsi une cuirasse complète pour les joues, qui change 
la fosse en une véritable cavité, qui ne peut être aperçue d'en dehors. Quelquefois aussi c"esl 
le préopercule qui , sans le concours de pareilles plaques écailleuses , forme à lui seul cette 
cuirasse pour la fosse temporale, en s'avancant vers le jugal. La fosse temporale atteint en 
général sa plus grande profondeur au milieu, à l'endroit de la soudure du mastoïdien avec la 
caisse, où se trouve toujours un trou, par lequel l'artère hyoide passe à la fausse branchie. 
Souvent ce trou est changé en une fente large et longue, qui est alors recouverte par une 
membrane fibreuse, sur laquelle le muscle masticateur s'attache tout aussi bien que sur 
les os. 

La cavité buccale enfin est de la plus haute importance. Elle forme un canal plus on 
moins infondibuliforme , qui longe la base du crâne et se continue sans interruption dans 
l'ésophage et l'estomac. Sa grandeur, sa conformation, sa circonscription par les pièces du 
squelette qui l'environnent sont sujettes aux plus grandes variations , et chaque genre pré- 
sente ici des particularités, qui très-souvent, fournissent des caractères de première valeur 
pour la détermination zoologique. Chez les poissons cartilagineux, la bouche est en génréal 
située sous la face interne du crâne, plus ou moins en arrière du museau; chez les Cyclos- 
tomes, elle est en forme d'entonnoir, et son pourtour est rond. Chez les Plagiostomes, elle 
forme une fente transversale, perpendiculaire à l'axe du corps. Le plafond de la cavité buccale 
est formé par la base du crâne, le plancher par le corps de l'os hyoide et le lingual; nous 
avons déjà fait remarquer combien la conformation plus ou moins complète des arcs de la face 
influe sur la composition des parois et du pourtour de la bouche. La cavité buccale des Cyclos- 
tomes est entièrement séparée des sacs respiratoires, qui ne communiquent avec elle que par 
un canal ouvert dans l'ésophage. Chez les autres poissons, les fentes branchiales pénètrent 
dans la cavité buccale , et l'eau qui sert à la respiration est avalée par la bouche et sort 
par les fentes branchiales et la fente operculaire. La cavité buccale est aussi ici des plus 
variées. La bouche est toujours transverse, le plus souvent largement fendue et située au 
bord du museau. Chez les poissons carnassiers, elle est très-ouverte et garnie de dents 
souvent formidables. Les mâchoires sont tantôt prolongées en forme de bec, tantôt élargies 
latéralement et arquées en arrière, suivant la forme de la tête. En général les mâchoires, 
(pioique suspendues d'une manière mobile au crâne , sont cependant , à quelques rares 
exceptions près, plus ou moins fixes, pour résister aux eftbrts de la proie qui cherche à 
s'échapper. Chez d'autres poisssons également carnassiers, mais qui se nourrissent plutôt 
de petits insectes et d'autres animaux agiles, mais incapables d'une grande résistance, la 
bouche est petite, souvent tres-alongée , et douée d'une grande mobilité; le museau peut 
s'alonger et se rétrécir considérablement, et les intermaxillaires et maxillaires sont souvent 



— 151 — 

arrangés de manière à pouvoir s'abaisser comme un rideau ou comme la porte d'une souri- 
cière pour fermer la bouche. La grandeur de la cavité buccale varie suivant les formes de la 
tête. Dans les tètes hautes et comprimées, la cavité buccale a la même forme; les poissons de 
ce type ont en général la bouche petite et pi'Otractée. Les tôles plates et larges ont la gueule 
largement fendue, la cavité buccale basse mais élargie. Le maximmn de hauteur et de lar- 
geur de la cavité buccale se trouve en général vis-à-vis de l'articulation maxillaire ; c'est aussi 
ici que les os sont susceptibles du plus grand élargissement; derrière ce point, la cavité se 
rétrécit en entonnoir entre les arcs branchiaux, qui l'entourent de tous côtés. Nous examine- 
rons plus tard les mouvemens divers, dont la cavité buccale est susceptible, et l'influence 
que ces mouvemens doivent exercer sur la forme de la cavité buccale et sur la déglutition des 
alimens. 

Les cavités branchiales sont, chez la plupart des poissons, des compartiments latéraux de la 
cavité buccale, qui s'ouvrent en dehors par une ou plusieurs fentes. Chez les Plagiostomes , 
où lopercule manque, les cavités branchiales sont recouvertes par la peau, et, à vrai dire, il 
n'y a pas même de cavité branchiale, chaque fente entre deux arceaux s'ouvrant au-dehors 
par une ouverture à part, qui ne conduit qu'à cette fente. Mais chez les autres poissons, doués 
d'un opercule, il n'y a qu'une seule ouverture extérieure, entre le bord postérieur de l'oper- 
cule et la ceinture thoracique. Celte ouverture conduit à une cavité large et spacieuse, limitée 
par la ceinture thoracique en arrière, le préopercule en avant, et recouverte par l'appareil 
et les rayons branchiostègues à l'extérieur. C'est dans cette cavité que sont logés les arcs 
branchiaux avec leurs peignes de franges respiratoires, entre lesquelles l'eau de la cavité buc- 
cale passe pour sortir par l'ouverture extérieure, La longeur et la largeur de la fente des 
ouies varient excessivement. Il y a des genres, où les fentes des deux côtés, après s'être ren- 
contrés en bas, se continuent en haut vers la nuque, de façon que la tête parait presque 
séparée du tronc; d'autres, où la membrane branchiostègue s'unit à la peau du corps, et où 
un repli de la peau enveloppe tout l'opercule et ne laisse qu'un petit trou pour la communi- 
cation extérieure. Chez les uns, l'opercule est plat et recouvre immédiatement les branchies, de 
sorte qu'il n'y a pas d'espace vide; chez les autres, l'opercule est bombé ou bien remplacé 
par une petite apophyse insignifiante, et les branchies sont enveloppées dans un lambeau de 
la peau , formant des poches , qui servent dans certains cas à recevoir et à garder les alimens 
que le poisson ne veut pas avaler de suite. Toutes ces modifications sont adaptées au genre 
de vie du poisson. L'asphyxie, par laquelle les poissons meurent hors de l'eau, étant causée 
par la dessication des franges branchiales dans lesquelles le sang ne peut plus circuler, il en 
résulte que les poissons à ouies largement ouvertes meurent, presque à l'instant où on les tire de 
l'eau; tandis que d'autres, à ouverture petite, où les tégumens branchiaux forment un sac, qui 
contient toujours de l'eau, peuvent quitter l'eau à volonté et chasser leur proie sur terre. Il y 
a même des genres, où les cavités branchiales ont des appendices, des canaux labyrinthiformes 



— io2 — 

creusés dans les pharyngiens supérieurs; ces canaux se remplissent d'eau et permettent au 
poisson de vivre des jours entiers à sec et fort loin de son élément. 



En terminant cette exposition de la charpente solide des poissons , je dois faire remarquer 
qu'elle n'a d'autre l)ut que de faire connaître les diverses modifications que subit le plan 
général d'après lequel le squelette est construit. Plusieurs auteurs, et en particulier Cuvier 
et Meckel, ont déjà fait connaître les ditïérences que présentent les divers os dans les diffé- 
rentes familles de la classe des poissons. Il reste cependant encore un travail très-considérable 
à faire sur l'ostéologie de ces animaux, c'est de rechercher quels rapports existent entre la 
conformation de toutes les parties du squelette et la physionomie particulière et les mœurs des 
espèces de toutes les familles. Sans une étude comparative de toutes les pièces du squelette , 
dans tous les genres, il est impossible d'arriver à une détermination rigoureuse des os dé- 
tachés de poisson, que l'on trouve surtout dans les terrains tertiaires. Avant que l'on sache, 
par exemple, comment se distingue l'humérus, ou la mâchoire inférieure ou tel autre os de 
poisson dans tous les principaux genres de la classe, il sera impossible de tenter des rappro- 
chements entre les pièces analogues des poissons fossiles que. l'on trouve éparses. A cet égard, 
l'étude de l'ostéologie des poissons est beaucoup moins avancée que celle des animaux supé- 
rieurs et en particulier des mammifères. Je doute qu'il y ait beaucoup d'anatomistes ou de 
zoologistes qui soient en état de reconnaître à première vue l'opercule d'une Carpe de celui 
d'un Labre, ou une mâchoire inférieure de certaines Perches à dents crochues , de celle d'un 
Dentex, ou le crâne d'un Barbeau, de celui d'une Brème, sans parler des os détachés de la 
face, de la ceinture thoracique ou des vertèbres isolées. Et cependant tous les paléonto- 
logistes savent que de pareilles déterminations sont possibles dans la classe des mammifères 
et même dans celle des reptiles. J'ai déjà fait voir à plusieurs reprises qu'on pouvait arriver 
à des résultats aussi précis dans la classe des poissons. Ma tache à l'avenir sera de rendre la 
chose généralement possible et aussi facile que dans les classes supérieures; j'espère y par- 
venir en décrivant successivement dans mes suppléments toutes les modifications qui existent 
dans le charpente solide des différentes types de la classe des poissons. Le moyen le plus sûr 
sera de les étudier monographiquement. Aussi ai-je le projet de publier de temps en temps 
des monographies ostéologiques de poissons en décrivant les débris des nombreux poissons 
fossiles qui ne figurent pas dans cet ouvrage. 



— 165 



DE tA DENTITION. 



La dentition est aussi chez les poissons, quoique à un moindre degré que chez les mam- 
mifères, l'expression du caractère particulier et des mœurs de l'aniuïal, et si les dents ne 
constituent pas toujours le critère essentiel pour la délimitation des genres et des familles, 
leur étude est au moins d'un intérêt capital pour la distinction des espèces , surtout dans le 
domaine de l'Ichtliyologie fossile, où elles sont souvent conservées dans une parfaite intégrité, 
alors que les autres parties du corps sont plus ou moins endommagées. Bien plus, il y a des 
familles nombreuses dont les espèces dépourvues de squelette et d'écaillés osseuses ne nous 
ont laissé d'autres traces de leur existence que les dents dont leurs mâchoires étaient armées; 
en sorte que sans elles nous ne saurions absolument rien d'une quantité de Requins, de Raies 
et de Chimères fossiles, qui ont peuplé les mers d'autrefois. C'est dès-lors une tâche impor- 
tante pour le paléontologiste, de soumettre ces débris à une étude minutieuse. Aussi ai-je 
toujours apporté une attention particulière à l'étude des dents et à tout ce qui a rapport à 
l'armature de la bouche. Je ne puis énoncer ici que les résulats généraux de mes recherches; 
il me faudrait répéter tous les détails que j'ai exposés ailleurs, si je voulais donner un tableau 
complet de tout ce qui concerne la dentition. 

Les pièces du squelette qui, chez les poissons, peuvent être armées de dents, sont beaucoup 
plus nombreuses que dans aucune autre classe. Il n'y a presque pas d'os ou de cartilage con- 
courant à la formation de la cavité buccale, dont on ne trouve la surface interne hérissée de 
dents chez tel ou tel genre. Ce sont entre autres : les cartilages labiaux, chez les Pétromy- 
zontes où toute la surface interne de l'entonoir buccal, formé par un seul cartilage circulaire, 
est hérissée de dents coniques et obtuses; les intermaxillaires, les maxillaires supérieurs, 
les palatins, les ptérygoïdiens (dans quelques cas rares), le çomer et le sphénoïde principal, 
sur le plafond de la bouche, auxquels on peut encore ajouter les pharyngiens supérieurs 
formant les pièces supérieures des arcs branchiaux. Sur le plancher de la cavité buccale, ce 
sont les maxillaires inférieurs, les branches latérales de Vos hyoide, le lirtgual, les quatre arcs 
branchiaux dans toute leur étendue et enfin les pharyngiens inférieurs. 11 est rare que l'on 
trouve tous les os mentionnés ci-dessus hérissés à la fois de dents dans la même bouche; 
souvent il n'y a que telle ou telle partie qui en porte, et ceux où l'on en trouve le plus 
ordinairement sont les intermaxillaires, les palatins, le vomer et les pharyngiens supérieurs 
en haut; les mâchoires inférieures, le lingual et les pharyngiens inférieurs en bas; de sorte 
qu'en ouvrant la gueule on y trouve, en haut deux rangées arquées de dents formées par les 
intermaxillaires et les palatins, et une rangée médiane sur le vomer; en bas une rangée 
simple sur la mâchoire inférieure, avec une rangée également médiane sur la langue; mais 



tout l'entonnoir, en arrière, est garni de dents. 



20* 



— 154 — 

La forme des dents varie encore plus que leur position , et on trouve souvent dans la même 
bouche des formes si peu semblables qu'il est presque impossible de les déterminer d'après 
des fragmens détachés. C'est pourquoi on ne saurait apporter dans la détermination des 
espèces fossiles dont on ne connait que des dents isolées, toute la précision que peuvent 
donner des dents isolées de reptiles ou de mammifères. Pour avoir une entière certitude, il 
faut pouvoir comparer des séries plus ou moins nombreuses et encore est-on exposé à com- 
mettre des erreurs, si l'on ne réussit pas à se procurer des mâchoires où les dents se trouvent 
dans leur position naturelle. Malgré les variations infinies auxquelles sont assujéties les dents 
de poissons, je crois pouvoir en faire deux grandes divisions, d'après leurs usages physiolo- 
giques, auxquels correspondent des formes plus ou moins nettement accusées, savoir: les 
dents de préhension et les dents propres à broyer. 

Les dents de préhension sont en général coniques, alongées et terminées en une pointe tran- 
chante. La forme la plus commune est celle d'un cône à base ronde, à pointe effilée, dont la 
la longueur a au moins deux fois le diamètre de la base et dont la pointe est légèrement re- 
courbée en arrière, de sorte que la dent présente un crochet, qui empêche la proie de 
s'échapper, dès qu'elle est saisie. Ces dents sont quelquefois énormes , d'une longueur sur- 
prenante, et tout-à-fait disproportionnées avec la grandeur de l'animal, comme dans les Bau- 
droies, lesDentex, les Cynodons et autres; dans ce cas, elles sont implantées en petit nombre 
dans les mâchoires, à des distances assez considérables et se correspondent, lorsque l'animal 
ferme la gueule, de manière à ce que toutes les dents se logent dans une échancrure ou entre 
deux dents de la mâchoire opposée. Souvent aussi, chez certains Sauroides, par exemple, les 
intervalles des grands dents sont garnis de dents beaucoup plus petites. On comprend aisé- 
ment que ces dents incisives par excellence, destinées à sonfoncer dans les chairs a\'ec une 
grande force et à retenir la proie qui se débat, ne trouvent place que dans les maxillaires 
proprement dits, sur le pourtour de la bouche, où souvent elles débordent mêmes les tégu- 
mens et les lèvres, lorsque la bouche est fermée. Au reste, leur longueur et leur épaisseur 
sont des plus variables. Il y a beaucoup de genres à dents médiocres, rondes ou crochues, 
dont l'on peut facileluent compter les dents une à une. Mais plus ces dents se rapetissent, 
plus elles deviennent minces et effilées, plus aussi elles augmentent en nombre; elles ne 
forment plus alors de simples rangées, comme les grandes dents crochues, mais elles couvrent 
toute la surface des os, étant serrées les unes contre les autres, comme dans les peignes dont 
on se sert pour carder la laine ; on les appelle alors dents en cardes. Les dents en rupe sont 
encore assez fortes, mais moins hautes; les dents en brosse sont très-fines, déliées, effilées 
et serrées comme les soies d'une brosse; enfin les dents en velours sont très-petites et plutôt 
sensibles au toucher qu'à la vue. Toutes ces variations ne sont que des modifications de la forme 
primitive conique, résultant de l'épaisseur et du nombre des dents sur une espace déterminé. 

La forme conique n'est pas la seule qu'affectent les dents de préhension. Elles ont souvent 



— loi; — 

une tendance à s'aplatir latéralement, de manière à avoir des bords tranchans, ce (jui facilite 
l'entrée de la dent dans les chairs de la proie. C'est surtout la pointe qui se comprime des 
deux côtés et qui au lieu d'un pourtour rond présente une coupe plus ou moins lenticulaire à 
bords tranchans; la dent a alors la forme d'un fer de lance. Souvent aussi la pointe est tron- 
quée, offrant une surface horizontale, lisse ou crénelée et tranchante connue un couteau. 
Quelquefois les crénelures sont assez profondes, au point que la dent est semblable à un 
râteau , portant un certain nombre de pointes rangées à la lile et supportées par un tronc ar- 
rondi. Dans d'autres cas, la base est elle-même comprimée; si les dents sont alors plus longues 
que larges, elles prennent la forme de lames de couteau, de lancette, ou bien devenant plus 
larges à la base, elles ressemblent à des triangles équilatéraux. Toutes ces formes sont com- 
munes chez les Requins et chez d'autres poissons carnassiers, par exemple, les Brochets, les 
Sphyrènes, les Lépidopus etc. Ordinairement chaque dent n'a qu'une seule pointe tantôt Hsse 
tantôt à bords crénelés; mais quelquefois les crénelures se développent à tel point qu'elles 
donnent lieu à des cônes ou pointes secondaires qui se rangent des deux côtés de la pointe 
principale ; il arrive même qu'on ne dislingue pas cette dernière et que toute la dent ne pré- 
sente qu'une large lame tranchante, hérissée de pointes comprimées. 11 y en a d'autres, où il ne 
reste qu'une surface tranchante et lisse sans pointe quelconque, et où toute la mâchoire n'est 
garnie que d'une seule dent de chaque côté, qui n'otïre qu'un long bord tranchant semblable 
au bec des Tortues ou des Seiches. 

Les dents molaires sont assujetties à des variations tout aussi nombreuses. Leur destina- 
tion n'est plus d'appréhender, mais d'offrir aux alimens des surfaces plus ou moins larges, 
solides et capables de briser et de réduire les coquillages et les carapaces des animaux qui font 
la pâture du poisson. Au fond c'est le même plan et les dents plates ne sont que des modifi- 
cations de la forme conique des dents de préhension, comme on peut s'en convaincre en 
examinant la gueule des espèces où ces deux formes se trouvent. C'est le même type, à la 
pointe près, qui s'émousse, s'aplatit et s'élargit; seulement, au lieu d'un cône, il n'existe qu'un 
cylindre à surface plane ou légèrement bombée, quelquefois accidentée de petites éminences ou 
de rides peu saillantes, qui facilitent la trituration et la rendent plus complète. 11 va sans dire, 
que les modifications nombreuses que nous avons signalées dans les petits dents de préhension 
ne peuvent se reproduire ici, où il s'agit d'offrir des surfaces solides; mais les cylindres de- 
viennent successivement moins hauts; leurs surfaces se bombent de plus en plus et il en résulte 
à la fin ces formes hémisphériques de dents voûtées, réunies en pavé, qui sont d'une force con- 
sidérable. La grandeur de ces dents hémisphériques varie beaucoup; souvent elles sont 
trés-pelites , à pourtour plus ou moins angulaire, et enchâssées les unes dans les autres, ab- 
solument comme les galets d'un pavé. Mais souvent aussi, elles deviennent plus larges et 
leurs surfaces plus planes; ce sont alors de grandes plaques à pourtour carré et arrondi, dont 
les surfaces usées témoignent de la force de leur action. C'est toujours un aspect particulier 



— 156 — 

que celui que présentent les surfaces usées des dents molaires. Les dents de préhension 
peuvent se briser, mais elles ne sont pas exposées à s'user, puisqu'elles ne se rencontrent pas 
dans l'acte de la mastication et ne servent jamais à broyer. Les molaires, au contraire se 
frottent aussi bien contre elles-mêmes que contre les alimens qui leur sont présentés. 

Je pourrais énumérer beaucoup d'autres formes, mais je crois que ce que je viens de dire 
est suffisant pour donner une idée approximative de la dentition des poissons. Je dois dire 
aussi que les deux types que j'ai distingués ne sont pas aussi tranchés que l'on pourrait le 
croire et qu'il existe même des passages tellement insensibles que, dans certains cas, il est 
fort difficile de dire si telle dent que l'on a sous les yeux est une dent de préhension , ou une 
dent molaire. Il y a même des dents dans lesquelles les deux types sont réunis, comme par 
exemple chez les Diodontes et les Chimères, où le bord antérieur de la dent est tran- 
chant comme une lame de couteau, tandis qu'en arrière la même dent se continue sous 
forme de plaque destinée à broyer. Je suis donc le premier à reconnaître que la division que 
je viens d'établir est jusqu'à un certain point artificielle, mais je ne l'en crois pas moins utile, 
car elle permet d'embrasser plus facilement, sous un seul point de vue, cette multitude de 
formes variées que nous olïrent les dents des poissons. 

La structure des dents n'est pas moins compliquée que leur forme , et c'est encore dans les 
poissons que nous retrouvons la plus grande diversité de types. Il y en a même qui ne sont 
connus que dans cette classe. Les tissus qui composent les dents sont de deux sortes. Il y a 
dabord le tissu médullaire, qui est la véritable matrice de la dent, par lequel les substances 
nutritives sont amenées et duquel dépend toute la vie de la dent, et les tissus dentaires com- 
posés de substances animales imprégnées plus ou moins de sels calcaires , auxquels les dents 
doivent leur dureté, et qui servent à les distinguer au premier abord des autres os. C'est aux 
combinaisons variées de ces substances, que sont dues les modifications que l'on trouve dans la 
structure des dents. De tissu médullaire est tout simplement un tissu celluleux semblable à celui 
que l'on trouve partout dans les interstices des organes, mais qui est parcouru par un grand 
nombre de vaisseaux sanguins, qui possède des nerfs et qui est toujours imprégné dune sécré- 
tion huileuse ou gélatineuse, qui lui donne l'aspect d'une pulpe molle et élastique. Les dents, 
lorsqu'elles commencent à se former, sont entourées d'une pulpe semblable, qui disparait avec 
la croissance extérieure et qui, à la fin, ne se trouve plus que dans l'intérieur de la dent. 
Dans les dents desséchées, il ne reste que quelques filamens de cette pulpe, qui recouvrent 
ça et là les parois des interstices et cavités internes. Dans les fossiles, cette pulpe a entière- 
ment disparu , et les cavités qu'elle remplissait sont vides ou bien remplies de matières pier- 
reuses, imbibées souvent de pyrites de fer et de plomb. Comme c'est dans les vaisseaux san- 
guins que réside l'influence de la pulpe sur les dents , il est clair que le plus souvent cette 
pulpe est ramifiée comme les vaisseaux et pénètre, en formant des réseaux, par des canaux 
creux , dans la substance de la dent. Si la pulpe est simple , elle forme un noyau au milieu 



— 157 — 

de la dcnl qui est siUié dans une cavité médullaire; si elle est ramiGéc, c'est dans les canaux 
médullaires qu'elle se trouve. 

Les subslances dentaires, car il y en a de plusieurs sortes, se distinguent de tous les autres 
tissus du corps par leur dureté et leur inaltérabilité, (jui fait qu'elles se conservent à l'état fos- 
sile, quand même tous les autres organes ont disparu. Celle qui forme la niasse principale de 
la dent, s'appelle la denline. C'est une substance homogène, transparente et composée de lines 
lames ; elle est bleuâtre quand elle est accumulée en grande masse ; et ce qui la caractérise 
surtout, ce sont les tubes calcifères qui la traversent. Ces tubes, d'un diamètre très-petit, 
partent toujours de la cavité ou des canaux médullaires, pour se rendre directement à la sur- 
face de la dent. Chemin faisant, ils se ramifient, et ces ramifications, qui sont très-diverses, 
donnent de bons caractères microscopiques pour la distinction des genres et des espèces. On 
y remarque surtout deux types; les uns se ramifiant à la manière des peupliers d'Italie, ayant 
leurs branches et leurs rameaux rapprochés et parallèles au tronc; les autres étalant leurs 
branches dans toutes les directions comme un tronc de chêne ou un noyer. La longueur de ces 
tubes calcifères varie excessivement; il y a des dents à dentine très-épaisse, où la dentine est tra- 
versée dans toute son épaisseur par ces canaux ou tnbes; il y en a d'autres, où l'on remarque 
à peine quelques petites branches rabougries sur les côtés des canaux médullaires. On peut 
se convaincre par des expériences d'infiltration aussi bien que par l'inspection directe que ce 
sont réellement des tubes qui prennent leur origine dans les canaux médullaires. Ils sont 
rempHs par un dépôt de sel calcaire qui, pendant la vie, a un aspect grumeux. Leurs extré- 
mités sont excessivement fines et l'on ne parvient que dans quelques cas rares à distingueur 
leur terminaison; le plus souvent, ils se perdent insensiblement. Les dernières ramifications 
sont très-souvent parallèles; elles ne forment plus de réseaux, mais une hgne pectinée tout 
autour du contour extérieur de la dent. On pourrait croire, à cause de leurs ramifications, que 
ces tubes contiennent des vaisseaux sanguins, servant à la nutrition de la dentine; mais leur 
diamètre étant beaucoup plus petit que celui des globules du sang , une pareille supposition 
devient impossible. 

La dentine forme très-souvent à elle seule toute la dent; mais dans la plupart des dents, 
elle est revêtue d'une couche homogène plus dure et plus cassante qui forme la couche su- 
perficielle, c'est Vémail. Celte substance contient encore beaucoup moins de matière animale, 
de gélatine, que la dentine; elle est en conséquence plus dure. On s'est convaincu que chez 
les animaux supérieurs l'émail est composé de petits prismes enchevêtrés comme des coins et 
formant une surface pour ainsi dire voûtée. Il est difficile de démontrer une pareille structure 
chez le poissons. Ici l'émail est toujours homogène et le plus souvent traversé de tubes sem- 
blables à ceux de la dentine. Mais ce qui distingue les tubes de l'émail , c'est qu'ils ne sont 
jamais ramifiés, mais au contraire parallèles, simples et très-lins, semblables à ceux que l'on 

trouve souvent dans les lisières de la dentine. L'émail est parfois restreint à la pointe de la 
ToM. 1. 21 



— 158 — 

denl, qu'il recouvre comme un capuchon; mais le plus souvent il s'étend sur toute la partie 
nue de la dent, qui n'est pas enveloppée dans la muqueuse de la bouche. 

Une troisième substance enfin, qui ne se trouve que bien rarement dans les dents des pois- 
sons c'est le cément. La matière principale de cette substance est claire et homogène; c'est 
une gélatine imprégnée de calcaire, mais au lieu de tubes destinés à recevoir l'excédent des 
sels calcaires , nous avons ici des cellules calcifères plus ou moins fusiformes , avec des rami- 
fications dans tous les sens, qui très-souvent, communiquent directement avec les tubes 
calcifères de la dentine. Ces cellules calcifères sont souvent semblables aux corpuscules os- 
seux; mais elles sont en général plus petites et, ce qui distingue surtout le cément du tissu 
osseux , c'est l'absence complète de couches alternatives et de canaux médullaires. Ce n'est 
guère que dans les dents composées, à dentine plissée ou à canaux médullaires parallèles, que 
l'on trouve le cément remplissant les vides entre les systèmes de dentine, qui entourent les 
plis et les canaux isolés. 

Les rapports variés de ces substances entr'elles et les différences que présentent les cavités 
et les canaux médullaires, sont ce qui distingue les divers types de dents de la classe des pois- 
sons. On en connaît quatre types principaux , mais ils ne sont pas très-tranchés ; il existe au 
contraire des passages nombreux de l'un à l'autre. La conformation la plus simple est celle à 
dentine simple et à cavité pulpaire unique : L'intérieur de la dent n'a qu'une seule cavité 
en cône creux, dont la forme répète exatement les contours extérieurs. On dirait que la 
pulpe est entourée d'une couche de dentine, d'une épaisseur presque égale partout, formant 
un capuchon autour du noyaux pulpeux. Les tubes calcifères rayonnent à angle droit vers 
la surface de la dent, qui très-souvent est couverte d'une couche plus ou moins épaisse 
(l'émail. Les dents de préhension de plusieurs poissons osseux, de beaucoup de Requins, les 
dents molaires des poissons osseux, des Pycnodontes, par exemple, et des Raies appartiennent 
à ce type. 

Les dents à dentine plissée constituent un second type. Ici la cavité pulpaire est aussi d'abord 
unique, mais ses contours, au lieu d'être simples et réguliers, ont des angles rentrans et sor- 
tans, autour desquels la dentine est plissée comme une grosse étoffe. Ces plis sont d'abord 
peu considérables et s'effacent petit à petit vers la pointe de la dent; une coupe transversale 
présente alors la forme d'une rosette; mais insensiblement les sinuosités deviennent plus pro- 
fondes, les plis plus accusés et plus contournés et le tout tellement tortueux, que la cavité 
centrale disparait entièrement et que les coupes transversales ne montrent plus qu'un laby- 
rinthe de rides médullaires réduites à de simples lignes entrelacées avec les lignes des plis 
venant du dehors, comme serait une étoffe froissée et comprimée, que l'on aurait coupée par 
le milieu. Ce type est exclussivement propre aux dents de préhension et à-peu-près restreint 
aux poissons osseux. Il n'y a point de poissons cartilagineux qui présente cette structure, et 
dans les autres classes, on ne trouve que quelques Reptiles voisins des poissons, qui la 



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partagent, tels que les Ichthjosaures et les Labyrinthodontcs. Dans les poissons, c'est surtout 
la famille des Sauroides, qui offre les passages les plus remarquables des plis simples des 
Lépidostées à la structure si compliquée des Dendrodes. Comme les plis sont toujours arrangés 
dans les sens vertical, il s'en suit que toutes ces dents ont une apparence striée, qui est sur- 
tout visible vers la base où les plis sont le plus accusés. 

Qu'on se figure maintenant les plissemens verticaux et parallèles à l'axe de la dent, rap- 
prochés de manière que leurs bords se confondent partout où ils se touchent, et on aura la 
troisième modification de structure, qui ne se rencontre que dans les dents molaires des pois- 
sons cartilagineux. La cavité médullaire centrale n'existe plus; on ne trouve que des canaux 
médullaires isolés, parallèles entr'eux et à l'axe de la dent, montant verticalement vers le 
sommet de la dent et entourés chacun d'un système distinct de dentine avec des tubes calcifères 
rayonnant en cercle dans toutes les directions, de sorte qu'un canal isolé avec sa dentine a 
la forme d'un panache. Il y a cependant un grand nombre de genres, dans lesquels les canaux, 
au lieu d'être entièrement droits et perpendiculaires, sont réunis par des anastomoses qui oc- 
cassionnent des réseaux intermédiaires ; mais ces derniers sont toujours plus minces que les 
canaux principaux; il y en a d'autres où les canaux sont parfaitement droits, verticaux et 
tout-à-fait indépendans, ayant chacun leur système particulier de dentine, qui les enveloppe au 
point que l'on pourrait prendre chaque canal avec sa dentine pour une petite dent isolée, 
réunie à d'autres petites dents semblables, par une substance étrangère et formant ensemble 
de larges plaques dentaires composées de dentine à canaux parallèles. Cette opinion semble, 
en effet, justifiée par le fait, que le cément se trouve souvent sur les lisières des systèmes 
isolés de dentine; mais, d'un autre côté, elle ne saurait se concilier avec les passages nom- 
breux qui existent entre la dentine plissée , celle à canaux parallèles et celle à canaux réti- 
culés, ni avec le développement des plaques dentaires elles-mêmes, dont nous parlerons plus 
tard. Les dents à canaux parallèles sont exclusivement propres aux dents molaires des pois- 
sons cartilagineux. La famille des Myliobates, parmi les Raies, et celle des Cestraciontes, dans 
la tribu des Requins, nous offrent des exemples nombreux et variés de cette structure. Dans 
les autres classes d'animaux, il n'y a que l'Orycterope et quelques autres mammifères, chez les- 
quels on trouve ce type de dentition. 

Un dernier type de structure dentaire, c'est celui des dents à canaux réticulés. Ici plus de 
trace de cavité principale ni de canaux plus développés que les autres ; toute la dentine est 
traversée par un réseau de canaux plus ou moins larges, disposés sans ordre apparent, 
excepté au centre, où ils affectent quelquefois un parallélisme plus régulier, mais avec de 
nombreuses anastomoses. Les tubes calcifères sont toujours perpendiculaires à l'axe des 
canaux médullaires ; ils se croisent dans tous les sens et d'une ntanière toute aussi irrégulière 
que les canaux réticulés eux-mêmes. Ces dents sont toujours recouvertes à l'extérieur 
par nue couche d'émail assez épaisse, et leur denUne est beaucoup plus friable que celle 



— 160 — 

des types que nous venons de mentionner. Celte structure ne se rencontre nulle part dans les 
dents molaires qui, étant exposées à un frottement continuel, s'useraient dès que la couche 
d'émail serait enlevée. Elle n'est propre qu'aux dents de préhension et elle se retrouve indis- 
tinctement chez les poissons osseux et chez les cartilagineux; elle est en outre exclusivement 
propre à la classe des poissons; du moins les autres classes du règne animal ne nous en ont 
offert jusqu'ici aucun exemple. 

La manière dont les dents sont fixées sur les mâchoires mérite une attention toute particu- 
lière. Ce n'est jamais par des racines solides et coniques, enfoncées dans les creux corres- 
pondans de l'os; la gomphose n'existe pas dans la classe des poissons. Les dents sont au 
contraire attachées par des ligamens iibreux ou par ankylose, et en général implantées sur 
des socles osseux, qui les supportent. Dans le cas où leurs exti'émités maxillaires sont reçues 
dans des creux, ce n'est jamais dans des trous isolés; mais une rigole commune est creusée 
tout le long de la mâchoire. Dans beaucoup de cas , et surtout lorsque de petites dents sont 
accumulées en grand nombre , elles ne laissent aucune trace de leur présence sur l'os ou sur 
le cartilage qui les porte, lorsque la muqueuse est enlevée. Cela se conçoit d'ailleurs facile- 
ment; car du moment que les dents ne sont fixées que par la muqueuse, elles doivent s'en 
aller avec celte dernière, lorsqu'on la sépare de l'os. Souvent elles ne sont pas môme attachées 
par des ligamens particuliers, mais seulement par des fibres de cette membrane qui entourent 
de toutes parts la base de la dent. Aussi les dents tombent-elles facilement, et se reproduisent 
tout aussi aisément. Les socles qui supportent les dents chez beaucoup de genres, affectent 
toujours la forme des dents elles-mêmes. Dans les dents simples, ils sont simples, souvent même 
creux au milieu et il n'y a alors que leur pourtour qui supporte la dent. Parfois ils s'élèvent 
au-dessus du niveau de la mâchoire; mais le plus souvent, ils sont cachés dans les rigoles 
communes, qui longent le bord interne des mâchoires. Le socle et la dent sont ordinairement 
unis par de forts ligamens tendineux et élastiques , qui tout en étant très-vigoureux , per- 
mettent, pourtant aux dents un certain mouvement. Dans d'autres cas, le socle s'unit à la dent 
par ankylose; le tissu osseux se confond avec celui de la dent, de manière que l'on ne peut 
pas dire au juste où l'un finit et où l'autre commence. C'est dans les dents plissées, .que le 
socle joue le rôle le plus extraordinaire en ce qu'il répète en quelque sorte la forme de la 
base de la dent, présentant en relief ce qui est en creux sur la base de la dent. Quelque- 
fois, quand les plissemens sont très-tortueux et les processus du socle très-hauts et très- 
compliqués, la dent a l'air d'avoir des racines par lesquelles elle s'enfonce dans l'os, comme 
un arbre dans la terre. Cette structure, que M. Owen a découverte dans le genre Rhizodus 
(Holoptychius) de la famille des Sauroides, n'est qu'une complication des socles en roselte que 
l'on trouve chez les Lépidostées et autres Sauroides dont la dentine a des plis moins tortueux. 
Dans d'autres cas, surtout chez les poissons cartilagineux, les dents sont fixées au moyen 
de ligamens qui, pour n'être pas attachés à des socles, n'en tiennent pas moins les dents en 



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respect sur les mâchoires, au moyen de la muqueuse, qui est Irès-épaisse. Ce mode de fixa- 
tion est très-souvent accompagné d'une véritable racine, dont la structure est dilTérente de 
celle de la couronne de la dent, et dont la surface poreuse offre plus de points d'attache aux 
fihres tendineuses, qui y aboutissent. Mais cette racine propre aux dents des poissons cartila- 
gineux, se dislingue au premier coup-d"oeil de toutes les autres racines de dents, car bien 
qu'elle affecte plusieurs formes, et bien qu'elle soit même souvent bifide, comme la racine des 
dents de mammifères, elle est cependant toujours arrondie et formée d'une dentine friable, 
molle, très-squammeuse et très-poreuse, ayec des canaux médulaires très-réticulés; aussi est- 
elle distinctement séparée de la couronne, qui est composée d'une dentine beaucoup plus dure 
et très-souvent revêtue d'émail. La racine n'est jamais enfoncée dans des creux particuliers; 
elle repose simplement dans la rigole qui longe la mâchoire; mais elle n'en est pas moins 
cachée toute entière dans la muqueuse épaisse, qui forme les gencives. Les dents des poissons 
osseux n'ont jamais de racine. La présence d'une racine peut dès lors être envisagée comme 
un caractère saillant des poissons cartilagineux, quoiqu'il ne soit pas universel, puisqu'il y a 
des dents de poissons cartilagineux, qui en sont dépourvues. 

Un dernier mode de fixation des dents, dont on ne retrouve pas d'exemples dans les autres 
classes d'animaux, c'est leur enchevêtrement, au moyen d'angles rentrans et d'angles saillans; 
elles forment ainsi de larges plaques et des voûtes complètes, dont une pièce soutient l'autre, 
par exemple chez les Scares. Quelquefois aussi il y a même des dentelures fines et régulières 
qui se répondent comme dans une roue de rencontre. 

Le développement des dents de poissons offre des particularités fort remarquables. Il existe 
en général une tendance des mâchoires à reporter de plus en plus les dents vers le bord 
extérieur, et dès qu'elles viennent â se casser ou à tomber, elles sont aussitôt remplacées 
par d'autres dents qui se développent sur le bord interne des mâchoires. Ce développe- 
ment, en quelque sorte rotatoire, est surtout remarquable chez les poissons cartilagineux 
les Requins et les Raies, où les rangées internes, sont couchées en arrière, cachées dans les 
gencives et ne se dressent que quand elles viennent se placer au bord extérieur. On remarque 
la même tendance lorsque les dents sont en brosse ou en grand nombre sur une mâchoire, 
et en général, quand les dents ne sont fixées que dans la muqueuse. Mais lorsqu'elles 
reposent sur des socles, les dents de remplacement se développent à côté ou au-dessous des 
anciennes, et poussant celles-ci au dehors, elles se mettent à leur place. Le développement 
individuel des dents a probablement lieu de la même manière que chez les animaux su- 
périeurs, car bien qu'on n'ait pas encore fait de recherches spéciales sur ce point, il parait 
pourtant, qu'au moins le plus grand nombre de dents se développent dans des sachets par- 
ticuliers, qui sont rarement creusés dans la substance osseuse de la mâchoire, mais qui, 
dans le plus grand nombre des cas, ne sont enveloppés que par la gencive. Il parait en 

outre que les grandes plaques dentaires , qui se renouvellent sans cesse par l'adjonction de 

21* 



— 162 — 

nouvelles couches à leur face postérieure, se développent sans sachet. Quoiqu'il en soit, il 
est certain que les nouvelles dents se présentent dabord par leur pointe, qu'elles croissent 
de haut en bas et que ce n'est que quand elles ont à-peu-près fini leur croissance, qu'elles se 
placent sur les socles sur lesquels elles reposent. Ce travail de remplacement et de renouvel- 
lement est continuel chez les poissons, jusqu'à l'âge le plus avancé, et ce n'est guère que dans 
les poissons très-vieux que les dents de remplacement manquent. 



DES MOUVEMENTS DU SQUELETTE. 

Les mouvemens dont le squelette des poissons est susceptible méritent également notre 
attention. Il va sans dire qu'ils peuvent être très-variés, suivant la manière dont le squelette 
est composé. Nous n'entrerons pas dans ces détails qui nécessiteraient une étude spéciale de 
chaque squelette; il nous suffira de montrer de quelle manière le poisson se meut dans 
l'eau, comment il nage et quel mouvement il exerce pour saisir et ingérer sa nourriture. Les 
mouvemens qui ont rapport à la première de ces fonctions concernent le tronc ; les autres se 
rattachent plus particulièrement aux os de la tête. 

La colonne vertébrale , qu'elle soit composée d'une simple corde dorsale ou de vertèbres 
séparées et ajustées par des faces circulaires, permettrait un mouvement dans toutes les 
directions, si les apophyses verticales n'y mettaient obstacle. Le poisson peut à peine courber 
le dos ou le roidir ; son plan reste toujours le même dans ce sens ; en revanche , ses mouve- 
mens latéraux sont parfaitement libres. 11 avance dans l'eau en repliant alternativement le 
tronc à droite et à gauche, et se sert de sa queue comme d'un levier. Plus il y a de ver- 
tèbres et plus aussi cette mobilité du tronc est grande. Dans les genres qui ont une colonne 
vertébrale très-longue et composée de beaucoup de petites pièces, ces mouvemens sont par- 
fois des plus bizarres. Les nageoires verticales ne sont là que pour présenter au besoin une 
plus grande surface à l'eau que la nageoire caudale frappe. Elles ne sont susceptibles d'autres 
mouvemens que d'écarter ou de redresser leurs rayons. Aussi remarque-t-on en général que 
les poissons à corps long et flexible ont des nageoires verticales peu élevées ; parce qu'ici la 
longueur du corps offre par elle-même assez de surface au choc de l'eau, pour rendre les na- 
geoires impaires inutiles. Les poissons courts, à épine roide ont en l'evanche des anales, des 
dorsales et des caudales très-grandes et susceptibles d'un déployement considérable. 11 y a 
même des genres, comme les Coffres, dont le corps lui-même est entièrement inflexible, 
et qui n'ont d'autres moyens de locomotion que les mouvemens de la queue. 

Le jeu des nageoires pectorales et ventrales est, dans la plupart des genres, assez peu 
important pour la locomotion. Elles peuvent se rapprocher ou s'éloigner du corps au moyen 
des os sur lesquels les rayons sont articulés. Leurs rayons peuvent aussi s'écarter et se 



— 165 — 

rapprocher comme ceux des nageoires verticales. Mais là se bornent leurs mouvemens. Ce sont 
moins des leviers que des balanciers, servant à maintenir le corps dans sa position horizontale 
et verticale; aussi le poisson auquel on a coupé les nageoires paires a-t-il beaucoup de peine 
à se maintenir à la même hauteur dans l'eau qu'il est accoutumé de traverser. Nous voyons 
aussi que nos poissons d'eau douce écartent leurs nageoires paires, dès qu'ils restent tran- 
quilles entre deux eaux sans bouger, et qu'ils ne font que rapprocher du corps leurs na- 
geoires paires, lorsqu'ils veulent aller au fond. Dans les genres où les pectorales sont exces- 
sivement développées, comme les Exocets, les Trigles, elles servent sans doute aussi à la 
locomotion. 

Les mouvemens du tronc sont, comme on le voit, assez simples. Il n'en est pas de même 
de ceux de la tête. On peut distinguer ici deux espèces de mouvemens, ceux de la dégluti- 
tion, qui sont toul-à-fait volontaires, et ceux de la respiration, qui, quoique continuels, 
paraissent pourtant être subordonnés en grande partie à la volonté. Rappelons dabord que la 
mâchoire supérieure, à peu d'exception prés, est mobile sur le crâne. Au moment où le 
poisson abaisse sa mâchoire inférieure pour ouixir la bouche, l'intermaxillaire glisse en avant 
sur le nasal et allonge ainsi plus ou moins le museau ; le maxillaire suit ce mouvement. En 
même temps toute l'arcade palatine, qui n'est mobile que sur le vomer en avant et le temporal 
en arrière, s'écarte et agrandit ainsi la cavité buccale en travers. L'os hyoïde de son côté 
s'abaisse pour agrandir le diamètre vertical de la cavité , et les arcs branchiaux , qui suivent 
son mouvement se serrent pour fermer l'entonnoir buccal en arrière. L'opercule s'applique 
fortement contre la ceinture thoracique et ferme la fente branchiale. Aussitôt que la proie est 
saisie et que la bouche se referme sur elle , l'hyoïde se relève , les arcs branchiaux s'écartent, 
se replient en arrière et ferment ainsi les fentes branchiales, l'entonnoir s'élargit et l'opercule 
en s'écarlant ouvre la fente des ouies pour donner passage à l'eau avalée avec la proie. Cette 
eau sort en grande partie par les fentes branchiales, tandis que la proie s'avance dans l'éso- 
phage. Cela fait, la bouche se referme, l'intermaxillaire glisse en arrière, la mâchoire infé- 
rieure reprend sa position normale, l'arcade palatine se rapproche, l'hyoïde se relève et 
l'opercule s'abaisse de nouveau sur la ceinture thoracique. Les mouvemens de respiration 
sont absolument les mêmes, seulement ils sont exécutés avec moins de violence. Le poisson 
avale l'eau, comme il avalerait sa nourriture, avec celte différence qu'en resserrant l'entrée de 
l'ésophage, il la force de sortir par les fentes branchiales, au lieu de passer dans le canal ali- 
mentaire. 

Les mouvemens que nous venons de décrire sont, comme ont peut s'y attendre, extrême- 
ment variables, d'après la conformation de la bouche. Tel genre lance son museau en avant, 
en alongeant le bec de toute la longueur de la tête, tandis que la partie postérieure reste à-peu- 
pres immobile; tel autre a la mâchoire supérieure presque fixe, mais peut écarter l'hyoïde et 
l'arcade palatine de manière à doubler l'espace de la cavité buccale. 



— 164 — 

On ne pourra compléter l'exposition des faits relatifs aux mouvemens qu'exécutent les pois- 
sons des divers types, que lorsque l'histoire naturelle de ces animaux sera mieux connue et 
surtout lorsqu'on aura étudié plus en détail leurs mœui's et leurs allures dans les différents actes 
de leur vie. L'on conçoit combien de pareilles observations offrent de difficultés, puisqu'il 
s'agit ici d'animaux qui se soustraient le plus souvent à l'observation dans les profondeurs 
qu'ils habitent. Aussi ai-je dû me borner à quelques remarques que j'ai empruntées à 
l'histoire de nos poissons d'eau douce que j'ai plus particulièrement étudiés. Un fait qui n'est 
pas sans importance pour l'étude des poissons fossiles, c'est que tôt après leur mort, les pois- 
sons se roidissent et se courbent plus ou moins en sens inverse de leur forme ordinaire. Les 
masses considérables de chair qui entourent les apophyses supérieures du dos, en se contrac- 
tant, font fléchir la colonne vertébrale en bas, le ventre se tend considérablement, tandis que 
le dos se roidit ou devient même concave. Mais lorsque cette roideur cadavérique cesse, les 
poissons reprennent habituellement leur forme naturelle. Or il n'est pas rare de trouver des 
poissons fossiles courbés comme des poissons morts récemment; d'où je conclus que les 
exemplaires qui offrent une semblable position ont été ensevelis immédiatement après leur 
mort dans les dépots dans lesquels ils ont été conservés jusqu'à nos jours. On voit par là 
combien les moindres circonstances peuvent acquérir d'importance, lorsqu'il s'agit de dé- 
chiffrer l'histoire des révolutions qu'a subies notre globe et de quel intérêt peuvent être les 
moindres observations qui se rattachent à la vie des animaux. 

' Avant de terminer ce chapitre, je dois encore faire remarquer que M. Vogt m'a constam- 
ment assisté dans mes recherches sur l'ostéologie des poissons et que je lui dois plusieurs pré- 
parations importantes relatives aux poissons cartilagineux et à la structure des dents des 
poissons en général. Mais sa coopération ne s'est pas bornée là. Il lui revient aussi une part 
scientifique dans ce travail, qui consiste surtout dans la détermination des rapports des pièces 
osseuses avec leur base cartilagineuse et dans l'appréciation du rôle que jouent les plaques 
protectrices. J'ai déjà indiqué dans le second volume, p. 66 de la 2^ partie, la part qu'il a 
prise à la comparaison que j'ai faite des os des poissons avec ceux des autres classes de 
Vertébrés. Enfin je lui dois une grande partie des dessins qui représentent les faits ana- 
iomiques que je viens d'énumérer. Les autres dessins ont été exécutés par M. Dinkel avec 
son habileté accoutumée et lithographies par M. Diekmann. 



— 165 



CHAPITRE VI. 

ESSAI SUR LA CLASSIFICATION DES POISSONS. 



Loin de partager l'opinion de ceux qui ne voient dans nos classifications qu'un échaffaudage 
artificiel propre à faciliter nos recherches, en aidant à la mémoire, j'ai la ferme conviction que 
les progrès des sciences naturelles conduiront tôt ou tard à établir un système qui sera 
l'expression vraie et complète des divers rapports qui lient entr'eux les êtres de la création 
toute entière. Mais un pareil système ne sera possible que lorsqu'on connaîtra plus complète- 
ment l'innombrable variété des tyes de ce vaste domaine. Les tentatives que Ton a faites jus- 
qu'à présent pour y arriver, ne m 'apparaissent que comme les premiers jalons de l'édifice, 
comme un moyen provisoire de se reconnaître au milieu des formes variées qui doivent être 
enregistrées d'après leurs diveres affinités. Les principes mêmes qui doivent nous guider dans 
cette opération ne sont pas encore définitivement arrêtés. On pourrait comparer les efforts 
des naturalistes qui cherchent à groupper les corps naturels de la manière la plus convenable, 
aux travaux des ingénieurs qui doivent reproduire par une carte l'aspect d'un pays. Ils fixent 
dabord quelques points saillants, d'où l'on puisse dominer l'ensemble. De là ils abordent les 
détails, en subdivisant l'étendue considérable qu'ils ont comprise dans leur première triangu- 
lation ; puis ils étudient chaque nouvelle coupure à part , en la parcourant dans tous les sens. 
C'est alors seulement qu'ils peuvent commencer à annoter les particularités qui font le carac- 
tère spécial de ces compartiments restreints. Avec de pareils matériaux on peut déjà faire une 
bonne carte. Mais tel observateur voudra encore connaître les hauteurs des montairnes dont 
le relief lui est indiqué ; tel autre voudra savoir quelle partie du sol est boisée , ou quelle est 
cultivée et quelle ne l'est pas; tel autre voudra avoir des renseigneniens sur divers phéno- 
mènes climatologiques et ne trouvera rien qui puisse l'orienter. De ce moment là, une carte 
faite sur les bases que je viens d'indiquer sera insuffisante pour les besoins de la science. 
De nouvelles recherches deviendront nécessaires; les résultats des études géologiques et 
météorologiques devront être combinées avec les tracés géodésiques ; les procédés graphiques 
pour la représentation des accidents du terrain devront être perfectionnés; le dessin devra 
reproduire autant que possible le relief même. Puis un temps viendra peut-être où les 
exigeances de la science iront jusqu'à rendre dans la plupart des cas, les reliefs réels indispen- 
sables; c'est-à-dire que la reproduction matérielle des formes, réduites à certaines dimensions, 

sera un jour le complément nécessaire des travaux topographiques. 

ToM. I. 22 



— 166 — 

Ne pouvons-nous pas en dire autant des systèmes en histoire naturelle? Il fut un temps où 
des rapprochemens vagues suffisaient pour donner une idée du petit nombre d'êtres imparfai- 
tement connus qui fesaient l'objet des études des naturalistes. On les groupait d'après quel- 
ques caractères saillans faciles à saisir; on se bornait même quelquesfois à les placer à la 
suite les un5 des autres, d'après leur grandeur, d'après leur manière de vivre , d'après les 
lieux qu'ils habitent. Quelqu'incompiête que fussent ces données, elles ne satisfirent pas 
moins pour un temps aux besoins des hommes, et malgré leur imperfection, elles contri- 
buèrent même à faire faire des progrès aux sciences naturelles. Tel auteur, en remarquant 
les lacunes de pareils arrangemens, perfectionna la méthode; tel autre receuillit de nouveaux 
matériaux propres à faciliter les recherches de ses successeurs, et peu-à-peu l'on vit surgir des 
systèmes basés sur de bons caractères. Dès-lors les progrès devinrent rapides ; des travaux 
monographiques vinrent étendre le champ des comparaisons, en posant de nouvelles bases 
pour les études de détail. Des idées nouvelles firent découvrir de nouvelles faces à des sujets 
que l'on croyait épuisés. C'est ainsi , sans sortir du domaine de la zoologie , et sans remonter 
aux premières tentatives de classification qui ont été proposées pour le règne animal, que l'on 
se borna pendant longtemps à rechercher les caractères distinclifs des espèces et à les grouper 
dans un petit nombre de genres basés souvent sur une connaissance très-imparfaite de leur 
organistion. Cette tendance caractérise surtout les ouvrages de l'école de Linné qui a fait faire 
d'immenses progrès à la science, en simplifiant la méthode et en la ramenant a l'expression la 
plus concise des faits connus. Cependant on s'apperçut bientôt que ce système ne pouvait être 
envisagé que comme un cadre propre à faire embrasser d'un seul coup-d'œil toutes les classes, 
mais dont les compartimens étaient chétivemens garnis. Chaque jour en effet enrichissait la 
science de faits importans qui grossissaient outre mesure les limites assignées par Linné à l'éten- 
due de ses incomparables diagnoses. L'anatomie comparée surtout, en scrutant jusqu'aux moin- 
dres détails de la structure intérieure des animaux, vint fournir à la zoologie des caractères plus 
précis pour la délimitation des classes, des ordres et des familles. Au lieu de simples diagnoses, 
on s'efforça dès ce moment de faire des tableaux descriptifs de l'ensemble des caractères de toutes 
les coupes naturelles que Ion put circonscrire d'une manière précise ; on chercha à coordonner 
les caractères d'après leur valeur relative dans les fonctions de la vie; les espèces furent com- 
parées entr'elles d'une manière lùgoureuse; tous les faits relatifs a leur manière de vie, à leur 
reproduction et à leur distribution géographique furent soigneusement enregistrés. C'est à 
l'immense influence que les travaux de Cuvier ont exercée sur le développement des siences 
naturelles qu'il faut principalement attribuer cette nouvelle direction des éludes zoologiques, 
et l'on peut dire que c'est dans cet esprit que se poursuivent la plupart des grands travaux 
monographiques qui enrichissent continuellement la science depuis un quart de siècle. Il es! 
peu de classes qui n'aient trouvé leurs monographes; les faits de structure qui ont été étu- 
diés et les espèces qui ont été examinées, sont maintenant généralement représentés d'une 



— 167 — 

manière assez exacte, pour que l'on puisse s'en faire une juste idée, même sans les avoir vus 
tous en nature. Une connaissance aussi détaillée des espèces et des recherches aussi mullipHées 
sur l'organisation des principaux types de toutes les classes du règne animal , devaient néces- 
sairement amener de grands changemens dans la classification. Aussi avons-nous vu les 
systèmes se multiplier à Tinlini. Cependant, malgré leur nombre, ils ne dilïèrent pas essen- 
tiellement les uns des autres, et chez tous on reconnaît plus ou moins l'influence des tra\anx 
deCuvier; les diflerences qui les distiguent consistent principalement dans la position respec- 
tive des grandes divisions à côté les unes des autres, motivée par les divers principes qui diri- 
geaient leurs auteurs, et dans l'extension accordée à ces mêmes divisions; car il va sans dire 
que l'on ne saurait envisager comme des systèmes particuliers tous ces échaffaudages systéma- 
tiques, où il n'y a le plus souvent rien d'original et où les cadres ne diffèrent que par Tordre 
de successsion des groupes et les noms qui leur sont imposés. Les changemens les plus im- 
portans effectués dans le système général de la zoologie depuis Linné, consistent en effet dans 
le démembrement que Cuvier a fait de la classe informe et indigeste des Vers du savant sué- 
dois, et l'on peut dire , sans déprécier en aucune façon la valeur des travaux des naturalistes 
modernes, qu'ils ne sont qu'un développement des premières coupes du grand naturaliste 
français. Les modifications de détail que les classifications ont subies ne me paraissent pas 
moins importantes, mais elles appartiennent à un trop grand nombre d'auteurs divers pour que 
j'entreprenne ici d'en faire Thistoire; je dirai seulement quelles ont essentiellement porté 
sur la délimitation des familles et des genres et sur une appréciation plus complète et plus ri- 
gourese de leurs caractères. 

Cependant tandis que ces progrès s'effectuaient dans la zoologie proprement dite, une nou- 
velle science se développait entre les mains de celui-là même qui avait déjà si puissamment 
contribué au développement de la zoologie. L'étude des fossiles acquit par les profondes re- 
cherches de Cuvier une importance qu'elle n'avait point eu jusqu'alors, après qu'il eut 
démontré que les débris d'êtres organisés que l'on trouve enfouis dans les couches de 
la ferre , diffèrent généralement des espèces vivantes et appartiennent même à des types 
génériques différents. Ce fait une fois bien établi pour les mammifères et les reptiles, 
les recherches se multiplièrent dans toutes les classes et pour toute la série des couches de 
l'écorce solide de notre globe, dans lesquelles on trouve des fossiles. On rechercha les rapports 
de ces êtres primitifs avec ceux qui peuplent maintenant la surface de la terre, on voulut ap- 
précier leur analogie et déterminer les différences qui les distinguent. Ce travail fit faire de 
nouveaux et de grands progrés à la zoologie et à Fanatomie comparée des parties solides du 
corps des animaux, et l'on peut prévoir que l'influence de la paléontologie sur les études zoo- 
logiques et anatomiques deviendra de plus en plus inqîortante, à mesure que ces différentes 
branches de la science s'uniront plus étroitement. Je ne doute même pas que nous ne soyions 
prochainement amenés à réunir en un seul faiseau les résultats des recherches paléontolo- 



— 168 — 

giques et zoologiques, dés qu'il s'agira d'établir un système complet des affinités naturelles de 
l'ensemble du règne animal. Les lacunes sont en effet trop sensibles et trop nombreuses, lors- 
qu'on ne tient pas compte des fossiles, pour que les zoologistes puissent à l'avenir se dis- 
penser de les énumérer simultanément avec les espèce vivantes, dans leurs tentatives de clas- 
sification (*). Aussi bien, en les omettant, on n'obtient que des cadres en lambeaux et l'on 
n'arrive qu'à une expositon incomplète du plan de la création des êtres organisés. L'on a 
acquis depuis longtemps la certitude que les êtres qui ont disparu de la surface du globe, loin 
d'avoir vécu simultanément se sont succédés à difTérentes époques et ont appartenu à des créa- 
tions diiïérentes, ou plutôt qu'ils ont constitué des séries d'ensembles qui ont eu une existance 
limitée et ont été remplacés à des intervalles plus ou moins longs. De là sont nées de nouvelles 
exigeances pour la zoologie systématique. Il ne suffira plus à l'avenir de grouper les genres 
et les espèces d'après leurs affinités organiques , il faudra encore tenir compte de l'âge relatif 
de leur apparition à la surfacedu globe, de l'importance de chaque groupe aux différentes 
époques du développement général; en un mot, la zoologie devra comprendre dans ses 
cadres la généalogie du règne animal tout entier. 

Des travaux importans ont déjà fait connaître les rapports qui existent entre les affinités 
naturelles des genres et des espèces de plusieurs familles, et leur âge géologique; mais 
peut-être n'existe-t-il aucune classe où cette succesion des types et heurs rapports avec les 
formations géologiques auxquelles ils appartiennent, soit plus évidente que chez les pois- 
sons. On peut en effet affirmer qu'il existe la plus étroite liaison entre les principaux types de 
cette classe et l'époque de leur développement progressif. Il suffit de parcourir les tableaux 
des espèces caractéristiques des terrains, que j'ai publiés à la fin des Vol. 2, 3, 4 et 5 de 
cet ouvrage , pour se convaincre que chaque ordre , et même chaque famille suit une pro- 
gression particulière ; qu'il y a pour chaque groupe «n commencement et une apogée dans 
son développement, que tour à tour ils finissent par s'éteindre, s'ils remontent à une haute an- 
tiquité, ou par prendre une extension considérable dans la création actuelle, si leur apparition 
ne date que d'une époque récente. Ces résultats si évidents dans la classe des poissons, je les 
ai également constatés dans celle des Echinodermes, et bien que je n'aie pas encore exposé en 
détail les résultats généraux de mes éludes sur ces animaux , je puis cependant affirmer dès à 
présent que j'ai reconnu chez eux les mêmes lois de développement. Il suffit, pour s'en con- 
vaincre , de se rappeler dans quelle proportion on trouve les Crinoïdes et les Etoiles de mer 
dans la série des terrains, et comment se comportent, dans des limites plus étroites, les diverses 
familles de l'ordre des Echinites. En présence de pareils résultats. Ton est naturellement con- 
duit à présumer qu'il en est de même des autres classes du règne animal, et que si on n'est 

(*) Dans mes monographies dEchinodermes vivansel fossiles, j'ai cherché à réaliser pour quelques groupes,-, 
encore peu nombreux, il est vrai , cette idée d'une fusion de la zoologie avec la paléontologie et lanaloinie com- 
parée. 11 serait fort à désirer que de semblables tentatives se fissent pour toutes les classes du règne animal. 



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pas encore parvenu à saisir partout le fil de leur développement, c'est que l'on n'a pas trouvé 
la clef de leur affiliation. INéannioins nous avons déjà pour toutes les classes des indices posi- 
tifs de celte prépondérance, à des époques déterminées, de certains types qui changent de pro- 
portion avec leurs contemporains à des époques plus récentes, par exemple, parmi les mam- 
miféxes, les Pachydermes, les Edentés, les Marsupiaux et les Quadramanes; parmi les reptiles, 
les Ichlhyosaures. les Plésiosaures, les Mégalosaures, les Ophidiens et les Batraciens sans queue ; 
parmi les Crustacés, les Trilobites; parmi les Céphalopodes, les genres à coquille cloisonnée 
dont le développement est des plus remarquable, depuis les Orthocéres et les Gonialites jus- 
qu'aux formes bizarrement ployées et enroulées ou droites des Scaphites, des Ancylocéres, 
des Cyrtocères, des Ptychocères , des Turrilites, des Hélicocères et des Baculites. Parmi les 
Acéphales, n'avons-nous pas à signaler des faits tout semblables entre les Brachiopodes et les 
Lamellibranches? et n'est-ce pas un fait très-significatif, que de voir cette régularité dans le dé- 
veloppement progressif ressortir d'une manière d'autant plus évidente, que nous en cherchons 
les traces dans des classes mieux connues? Il y a là des arguments bien puissants contre les 
objections que l'on voudrait tirer de l'imperfection de nos connaissances relativement à l'en- 
semble des fossiles enfouis dans les couches de la terre entière. Or il est évident que les 
connaissances que nous avons déjà acquises à cet égard doivent réagir sur nos classifications, 
et que l'on en viendra à tenir toujours plus compte de l'ordre de succession des types dans 
leur arrangement systématique. 

J'ai déjà eu plus d'une fois occasion de faire remarquer la grande analogie qu'il y a entre 
cei't<aines formes embryoniques, qui sont passagères dans le développement des individus, et les 
caractères constans d'une foule de genres de différentes familles, qui n'ont que peu de repré- 
sentans dans la création actuelle, ou qui sont complètement éteints. Il est incontestable dès- 
lors que ces considérations devront exercer à leur tour une influence sur la position que Ton 
assignera , dans le système , à ces mêmes genres. En résumant mes recherches sur la con- 
formation du squelette des poissons, j'ai fait voir, à dilïérentes reprises, jusqu'à quel point les 
résultats de l'embryologie cadrent avec ceux de la paléontologie. J'ai acquis par-là la convic- 
tion que les recherches embryologiques poursuivies en vue d'apprécier la valeur des formes 
organiques, comme caractères zoologiques, devront également exercer un jour une grande 
influence sur nos méthodes. Il en sera sans doute de même des travaux microscopiques ((ui 
se poursuivent maintenant avec tant d'ardeur dans toutes les branches des sciences naturelles. 

Des rapports aussi variés entre les êtres organisés peuvent-ils être exprimés par des séries 
linéaires? Je ne le pense pas, je crois bien plutôt que l'on reviendra toujours plus de l'idée 
des divisions tranchées placées à la suite les unes des autres, pour admettre, conmie exprès-, 
sion des rapports variés des êtres organisés, des tableaux graphiques, au centre desquels 
figureront les types les mieux connus et autour desquels viendront se ranger, suivant leur plus 

ou moins grande affinité, d'autres types qui pourront être à leur tour le centre autour duquel 

22* 



— 170 — 

graviteront d'autres types secondaires. Et mieux on connaîtra l'ensemble des détails d'une 
grande division et mieux on groupera tous ses membres d'après leurs diverses affinités. 
S'agira-t-il , par exemple, des Echinodermes, il importera de faire remarquer comment cette 
classe se rallie aux vers par certains genres de l'ordre des Holothuries, et aux Polypes par les 
Crinoïdes. Voudra-t-on répartir les Crinoïdes de la manière la plus naturelle, il faudra in- 
sister sur l'analogie des Echinocrines , par exemple , avec les vrais Echinides et sur celle des 
Comatules avec les Astéries, tandis que les ^rais Encrines seront le type central de l'ordre, et 
ainsi de suite. Et pour combiner les indications relatives aux affinités d'une classe avec celles 
que l'on possède sur leur succession, il faudra ajouter à ces sortes de cartes zoologiques, des 
arbres généalogiques sur le tronc desquels seront inscrits les genres les plus anciens, tandis que 
les branches porteront les noms des types plus récents. On pourra même, en ménageant les 
proportions de la souche et des branches et en leur donnant des dimensions convenables, indi- 
quer exactement l'époque d'apparition de chaque groupe au moyen de lignes horizontales qui 
couperont les branches à différentes hauteurs. Par ce moyen, on indiquera le degré d'inten- 
sité du développement de chaque famille à chaque époque, en donnant aux divers rameaux 
de chaque ordre un degré d'épaisseur en rapport avec l'importance du rôle que les types 
qu'ils représentent ont joué dans chaque formation géologique. 

C'est d'après ces principes que j"ai construit le tableau ci-joint, qui représente l'histoire du 
développement de la classe des poissons à travers toutes les formations géologiques et qui 
exprime en même temps les degrés d'affinité qu'ont entr'elles des différentes familles. En tête 
du cadre sont inscrits les noms des quatre ordres que j'admets dans cette classe et dont les ca- 
ractères sont discutés dans les volumes suivants. Ce sont les ordres des Cycloides, des Cténoïdes, 
des Ganoïdes et des Placoïdes. Au-dessous se trouvent les noms des familles qui ont des re- 
présentans dans la création actuelle. Ils sont placés verticalement, pour faire suite aux 
lignes ascendantes plus ou moins fortes qui indiquent par leur extrémité inférieure , le point 
de départ du développement des familles, et par leur largeur, le degré d'importance qu'elles 
ont eu à chaque époque. Sur les côtés du cadre sont inscrits les noms des principales forma- 
tions, afin de préciser les horizons géologiques d'où partent et auxquels s'élèvent toutes les 
familles. Les noms des familles qui n'atteignent pas la création actuelle , sont inscrits sur les 
troncs mêmes qui les représentent; celles qni n'ont pas de représentans fossiles sont simple- 
ment indiquées par de fortes barres à l'horizon qui marque la création actuelle. Enfin la con- 
vergeance de toutes ces lignes verticales indique l'affinité des familles avec la souche princi- 
pale de chaque ordre. Je n'ai cependant pas lié les rameaux latéraux aux troncs principaux 
parce que j'ai la conviction qn'ils ne descendent pas les uns des autres par voie de procréation 
directe ou de transformation successive , mais qu'ils sont matériellement indépendans les uns 
des autres, quoique formant partie intégrante d'un ensemble systématique, dont la liaison 
ne peut être cherchée que dans l'intelligence créatrice de son auteur. Ayant reconnu que les 
espèces de chaque formation sont toujours différentes de celles des autres époques, j'ai con- 



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— 171 — 

duit les lignes de démarcation des horizons géologiques à travers toutes les lignes ascendantes 
des familles pour montrer que le développement généalogique des espèces est interrompu à 
réitérées fois, et que si, malgré cela, chaque souche nous fait entrevoir une progression régu- 
lière, cette filiation n'est pas le résultat d'une descendance continuelle, mais bien d'une mani- 
festation réitérée d'un oidre de choses déterminé à lavance, tendant vers un but précis et 
réalisé avec méthode dans l'ordre des temps. Je n'ai pas eu la prétention d'exprimer dans un 
tableau synoptique restreint d'une classe aussi nombreuse que celle des poissons, tous les faits 
que j'ai étudiés et que j'aurais pu développer ici jusqu'à énumérer toutes les espèces. J'ai 
seulement voulu présenter un cadre qui exprimât l'idée générale dont l'ensemble de mon ou- 
vrage n'est que l'exposition détaillée et qu'un coup-d'œil jeté sur ce tableau fera facilement com- 
prendre. Deux ordres de la classe apparaissent seuls dès les premiers temps du développe- 
ment de la vie à la surface du globe; il y apparaissent simultanément avec des représentans de 
toutes les classes d'animaux sans vertèbres, tandis qu'ils sont pendant longtemps les seuls 
types d'animaux vertébrés qui existent. Ces deux ordres, les Ganoïdes et les Placoïdes, ont leur 
principal développement dans les formations antérieures à la craie, et leurs familles typiques 
s'éteignent avant la création actuelle ou n'y sont plus représentées que par quelques espèces; 
telles sont, dans l'ordre des Placoïdes, les Cestraciontes et les Hybodontes avec leurs démembre- 
mens, et parmi les Ganoïdes, les Lépidoïdes, les Sauroïdes, les Célacanthes et les Pycnodontes, 
avec les groupes moins importans des Céphalaspides, des Dlptériens et des Acanthodiens. Les 
souches collatérales des Placoïdes qui sont en général faiblement représentées dans la création 
actuelle, surgissent d'assez bonne heure; les Squalides naissent déjà à l'époque houillère ; les 
Chimères et les Rayes tôt après. Il n'y a que les Cyclostomes qui soient exclusimement de notre 
époque. Mais à l'époque de la craie, tout change dans la classe des poissons. Nous voyons appa- 
raître tout-à-coup deux ordres nouveaux, les Cténoïdes et les Cycloïdes, aussi diversifiés dès 
leur origine que l'étaient leurs devanciers. Déjà avant l'époque tertiaire, les Cténoïdes comptent 
neuf familles distinctes, auxquelles il vient s'en ajouter deux autres durant l'époque ter- 
tiaire et au commencement de l'époque actuelle. Les Cycloïdes sont plus diversifiés encore; 
car dès leur apparition, le type des Acanthoptérygiens se présente à côté de celui des Malacopté- 
rygiens, et leurs nombreuses familles remontent pour la plupart jusque dans l'époque crétacée. 
Mais malgré ces différences , il n'en existe pas moins une étroite analogie entre les premiers 
représentans de tous ces types. Pendant ce temps, les Placoïdes sont pour ainsi dire réduits 
aux familles des Chimères, des Squales et des Raies, qui sont même encore peu nombreuses; 
tandis que quatre nouvelles familles les Sctéroderines , les Gymnodontes , les Lophobranches et 
les Àcipenserides surgissent presqu'à la fois dans l'ordre des Ganoïdes , en remplacement de 
celles qui s'éteignent. Les listes des poissons fossiles, rangés par terrains, qui terminent les 
volumes suivans donneront à ces généralités plus de consistance, en même temps qu'elles leur 
serviront de preuves directes. 

De pareils faits proclament hautement des principes que la science n'a pas encore discutés, 



— 172 — 

mais que les recherches paléontologiques placent sous les yeux de l'observateur avec une in- 
sistance toujours croissante. Je veux parler des rapports de la création avec le créateur. Des 
phénomènes étroitement liés dans l'ordre de leur succession et cependant sans cause suffisante 
de leur apparition en eux-mêmes; une diversité infinie d'espèces sans lien matériel commun, 
se groupant pour présenter le développement progressif le plus admirable, auquel notre 
propre espèce est enchaînée; ne sont-ce pas là des preuves incontestables de l'existence d'une 
intelligence supérieure dont la puissance a seule pu établir un pareil ordre de choses? Mais 
telle est la sévérité de nos méthodes d'investigation , que ce que notre sentiment trouve tout 
naturel, ne peut être admis par notre raison qu'étayé de faits aussi nombreux que bien établis, 
et c'est pour celte raison que j'ai tardé jusqu'au dernier moment d'exprimer mes convic- 
tions à ce sujet. Non point que j'aie reculé devant les discussions que l'énoncé de pareils ré- 
sultats doit nécessairement susciter, mais parce que je n'ai pas voulu les provoquer avant 
de pouvoir les fixer sur un terrain purement scientifique et les soutenir par des démonstra- 
tions sérieuses plutôt que par une profession de foi. Plus de quinze cents espèces de pois- 
sons fossiles que j'ai appris à connaître, me disent que les espèces ne passent pas insensiblement 
des unes aux autres , mais qu'elles apparaissent et disparaissent inopinément, sans rapports 
directs avec leurs précurseurs ; car je ne pense pas que l'on puisse prétendre sérieusement que 
les nombreux types des Cycloïdes et des Cténoïdes qui sont presque tous contemporains les 
uns des autres, descendent des Placoïdes et des Ganoïdes. Autant vaudrait en effet affirmer que 
les mammifères, et avec eux l'homme, descendent directement des poissons. Toutes ces espèces 
ont une époque fixe d'apparition et de disparition ; leur existance est même limitée à un temps 
déterminé. Et cependant, elles présentent, dans leur ensemble, des aflinités nombreuses plus ou 
moins étroites, une coordination déterminée dans un système d'organisation donné, et qui a 
des rapports intimes avec le mode d'existance de chaque type et même de chaque espèce. 
Il y a plus, un fil invisible se déroule dans tous les temps à travers cette immense diversité et 
nous présente comme résidtat définif un progrès continuel dans ce développement, dont l'homme 
est le terme, dont les quatre classes d'animaux vertébrés sont les intermédiaires et la totalité 
des animaux sans vertèbres l'accompagnement accessoire constant. Ne sont-ce pas là des mani- 
festations d'une pensée aussi puissante que féconde? des actes d'une intelligence aussi sublime 
que prévoyante? des marques d'une bonté aussi infinie que sage? la démonstration la plus 
palbable de l'existance d'un Dieu personnel , auteur premier de toutes choses , régulateur du 
monde entier, dispensateur de tous les biens? C'est du moins ce que ma faible intelligence 
lit dans les ouvrages de la création, lorsque je les contemple avec un cœur reconnaissant. C'est 
d'ailleui's un sentiment qui nous dispose à mieux sonder la vérité, et à la rechercher pour elle- 
même et j"ai la conviction que si, dans l'étude des sciences naturelles, on se dispensait moins 
souvent d'aborder ces questions, même dans le domaine spécial de l'observation directe, on 
ferait généralement des progrès plus surs et plus rapides. 'ÏM-. ^' ''/ . 



— 173 — 



ETYMOLOGIE DES NOMS NOUVEAUX 

INTRODUITS DANS CET OUVRAGE, AVEC INDICATION DES FAMILLES. 



Acautlioderma Ag. — âxccv&a, aculeus; Sé^fia, cutis. — JSciérotlet^ines* 
Acantliodes Ag. — àxavd-àSijg, aculeatus. — A.ca»tihotiiens, 
A-catithodietis Ag. — Acanihodes. — Ganoieles, 
Aeaiitlioessiis Ag. — àxav&iîsig, aculeatus. = Acautliodes. 
Acautlioiieuilis Ag. — cîxav&a, aculeus; v^/ua, filum. — Scotnbéroide», 
AcautlioiileiiriiS Ag. — uxuvd-a, aculeus; lû.ivqû, latus. — Sclévoilernies* 
Acantliopsis Ag. — axuv&u, aculeus; 6-iliis, faciès. — CypriitoiUes, 
Acaniis Ag. — axavog, aculeus. — Percoities, 
Acipensérieies Ag. — Acipenser. — Gatioieles, 
AcrodilS Ag. — uxçog, summus; oôèg, dens. — Cestmciotltes» 
Acrogaster Ag. — êxçog, summus; ya^VQ, venter. — JPercoiiies, 
AcrognatllllS Ag. — axçog, summus; yva&og, maxilla. — MtalécoitleSm 
Acrolepis Ag. — axçog, summus; lenig, squama. — Sauroides» 
Acroteiiiniis Ag. — axQog, summus; xéijivio, findo. — PyrcnoUotiieSm 
Actinobatis Ag. — ùxtIv, radius; ^arlg, rajae species. — JRaies, 
Aellopos Mûnst. — uellomg, velox. — Squaliétes, 
Aetbaliou Munst. — Nom. mythol. — Mjépitioieles, 
Amblypteriis Ag. — DCfi(ïkvg, obtusus; ntaçov, ala. — Mjépitioides, 
AniblysemillS Ag. — ufi^lvg, obtusus; m]fia, signum. — SuuroideS, 
Aniblyuriis Ag. — an^Ug, obtusus; àçù, cauda. — Eiépidoides. 
Amplieristlis K6n. — ù(Uf,î]çi!;og-, dubius. ? 

Amphistium Ag. — àfufl, utrinquè ; Xqiov, vélum. — Scotnbéroides, 
Archaeiis Ag. — ùçxaïog, antiquus. — Scotnbéi'oides, 
Artlu'optei'IlS Ag. — Ûq&ijov, articulus; nrsQov, ala. —Squalides. 
Aspidorhyncltlis Ag. — danla, scutum. Qvyxog, rostrum. — SaUt'Oides, 
Aspiiis Ag. — Nom. propr. — Cyprinoides. 

Asteracanthiis Ag. — àgijQ, siella; uxav&u, aculeus. — McMhyoiioruUthes. 
Asterodermiis Ag. — àgriQ, stella; SéQfia, cutis. — Maies. 
Asteroptycllius Ag. — égiiç, stella; %Tnv, ruga. — IcMhyodoruUthes, 

Alilolepis Ag. — dvUg, fistula; Unis, squama. — Maiécoldes, 
BelouostomiiS Ag. — (^elôvrj, acumen; çà[ia. os. — Sauroides* 

Blennioidea Ag. — Blennius. — Vyctoide», 

ToM. I. ;25 



174 



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Botlirosf eus Ag. — (?6âçog, fovea: ogeov, ossum. 

BracIiygliatllllS Ag. — (^Quyvg, brevis: yvâd-og, maxllla. ? 

CalainopIeill'IlS Ag. — xàlujuog, calamus: nkevpà, latus. — JMugiloides. 

Calaïuostoiua Ag. — xàlufiog, calamus; çôfia, os. — Eiophohvanches, 

Callillteryx Ag. — xatjog, pulcher : 7CTt(jv^, ala. — Cottoities» 

Carailgopsis Ag. — Caranx; o^ng, faciès. — ScombéroMes. 

Carcltai'Opsis Ag. — Carcharias; oiptg, faciès. — JSqtUllifles, 

CatopterilS Ag. — xâra, infrà; meçiov, ala. — Mjépidoides, 

Catlll'llS Ag. — xét(o, infrà ; êçà, cauda. — Saili'oUles. 

Célacanthes Ag. — Cœlacanthes. — Ganoittes. 

Ceiltrolepîs Egert. — xévTQOv, aculeus: Umg, squama. — MjépUioities* 

Céphatuspities Ag. — Cephalaspù. — GuiioMes, 

Ceplialaspis Ag. — xsqjuh), caput; àanlg, clypeus. — Céphalaspides* 

Ceratodus Ag. — xéçug, cornu; àôàg, dens. — Cestruciontes. 

Cestraciotites Ag. — Cesiracion. — Ptacottles» 

ClieîracailthllS Ag. — xùq, manus: uxav&u, aculeus. — AcUÊtthOtUetlS, 

Clieirolepis Ag. —x^'i-Q, manus; le-nïg, squama. — AcaitlhotliettS» 

Clielouiolitlij s Ag. —xilàvri, testudo; i^Q-vg, piscis. — CéphatuspiiteSm 

Chittiétndes Ag. — Chimœra. — JPiacoiites, 

CllOluatodliS Ag. — /cJ/<K, agger; àSèg, dens. — VesiracîOHies» 

CllOUllrosteilS Ag. — xovdpog, cartilage; ogéov, ossum. — A.cipenséÊ'itles, 

CladacailtlidS Ag. — xXùdog, ramus; ûxuv&u, aculeus. — McM/tyotioruHthes. 

Cladocyclus -45-. — xlâôog, ramus; xvxlog, circulus. — Spltyrénoides» 

CladOflllS Ag. — x7.àSog, ramus; àèiig, dens. — MMyboiiOiltes, 

Coccolepis Ag. — xôxxog, bacea; 7.mlg, squama. — M/épi floUles, 

CocCOSteus Ag. — xôxxog, bacca; ogéov, ossum. — Cépltuluspittes» 

Coclllio<lliS Ag. — xoxlîag, cochlea; oSèç, dens. — CestraciotUeS» 

Coelaeaiitliiis Ag. — xoîlog, cavus; âxavd-u, aculeus. — Célacanthcs, 

CœloceplialdS Ag. — xoîlog, cavus; xefah), caput. V 

Ceelogasf er Ag. — xoîlog, cavus; ya;r)ç, venter. — Mtatécoities, 

Cœlopoilia Ag. — xoîlog, cavus; %âna, gêna. V 

Cœloi'Iiyiielilis Ag. — xoîlog, cavus: çvyxog, rostrum. — A.iphioities, 

Cololiodiis Ag. — xoloiSog, bulbosus; àèèg, dens. — PycnO€lO»ttes. 

Coiiodlis Ag. — xcôvog, conus; àèùg, dens. — SaUÊ'OiUes. 

Corax Ag. — Nom. propr. [xo^ai), — Squalitles. 

Coltoittes Ag. — Coiius. — Cténot€les, 

Crieaeailtlius Ag. — xçixog, annulus; cixav&a, aculeus. — IcMityOiiOt'Utiihes. 

Ci*îeod(l.s Ag. — xQtxog, annulus; odèg, dens. — StlUÈ^Oides, 

Ctenaeailfliiis Ag. — xrsig, pecten; cixav&a, aculeus. — McMhyodorulUite», 

Cteiiodns Ag. — xTtlg, pecten; àôèg. dens. — CestraciotUeS. 

CTÉXOIDES Ag. — xrsig, pecten; eîâog, forma. — OnirC. 

Cteiiolepifloti Ag. — Ctmokpis. = Vténoides. 

Cteiiolepis Ag. — xrelg, pecten; li:^ig, squama. — CélaClttêtheS, 



/O — 

deiioiilyc'liiiis Ag. — xTei'^\ pccten: TtTvx'), mga. — Vesfraoiftiile»» 

C'yi'lili'lliriiS Ag. — xvxlo^; ciriulus: c/(}{t()or, inembruni. — Mluies» 

CWMjOMMiMlS Ag. — xvxi.oç, circiilus: eîSog, forma. — Oè^tire» 

Cyc*IO|ioiiia Ag. — xvxloç, drciilus; nôifia, operciilum. — Percoifles, 

CjC'Iiiriis Ag. — xvxloç, ciiTulus: êçià, oniida. — Cffprinoitles, 

C'ypt'hlOtttuUes Ag. — ximoivog, cyprinus : àSèg, tiens. — VifCtoifieS, 

Dereetîs MUnsi. cl Ag. — Nom. mijiltol. — Sctérottei'tneit» 

Dictea Munst. — Dieu (nom. mytliol ) — Cesirucionies» 

Dililaeailtlllis Ag. — ômlôog, duplex: axavd-a, aciilcus. — Acaulhotiiens. 

Dilllofllis .4^. — StTiUoç, duplex; àÔàç, dcns. — MMffbodotites. 

])i|»Io|itei'llS Ag. — (ii:i/.6oç, duplex: nreoov, ala. — JSuUi'Oiiles. 

Diptérletis Ag. — Dipicrus. — Ganoifles, 

Diictor Ag. — Nom. propr. — Scombéroifles, 

£la!^nio«liis Egert. — hluafiu, lamina; oôèg, dons. — Vhiinériiles, 

Klopidcs Ag. — Elops. — Uatécoitles. 

Elielielyoïms Ag. — v/xelvg, anguilla; nëg, pes. — AnguUUfomie». 

£lll*llOl1iis Ag. — ïyxog, gladius: oôsg, dens, — Scotnbéroities* 

Kliguatliiis Ag. — av, benè; yvcéd-og, maxilla. — Sauroides. 

Eliryai'f lira Ag. — evpvg, latus; céç&çov, memhrum. — Mtnies. 

Eui'yuotlltlS Ag. — avçvg, latus; vârog, dorsum. — Mjépuloities. 

Gauodus Egert. — yàvog, splendor; àbèg, dens. — ChitnélHites, 

GA.XOMM9ES Ag. — yavôa, splendeo. — Or tire, 

Gasteracaiitlins Ag. —yagiip venier; axavd-a, aculeus. = Gîasteroneiniis. 

Gastei'oneiuiis Ag. — yaçvp, venter; vîjf/a, filum. — Scombéroitles. 

Gilolllilodiis Munst. — Globulus; éôèg, dens {vox hybr.) — PycnoiiOiUes. 

Cilypllis Ag. — ylvffig, crena. — SQUaildes, 

Olyptoceplialiis Ag. — yjcvnrog, sculptus; xecfulrj, caput. — JSctéroilennes, 

Glyptolepis Ag. — ylv-mog, sculptus; 7.enig^ squama. — Célactlilittes. 

Gljptosteiis Ag. — yKvnrog, sculptus; o^éov, ossum. — Vélacanthes, 

Gobioiftes Ag. — Gobius. — Cténoitles. 

€mOniOfiOittes Ag. — ybw/a, angulus; ôSèg, dcns. — Gattoities» 

Goiiio^naf Iiiis Ag. — yoyvîa, angulus; yvù&og, maxilla. — Sconibéroiiies, 

GoiÙOtepitloti Ag. — y^via, angulus: leitig, squama. = GanoiileS, 

Graptolepis Ag. — yçunrog, scriptus; Isulg, squama. — SauroMes, 

Gyracaiitliiis Ag. — yiJQog, gyrus; axav&a, aculeus — McMhyodoriêUthes. 

Gyi'odiis Ag. — yïiQog, gyrus; 6àèg, dens. — PycnoUontes, 

Gyi'Olepis Ag. — yvçog, gyrus; lenïg, squama. — Mjépltloifles, 

Gyronclius Ag. — ^vçog, gyrus; oyxog, tumor. — PycHOftonies. 

Gjropi'istls Ag. — yijpog, gyrus; Tiotgtg, pristis. — McMiêyotlorulithes» 

Gyi'ostciis Ag. — yvQog, gyrus; èçiov, ossum. — Vélacanihes, 

Halec Ag. — Nom. propr. — MMntécoides» 

Matécoùies Ag. — Halec. — Cyctoiites» 

Halecopsis Ag. — Uakc; àifig, faciès, — Balécoities, 



— 176 — 

HelodllS Ag. — îjkos, clavus; àôèg, dens. — Cestraciontes* 

Heiuipristis Ag. — rifu, semi; ngigàs, serratus. — Squatieies, 

Hemirliyncliiis Ag. — Tint, semi; Qvyzos- rostrum. — Seonibéroides* 

Koloptycliiiis Ag. — 6log, solus; nxvxt), ruga. — Céiacanthes, 

HolosteilS Ag. — oloç, solus; àçéov. ossum. — Esocides. 

Hoplopteryx. Ag. — onlov, arma; nxéQV^ ala. — Pevcoides, 

Hoplopyglis Ag. — onlov, arma; %vyi], anus. — Célacanthes, 

MMyhodontes Ag. — Hyhodus. — PiacoMes, 

Hybodiis Ag. — v^og, gibbus; 6Sèg, dens. — MMyhodontes, 

Uypsodou Ag. — v^<t, sursùm; o8èv, dens. — Sphyrénoldes. 

lanassa Mûnst. — Nom. myikol. — CestraciOÈites, 

MchthyodoruUthes BucM. et De la B. — ix&vg, piscis; Jdpv.hasta; Ud-oç, hpis. -- FiaCOides, 

ISCliyodoil Egert. — iaxvç, fortis; àSèv, dens. — CMtilél'ideS, 

Istieiis Ag. — içlov, vélum; — Esocides* 

IsurilS Ag. — l'gog, sequus ; égà, cauda. — ScotnbéfOifleS, 

liamnodiis Ag. — Lamna-, 6§èg, dens. — Sauroides» 

lieiacailtllllS Egert. — Isïog, Isevis; âxavd-a, aculeus. — EcMhyodoruHthes» 

lieiosplieil Ag. — leîog, laevis; G(prjv, cuneus. — MMybodOHtes» 

Mjéjpidoides Ag. — Isncôoetôtjg, squameus. — Gaitoides» 

M^epidostei Ag. — Lepidosteus. = JLépidoides, 

liepidosteus Ag. — Isnig, squama; àçéov, ossum. — StëUi'Oides, 

liCpidotus Ag. — XsTCiScoTog, squamosus. — Mjépidoides, 

liepracautllllS Egert, — lénça, lepra; uxav&a, aculeus. — McièthyodOVUlithetf» 

IjeptacailtllliS Ag. — XeTtrog, exilis; uxavd-a, aculeus. — McMhyodot'UlUUes, 

ILiCptolepis Ag. — lemog, exilis; Isiûg, squama. — Sauroides* 

jmavi'Opoiua Ag. — /xaxQog, longus; nâ/xa, operculum. — CétacUÊltheSm 

]ff aci'OSeiuiliS Ag. — /lax^og, longas; a fifJ.£îov, signum. — Saut'Oides, 

Jflacrostoiua Ag. — /luxçog, longus; çôfiu, os. — ChétotiOiUeSm 

jflegaliclltliyi^ Ag. — (léYug, magnus; Ixd-vg, piscis. — Sauroides* 

megalodou Ag. — /t«V«b\ magnus; àSùv, dens. = Hypsodou. 

Jflegallll'llS Ag. — /néycg, magnus; é^à, cauda. — Suuroliies» 

Ifleristodon Ag. — fitçigàg, divisus; 6ô(àv, dens. — JSQU€tlides» 

]fIesogaster Ag. — f^éaog, médius ; yuç>)ç>, venter. — Sphyrénoides» 

lUicrodou Ag. — (iixQÔg, parvus; àdèv, dens. — PycÊt,odontes, 

JlSici'Ops Ag. — (itxQog, parvus; wi//, faciès. — JLépidoideSm 

JfUcrospondylliS Ag. — (itxQog, parvus; anôvôvlog, >ertebra. — ? 

Muyiloides Ag. — Mugil. — Cténoides, 

jflyriacantltus Ag. — fiVQÎog, innumerus; axavd-a, aculeus. — McMhyodOi'uUthCM» 

Marcopteriis Ag. — vâçxi], torpor; msQov, ala. — Haies» 

IVeiuacantliiis Ag. — vTjfiu, filum; âxuv&a, aculeus. — McMhyodoruiUhes» 

IVemopteryx Ag. — vî][iu, filum ; mé^v^, ala. — Scombéroides, 

IVoteeus Ag. — vâtog, dorsum. — IMaiécoides, 

nrotagogus Ag. — vciÔTog, dorsum; ayayog, dux. — JLépidoides» 



— 177 — 

JVolllOisiOiliiis Ag. — vo&O'i, nothus; (7otfic<, corpus. — E/épiftoitle», 

0«loutas|iis Jg. — oStov, dcns; dtniig, sciituiu. — Squuiliies. 

0(loiiteii»i» Ag. — àSèv, dcns. — Sciéttoitles. 

OnvUus Ag. — oyxog, uncus. — MeMhyotlot*u1lthea, 

(Ipliioiixiis Ag. — ofçig, sei-pcns; oi/»<g, faciès. — Mjépifloiiles. 

Oracaiiniiis Ag. — 6^)0^, nions; céxavO-a, aculcus. — Mvlèthyottorulilhes. 

Oi'odiis Ag. — o(joç, nions: àd'ùg, dens. — CeslÊ'UciOÊttes. 

Orog-iiatllllS Ag. — 6^og, mens; yvci&og, maxilia. — SttUè'OllteS, 

Orf liaeaiitluis Ag. — àgd-og, reclus: âxav&a, aculeus. — MclUltyodot'ulitltes. 

Osiiieroi<les Ag. — Osmerus. — Mtalécoides, 

Osteoleilis Ag. — àçiov, ossuni: lsn\g, squania. — M9ipiét'iens» 

OtodilS ^tg. — wg, auris: àd'èg, dcns. — SqiiaUdes. 

Oxyriliiia Ag. — S^vg, acutus: çi'v, nasus. — StgutUMes» 

Pacliyceiilialiis Ag. — ituxiig, crassus; xe(falrj, caput. ? 

Paoliyeoi'Uiiis Ag. — mixvg, crassus; xoo/jog, Iruncus. — SatfVOides. 

PaIneoui§eil$ Ag. — naXatog, anliquus: àvt'axog, asellus. — EdépUiottieS. 

Palinipliyes Ag. — 7iaXt,uffviig, redivivus. — SconibérolUes, 

Pei'iodllS Ag. — neol, circùm: àSùg, dens. — Pifcnotioiltes. 

PllolidopIlOi'llS Ag. — <^oTig, follis: (foçko, fero. — EiépUioides. 

Pliyllodiis Ag. — cfvllov, foliuni: àSèg, dens. — M*f/CIIOtlOitfes. 

PliylloIeiiii§ Ag. — (fvllov, foliuni: ^e^ttç, squama. — VéUicunthes, 

PIlj soneiiiliS Ag. — (fvaa, postula: v^[ia, filum. — EcMhyoïioruUtties. 

PlacodilS Ag. — nlùl, tabula: obàg, dens. — M*yctloeiontes. 

PIj.ACOWnES Ag. — %lùl tabula; elSog, forma,— Oi^fti'e. 

PlaoosteilS Ag. — 7rA«|, tabula: àçtov, ossum. — Placoules. 

Plafiiix Ag. — nlàny^, pala: — MiUécoides* 

Platy^iiatlliis Ag. — n)Mxvg, latus; yvd&og, maxilia. — Sauroides, 
Platysoilliis Ag. — nlarvg, latus; gmiuc, corpus. — Mjépldoitles. 
Plcefrolepis Ag. — niTjXToov, plectrum: Imig, squama. — Ijépidoides» 
PleioiieillllS Ag. — nT.ùog, plenus; vînxa, filum. — Scon%bél'oUtes, 
Pleioptei'iis Ag. — nlsîog, plenus; Ttrspàv, ala. = Osteolepis. — JOipléi'iens. 
Pleiii'aeaiitliiis Ag. — Ttlevçà.XsXm; uxuvd-a, aculeus. — McMStyodoè'iilithes, 
Pleiii'odiis Ag. — nlsvQÙ, latus: 6àèg, dens. — Vestracionles. 
PodoceillialllS Ag. — Ttovg, pes : xecfah), caput. ? 

Podocys Ag. — nëg, pes; âJxvg, velox. — Percoiites, 
PododilS Ag. — %Sg, pes; àSèg, dens. — SttHi'Oiiles» 
Poecilodiis Ag. — noixllog, varius: àdsg, dens. — CestraciOilies. 
Pi'isfaeautliliS Ag. —noiçàg, serratus: uxav&u, aculeus. — McUthyodoi'nUlhes» 
Pristigeiiys Ag. — nçi/^og, serratus: yévvg, genu. — Percoides, 
Propteriis Ag. — noo, anlè: iitsçov, ala. — Mjépiiioules. 
Psaliodlis Egeri. — ipâhog, nilidus; àôèç, dens. — Vhhnéi'ldes. 
Psaiiaïuodus Ag. — rpûiJiuog, arena; 6Ôèg, dens. — Cesii'ftcioiiies. 
Psaïuiuoleilîjii Ag. — «/'«w'o?, arena: leTilg, squama. — Sani'oides. 



— 178 — 

Psittacodoil Ag. _ tpittccteri, psitlacus; àScov, dens. — Chimérilie», 
Ptericlitliys Ag. —me^àv, aia; ix&vg, piscis. — Céphalaspittes. 
Ptei-ygoeeilliallis Ag. — méçv^, ala; xsifulr], caput. — Cottotties, 
Ptycliacailtlliis Ag. — nxvxv, ruga; axav&a, aculeus. — McMhyodoruUthes, 
Ptyclioceplialiis Ag. — iiTVxn, ruga; xscpal^, caput. ? 

Ptycliodils Ag. — TiTVzv, ruga; àôàg, dens. — Cesll'aeiontes. 
Ptyeliolepis -4^. — OTtvf% ruga; Isnlg, squama — Suuroiiies, 
Pycnodontes Ag. — Pycmdus. — Ganoieies, 
PycnodliS Ag. — nvxvàg, creber; àôèg, dens. — JPyciioelontes» 
Pygîeiis Ag. — nvyaîog, ad podicem pertinens. — Chétottontes» 
Pygopterus Ag. — nvyi-j anus; nrs^ov, ala. — Saut^oUles, 
Rliacolepis Ag. — çàxog, lacinia; Unlg, squama. — PercoUtes, 
KbainpUogliafluis Ag. — çà/nfog, rostrum; yvcî&og, maxilla. — Sphyrétioieles, 
RliauillllOSUS Ag. — QàfKfog, rostrum. — A-UiosiOMtes, 
Rlûiielliis Ag. — Qiv, nasus. — Scléfodertnes, 
RllinoceillialllS Ag. — çïv, nasus; xscfuh), caput. ? 

Rliodeiis Ag. — çàSsog, roseus. — CyprinoUies, 
Rliyiicliorllîims 4^. — ()t;j';^otf, rostrum ; pw, nasus. ? 

!§aui'ie]ltliys Ag. — auvçog, lacerta; ixd-vg, piscis. — Saut^oides. 
Sauroittes Ag. — auv^og, lacerta; tîSog, species. — Gatioities. 
Sauropsis Ag. — aavçog, lacerta; oxfjig, faciès. — Sauroides» 
Saill'OStoiilHS Ag. — GaV(Jog, lacerta; gàfia, os. — Saut'Oides, 
Scîïeiiurtis Ag. — Sciœna; à^à, cauda. — SciéttoMes, 
Sci'oliodus Mûnst. — Scrobs; oSsg, dens [vox hybr.) — Pycnodontes. 
ScylliodliS Ag. — Scyllium; àSèg, dens. — SquaUties, 
SeiuioitutliS Ag. — ari/j£îov, signum: vcÔTog, dorsuni. — EiépUioides, 
SeiuiopIlOl'llS Ag. — aiifieiocfogog, signifer. — ChétOtiontes, 
§inei'dis ^.9. - afdçSig, pisciculus. — JPercoMes, 
Spariiodlis Ag. — ancfçvig, rarus; èSèg, dens. — Sparoities, 
SpllîVl'odliS .43. — Gipa7()u, sphsera; oàsg, dens. — Pyctiodontes, 
§plieiiaeaiitliiis Ag. — o-^:?}!', cuneus; uxuvd-a, aculeus. — EcMhyodovwlithes» 
!Splieuoceplialiis Ag. — Gtfnv, cuneus; xscpulTj, caput. — Percoides» 
SpIieilodilS Ag. — Gcfijv, cuneus; àSèg, dens. — SquatitteS* 
§pIieilolepis Ag. — acfi)v, cuneus; Imlg, squama. — EsocideS» 
Splieiioiielllis Ag. — a(f,7)v, cuneus; oyxog, uncus. — IMybodontes. 
Spliyi'îieiiodlis Ag. — a^fvçuivu, sphyrsena ; àSèg, dens. — Sphyrénoides. 
Sphyrénoides Ag. — arfvfjuiva, sphyrœna; stSog, forma. — Cycloides, 
Spiiiacailtlliis Ag. — Spinax; axav&a, aculeus. — ISlennioideS. 
lipiiiacorliiiiiis Ag. — Spinax; çiv nasus. = Squalo Raja. — Raies* 
§tropllodlis Ag. — ççocfi], versio; àSsg, dens. — Cestraciontes* 
Tlirissoiiotus Ag. — Thrissa; i/wro?, dorsum. — Saui'OiileS* 
Tlll'issops Ag. — Thrissa; cof, faciès. — Satiroides, 
Tliyellîna Mûnst. — Nom. myiliol. — SquuHdes* 



— 179 — 

TristicliiiiN ^7 — t(>'s. tp>': çi'xoç, séries. — EctUhyodorwllthes* 

lTii«liiia Miimt. — Nom. myihol. — Célacanthes. 

l^rtriis Ag. — si/rûoç, caudatus. = Catiiriis. — JSattfoides* 

l^roiieiiilis Ag. — àçà, cauda ; ot7/*«, (il uni — Célacanihes, 

Uropteryx .Ag. — sçù, cauda; Tiréçvi, ala. — ? 

l^rosplieii .Ag. — à(jà, cauda; a(fi)v, cuncus. — Aniiostonie», 

Xiiihioiiles Ag. — xiphius. -~ Vyctoities, 

ILipliopteriis Ag. — ii(foç,ensh;nT€p6v, ala. — Scotnbéroides, 

!Zj gobâtes Ag. — ^vy6g,\\\%\xm; ^arig, raja. — Raies . 



ao-c^as 



— 180 



TABLE DES MATIÈRES DU 1 VOLUME. 



Préface. P|an de l'ouvrage. Résultats généraux. Matériaux examinés, p. VII. Additions à la préface. JNou- 
Teaux matériaux. Nouveaux moyens d'étude. Supplémens à i)ublier, p. XII. 

Introduction. Rapports des quatre embranehemens du règne animal. Comparaison des espèces fossiles a>ec- 
les vivantes. Caractères généraux des poissons de toutes les formations géologiques, p. XVII. 

Chap. I. Renseignemens sur les collections des poissons fossiles que j'ai examinées et sur les matériaux qui ont 
été à ma disposition pour en déterminer les espèces. Allemagne, France, Suisse, p. i — 10. Angleterre, p. 10 — 23. 
Nouvelles commucations, p. 24 — 33. Découvertes dans les terrains de transition et connnunicalions les plus ré- 
centes, p. 34 — 38. Notice sur les collections que je n'ai pas vues, p. 39. 

Chap. II. Renseignemens sur les ouvrages dans lesquels on peut trouver des documens swr les poissons fossiles, 
p 43. Enumération des ouvrages par ordre alphabétique, p. 43 — S5. Notice sur les dessins inédits qui peuvent 
être consultés, p. b5. 

Chap. 111. Renseignemens sur les localités dont je n'ai pas examiné les espèces, p. (iO. 

Chap. IV. Dermatologie et en particulier des écailles de poissons. De la peau en général, p. 61. StrncUnr des 
écailles, p. (J8. Délimitation des familles d'après les caractères extérieurs des écailles, p. 80. 

Chap. \. Du squelette des poissons en général. Types divers de squelettes. De 1;> colonne vertébrale, p. 94 
Des nageoires verticales, p. 101. Des nageoires paires, p. 104. Des rayons des nageoires, p. 105. Echelle de gra- 
dation daprès le développement du tronc, p. 108. De la tète, p. 110. Du crâne, p. 110. Elémens constitutifs du 
crâne, p. 121. Opinions sur la composition du crâne par vertèbres, p. 125. De la face, p. 129. Cavités de la 
tête, p. 144. De la dentiii^'lion, p. 153. Variations et classification des dents, p. 1S3. Structure des dents, p. 156. 

Chap. VI. Essai sur la classification des poissons. Principes généraux de classification, p. 165. Classification 
génétique des poissons, p. 168. Tableau généalogicjue de leur dévelojjpemeni dans toute la série des ter- 
rains, p. 170. 

Enumération des noms nouveaux introduits dans cet o.irrage, avec tndicatiiin de.< fannHe<. Registre par ordre 
alphabétique avec l'étymologie des noms, p. 173. 



181 — 



EXPLICATION DES PLANCHES DU I" VOLUME. 



Tab. a — G. Sept planches au trait, représentant les caractères essentiels de tous les nou- 
veaux genres de l'ordre des Ganoïdes, que j'ai établis. — Ces figures ne sont 
pas des copies d'exemplaires aussi complets qu'on les a réprésentés ici; elles ont 
été au contraire souvent composées de pièces nombreuses de dilTérens individus, 
réduites à la même échelle, et réunies de manière à représenter dans une seule 
ligure tous les traits caractéristiques de l'espèce la mieux connue de chaque 
genre. Les contours ponctués indiquent des parties douteuses. 11 a paru préfé- 
rable de suivre cette marche, plutôt que de rétablir, même par des points, une 
partie quelconque des fossiles eux-mêmes, que l'on a dès-lors représentés tels qu'ils 
se trouvent dans nos collections. 
Tab. a. FiG. 1. — Le genre Jcanthodes Ag. L'inspection d'un plus grand nombre d'exem- 
plaires a démontré que les ventrales existent aussi dans ce genre; elles sont 
très-petites , placées au milieu de l'abdomen , et protégées à leur bord antérieur 
par un petit rayon épineux. — Voir vol. 2, pag. 3 et 19. 
FiG. 2, — Le genre Catopterus Ag., qui avait été établi d'après des figures litho- 
graphiées d'exemplaires incomplets, est mal restauré. Il doit avoir deux anales, 
correspondant aux deux dorsales qui sont bien distinctes. Les ventrales existent 
certainement. — Voir vol. 2, p. 3 et p. 23. 
FiG. 3. — Le genre Àmblypterus Ag. — Voir vol, 2, p, 3 et 28, 
FiG. 4 et b. — Deux types du genre Palœoniscus , qui comprend des espèces tra- 
pues, comme la fig. 5, et des espèces élancées, comme la fig, k. — Voir vol. 2, 
p. 4, et kl. 
Tab. B. Fig. i . — Le genre Platysomus Ag. a certainement des ventrales , que l'on doit 
dès-lors figurer au trait, au lieu de les laisser ponctuées. — Voir vol, 2, p, 6. 
Fig. 2 et 3. — Les genres Tetragonolepis Bronn, et Dapedium ou Dapedius de la 
Bêche. Les différences extérieures de ces deux genres sont moins frappantes 

qu'elles ne paraissent ici. L'extension de la dorsale du Dapedius jusqu'à la nuque 
ToM. I. 24 



— 182 — 

est exagérée. Le caractère qui les distingue le mieux est la forme des dents, qui 
sont échancrées chez les Dapedius ; du reste il y en a plusieurs rangées. — Voir 
vol. 2, p. 6 et 7. 
Tab. C. Fig. 3. — Le genre Semionotus Ag. — Voir vol. 2, p. 8 et Feuill. p. 9. 

FiG. 'i. — Le genre Lepidotus kg. — Voir vol. 2, p. 8 et Feuill. p. 10. 

FiG. 2. — Le genre Pholidophorus Ag. — Voir vol. 2, p. 9 et Feuill. p. 10. 

Fig. 5. — Le genre Mkrops Ag. — Voir vol. 2, p. 10. 

FiG. 1. — Le genre Notagogus Ag. — Voir vol. 2, p. 10 et Feuill. p. H. 
Tab. D. Fig. 1 . — Le genre Àcrolepis Ag., dont les contours ont pu être complétés depuis ; 
ils cadrent exactement avec les traits supposés. — Voir vol. 2, p. 11. 

Fig. 3. — Le genre Pygopterus Ag. — Voir. vol. 2, p. 10. 

FiG. 2. — Le genre Ptycholepis Ag. Au Musée de Wilby, j'ai trouvé des frag- 
mens qui complètent quelques parties de ce poisson , sans rien changer à son 
contour présumé. — Voir vol. 2, p. 11. 

Fig. k. — Le genre Saiiropsis Ag. — Voir vol. 2, p. H. 
Tab. E. Fig. 1. — Le genre Pachycormus Ag. — Voir vol. 2. p. 11 et Feuill. p. 12. 

Fig. 2. — Le genre Thrissops Ag. — Voir vol. 2, p. 12 et Feuill. p. 12. 

Fig. s. — Le genre Leptolepis Ag. — Voir vol. 2, p. 13 et Feuill. p. 11. — 
C'est dans la cavité abdominale de plusieurs espèces de ces deux derniers genres, 
que l'on a trouvé des intestins fossiles. 

Fig. 3. — Le genre Urœus , maintenant Caturus Ag. — Voir vol. 2, p. 12 et 
Feuill. p. 13. 

Fig. k. — Le genre Megalurus Ag, — Voir vol. 2, p. 13 et Feuill. p. 15. 

Le genre Macropoma, indiqué vol. 2, p. 13 et Feuill. p. 15, est un très-bon 
genre, dont j'ai vu des exemplaires remarquables dans la collection de M. Mantell. 
Dans plusieurs exemplaires, j'ai vu non-seulement les branchies, mais encore 
TOUT l'estomac! avec ses parois membraneuses solidifiées, et dans la cavité ab- 
dominale des copi'olithes. 
Tab. F. Fig. 1. — Le genre Àspidorhynchus Ag. — Voir vol. 2, p. ik et Feuill. 15. 

Fig. 2. — Le genre Blochius Volta. — Feuill. p. 19. 
Tab. g. Fig. 1. — Le genre Pycnodus kg — Voir vol. 2, pag. 16 et Feuill. 19. 

Fig. 2. — Le genre Sphœrodus Ag. — Voir vol. 2, p. 15 et Feuill. p. 17. 

Fig. 3. — Le genre Mkrodon kg. — Voir vol. 2, p. 16. 

Parmi les genres que j'ai établis, il en est un grand nombre qui ne se trou- 
vent pas sur ces planches: ce sont ceux dont on a eu des exemplaires fossiles 
assez complets pour ne rien laisser à désirer, ou ceux dont on ne possède que 



— 105 — 

des fragmens isoles , auxquels il serait trop hasardeux d'ajouter quelque chose; 
par exemple, les genres Saiirofitomns, SauriclUhys, etc. 

On trouvera dans le chapitre de la classification, de plus amples détails sur les 
rapports de tous ces genres éteinls avec les poissons vivans. 
Tab. h. Fig. i — 15 représentent diverses écailles de Cycloïdes, que nous avons choisies 
pour montrer surtout la nature des sillons et des lignes concentriques. 

Fig. i. — Ecaille d'un jeune Salmo trulla, où il n'y a que des lignes concen 
triques sans sillons. 

Fig. 2. — Ecaille du brochet, (Esox luciusj. Les sillons sont ici transformés en 
véritables incisions , et les bords des parties coupées se couvrent mutuellement. 

Fig. 3. — Ecaille du Véron fPhoxinus variusj montrant des sillons rayonijans en 
tous sens, depuis un grand centre d'accroissement, qui occupe à-peu-près le 
milieu de l'écaillé. 

Fig. k. — Ecaille de la Loche (Cobitis fossilisj. Les sillons sont encore plus nom- 
breux, et le centre d'accroissement fortement reculé en arrière; mais l'analogie 
avec les écailles de Cyprinoïdes est frappante. 

Fig. 5 — 8. — Anatomie des écailles du Labrus carneus. Fig. 5, Ecaille entière. 
Fig. 6, Coupe à travers les sillons; on voit les deux substances, qui forment 
l'écaillé et les sillons, qui sont ici de véritables fentes ou suture, traversant 
toute l'épaisseur des deux substances. Fig. 7, Portion de la même coupe plus 
fortement grossie. Fig. 8, Coupe à travers les lignes concentriques. (Par mé- 
garde du lithographe cette figure est renversée.) On voit la stratification hori- 
zontale de la couche inférieure et celle de la couche supérieure, qui est discor- 
dante et ofTre l'aspect de tuiles imbriquées. 

Fig. 9. — Ecaille de Julis vanicorensis, qui montre comment les parties endom- 
magées de l'écaillé ont été cicatrisées par des dépôts, qui imitent le type de 
l'écaillé elle-même. 

FiG. iO — 12. — Diverses coupes d'écaillés du Sphyrœna barracuda. Fig. iO, 
Coupe longitudinale à travers les Hgnes concentriques, montrant, que ces der- 
nières ne sont formées que par des monticules de la couche supérieure. Fig. 1 1 , 
Coupe à travers les sillons, montrant que ceux-ci ne traversent pas la couche 
inférieure, mais ne sont que le résultat de l'accumulation inégale de la couche 
supérieure. Fig. 42, Partie d'un espace entre deux sillons, fortement grossie, 
pour montrer l'aspect imbriqué des lignes concentriques. 

FiG. 13. — Portion d'écaillé du Mmtela fusca. Sa couche supérieure est déposée 
en bandes concentriques, parsemées de petites aspérités. 

FiG. ik — 20. — Ecailles de Cténoïdes. 



-^ 184 — 

FiG, liet IS. Ecaille de Comiger spinosm. Fig. H, Ecaille entière, montrant 
les dentelures , qui ne sont que le r«^sullat d'incisions profondes du bord posté- 
rieure de l'écaillé. Fig. IS, Coupe longitudinale à travers une de ces dentelures, 
qui n'est formée que par la couche supérieure. 

Fm. 16 et i7. — ■ Ecailles de Scatophagus Argus. Outre les dentelures du bord pos- 
térieur, il y a encore des corpuscules implantés sur la partie postérieure. Fig. 
16, Ecaille entière. Fig. 17, Coupe longitudinale, montrant les rapports des 
corpuscules. 
Il Fig, 18 — 20. — Ecailles d'une très-jeune Perche f Perça fnviatUisJ montrant les 

"iqv» rangées de dentelures implantées sur la partie postérieure; fig. 18 provient de 

ub ''- la ligne médiane et montre le canal muqueux. 

FiG. 20 — 23. — Ecailles de Ganoides. 

FiG. 21 et 22. Ecaille de l'Esturgeon (Acipenser Sturio.J Fig. 21, Ecaille entière 
d'en haut. Fig. 22, Coupe transversale, montrant la substance osseuse stratifiée, 
avec ses corpuscules osseux et la mince couche d'émail. 

FiG. 2.5 — 2S. — Ecailles Aq Lepidosiren annectens. Fig. 23, Ecaille entière, mon- 
trant la disposition de l'émail par plaques séparées. Fig. 2i, Une de ces plaques 
grossie. Fig. 25, Coupe longitudinale, faisant voir les deux substances dont 
l'écaillé est composée. 

FiG. 20. — Coupe d'une écaille de VOstracion triqneter faisant voir la substance 
cornée, disposée d'une matière très-variée, et formant la plus grande partie de 
l'écaillé, et la couche d'émail , composée de dentine et traversée par des canaux 
médullaires. 

Fig. 27 — 29. — Ecailles de Callichthys miles. Fig. 27, Deux écailles réunies de 
>t )1 grandeur naturelle. Fig. 28, Vue grossie d'une partie de la face supérieure, 

montrant les réseaux des canaux médullaires et les dents qui garnissent le bord 
de l'écaillé. Fig. 29, Coupe longitudinale d'une écaille. 

Fig. 30 — 32. — Ecaille de l'Hypostoma plecostomus. Fig. 30, Ecaille de grandeur 
naturelle. Fig. 31, Coupe de l'écaillé, montrant les canaux médullaires et les 
dents implantées à la surface. Fig. 32, Une dent grossie, montrant son canal 
médian et les tubes calcifères ramifiés. 

Fig. 33 — 55. — Ecaille de Placoïde. (Raja clavata.J Fig. 33. Aiguillon d'en 

haut, fig. 34 de profil. Fig. 35, Coupe verticale, montrant l'aiguillon composé 

de dentine à canal médullaire médian et à tubes calcifères ramifiés, et la base, 

formée par un tissu cartilagineux, parsemé de dépôts étoiles de calcaire. 

Tab. J et K. — Ces planches ne devant servir qu'à l'intelUgence des généralités relatives à la 

conformation du squelette dans les dilïérens types de la classe des poissons, je me suis permis 



— 185 — 

d'emprunter une partie des figures dont elles sont composées au magnifique ouvrage de M. 
Miiller sur l'anatomie des Myxinoïdes, et une autre partie aux livraisons 2 et 3 de mon Histoire 
naturelle des Poissons d'eau douce. J'y ai été contraint par la raison, que plusieurs des types 
que M. Millier a eu le bonheur de pouvoir examiner, tels que les Bdellostomes et les Spatu- 
laires ne se trouvent pas dans les collections où j'ai puisé, et que pour ceux, où j'ai pu répéter 
les observations de M. Mùller, tels que les Amniocœtes et les Petromyzontes , j'ai trouvé ses 
dessins tellement exactes, que je ne pouvais faire mieux que de les copier. 
Tab. J. Fig. i — 3. — Crâne de UAmmocœtes branchialis (J. Mûller. Anat. des Myxinoides. 
Tab. k, Fig. 7*, 9 et iO). Fig. i représente le crâne en entier de profil. On 
y remarque surtout la corde dorsale (A), au-dessous de la boite cérébrale et épi- 
nière (F), les vessies cartilagineuses pour les oreilles (B), les anses latérales du 
crâne et le cartilage labial IX, formant la lèvre supérieure de la bouche. Fig. 2 
le même crâne vu d'en bas et fig. 3 coupé par la ligne médiane , où l'on re- 
marque surtout la plaque faciale (D), et la plaque buccale (G). 
FiG. k — 6. — Crâne du Petromyson marinus. (J. Miiller. Anat. des Myxinoides. 
Tab. k. Fig. i — 3). Fig. U représente le crâne vu de profil. La corde dorsale (A) 
est en partie masquée par les apophyses vertébrales inférieures, qui s'y attachent; 
le fourreau de la moelle épinière par les neurapophyses. La plaque nuchale (B) 
se fait remarquer par les vessies auditives. On ne dislingue pas les anses 
latérales de la plaque buccale (G). La plaque faciale est distincte; elle envoie un 
processus en bas , qui forme un demi-cercle en se joignant à la plaque nuchale; 
c'est l'arc ptérygoïdien (IL). On voit encore l'os hyoïde (IV.) et le système très- 
compliqué des cartilages labiaux (IX.). Fig. 5 montre le même crâne coupé par 
le milieu; elle fait surtout voir les rapports entre la corde dorsale (A), la boite 
cérébrale (F) et la cavité nasale (H) avec son cul-de-sac. Fig. 6 représente le 
crâne d'en bas avec le prolongement de la plaque nuchale en arrière , le creux 
de l'hypophyse (E) entouré des anses latérales (C) et les arcs ptérygoïdiens (IL). 
FiG. 7 — 9. — Crâne du Bdellostoma heterotrema. (J. Mùller. Anatom. des Myxi- 
■' noides. Tab. III, fig. 2, U et 6). Fig. 7 le crâne d'en bas, avec la grande plaque 

buccale (G) qui couvre le trou de l'hypophyse en bas, la plaque nuchale, flan- 
quée des deux vessies auditives (B) et la plaque faciale (D), sur la quelle est fixée 
la grande dent médiane. Les parties au-devant de celte dent appartiennent au 
système des cartilages labiaux (IX.). Des cartilages en arrière de la plaque 
nuchale, qui font le tour de l'esophage, forment l'arc Hngual (IV.). Fig. 8 montre 
le même crâne d'en haut, après avoir enlevé la boite cérébrale, ce qui met sur- 
tout en évidence les rapports de la plaque buccale (G) avec les anses latérales 

(C) et la plaque nuchale (B). Fig. 9 le même crâne vu de profil, pour faire voir 

24' 



— 186 — 

la boite cérébrale (F) au-dessus de la corde dorsale (H), la plaque buccale (G) en 
forme de cuillères en bas et l'arc hyoïdal (IV.) dans toute sa longueur. 

pKi. 10 et H . — Crâne du Scyllium catuhts. Dessin original du Dr. ^ ogt. Fig. 10 
montre le crâne d'en bas, on y remarque les endroits plus opaques, désignant 
la plaque nuchale (B), les anses latérales (C) et la plaque faciale (E). Fig. 1 i fait 
voir le même crâne d'en haut après avoir enlevé le toit de la boite cérébrale. 

Fig. 12. — ïète du CoUorhynchus australis. (J. Miiller. Ânat. des Myxinoides. 
V,: Tab. V, fig. 2). Surtout remarquable à cause du grand développement des car- 

tilages labiaux (IX), qui existent entre les arcs niandibalaires (111) et maxillaires (I). 
4»' Fig. 14' — 16. — Crâne du Salmo trutta, (Histoire naturelle des poissons d'eau douce 

Livr. 5.) Fig. ik montre le crâne en prolil; on y remarque surtout le noyau 
cartilagineux de la face , la plaque faciale (D) et les plaques prolectrices des 3 
faces du crâne. Fig. 1 5 montre le même crâne coupé par le milieu, avec les restes 
cartilagineux de la boite cérébrale (F) et de la plaque faciale (D), le canal sous- 
crânien (K) et le rapport des plaques protectrices supérieures (1 et 5) et in- 
; , férieures (6 et 16). 

Tab. k. FiG. 1. — Squelette de la tête du Scyllium cankula (R. Wagner. Icon. zootom.) 
La tête y est vue de prolil ; on y remarque surtout les arcs de la face dans leur 
succession et les cartilages labiaux (IX.) 

PiG, 2. — Squelette de la face du Planirostra edentula fSpatulariaJ . (J. Miiller. 
Anat. des Myxinoides Tab. 5 fig. 7). pour faire voir la superposition des arcs 
maxillaires (1) et ptérygoïdiens (11). 

Fig. 5. Tête de l'Acipenser Ruthenus. (Voir vol. 2. Tab. E). Elle montre surtout 
la superposition des arcs maxillaires (1) et ptérygoïdiens (II), le développement 
incomplet de l'arc mandibulaire (111), tandis que lare lingual (IV) avec l'appareil 
operoulaire (V.) et la ceinture thoracique (VII.) sont bien développés. 

F,,3,. li^ — Crâne de l'Embryon du Coreyouus Pulœa. (Embryologie des Salmones 
par C. Vogt. 2*^ livraison de mon Histoire naturelle des poissons d'eau douce, 
Tab. 7. Fig. 166). La base du crâne est vue den bas; on voit la corde dorsale 
(A) enfermée par la plaque nuchale (B) pénétrer dans le creux de Ihypophyse 
(E), qui est entourée des anses latérales (C) qui se réunissent en avant dans la 
plaque faciale (D). L'arc maxillaire (I.) est ùidépendant, tandis que l'arc pharyn- 
gien (11.) fait encore corps avec la base enibryonale du crâne et que les arcs bran- 
chiaux (VII.) et l'arc pharyngien (VIII.) sont articulés sur la plaqi-e nuchale. 

Fig. 5. — Tête osseuse du Salmo trutta. (Dessin original de C. Vogt). On a dessiné 
pour faire voir les rapports des différents arcs de la tête des poissons osseux 
entr'eux et avec le crâne, tous les contours des os, comme si les os extérieurs 



187 — 



étaient transparens. Mais on a indiqué les contours des os cachés par la supers- 
position des autres par des Kgnes pointillécs. On voit de cette manière continent 
l'are maxillaire (1.) se joint à la face postérieure du crâne par le jugal (i 9) i i'we 
mandilMilaire (II) par l'os carré (26) le l}mpano-malléal(31) el la caisse (27),. (ki 
voit de même toute la suile de l'arc hyoidal (IV.) avec ses appendices, l'appareil 
operculaire (V.). On a laissé de côté les arcs branchiaux et pharyngien^,, pow 
ne pas enconalwer davantage le dessin. . : • 

J'ai fait illuminer en outre, pour faciliter l'intelligence de ces planches» les arcs de la face 

avec des couleurs différentes, dont on trouve la légende sur la planche K, tandis que tout ce 

qui fait partie du crâne est resté en noir. Les chiffres et les lettres désignent les mêmes 

pièces dans toutes les figures. Les chiffres des os sont les mêmes que ceux qu'a employés 

M. Cuvier et que j'ai également admis dans la description des Sauroïdes vivans. Vol. II. 

Part. II. pag. 66. 

Corde dorsale A. 

Plaque nuchale B. 

Anses latérales C. 

Plaque faciale D. 

Creu de l'hypophyse E. 

Boite cérébrale F. 

Plaque buccale G. 

Cavité nasale H. 

Orbite J. 

Canal sous crânien K. 



Arc maxillaire . 
Arc ptérygoïdien . 
Arc mandibulaire . 
Arc lingual 
Appareil operculaire 
Ceinture thoracique 
Arcs branchiaux 
Ai'c pharyngien 
Os labiaux . 
Os muqueux 



Frontaux principaux 
Frontaux antérieurs 



I. 

IL 

III. 

ÏV. 

V. 

VI. 

VIL 

VIII. 

IX. 

X. 



2. 



Nasaux .... 

Frontaux postérieurs 

Basilaire 

Sphénoïde principal 

Pariétaux , 

Occipitaux supérieurs 

Occipitaux externes 

Occipitaux latéraux 

Grandes ailes du Sphénoïde 

Ecailles du temporal 

Rochers 

Ailes orbilaires . 

Ethmoïde crânien . 

Vomer .... 

Intermaxillaires 

Maxillaires supérieurs 

Jugaux .... 

Os mobiles du nez 

Surtemporaux 

Palatins . 

Mastoïdiens . 

Transverses 

Ptérygoïdes 

Os Carré 



3. 

h. 

5. 

6. 

7. 

8. 

9. 
iO. 
ii. 
d2. 
13. 
ik. 
15. 
16. 
17. 
18. 
19. 
20. 
21. 
22. 
23. 
24. 
25. 
26. 



- 188 — 



Caisse . . . • 

Operculaires . . 

Slyloïdes . . . 
Préopercules 
Tympano-malléaux 

Sous-opercule . 

Interopercule . 
Dentaire 
Articulaire . 



27. 
28. 
29. 
50. 
31. 
52. 
55. 
^k. 
55. 



Angulaire ....... 56. 

Branche de l'os hyoïde . . . 37 — kO. 
Rayons branchiostègues ... 43. 

Scapulaire 46 et 47. 

Clavicule 48. 

Coracoïde 49 et 59. 

Bras et avant-bras 51 et 52. 

Carpe 64. 

Rayons de la pectorale ... 65. 



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Date Due 




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